vendredi 10 novembre 2017

PATRIMOINE -La voie romaine de la cité de Tyr n’est pas une rue... mais une salle basilicale

La voie romaine est en réalité une salle basilicale, qui avait les fonctions d'un frigidarium et d'un centre de sociabilité.

 

Le ministère du Tourisme a intérêt à mettre à jour ses brochures et intégrer les nouvelles données historiques sur la cité de Tyr.

May MAKAREM | OLJ10/11/2017

 

Sur le site d'al-Madina, où s'étendent les ruines de la cité antique de Sour, la mission franco-libanaise creuse le sol depuis 2008. Les résultats accumulés complètent (ou presque) l'image de la zone des thermes antiques et font surgir les ruines d'une mosquée fatimide et d'un martyrium.

 

Les récentes découvertes dans la zone des bains ont mené à une compréhension nouvelle de son architecture. Ainsi la voie romaine à colonnade double, considérée comme une rue à portiques par l'émir Maurice Chéhab, est en réalité « une salle couverte à trois nefs, datant de l'époque byzantine », affirme le spécialiste du Moyen-Orient antique Pierre-Louis Gatier, qui pilote la mission. « Elle était revêtue de mosaïque et de dalles de marbre. Or on ne fait pas rouler des chars sur un tel dallage. D'autre part, aucune trace de trottoirs, ou de dispositifs d'évacuation des eaux de pluie n'ont été trouvés. La grande rue est en fait une salle couverte de 190 mètres de long. Dans son état actuel, elle date de la fin du IVe siècle et appartient au vaste complexe des bains protobyzantins. Elle faisait la jonction entre la partie sud des bains proprement dits et les palestres où l'on pratiquait la lutte, la gymnastique et d'autres exercices, et la partie nord des bains, où notre mission a mis au jour une piscine en plein air, des latrines et une série d'aménagements », souligne l'expert. Il ajoute que la salle avait les fonctions d'un frigidarium et d'un centre de sociabilité. C'était aussi un hall d'exposition de sculptures romaines.


(Pour mémoire : Un sanctuaire hellénistique découvert à Tyr, une première)


Selon M. Gatier, à cette époque byzantine, les Tyriens, se méfiant des chrétiens qui pourraient vouloir casser les bustes des empereurs et les statues des divinités qui décoraient la cité, les avaient rassemblés dans la salle pour les conserver en témoignage du glorieux passé de la ville. Ces mêmes statues ont été transportées au musée national par Maurice Chéhab.

 

Les excavations menées au pied de la piscine ont fait surgir les fondations et quelques murs en élévation d'un monument public, identifié comme un temple datant de l'ère phénicienne. De même, les archéologues ont retrouvé les soubassements du rempart phénicien, signalé autrefois par Maurice Chéhab.

 

Au nord des bains toujours, les opérations de fouilles ont permis d'exhumer trois quartiers d'habitations romaines et byzantines, offrant deux plans de maisons différents. Dans l'un des secteurs, elles sont construites assez serrées les unes contre les autres, et donnent directement accès sur de petites rues. Alors que dans les autres secteurs, apparemment plus luxueux, elles sont dotées d'une cour d'entrée qui les sépare de la rue.

 

Lieux « perturbés »

Les experts ont également dégagé un sanctuaire byzantin de type martyrium, c'est-à-dire à plan centré octogonal. M. Gatier fait observer que le bâtiment, bordé par quatre rues, a été « extrêmement abîmé » par les installations artisanales des Arabes et des Francs qui ont occupé tout le quartier. « Ils ont réutilisé les citernes des bains et en ont creusé d'autres un peu partout, perturbant de ce fait les lieux. » L'archéologue signale que c'est là, il y a quelques années, que ses collègues anglo-américains ont trouvé des ateliers de verriers datant du Moyen Âge.

 

La dernière découverte n'est pas des moindres : sous la cathédrale construite par les Francs, sont apparues « les traces du plan général d'une mosquée fatimide. « Le bâtiment des ablutions est toutefois très bien préservé, ainsi que les éléments décoratifs d'un portail, du même style que ceux des mosquées fatimides du Caire. »

 

Une chose est sûre, Tyr n'a pas fini de révéler ses secrets. Les fouilles interrompues pour l'hiver reprendront l'été prochain. En attendant, le ministère du Tourisme a intérêt à mettre à jour ses brochures et intégrer les nouvelles données historiques sur la cité de Tyr.

