mercredi 25 novembre 2015

La Chronologie de l'Indépendance du Liban | Libnanews

La Chronologie de l'Indépendance du Liban | Libnanews

La Chronologie de l'Indépendance du Liban



Le Président Béchara el Khoury à l'indépendance du Liban
Le Président Béchara el Khoury à l'indépendance du Liban

La Mort pour la Patrie et l'Indépendance est une naissance, tandis que la vie sans indépendance est une mort.

Saïd Akl

Un constat que beaucoup de Libanais, par l'Histoire contemporaine, ne peuvent qu'accepter. L'Indépendance du Liban a été un long cheminement, marqué par de nombreux sacrifices, par la mort de nombreux martyrs et une lutte sans relâche depuis le 19ème siècle jusqu'à aujourd'hui. Bien que célébrée le 22 novembre en commémoration des évènements de 1943, le Pays des Cèdres se doit également de se souvenir de ces dates critiques qui ont permis l'avènement du Liban dans ses frontières géographiques actuelles.

A l'Origine, La Création du Moutassarifat du Mont-Liban

Mai 1860: Attaque de Deir el Qamar par les Druzes. Les troubles se propagent à Jezzine, Hasbaya, Saida. Zahlé est assiégé.
Juin-Juillet 1860: Les massacres continuent.

6 juillet 1860: Intervention Ottomane, réconciliation entre les Chrétiens, les Sunnites et les Druzes.
16 août 1860: Intervention de l'Armée Française au Liban en conformité avec le traité dit des Capitulations qui lui donne un droit de protection des minorités chrétiennes au sein de l'Empire Ottoman.
9 Juin 1861: Création du Moutassarrifat du Mont Liban instaurant un premier système communautaire au Liban. L'administration est confiée à un gouverneur ou Moutassarrif chrétien nommé pour 3 puis 5 ans par la Sublime Porte et n'étant pas originaire du Mont Liban. Il sera assisté par un conseil représentatif de 12 membres, 7 Chrétiens et 5 Musulmans. Seront nommés:
  • Daoud Bacha, d'origine arménienne (9 juin 1861 au 9 mai 1868),
  • Franco Bacha d'origine alépine (27 juillet 1868 au 26 février 1873)
  • Rustom Bacha, d'origine italienne,  (Juillet 1973 à Mai 1883)
  • Massa Bacha d'origine albanaise, (8 mai 1883 au 29 juin 1892)
  • Naoum Bacha, d'origine alépine, (15 août 1892 à août 1902)
  • Mouzaffar Bacha, d'origine polonaise et française, (27 septembre 1902 au 29 juin 1907)
  • Youssef Franco Bacha, d'origine alépine, (8 juillet 1907 au 2 juillet 1912)
  • Yohannès Bacha Kouyoumdjian, d'origine arménienne, (20 décembre 1912 à la date de sa démission, le 5 août 1915)
Après Yohannès Bacha Kouyoumdjian, les autorités ottomanes alors en guerre aux côtés des empires d'Europe Centrale nommeront directement les gouverneurs et dissoudront le Conseil Représentatif. Cette période sera marquée par une période de terreur, d'épidémies de dysenterie et de Typhus, et de famine engendrée par un blocus des côtes par les alliés d'une part, et par les réquisitions ottomanes d'autre part. Un tiers de la population du Mont Liban principalement chrétiens décèderont alors alors que dans la capitale Beyrouth, plusieurs nationalistes libanais seront pendus par les Ottomans, le 21 août 1915, puis le 

Le Liban passe à l'Heure Française et devient le Grand Liban



L'État du Grand Liban est proclamé le 1er septembre 1920 par le général Henri Joseph Eugène Gouraud, représentant l'autorité française mandataire sur la Syrie, du haut des marches de la Résidence des Pins à Beyrouth, en présence du Patriarche maronite, Elias Hoayek
L'État du Grand Liban est proclamé le 1er septembre 1920 par le général Henri Joseph Eugène Gouraud, représentant l'autorité française mandataire sur la Syrie, du haut des marches de la Résidence des Pins à Beyrouth, en présence du Patriarche Maronite, Elias Hoayek à sa droite et le Mufti à sa gauche.

