samedi 13 août 2016

Les 500 ans de l’émirat du Mont-Liban (1516-2016) - L'Orient-Le Jour

Les 500 ans de l'émirat du Mont-Liban (1516-2016) - L'Orient-Le Jour

Les 500 ans de l'émirat du Mont-Liban (1516-2016)

En marge de la visite le 6 août 2016 du patriarche maronite au Chouf, à l'occasion du 15e anniversaire de la réconciliation de la Montagne libanaise (4 août 2001), il serait important de souligner que cette année coïncide avec les 500 ans de l'émirat du Mont-Liban.
En effet, après la conquête ottomane sur les Mamelouks en 1516, le sultan ottoman Sélim 1er (le hardi ou le terrible, neuvième sultan ottoman et le premier à porter le titre de calife, père de Soliman le magnifique) octroya la prééminence sur la montagne libanaise à un émir de la famille Maan, Fakhreddine 1er (fierté de la religion, 1516-1544) auquel succéda son fils Korkomaz (sans crainte en turc, 1544-1585) père de Fakhreddine II le Grand (1590-1635), considéré lui-même grâce à sa bravoure et ses accomplissements, comme le père incontestable de la nation libanaise. Ces trois émirs druzes furent tous les trois assassinés ou exécutés, par l'Empire ottoman.
Certes l'émirat n'était pas à proprement parler une principauté fixe et autonome au sein de l'empire, mais les émirs étaient une sorte de gouverneurs, chargés entre autres de faire régner l'ordre et de recueillir les impôts, et avaient le droit d'avoir leur propre armée, leur drapeau et leurs bâtiments officiels notamment des fortifications et dont la charge se transmettait héréditairement au sein de la même dynastie après consentement du sultan ottoman.
C'est cette transmission au sein d'une même famille (deux dynasties : les Maan druzes – 1516-1697 : six émirs et les Chehab sunnites – dont certains convertis dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle au maronitisme – 1697-1842 : huit émirs) ainsi que les fonctions régaliennes dévolues aux émirs, qui vont faire naître l'entité libanaise et assurer une continuité historique et en grande partie géographique (les frontières étaient changeantes et extensibles, et ont pu s'étendre du temps de Fakhreddine II jusqu'à Palmyre, même si l'émirat était partagé administrativement entre les pachaliks de Damas, Tripoli et plus tard sous les Chehab, Saïda).
Un véritable système militaire, politique, économique, social et surtout culturel s'est mis en place, à partir de 1516 avec l'émirat et l'alliance dans la Montagne libanaise, entre les deux communautés minoritaires, druze et maronite. Les chiites avaient été persécutés et largement déplacés vers le Sud et la Békaa par les Mamelouks (1250-1516) qui avaient vaincu les Croisés et précédé les Ottomans. Les orthodoxes et les sunnites s'étaient eux, fondus dans l'Empire byzantin, puis avec la chute de Constantinople (1453), dans l'Empire ottoman.
C'est ce système qui donnera lieu, à la fin de l'émirat (1842), aux deux entités politiques et administratives, au sein de l'Empire ottoman, le double caïmacamat, druze et maronite (1842-1860) et la moutassariffiya (1860-1918) et sera à la base de la proclamation sous mandat français, du Grand Liban pluricommunautaire dans ses frontières actuelles (1er septembre 1920) et de la République libanaise indépendante (1943).
Qu'on le veuille ou pas, cette entité libanaise s'est effectuée à travers cinq siècles d'histoire et s'est construite, grâce à cette disposition géographique particulière, entre la côte longue et étroite sur le versant est de la Méditerranée (220 km), la chaîne de montagnes verdoyante, continue et escarpée du Mont-Liban (160 km), la plaine fertile de la Békaa (120 km) et la chaîne de montagnes aride, continue et peu habitée de l'Anti-Liban (150 km), qui nous sépare de la Syrie. Un pays presque parallèle, à la fois ouvert, divers et naturellement enclavé.
L'histoire du Liban contemporain ne peut faire l'économie de ces cinq siècles d'histoire moderne en Orient, qui ont créé cette spécificité libanaise, au sein de l'Empire ottoman naguère et aujourd'hui, au sein du monde arabe. L'âme libanaise profonde s'est nourrie de cette histoire et s'est enracinée dans cette géographie. Si elles ne sont pas intériorisées par les Libanais, toutes communautés confondues, elles ne peuvent pas engendrer une cohésion et renforcer un sentiment d'appartenance nationale.
Certes la visite du patriarche maronite à la montagne druze-maronite est essentielle dans le processus de la réconciliation et de la résistance à la tutelle syrienne, surtout après les massacres fratricides de 1983, qui avaient ravivé le souvenir tragique, de ceux de 1860, mais à long terme il s'agit de proposer à tous les Libanais une histoire nationale qui s'étend sur une échelle plus longue.