 

vendredi 13 octobre 2017

patrimoine libanais














patrimoine libanais
ACTUALITÉS
A l'issu du conseil des ministres qui a eu lieu ce jeudi 12 octobre 2017, le porte-parole du cabinet et ministre de l'Information, Melhem Riachi, ...
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... gouvernement, le ministre de la Culture, Ghattas Khoury, a indiqué qu'il s'agit d'« une étape historique pour la protection du patrimoine libanais ».

samedi 7 octobre 2017

BRÈVE HISTOIRE DE L’INDUSTRIE TOURISTIQUE AU LIBAN, DE LA FIN DU XIXE À AUJOURD’HUI

BRÈVE HISTOIRE DE L’INDUSTRIE TOURISTIQUE AU LIBAN, DE LA FIN DU XIXE À AUJOURD’HUI 
ARTICLE PUBLIÉ LE 02/10/2017

Par Mathilde Rouxel
Voie de passage millénaire, au carrefour de l’Orient et de l’Occident, le Liban est une destination touristique privilégiée au Moyen-Orient depuis la fin du XVIIIe siècle (1). Celui que l’on surnomme « pays du lait et du miel » est situé à quelques heures de vol de la majorité des pays arabes et d’Afrique du Nord, et attire également les marchés touristiques européens pour les multiples atouts touristiques qui font du Liban une destination d’exception. Lieu de villégiature très prisé dans les années 1960, le Liban disparut de la carte touristique au moment de la guerre civile qui ravagea le pays entre 1975 et 1990. Parmi les enjeux de l’après-guerre se distingua donc la volonté de relancer le tourisme dans le pays du Cèdre, dans un contexte de reconstruction aux gageures déjà monumentales.

Un tourisme de villégiature au XIXe siècle

Comme le note la géographie Liliane Buccianti-Barakat, les montagnes du Liban étaient devenues, dès la fin du XVIIIe siècle, un lieu « d’estivage » pour les dignitaires ottomans. Ils se réfugiaient au cours de l’été dans les petites villes du Mont-Liban, comme celle d’Aley, qui accueillait le siège de l’administration ottomane et la résidence du gouverneur (wali) (2). La situation géographique du pays, offrant à la fois la mer et la montagne, son climat, comptant plus de 300 jours d’ensoleillement par an, et ses sites archéologiques de renom ont rapidement permis aux investisseurs d’élargir la clientèle et la catégorie des touristes accueillis.
La présence de l’administration française à partir de la fin de la Première Guerre mondiale et du début du mandat français au Liban pousse le développement des villes de villégiature dans les montagnes libanaises ; les grandes familles égyptiennes, jordaniennes, palestiniennes, irakiennes et d’autres suivent cette nouvelle mode de la villégiature libanaise, engageant le développement de nouveaux centres (Broummana, Baadbat, Bikfaïya, Raïfoun, etc.) (3). Selon Liliane Buccianti-Barakat, l’arrivée des armées françaises en 1920 permet aussi le développement du ski, jusque-là pratiqué dans un seul but militaire (4).
Très rapidement, le pays attire les touristes – arabes en priorité, en raison de la communauté de langage offerte par la langue, qui vaut au Liban une prévalence par rapport à d’autres destinations comme Chypre, pourtant très proche (5). De la même façon, les touristes américains ou européens avaient également la possibilité de limiter les obstacles du dépaysement grâce à la double culture précieusement préservée par le Liban (francophone depuis 1920 et fort d’une connaissance de la culture anglo-saxonne due à la présence au cours du XIXe siècle des missionnaires réformés venus d’Amérique du Nord et d’Angleterre sur les territoires du Bilad al Shaam appartenant alors encore à l’empire ottoman (6)).
L’étude de Bruno Dewailly et de Jean-Marc Ovazza réalisée en 2004 sur le tourisme au Liban insiste sur l’importance de l’importation de modèles et de systèmes touristiques extérieurs : ce sont ainsi les Français qui, après la Première Guerre mondiale, établissent les premiers bains de mer sur le littoral de Médawar-Remeileh (actuel port de Beyrouth) (7), prémisses d’une industrie que l’on voit florissante jusqu’à aujourd’hui. Les bains se développent peu à peu au Sud de Beyrouth durant les années 1930, puis au Nord dans les années 1950.
L’évolution et l’affirmation des pratiques d’estivage dans les monts du pays au cours du XIXe et du XXe siècle firent par ailleurs du tourisme l’une des « ressources essentielles de la montagne libanaise » qui permit à la dense population libanaise de ces régions d’élever un niveau de vie condamné à rester « toujours modeste s’il dépendait entièrement de la production de la terre », selon les mots qu’écrivait en 1959 la géographe Josette Kfoury (8). Le développement « méthodique » (9) du tourisme aurait même ralenti l’exode et l’émigration des jeunes actifs.
Dès les premiers développements structurels au cours du XIXe siècle, le tourisme se divise en deux catégories : le tourisme saisonnier (été/hiver), qui intéresse davantage les visiteurs régionaux et qui est nécessairement plus massif, et le tourisme permanent, qui intéresse davantage « les pays lointains » (10). Au début des années 1960, la création des villes balnéaires ainsi que la recherche du soleil favorisèrent le développement d’un nouveau type de tourisme (11).

« Boom » des années 1960

Georg Glasze, géographe, fait état de la « croissance fulgurante du tourisme dans les années soixante » (12) précédent le déclin du début de la guerre civile. Graphiques à l’appui, il montre en effet qu’à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, le Liban était en tête des destinations pour les touristes du Moyen-Orient arabe – les Syriens étant majoritaires (800 000 visiteurs par an), suivis par les Égyptiens (350 000 visiteurs par an) et les Jordaniens (300 000). Ce sont néanmoins les revenus rapportés par le tourisme international, qui en 1970 se chiffraient à presque 130 millions (contre 65 millions en Égypte, 30 millions en Syrie et 20 millions en Jordanie) qui ont fait la prééminence du Liban dans l’industrie touristique au Moyen-Orient à cette époque (13). Avant la guerre israélo-arabe de 1967, le Liban profitait de la position de hub de Beyrouth, qui servait de point de départ vers d’autres pays arabes. Dans les années 1960, seul le Liban proposait, avec l’Égypte, des prestations de service et des hôtels haut de gamme dans la région.
Les touristes issus du Golfe n’étaient pas non plus à négliger, comme le notait en 2000 le directeur alors en place du « Conseil National du Tourisme » (14). Ils avaient remplacé dans ces années-là les touristes ottomans d’autrefois, faisant leur apparition principalement en été dans les stations estivales d’Aley ou de Bhamdoun. C’est toutefois une nouvelle forme de tourisme qui prend son essor dans les années 1960 : le tourisme culturel, qui concerne moins les populations arabes que les touristes occidentaux (15). Il est important également de mentionner le rôle des grands festivals internationaux dans l’impulsion du secteur touristique au Liban : des festivals datant d’avant la guerre, comme le festival de Baalbek, le festival de Beiteddine ou le festival de Tyr, tous les trois d’ailleurs situés sur des sites archéologiques ou historiques d’exception, drainent chaque année, et jusqu’à aujourd’hui, des centaines de milliers de participants issus du monde arabe comme de l’international.
Dès les années 1950, l’État investit dans la construction d’un réseau routier et de télécommunications, d’un aéroport international, d’un casino détenant le monopole des jeux ; la première école hôtelière du Moyen-Orient est fondée à Beyrouth en 1949 (16). La Croix-Rouge prend en charge dès les années 1960 la formation des guides touristiques, jusqu’à l’ouverture, en 1970, de l’École des guides au sein de la Direction générale de l’enseignement technique et professionnel (17). L’adhésion du Liban à la Charte de Venise en 1964 permet par ailleurs au pays du Cèdre d’inscrire cinq sites (Baalbek, Anjar, Byblos, Tyr et la vallée de la Qashida) à la liste du patrimoine mondial (18). À la fin des années 1960 sont créés le Conseil National du Tourisme, un Bureau de Tourisme pour les Jeunes et neuf « Maison du Liban » ouvrent dans de grandes capitales à l’étranger (Le Caire, Bagdad, Jeddah, Paris, Bruxelles, Francfort, Londres, Stockholm, New York). Dans le secteur privé, le développement économique florissant du pays (qui valut à cette période le qualificatif de « miracle libanais ») permit une pleine croissance du marché publicitaire. Fort de tous ces services, le Liban connaît dans les années 1960-1970 un essor remarquable du tourisme, tant régional qu’international.
Le géographe Jean-Marc Prost-Tournier présente ainsi en 1974 le Liban comme le « premier pays touristique du Moyen-Orient arabe » (19) : en 1972, il accueillait « plus de 1 500 000 touristes », faisant par là état de progrès remarquables dans le développement des infrastructures en 25 ans. L’étude de Jean-Marc Prost-Tournier montre toutefois qu’à la veille de la guerre civile, le pays n’avait pas encore exploité tout son potentiel, et qu’il pouvait alors encore espérer « attirer dans les années à venir un nombre encore plus grand de touristes » (20).