Affirmer aujourd'hui l'originalité et l'existence historique de cette entité libanaise est une manière d'établir définitivement notre identité nationale, transcommunautaire et pluriculturelle. Ces cinq siècles dont l'émirat du Mont-Liban (1516-1842) et le Grand Liban (depuis 1920) en sont la traduction, l'incarnation et la continuité.
Dès le départ, le premier émir Fakhreddine 1er (1516-1544) étend sa domination territoriale jusqu'à Tripoli au Nord et Jaffa au Sud. Il fait construire des édifices publics et des fortifications, et dispose d'une administration et d'une armée. Ce qui laisse supposer une stabilité et une prospérité lors de son règne. C'est lui qui restaure la première mosquée construite en 1493 dans la montagne libanaise (pour ses mercenaires sokmans). D'ailleurs cette mosquée porte toujours aujourd'hui son nom, sur la place de Deir el-Qamar (couvent de la Lune). Cette ville fut la capitale de l'émirat depuis Fakhreddine II (dont le palais est sur la même place), jusqu'à la construction de Beiteddine en 1818 par Béchir II, sur un promontoire face à Deir el-Qamar.
Fakhreddine II Maan le Grand (1590-1635) et Béchir II Chéhab le Grand (1789-1840) régneront à deux siècles d'intervalle, chacun presqu'un demi-siècle, et seront à plus d'un titre, les deux grands émirs (sur les quatorze), dans l'histoire de la montagne libanaise.
Le patriarche maronite s'est d'ailleurs référé dans son discours directement au premier et indirectement au second à travers sa famille, par égard à son hôte Walid Joumblatt dont l'ancêtre cheikh druze Béchir Joumblatt avait été le plus proche allié puis le rival féroce de l'émir maronite Béchir II Chéhab. L'emprisonnement et l'exécution du premier après sa défaite, sur l'instigation du second fut la première coupure historique violente et sanglante entre les deux communautés. La visite du patriarche, outre le souvenir de la réconciliation, avait également pour occasion la restauration de l'église Notre-Dame el-Durr construite par Béchir Joumblatt en 1820 en hommage à ses alliés maronites, les cheikhs el-Khazen, gardiens historiques de Bkerké. Durant l'émirat, le système communautaire libanais était doublé par un système de féodalité transcommunautaire.
On pourrait également signaler la coïncidence de la visite du patriarche, avec le 444e anniversaire de la naissance de Fakhreddine II (né à Baakline, le 6 août 1572 et exécuté avec trois de ses fils, à Istanbul le 13 avril 1635). Les dates symboliques de naissance et de mort en fournissant des repères aident à construire le discours identitaire.
Le processus historique et culturel de ces cinq siècles devrait être étudié dans son ensemble pour parvenir jusqu'à nous. En dehors de l'histoire et d'une mémoire commune, nous ne pouvons pas projeter un avenir ensemble. Certes cette aventure commencée il y a cinq siècles a beaucoup évolué et s'est beaucoup enrichie notamment durant le dernier centenaire (depuis 1920, date à laquelle Walid Joumblatt s'est également référé et dont il ne faudrait pas rater la commémoration le 1er septembre 2020, dans quatre ans).
Au-delà des communautés, des clans, des féodalités et des familles, l'histoire du Liban a construit une entité et une expérience libanaises d'autonomie, de souveraineté, de libertés individuelles et de groupes, de pluralisme culturel partagé, dont tous les Libanais devraient aujourd'hui se sentir dépositaires et solidaires. Il est grand temps de tirer les leçons de ces cinq siècles et d'en assumer collectivement cet héritage global.
Le Liban moderne commence avec l'émirat en 1516 et se poursuit avec le Grand Liban en 1920. Ce petit pays est très précieux pour lui-même, pour son environnement et pour notre monde globalisé aujourd'hui. C'est une histoire miraculeuse et improbable qui a coûté d'énormes sacrifices humains et qui constitue une exception et un espoir.
En se replaçant dans la continuité de l'histoire et en l'absence affligeante et criminelle, depuis plus de deux ans, d'un président de la République (ce à quoi le patriarche maronite et son hôte druze se sont référés), nos dirigeants et surtout les maronites, qui en assument une double responsabilité, compte tenu du privilège, hélas de plus en plus immérité, qui leur a été accordé, devraient considérer qu'ils sont les gardiens de cette histoire et de ces institutions qu'il a fallu patiemment construire et que leur égoïsme et leur narcissisme ne font qu'accélérer leur déclin et celui de leur pays.