Les années de guerre civile (1975-1990)

Géographiquement parlant, la guerre a bouleversé l’organisation du Liban, espace hypercentralisé jusqu’en 1975 (21). Le morcellement du territoire renforça les risques et l’insécurité du pays, déserté par les touristes. En quinze ans de guerre, la plupart des grands hôtels ont été détruits – au début de la guerre, le centre-ville de Beyrouth fut le lieu des combats lourds de la « guerre des hôtels » (1975-1977) (22). Toutefois, la mode de l’héliotropisme, récemment développée, se poursuivit pendant la guerre : fuyant les bombardements de la capitale, les Libanais se réfugiaient sur les côtes, qui proposaient des complexes touristiques balnéaires de plus en plus développés (23).

Renouveau à partir de 1990 ?

Il est difficile d’analyser précisément l’évolution des pratiques touristiques au Liban, et son renouveau dans l’immédiat après-guerre en raison de l’absence d’étude menée avant le milieu des années 1990 : en effet, comme le montrent Bruno Dewailly et Jean-Marc Ovazza, « la production d’éléments statistiques au Liban n’a été remise en place (…) qu’à partir du milieu des années 1990 » (24). Des difficultés sont apparues également au niveau de la collaboration entre secteur public et privé, le premier devant se reconstruire face à l’hégémonie que gagna le second durant les années de confit. Toutefois, le ministère du Tourisme collabore dès 1993 avec l’Organisation mondiale du Tourisme et bénéficie d’un plan de soutien économique de la part du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) (25).
La tâche du secteur public est donc de moderniser les infrastructures (aéroport, voies rapides), et adopter les mesures nécessaires pour encadrer, stimuler mais aussi contrôler le secteur privé. Les investisseurs privés ont en effet prit d’assaut l’industrie touristique au lendemain de la guerre, notamment sous l’impulsion de l’État, qui décident en 1994 de lui confier l’équipement, la réhabilitation et l’exploitation de certains sites nationaux (26). Cette délégation des responsabilités face aux réaménagements des espaces touristiques perturba le plan directeur du PNUD, que les autorités elles-mêmes, confrontées à d’autres priorités nationales, n’ont pas su faire appliquer.
Toutefois, du côté du secteur privé, de nouveaux produits touristiques sont ainsi proposés – le tourisme vert, l’écotourisme, le tourisme sportif et le tourisme culturel sont les plus développés. Le tourisme cultuel, également, connaît un renouveau (27). Les complexes hôteliers de luxe connaissent un nouveau dynamisme, et les restaurants de haut standing se sont multipliés au cours des deux dernières décennies. Ces nouvelles pratiques touristiques tendent également à toucher un public interne au pays, à défaut de séduire une communauté touristique internationale, qui malgré les grandes campagnes publicitaires lancées à partir des années 1990 (28) demeure encore frileuse devant l’instabilité politique régionale : si, comme le note Pierre Pinta, « la réouverture du Musée national, en 1997, a été vécue comme une rédemption » (29) pour l’industrie du tourisme, la destination reste pour longtemps « problématique », malgré la reconstruction fulgurante des villes et le retour progressif des touristes.