JTK

jeudi 28 juillet 2016

Liban: Mixité entre hommes et femmes interdite dans des localités chiites

27.07.2016 par Jacques Berset

La mixité entre hommes et femmes a été interdite à trois reprises dernièrement dans trois localités à majorité chiite du sud du Liban, à savoir à Aïtaroun, Jebchit et Khiam. Selon le quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour, ces mesures n’ont pas manqué de susciter une vague d’indignation parmi les membres de la société civile.

Ces derniers dénoncent une atteinte aux libertés individuelles et mettent en garde contre des mesures à venir qui pourraient être encore plus restrictives. A Aïtaroun, bourg où vivent quelque 6’000 habitants, une piscine appartenant à la municipalité a récemment été interdite d’accès aux femmes pendant la baignade des hommes. Les motifs invoqués sont ceux de la nudité des torses des baigneurs et de l’aspect des maillots de bain masculins qui peuvent exposer le corps en raison de leur humidité.

Un phénomène de radicalisation récent

Désormais, les femmes et les enfants pourront accéder à la piscine du matin jusqu’à 16h, alors que les hommes pourront se baigner le soir. A Jebchit, une ville de 25’000 habitants, un magasin où les jeunes peuvent se connecter à internet a reçu un communiqué de la municipalité lui demandant, entre autres, de ne pas autoriser la mixité dans ses locaux, et de fermer aux heures de prière.
Le dernier incident de ce genre a eu lieu tout récemment dans la ville de Khiam, un bastion du Hezbollah non loin de la frontière israélienne, où avait été établi pendant l’occupation un sinistre camp de détention tenu par l’Armée du Liban-sud, pour le compte d’Israël. Ici, les femmes ont été interdites de participer à un marathon, pour éviter la mixité lors de la course.
“Il s’agit d’un phénomène récent que l’on voit apparaître au niveau des municipalités. C’est la première fois qu’elles prennent des décisions qui ont pour but d”organiser’ les relations entre les gens, avec la religion en toile de fond”, confie à L’Orient-Le Jour le journaliste et analyste politique Ali el-Amine.

Climat général d’extrémisme religieux

“Il y a 50 ans et plus, la mixité ne faisait pas problème dans les villages chiites du Sud”, relève Ali el-Amine. Il rappelle que hommes et femmes se croisaient souvent devant les cours d’eau. “Quand les gens n’avaient pas encore accès à l’eau courante, les femmes allaient faire la lessive et la vaisselle dans les cours d’eau pendant que les hommes se baignaient”.
Il pense que ces interdictions de mixité pourraient s’expliquer par le climat d’extrémisme religieux qui prévaut actuellement en raison des conflits régionaux. “Le Hezbollah mise sur l’identité religieuse chiite pour justifier son engagement en Syrie. Or les gens deviennent extrémistes quand la religion est mobilisée de la sorte. Il se peut que le Hezbollah ne soit pas directement impliqué dans les agissements qui ont eu lieu dans les municipalités. Mais ces comportements sont des conséquences sociales du retour vers le religieux”.

La majorité n’adhère pas à ce genre de décision

Pour le journaliste libanais, “certaines personnes confinées dans leurs villages adhèrent à ce genre de discours, mais les habitants de ces villages sont ceux-là mêmes qui vont à la plage de Tyr où la mixité existe… En général, la majorité des gens sont gênés par ces décisions et ils hésitent entre le fait d’en rire ou d’en pleurer”.
D’autres, comme le journaliste Imad Komeiha, affirment que ces interdictions de mixité sont dues au fait que le Hezbollah contrôle les municipalités où elles ont été émises, et cela dévoile “le vrai visage du Hezbollah… qui est celui d’un parti religieux et islamique”. (cath.ch-apic/orj/be)


https://www.cath.ch/newsf/liban-mixite-entre-hommes-femmes-interdite-localites-chiites/

mardi 19 juillet 2016

Charbel Makhlouf : l’histoire extraordinaire du plus grand saint du Liban - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour

Charbel Makhlouf : l'histoire extraordinaire du plus grand saint du Liban - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour

Charbel Makhlouf : l'histoire extraordinaire du plus grand saint du Liban

La MTV consacre une partie de la matinée de demain dimanche à partir de 8h30 à un personnage qui a passé sa vie dans la simplicité, la prière et la pauvreté mais qui a rendu le Liban célèbre sur la carte du tourisme religieux, grâce à des guérisons miraculeuses que la science n'a pas pu expliquer jusqu'à aujourd'hui.

Saint Charbel ou, de son vrai nom, Youssef Makhlouf, a mis en exergue l'importance de la vie des ermites dans l'ordre maronite libanais. À 23 ans, ce jeune homme né le 8 mai 1828 à Bkaakafra, le village le plus élevé du Liban, orphelin de père, mort sur le chemin de retour de son travail auprès de l'armée ottomane dès l'âge de trois ans avec deux oncles maternels ermites déjà, décide d'intégrer l'ordre maronite libanais au couvent de Mayfouk pour passer sa première année de noviciat. Il complétera sa deuxième année au couvent Saint-Maron à Aanaya, sur les hauteurs de Jbeil à 1 000 mètres d'altitude, au terme de laquelle il prononcera ses vœux. Après vingt ans de vie monastique, il se retira solitaire dans un lieu proche du couvent Saint-Maron, l'ermitage des saints Pierre et Paul où il passa les vingt-trois dernières années de sa vie consacrées au Seigneur, s'adonnant à la pénitence et à la prière, mais aussi recevant les fidèles qui cherchaient Dieu auprès de lui.

Il a su équilibrer sa vie entre l'ascèse, le travail et la pauvreté, la centrant sur l'adoration et la communion eucharistique. Sa vie était si perdue en Dieu qu'il faisait des miracles sans s'en rendre compte. Comme un soir, par exemple, où, distrait, il verse de l'eau dans sa lampe à huile. Elle ne s'éteignit pas, mais au contraire brûla toute la nuit. Son tombeau devint aussitôt un lieu de pèlerinage et de guérisons sans nombre. On compte aujourd'hui jusqu'à 126 000 miracles grâce à son intercession. Il est un des saints les plus populaires du Liban.

Au XIXe siècle, près de chaque couvent maronite, il y avait des ermitages qui étaient pleins et il fallait donc que les moines attendent leur tour avant d'y être admis. Il fut également étudiant en psychologie et en théologie avec pour professeur, entre autres, un autre moine canonisé, Neemtallah el-Hardini, méconnu encore à l'époque par le grand public. Saint Charbel est considéré par les Libanais comme le « saint des saints » et leur père spirituel dans les moments difficiles.

Le 22 de chaque mois, des milliers de fidèles, malades, désespérés, exaucés ou simplement croyants rejoignent une miraculée, Nohad Chami, qui donnera son témoignage dimanche dans « Tehkik », l'émission présentée par Claude Hindi, à l'occasion du 118e anniversaire de la disparition du moine ermite. Mme Chami aurait été opérée par saint Charbel qui a tenu à lui garder un signe, une plaie, qui saigne toujours comme pour lui rappeler ainsi qu'aux sceptiques « l'amour de Dieu et sa grâce infinie ». Une foule de fidèles se déplacent dans la région du jurd de Jbeil afin de participer auprès de cette femme à une procession de prières de l'ermitage en direction du couvent Saint-Maron. Ce rendez-vous est devenu fixe pour des centaines de personnes qui ne ratent aucune occasion, été comme hiver, pour venir prier cet ermite canonisé le 9 octobre 1977 par le pape Paul VI.

Une relation d'amour, de foi et de passion a intimement lié ce moine, ayant choisi la pauvreté en rejetant toutes les vanités terrestres, à la Vierge, au Christ et à Dieu. Un choix de vie qui finira par le mettre au centre de la vie de millions de croyants qui demandent son intercession au quotidien. C'est l'histoire d'une relation fusionnelle entre un simple moine avec son Créateur, racontée autrement par Claude Hindi, des fidèles et des moines, demain, 118 ans après sa mort, un 24 décembre. Une petite lueur d'espoir au parfum d'encens du bois de cèdre sur nos petits écrans.

Pour mémoire
Miracle à Phoenix, Arizona

Bienvenue chez saint Charbel...au Canada

Saint Charbel et les gérants de l'ascèse

« Saint Charbel m'a opérée »



JTK

Syrie-Liban, si proches, si divisés À PROPOS D’UN LIVRE D’ÉLIZABETH PICARD



19 JUILLET 2016


Élizabeth Picard, directrice de recherche émérite auCNRS, nous donne dans son dernier livre Liban-Syrie, intimes étrangers. Un siècle d’interactions sociopolitiques, des clés pour mieux comprendre les enjeux actuels auxquels sont confrontés ces deux pays à travers l’analyse de leurs relations dans l’histoire, depuis leur fondation comme États il y a près d’un siècle.

Le Liban et la Syrie : quel couple étrange et quel drôle de couple  ! Presque tout les unit et presque tout les sépare. Ils sont pourtant nés de la même matrice (l’histoire, les siècles sous domination ottomane, puis les accords Sykes-Picot). L’un apparaît comme un appendice de l’autre  ; deux pays contigus, inextricablement proches, voire interdépendants et néanmoins loin de former une seule entité ou même de pouvoir rêver se fondre dans un seul État, tant leur destinée depuis près d’un siècle, au lendemain de la première guerre mondiale, les a façonnés de façon différente. Plus d’une puissance étrangère s’est frottée à eux, souvent en se brûlant les doigts. Des milliers de livres, d’essais ont été écrits à leur sujet. Comptant parmi les meilleurs spécialistes, Élizabeth Picard entreprend de les étudier et de comprendre leur trajectoirel’un par rapport à l’autre et à leur environnement dans un ouvrage qui vient de paraître chez Actes Sud, et dont le titre en soi résume le contenu : Liban-Syrie, intimes étrangers.
Sans se départir de sa rigueur universitaire, Élizabeth Picard a écrit un livre stimulant, accessible à qui ne veut pas s’intéresser qu’à la seule «  actu chaude  », ouvrant chapitre après chapitre de nouvelles pistes de compréhension et de lecture. Délaissant «  une narration de l’histoire des relations syro-libanaises qui serait à la fois longue et répétitive  », elle propose des études thématiques au fil de l’histoire, de 1920 (après Sykes-Picot) à nos jours, qui s’enchaînent sur une succession chronologique. Chaque chapitre se focalise sur une conjoncture critique qui offre l’occasion de travailler sur un aspect de la relation syro-libanaise, chaque terrain invitant à un déplacement de perspective disciplinaire, même si «  la réflexion reste principalement politologique  ».Éminemment novateur, le livre très dense fournit aussi des synthèses et de nombreuses références aux ouvrages jusqu’aux plus récents écrits sur le sujet, y compris sur la formation de l’idée de nation libanaise.
L’auteur a découpé son livre en plusieurs parties : «  Séparation  » après la genèse, où un chapitre cite sous la forme interrogative la fameuse phrase attribuée à Hafez Al-Assad : «  Un seul peuple dans deux États  ?  » mais aussi «  De quoi le Liban est-il le nom  ? suivi de «  Confrontation  », «  Distinction  » qui s’ouvre sur le chapitre du «  différentiel démocratique  », avant de s’achever sur une question : «  En finir avec Sykes-Picot  ?  », soit une sorte de pied de nez instructif en cette période où essayistes, politologues et chercheurs se penchent sur le découpage du Proche-Orient.