Notes :
(1) Liliane Buccianti-Barakat, « Tourisme et développement au Liban : un dynamisme à deux vitesses », Téoros, n°25-2, 2006, disponible en ligne, consulté le 13 août 2017. URL : http://teoros.revues.org/1459
(2) Liliane Buccianti-Barakat, op. cit.
(3) Ibid.
(4) Ibid.
(5) Josette Kfoury, « Liban, pays de tourisme », Revue de géographie de Lyon, vol. 34, n°3, p.274. Disponible en ligne, consulté le 13 août 2017. URL : http://www.persee.fr/doc/geoca_0035-113x_1959_num_34_3_2353
(6) Voir à ce sujet Dominique Cadinot, « De la barbarie au nationalisme : effets de la présence missionnaire américaine en Terre sainte (1815-1914) », Cahiers de la Méditerranée, n°80, 2010, disponible en ligne, consulté le 13 août 2017. URL : http://cdlm.revues.org/5323
(7) Bruno Dewailly, Jean-Marc Ovazza, « Le tourisme au Liban : quand l’action ne fait plus système », in Berriane M. dir., Tourisme des nationaux, tourisme des étrangers : quelles articulations en Méditerranée ?, Institut Universitaire Européen de Florence, 2010, PDF disponible en ligne sur ResearchGate. L’étude présentée a été menée par les auteurs en 2004.
(8) Josette Kfoury, op. cit. p. 271.
(9) Ibid.
(10) Josette Kfoury, op. cit. p.272.
(11) Liliane Buccianti-Barakat, op. cit.
(12) Georg Glasze, « Première destination touristique hier et aujourd’hui hors jeu ? Le développement du tourisme au Liban », Institut de géographie de Mayence, 2000, vol. 14, p.27.
(13) Ibid.
(14) Georg Glasze, op. cit.
(15) Bruno Dewailly, Jean-Marc Ovazza, op. cit.
(16) Liliane Buccianti-Barakat, op. cit.
(17) Ibid.
(18) Ibid.
(19) Jean-Marc Prost-Tournier, « Le Liban, premier pays touristique du Moyen-Orient arabe », Revue de géographie de Lyon, vol. 49, n°4, 1974, p.369-376, disponible en ligne, consulté le 13 août 2017. URL : http://www.persee.fr/doc/geoca_0035-113x_1974_num_49_4_1661
(20) Ibid.
(21) André Bourgey, « La guerre et ses conséquences géographiques au Liban », Annales de Géographie, 1985, n°421, 1985, p.12.
(22) Voir Georges Corm, Le Liban contemporain. Histoire et société, Paris, La Découverte, 2012.
(23) Liliane Buccianti-Barakat, op. cit.
(24) Bruno Dewailly, Jean-Marc Ovazza, op. cit.
(25) Liliane Buccianti-Barakat, op. cit.
(26) Ibid.
(27) Rafca Nasr, « Le Tourisme religieux au Liban », Newsletter du Bureau d’Information Touristique de Batroun (Liban), mai 2014, PDF disponible en ligne, consulté le 13 août 2017. URL : http://www.mot.gov.lb/Content/uploads/Publication/140527010757591~Le%20Tourisme%20Religieux%20au%20Liban.pdf.
(28) Liliane Buccianti-Barakat, op. cit.
(29) Pierre Pinta, Le Liban. Culture et art de vivre au pays des cèdres, Paris, La Découverte, 2011, p.10.