«  DURABLE IRRÉSOLUTION  »

«  Rien n’était joué d’avance dans leur distinction et leur séparation  », note-t-elle d’emblée : «  des études récentes ont révélé la durable irrésolution, depuis le dernier quart duXIXe siècle, de l’alternative entre “unité syrienne” et “autonomie libanaise”, avec, en toile de fond, l’invention de la nation arabe par les intellectuels et les militants politiques  ». Parfois, quand on regarde une carte, le Liban apparaît comme amputé à la Syrie,«  pays du toujours moins  » replié sur lui-même, alors que son voisin de l’ouest, grâce à sa belle façade maritime plus longue, offre une image d’ouverture aux autres. Cette différence a son importance, comme le montre Picard.
Mais la population est mêlée et de grands dirigeants libanais sont nés en Syrie, comme le maronite Émile Eddé, président libanais sous le mandat français et «  qui choisit le libanisme en plaidant la séparation du Liban de la Syrie et, plus largement, des pays arabes et musulmans  ». Malgré cela, la vision syrianiste résistera à l’imposition des frontières au-delà du temps des indépendances, jusqu’à ce que le vent de la révolution l’emporte dans les années 1950. Révolution… que de malheurs en ton nom  !
Jusqu’au sein de la puissance mandataire de la France, les avis divergent (et continueront de diverger après les indépendances) sur la question des deux États. La France arbitre finalement en faveur des «  libanistes  » mobilisés à Paris et Beyrouth, donnant tort au haut-commissaire du gouvernement français au Levant, le général Henri Gouraud «  qui reste, lui, convaincu que les intérêts économiques aboutiront nécessairement à une union syro-libanaise  ». Résultat : «  La nouvelle frontière internationale tranche dans une continuité géographique et humaine  ». En découpant jusqu’au territoire syrien durant le mandat, la rationalité sous-jacente était l’affaiblissement de la majorité musulmane sunnite, collectivement étiquetée «  nationaliste  ». Peut-être Hafez Al-Assad et son fils s’en souviendront-ils des années plus tard, avec la tentation d’un repli vers le pays alaouite qui a déjà existé de façon éphémère dans le passé, ainsi que nous le montre une facette de cette guerre entre le régime alaouite et la majorité sunnite.

UNE SÉPARATION IDÉOLOGIQUEMENT CONSTRUITE

Pour Picard, «  le propos provocateur (d’Assad père) a le mérite de rappeler que l’analyse du couple syro-libanais ne peut se limiter à une approche classique des relations internationales, même si celle-ci permet de mettre en lumière la concurrence des projets étatiques de Beyrouth et de Damas, la multiplicité des sujets de conflit de souveraineté entre les deux capitales et le caractère inachevé de leur séparation en deux États en principe également souverains  ». Analysant par le bas les dynamiques à l’œuvre dans l’espace syro-libanais, l’auteure fait appel à une approche sociologique et anthropologique en se focalisant sur l’époque ottomane qui a forgé «  une sensibilité partagée, une culture et des ‟arts de faire” collectifs qui imprègnent la sphère publique  ».
Il n’empêche. «  Juridique avec la création d’une frontière internationale en 1920, historique à travers la trajectoire de deux régimes politiques qui se distancient de plus en plus, imposée par la puissance coloniale et entérinée par les élites préoccupées d’asseoir leur domination, la séparation syro-libanaise prend (avec les années et au gré des crises multiples économiques, monétaires, politiques) une dimension idéologique qui s’épaissit...  ». Et «  dans chaque pays, les politiques étatiques formatent une structure sociale et économique qui conditionne à son tour des besoins et des aspirations spécifiques  ». Guerre froide mondiale et guerre froide interarabe, systèmes économiques divergents («  socialiste  » ou «  étatique  » pour l’un, libéral pour l’autre), ainsi que la crainte des coups d’État et des régimes militaires en Syrie, achèveront d’approfondir cette séparation, cependant sans jamais outrepasser ses limites. Elle a entraîné une guerre civile de quinze ans et des bouleversements dans les relations entre le Liban et son grand frère syrien.

PRÉDICTIONS DE DÉMEMBREMENT  ?

«  Trois versions de l’identité libanaise méritent d’être examinées au regard des relations avec la Syrie : le Liban, foyer nationalpour les chrétiens dans un Orient arabe et musulman  ; le Liban du pacte national fondé sur l’équilibre entre aspirations antagonistes de ses populations chrétiennes et musulmanes, et le Liban pluriel régi par le communautarisme politique  », Hafez Al-Assad imprimant sa marque sur cette troisième formulation, avec les amendements constitutionnels signés à Taëf qui mettent fin à l’épisode de la guerre.
Aujourd’hui, alors que le Liban est déchiré et sans gouvernement car paralysé par la guerre multiforme en Syrie, comment penser l’avenir  ? L’auteure conseille d’éviter de se laisser obnubiler par les tendances immédiates. «  L’observation de la géographie économique et démographique du Liban et de la Syrie suggère d’accueillir avec circonspection les prédictions de démembrement territorial au profit de micropouvoirs adossés à des patrons extérieurs  ». «  Même si nous ne savons pas ce qui adviendra du Liban et de la Syrie, nous savons qu’il en va de l’avenir commun des Libanais et des Syriens, ces intimes étrangers  », conclut Élizabeth Picard.

vendredi 3 juin 2016

Le patrimoine des chrétiens d'Orient - Le Monde de la Bible

Le patrimoine des chrétiens d'Orient - Le Monde de la Bible

Colloque à l'Institut du Monde Arabe (IMA) : Le patrimoine des chrétiens d'Orient, une richesse à faire connaître


chrétiens d'OrientPatrimoine des chrétiens d'Orient. Une richesse à faire connaître
le mercredi 8 juin 2016 de 18h30 à 21h30
En Irak, en Syrie, à Gaza, comme dans l'ensemble du Proche et du Moyen-Orient, le patrimoine chrétien en Orient constitue un témoin irremplaçable de la diversité des cultures. Menacé par les conflits qui ravagent cette terre multi millénaire et par les pillages organisés de sites, il est actuellement en grand danger.
Depuis de nombreuses années, l'Œuvre d'Orient, association de soutien aux chrétiens d'Orient depuis 1856, agit pour faire connaître et conserver ce patrimoine dans sa grande variété matérielle et immatérielle : architecture, sites archéologiques, langues, fonds d'archives, icônes, musiques…
À l'heure où Mgr Pascal Gollnisch dénonce un "crime culturel contre l'humanité", de nombreuses initiatives ont lieu pour le préserver et l'entretenir, comme celle de la Bibliothèque nationale de France.
Certaines d'entre elles seront présentées lors de cette soirée, troisième édition en partenariat avec l'Institut du Monde Arabe.

PROGRAMME

  • Introduction de Mgr Gollnisch, directeur général de l'Œuvre d'Orient.
  • KURDISTAN IRAKIEN : LES FOUILLES DE BAZYAN, par Vincent Déroche, Directeur de recherche au CNRS et Narmin Ali Amin, co-directrice de la Mission archéologique
  • LA DÉCOUVERTE FRANCO-PALESTINIENNE DU MONASTÈRE DE SAINT-HILARION À GAZA, par René Elter, archéologue à l'INRAP, chercheur associé à l'École Biblique et Archéologique française de Jérusalem
  • LE TRAVAIL DE LA BNF POUR NUMÉRISER, VALORISER, DIFFUSER LE PATRIMOINE ÉCRIT DE L'ORIENT MÉDITERRANÉEN, par Isabelle Nyffenegger, Directrice déléguée aux Relations internationales de la BNF
  • LE TRAFIC D'ŒUVRES D'ART AU PROCHE ET MOYEN-ORIENT, par le Colonel Ludovic Ehrhart, chef de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturelsDébat animé par Sébastien de Courtois, producteur de « Chrétiens d'Orient » sur France Culture

    Date : Mercredi 8 juin 2016 de 18h30 à 21h30 dans le cadre des Jeudis de l'IMA
    Lieu : Institut du monde arabe, 1 rue des Fossés Saint-Bernard 75005 Paris, Salle de l'Auditorium (niveau -2).
    Entrée libre : dans la limite des places disponibles

    L'Œuvre d'Orient, association de soutien aux chrétiens d'Orient, souhaite agir pour faire connaître, conserver et mettre en valeur ce patrimoine.