http://www.lesclesdumoyenorient.fr/Breve-histoire-de-l-industrie-touristique-au-Liban-de-la-fin-du-XIXe-a-aujourd.html

mardi 1 août 2017

Fwd: Les Cananéens retrouvent une deuxième vie


Jose.T. Khoreich

---------- Message transféré ----------
De : Samir SARKIS <samir@sarkis.org>
Date : 31 juillet 2017 à 11:01
Objet : Les Cananéens retrouvent une deuxième vie
À : mgrpaulfeghali@gmail.com, joseph Khoreich <josekore@gmail.com>


 

 

 

Les Cananéens retrouvent une deuxième vie

·        Par  Jean-Luc Nothias 

 

·        Mis à jour le 30/07/2017 à 18:44 

 

·        Publié le 30/07/2017 à 18:44

 

 

 

C'est grâce à des fouilles archéologiques à Sidon, port du Liban, que des restes de cinq personnes ont pu être analysés.

NABIL MOUNZER/EPA/MAXPPP

C'est grâce à des fouilles archéologiques à Sidon, port du Liban que des restes de cinq personnes ont pu être

 

Des analyses génétiques d'ADN ancien montrent que les Libanais sont les descendants de ce peuple mystérieux.

Mais qui étaient les Cananéens? Ils ont pourtant eu leur heure de gloire et apparaissent dans l'Ancien et le Nouveau Testament, dans la Torah ainsi que dans des textes égyptiens et grecs. Il y a 5000 ans (3000 av. J.-C.), les Cananéens étaient installés dans une région qui comprend Israël, la Palestine, le Liban, une partie de la Syrie et de la Jordanie. Dans ce Levant, le pays de Canaan est très commerçant et son influence est grande. Ses relations avec l'Égypte sont fortes. Mais on ne sait finalement que peu de chose car les Cananéens n'ont laissé que très peu de traces écrites, de rares tablettes d'argile portant des textes en cunéiforme. Après 2000 ans d'existence, ils disparaissent de l'histoire et laissent la place à leurs successeurs, les Phéniciens. Grâce à de l'ADN ancien de 5 Cananéens, leur origine et leurs descendants actuels ont pu être précisés par une équipe du Wellcome Trust Sanger Institute britannique (travaux publiés dans The American Journal of Human Genetics). Les Cananéens n'ont pas disparu, ce sont les Libanais actuels.

 

C'est grâce à des fouilles archéologiques à Sidon, port du Liban, autrefois capitale du Canaan (Sidon aurait été fondée par Tsidone, fils de Canaan, lui-même petit-fils de Noé) que des restes de cinq personnes, 3 de sexe féminin, dont un petit enfant, et deux de sexe masculin, dont un enfant de 8-12 ans, datant d'environ 3 700 ans (1  700 av. J.-C.), donc de l'âge du bronze, ont pu être analysés. Ces squelettes étaient enterrés dans des tombes bien structurées. Ces ADN anciens ont été comparés d'une part à ceux publiés un peu partout en Europe et datant de la même période ou plus anciens, et d'autre part avec ceux de 99 Libanais actuels.

 

«Nous avons constaté que les Cananéens étaient un mélange de personnes établies là dans des fermes depuis le néolithique, entre 9000 et 3300 ans, et de migrants venus d'Eurasie il y a environ 5000 ans» (Marc Haber, premier signataire des travaux)

«Nous avons constaté que les Cananéens étaient un mélange de personnes établies là dans des fermes depuis le néolithique, entre 9000 et 3300 ans, et de migrants venus d'Eurasie il y a environ 5000 ans», estime Marc Haber, premier signataire de ces travaux. «Les Libanais actuels sont certainement les descendants directs de ces Cananéens, avec des traces des invasions ou occupations d'Eurasiens comme les Assyriens, les Perses ou les Macédoniens.»

 

Il y aurait donc eu deux vagues successives d'invasion. L'une entre 6600 et 3550 ans, par des groupes venant de l'Iran et du Caucase, et correspondant à des mouvements de populations à partir de la Mésopotamie ; l'autre entre 3 750 et 2 170 ans par des nouveaux venus du nord. C'est du moins ce que racontent les ADN.

Des conclusions qui ne sont pas en contradiction avec les résultats obtenus par les archéologues et les historiens. Pour les chercheurs, cette étude suggère que ceux qui vivaient sur cette côte du Levant, aussi bien que d'autres groupes vivant à l'intérieur des terres avaient un patrimoine génétique commun. Ainsi, les Ammonites, Moabites, Israélites et Phéniciens de l'âge du bronze, bien qu'ayant des pratiques culturelles différentes, partageaient des racines génétiques et ethniques avec les Cananéens.

 

Chris Tyler-Smith, responsable des travaux, estime qu'«à la lumière de la grande complexité de l'histoire de cette région dans ces derniers millénaires, c'est vraiment très surprenant de voir que près de 90 % du patrimoine génétique des Libanais d'aujourd'hui soit celui des Cananéens».

 

 

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dimanche 28 mai 2017

jeudi 11 mai 2017

Guillaume de Tyr - Histoire des Croisades

 

Histoire des CROISADES

par GUILLAUME DE TYR

 

COLLECTION

DES MÉMOIRES

RELATIVES

A L'HISTOIRE DE FRANCE

Depuis la fondation de la Monarchie Française jusqu'au 13e siècle;

avec une introduction, des suppléments, des notices et des notes;

PAR M. GUIZOT,

Professeur d'HISTOIRE MODERNE à l'Académie de PARIS.

 

A PARIS,

CHEZ J.-L.-J. BRIERE, LIBRAIRE,

RUE SAINT-ANDRE-DES-ARTS, No. 68.

IMPRIMERIE DE A. BELIN

1824

HISTOIRE

DES

FAITS ET GESTES

 

DANS LES REGIONS D'OUTRE-MER,

DEPUIS LE TEMPS DES SUCCESSEURS DE MAHOMET

JUSQU'A L'AN 1184 DE JÉSUS-CHRIST

 

Par GUILLAUME DE TYR

 

 

الحروب الصليبية

بقلم اسقف صور

المؤرخ غليوم الصوري

طبعة 1824 باريس

 

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TABLE DES MATIERES
 


  Tome I   

Notice sur Guillaume de Tyr 



LIVRE 1  Années 1095-1096

Etat de la Terre Sainte sous le joug des Infidèles. - Traitements que subissaient les pèlerins. - Séjour de Pierre l'ermite à Jérusalem. - Prédication de la Croisade. - Concile de Clermont. - Départ des premiers Croisés. - Expédition de Gautier sans avoir, - de Pierre l'ermite, - de Gottschalk. - Leurs désastres en Hongrie et dans l'Asie mineure.

 

LIVRE 2  Année 1096

Départ des Croisés sous les ordres de Godefroi, duc de Lorraine. - Arrivée Successive des divers corps à Constantinople. - Leurs débats avec l'empereur Alexis Comnène. - Les Croisés passent l'Hellespont et entrent dans l'Asie mineure.

 

LIVRE 3 

Siège et prise de Nicée. - Bataille de Dorylée. - Marche des Croisés dans l'Asie mineure. - Querelles de Tancrède et de Baudouin.

 

LIVRE 4 

Occupation d'Édesse par Baudouin. - Arrivée de la grande armée des Croisés devant Antioche. - Siège d'Antioche. - Famine et souffrances des Croisés.

 

LIVRE 5 

Combats autour d'Antioche. - Intelligences de Bohémond dans l'intérieur de la ville. - Prise d'Antioche.

 

LIVRE 6  Année 1098 

Arrivée de l'armée turque au secours d'Antioche. - Les Croisés sont assiégés à leur tour. - Famine dans l'intérieur de la place. - Abattement des Croisés. - Découverte de la lance merveilleuse. - Sortie des Croisés. - Défaite et déroute des assiégeants.

 

LIVRE 7  Année 1099 

Expéditions des Croisés aux environs d'Antioche. - Voyage de Godefroi de Bouillon à Édesse chez son frère Baudouin. - Querelles de Bohémond et de Raimond, comte de Toulouse. - Marche des Croisés en Palestine. - Prise de plusieurs villes. - Arrivée des Croisés devant Jérusalem.

 

LIVRE 8  Années 1098 -1099

Description de Jérusalem. - Les Croisés assiège la ville. - Leurs souffrances. - Progrès du siège. - Assauts successifs. - Prise de Jérusalem. - Massacre des Infidèles.

 

 

  Tome II   

 

LIVRE 9  Années 1099 -1100

Godefroi de Bouillon est élu roi de Jérusalem. - Détails sur son origine et son histoire avant la croisade. - Attaque du calife d'Égypte contre le nouveau royaume. - Victoire des Chrétiens. - Départ de quelques-uns des princes croisés pour l'Europe. - Élection du patriarche de Jérusalem. - Querelles entre le patriarche et le roi. - Mort de Godefroi.

 

LIVRE 10  Années 1100 -1104

Élévation de Baudouin, comte d'Édesse, au trône de Jérusalem. - Arrivée de nouveaux Croisés. - Prise d'Antipatris, Césarée et autres villes. - Nouvelle guerre avec les Égyptiens. - Défaite des Chrétiens. - Querelles de Baudouin et du patriarche Daimbert. - Conquêtes et échecs des Chrétiens en Mésopotamie.

 

LIVRE 11  Année 1104 -1117

Voyage de Bohémond en Europe; il confie le gouvernement d'Antioche à Tancrède. - Mort de Raimond, comte do Toulouse. - Nouvelle guerre avec les Égyptiens. - Mort do Bohémond dans la Pouille. - Prise de Tripoli et de Béryte. - Mort de Tancrède. - Construction des forts de Toron et do Mont-Réal. - Expédition de Baudouin en Égypte. - Sa mort.

 

LIVRE 12  Années 1118 -1124

Baudouin du Bourg est élu roi. - Mort d'Alexis Comnène. - Institution de l'ordre des Chevaliers du Temple. - Guerre des Chrétiens contre les divers soudans turcs dont ils sont environnés. - Le roi Baudouin est fait prisonnier. - Arrivée d'une flotte de Vénitiens en Palestine.