JTK

mardi 31 mai 2016

Maghdouché au Liban-Sud a rejoint le cercle de Lourdes, de Fatima et de Medugorje - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour

Maghdouché au Liban-Sud a rejoint le cercle de Lourdes, de Fatima et de Medugorje - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour

Maghdouché au Liban-Sud a rejoint le cercle de Lourdes, de Fatima et de Medugorje

Dans le cadre de sa politique de promotion du tourisme religieux au Liban et au Moyen-Orient, le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, ainsi que l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) ont célébré hier soir en grande pompe et devant un parterre exceptionnel de dirigeants politiques et spirituels l'inscription sur la carte du tourisme religieux international du sanctuaire de Saydet el-Mantara (Notre-Dame de l'Attente) des grecs-melkites à Maghdouché, à l'instar de Notre-Dame de Lourdes en France, de N.D. de Fatima au Portugal et de la Vierge de Medugorje en Bosnie-Herzégovine.
La cérémonie qui a eu lieu sur le parvis du sanctuaire est le fruit des efforts conjoints du ministre du Tourisme et de l'OMT. Elle a regroupé entre autres, aux côtés d'une foule de fidèles, le nonce apostolique, Gabriele Caccia, les députés Bahia Hariri, Michel Moussa et Antoine Zahra, l'épouse du président du Parlement, Randa Berry, le ministre du Tourisme et hôte de l'événement, Michel Pharaon, et l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne. La soirée a récité prières et cantiques dans le ciel de Maghdouché couronnant ainsi les efforts depuis des années pour sa promotion sur la carte internationale du tourisme religieux.

« Aujourd'hui, c'est un lieu unique que nous célébrons, un lieu saint visité en personne par la Vierge Marie et non pas un simple lieu d'apparition, d'où sa spécificité », explique Michel Pharaon à L'Orient-Le Jour. Le ministre, qui avait lui-même supervisé les derniers préparatifs pour la promotion du site au niveau touristique mondial, avait invité par ailleurs le journaliste américain John Defterios de CNN et la journaliste britannique Alison Hilliard de la BBC afin de modérer une table ronde axée sur l'importance du tourisme religieux au Moyen-Orient en tant que connecteur et trait d'union entre toutes les populations méditerranéennes.
Cette table ronde regroupant des professionnels dans le domaine du tourisme international, méditerranéen et religieux, notamment le ministre jordanien du Tourisme, Nayef el-Fayez, la ministre palestinienne du Tourisme, Roula Ma'aya, le conseiller du ministre égyptien du Tourisme pour la promotion touristique, Amr el-Ezabi, le secrétaire général de l'OMT, Taleb Rifaï, et le secrétaire général de la fondation « Sur les pas du Christ au Liban-Sud », Samir Sarkis, a précédé la célébration officielle de cet événement exceptionnel propulsant le Liban et notamment le Liban-Sud au-devant de la scène touristique internationale. Pour M. Rifaï, « le tourisme religieux devient plus important lorsque tous les pays voisins développent ensemble ce secteur et offrent au pèlerin, qui recherche une expérience unique, la possibilité de visiter toute la région riche en symboles spirituels ». « Le lancement du sanctuaire marial au Liban-Sud sur la carte touristique religieuse mondiale sera par ailleurs l'occasion de créer des emplois dans cette région », indique-t-il.
« Il y a plus de 3 000 sites religieux au Liban et nous avons de quoi promouvoir notre tourisme religieux et aussi faire revivre la route phénicienne ou la route romaine qui reliait Jérusalem à Sidon, comme l'a fait l'Égypte avec la mise en place d'un circuit de la Sainte Famille », a dit le ministre Pharaon. Le ministre a par ailleurs exprimé son souhait de pouvoir concrétiser son deuxième projet, celui consacré au tourisme de la diaspora libanaise : « Il faut que chaque émigré libanais vienne visiter son pays d'origine au moins une fois durant sa vie. »
Le sanctuaire marial inscrit désormais sur le parcours des pèlerins étrangers est constitué d'une grotte que les premiers chrétiens ont transformée en sanctuaire, d'une basilique et d'une tour de 34 mètres abritant en son creux une chapelle et couronnée par la statue en bronze de la Vierge-Marie portant l'enfant Jésus. Le site est situé à cinquante kilomètres de Beyrouth et à l'est de Saïda. Cette grotte naturelle creusée dans la roche, découverte par hasard par un berger en 1720 avec une icône de la Vierge datant du VIIe ou du VIIIe siècle placée sur un autel, servait de lieu d'attente pour la Vierge Marie. La Vierge, étant une femme juive, attendait le retour de Jésus lors de ses pérégrinations à Cana, Sidon, Tyr et Sarafand, car selon la tradition d'alors il lui était interdit de l'accompagner dans les régions païennes.
Par conséquent, comme Sidon était une ville cananéenne et donc païenne, Marie attendait son fils dans cette grotte à Maghdouché, située sur la route romaine qui reliait Jérusalem à la côte libanaise. Ici, elle a attendu dans la prière et la méditation, d'où vient le nom Notre-Dame de l'Attente (al-Mantara).
Ce sanctuaire qui surplombe la côte de Saïda-Zahrani et reposant à l'entrée du village de Maghdouché est régulièrement visité par des pèlerins, toutes communautés confondues, afin de demander la grâce de la Vierge, surtout en ce mois de mai, mois de Marie. Par ailleurs, c'est surtout le 8 septembre (date de la naissance de la Vierge) que chaque année les fidèles et croyants affluent vers ce lieu saint.
Dans un petit Mémoire, Mgr Georges Kwaiter, l'archevêque grec-catholique melkite du diocèse de Saïda et de Deir el-Qamar jusqu'en 2011, et parrain de la construction de l'actuelle basilique, a expliqué comment ce sanctuaire trouvait ses origines dans les Évangiles.
Apparemment, les choses ont beaucoup évolué durant ces dernières années : le tourisme religieux bénéficierait actuellement d'un vrai engouement non seulement au plan local mais aussi international. Une bonne nouvelle pour le Liban qui regorge de sites religieux hautement spirituels pour les personnes qui recherchent une expérience unique lors d'un voyage hors des sentiers battus.
Lire aussiContribuer à l'essor du tourisme religieux au Liban-Sud...