 

LIVRE 13  Années 1125 -1131

Description et siège de Tyr. - Tentatives des habitants d'Ascalon contre Jérusalem. - Prise de Tyr. - Baudouin 2 recouvre sa liberté. - Foulques, comte d'Anjou, arrive en Palestine. Baudouin lui donne en mariage sa file Mélisende. - Histoire de la principauté d'Antioche. - Mort de Baudouin 2.

 

LIVRE 14  Années 1131 -1137

Foulques d'Anjou monte sur le trône. - Son intervention dans les affaires de la principauté d'Antioche. - Querelles intérieures des Chrétiens. - Leurs guerres avec Sanguin (Zenghi), sultan d'Alep. - Raimond de Poitou arrive à Antioche et épouse Constance, fille de Bohémond 1. - Expédition de l'empereur Jean Comnène en Syrie. - Il assiège Antioche. - Pacification.

 

LIVRE 15  Années 1138 -1141

Histoire de la principauté d'Antioche. - Querelles du prince Raimond avec le patriarche de cette ville. - Élévation de Manuel Comnène à l'empire d'Orient. - Mort du roi Foulques.

 

LIVRE 16  Années 1144 -1148

Avènement de Baudouin 3. - Mort de Sanguin; son fils Noradin lui succède. - Expédition des Chrétiens pour s'emparer de Bosra. - Croisade de l'empereur Conrad et de Louis-le-Jeune. - Son mauvais succès. - Arrivée des deux rois en Palestine.

 

 

  Tome III   

 

LIVRE 17  Années 1146 -1153

Assemblée d'Accon (S. Jean d'Acre). - Siège de Damas par Baudouin 3, Conrad et Louis-Ie-Jeune réunis. - Mauvais succès de cette expédition. - Départ de Conrad. - Brouillerie du roi Baudouin avec sa mère Mélisende. - Guerres continuelles des Chrétiens contre Noradin. - Cession du comté d'Édesse à l'empereur Manuel Comnène. - Siège et prise d'Ascalon par les Chrétiens.

 

LIVRE 18  Années 1154 -1162

Querelles de Renaud de Châtillon, prince d'Antioche, avec le patriarche de cette ville. - Origine et ambition des chevaliers de l'Hôpital. - Troubles civils de l'Égypte. - Continuation des guerres contre Noradin. - Mort de Baudouin 3 à Béryte.

 

LIVRE 19  Années 1163 -1166

Élévation d'Amaury, frère de Baudouin 3, au trône de Jérusalem. - Caractère de ce prince. - Ses conversations avec Guillaume de Tyr. - Expéditions d'Amaury en Égypte. Histoire de Syracon (Chyrkouh), lieutenant de Noradin et oncle de Saladin. - Ambassade des Chrétiens au calife d'Égypte. - Description du palais du Caire. - Nouvelle expédition des Chrétiens en Égypte. - Siège et prise d'Alexandrie.

 

LIVRE 20  Années 1167 -1173

Nouvelle expédition en Égypte. - Élévation de Saladin. - Tremblement de terre en Syrie. - Les Assissins ou Ismaéliens; Leur origine et leurs moeurs. - Mort de Noradin. - Mort du roi Amaury.

 

LIVRE 21  Années 1173 -1179

Avènement de Baudouin 4, ou Le Lépreux. - Il avait été élevé par Guillaume de Tyr. - Histoire du comte de Tripoli. - Conquêtes progressives de Saladin sur les Chrétiens. - Alliance des Grecs et des Chrétiens de Jérusalem pour envahir l'Égypte. - Elle demeure sans résultat.

 

LIVRE 22  Années 1179 - 1183

Fâcheux état du royaume de Jérusalem. - Guillaume de Tyr revient de Constantinople où il avait été envoyé en ambassade. - Troubles de l'empire grec. - Brillante expédition de Saladin en Mésopotamie. - Imposition extraordinaire établie pour la défense du royaume. - La maladie du Roi croissant toujours, Gui de Lusignan est nommé régent. - La régence lui est retirée. - Couronnement de Baudouin 5 encore enfant.

 

LIVRE 23 

Douleur de l'historien à la vue des désastres de son pays. - Animosité du roi Baudouin 4 contre le comte de Joppé. - La régence du royaume est donnée au comte de Tripoli. - Fin de l'ouvrage de Guillaume de Tyr.

 

Continuation de l'Histoire des Croisades de Guillaume de Tyr, par Bernard Le Trésorier.

 

 

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