JTK

samedi 14 mai 2016

Au Liban, la joie du village ancestral du Brésilien Michel Temer - L'Express

Au Liban, la joie du village ancestral du Brésilien Michel Temer - L'Express

Au Liban, la joie du village ancestral du Brésilien Michel Temer

Un jardin dédié à Nakhoul (Miguel) Temer, père de Michel Temer à l'entrée du village de Btaaboura, au Liban, le 12 mai 2016

BTAABOURA (Liban) - "Un Libanais est à la tête du Brésil, et nous sommes sans président depuis deux ans!": c'est la blague qui court en ce moment au Liban et en particulier à Btaaboura, village ancestral de Michel Temer, nouveau président du géant d'Amérique du Sud.

Juste après l'entrée du village, situé dans le nord du Liban, une plaque porte le nom du "vice-président du Brésil Michel Temer". 

"Elle va être remplacée vendredi par +rue du président Michel Temer+", lance enthousiaste le chef de la municipalité de Btaaboura, Bassam Barbar. 

"Nous célèbrerons son accession (au pouvoir) de tout notre coeur, nous sommes très fiers de lui", dit-il à l'AFP. 

Le village, où M. Temer s'est rendu deux fois en 1997 et 2011, est historiquement lié au successeur de l'ex-présidente du Brésil Dilma Rousseff, écartée jeudi du pouvoir. 

Dans un petit jardin, deux drapeaux libanais et brésilien sont placés côté à côté et tout le monde commente le paradoxe d'avoir un homme originaire du Liban à la tête du Brésil alors que le petit pays méditerranéen est sans chef de l'Etat depuis mai 2014 en raison de profondes divisions politiques. 

"J'espère maintenant qu'ils (les hommes politiques libanais Ndlr) vont avoir honte!", assure M. Barbar. 

Au milieu de généreux oliviers se cache la maison familiale des Temer, où a vécu le père du nouveau président brésilien. Elle est aujourd'hui abandonnée, en ruines. 

Les destins du Brésil et du Liban sont historiquement lié: les Brésiliens d'origine libanaise sont estimés entre 6 et 7 millions de personnes, selon une source des Affaires étrangères qui a requis l'anonymat.  

Les Libanais ont commencé à émigrer vers le Brésil et d'autres pays d'Amérique du sud au 19e et 20e siècle et durant la guerre civile (1975-1990). Installés notamment à Rio de Janeiro et Sao Paolo, ils se sont investis pleinement dans la vie politique - certains sont parlementaires - culturelle et médiatique du Brésil. 

- 'Qui va l'accueillir'' - 

"Je l'ai rencontré en 1997 quand il était président du Parlement, on ne le connaissait pas" à ce moment là, confie à l'AFP Nizar Temer, ingénieur et cousin paternel de Michel Temer. 

"En 2011, il était venu une deuxième fois pour fêter l'indépendance du Liban, on l'a aimé, il nous a aimés", se remémore le sexagénaire. 

George, la trentaine, se souvient avoir vu Michel Temer danser la dabké, une danse traditionnelle, avec les habitants du village connus pour être de bons danseurs. Pour lui, c'était le signe que le Brésilien avait des gènes libanais.  

"Mais s'il veut venir au Liban qui va l'accueillir' On n'a pas de président pour l'inviter! Le paradoxe est que les Libanais ont maintenant un chef d'Etat au Brésil mais le Liban lui reste sans président", s'esclaffe Nizar Temer. 

Lors de son passage au village, Michel Temer avait voulu se recueillir dans la maison de ses ancêtres. Quelques murs en pierre et une chambre le rattachent encore à son passé. 

"Il s'est agenouillé et a mis un peu de terre sur sa tête, il était très ému quand il a remarqué la photo de son père dans le salon", poursuit Nizar qui tient à envoyer un message au nouveau président du Brésil: "Je suis fier de toi cousin! j'espère que tu nous rendras visite de nouveau"! 



JTK