A partir de 1918, les troupes alliées et principalement britanniques occuperont le Mont Liban. Parmi les premières mesures prises par le Général Allenby, le rétablissement du Conseil Représentatif en Octobre 1918. La période de transition sera conduite par le Haut Commissaire François Georges Picot. Les troupes anglaises finiront par se retirer en Octobre 1919, laissant la place aux troupes françaises. Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 confirmera le Mandat Français du Liban. Cette période sera trouble, alors d'un côté des manifestations nationalistes arabes exigeant le rattachement du Liban au Royaume de Syrie du roi Faysal Ibn Hussein et d'un autre côté, la mise en place d'un Liban indépendant protégé par la France. La Conférence de San Remo attribuera définitivement à la France le Mandat sur le Pays des Cèdres, le 25 avril 1920 et sera ratifiée par la Société des Nations (SDN) le 24 juillet 1922.


Pièce de 2 piastres syriennes et cèdres du Liban, 1924. Collection privée
Pièce de 2 piastres syriennes et cèdres du Liban, 1924. Collection privée

Le Grand Liban sera proclamé le 1er septembre 1920.
Trois Haut Commissaires militaires lui succèderont
  • Le Général Henri Gouraud (1919 à 1922) qui imposera le Mandat Français en Syrie et proclamera le Grand Liban le 1er Septembre 1920. 
  • Le Général Maxime Weygand en 1923, contesté par les milieux musulmans libanais
  • et le Général Maxime Sarrail qui déclenchera la révolte druze.
Durant leur mission, naitront les principaux organes de ce qui deviendra l'Etat du Liban et notamment le 24 janvier 1924, la Livre Liban-Syrienne.
Suite à l'échec de l'Administration Militaire de la zone, une administration civile sera mise en place à l'initiative d'Henri de Jouvenel, avec pour objectif la Mise en Place de la Constitution Libanaise qui sera rendue officielle le 23 mai 1926. Largement inspirée de la Constitution de la IIIème République Française, tout comme cette dernière, elle limitera les pouvoirs exécutifs du Président de la République. Elle ne sera promulguée que 4 ans après, le 22 mai 1930 et sera la cause d'une grande instabilité au niveau gouvernemental.

libanofr-1920-1943

1926, une année cruciale avec la mise en place de la Constitution Libanaise et des premières administrations publiques.

26 Mai 1926: Election de Charles Debbas à la Présidence de la République 
29 Mai 1926: Auguste Bacha Habib constitue le Premier Gouvernement Libanais. Il comptera 7 membres donc 2 Maronites, 1 Sunnite, 1 Chiite, 1 Druze, 1 Grec-orthodoxe et 1 Grec-catholique. Le 29 Mai, également, sera mis en place le Sénat Libanais présidé par Mohammed el Jisr.
Octobre 1926: Est adopté l'Hymne National Libanais.

1927-1933: le début de l'instabilité

Henri Ponsot succède à Henri de Jouvenel le 26 Août 1926. Son arrivé sera marqué par une instabilité politique avec la succession de 6 gouvernements de 1927 à 1933. Il sera à l'origine de la suppression du Sénat en 1927
5 mai 1927: Premier gouvernement de Béchara Khoury
5 janvier 1928: Deuxième gouvernement de Béchara Khoury
19 août 1928: Le gouvernement de Habib es Saad est mis en place.
23 Mars 1929: Réélection de Charles Debbas pour 3 ans supplémentaires
8 Mai 1929: Amendement de la Constitution portant le Mandat Présidentiel à 6 années.
10 mai 1929: 3ème gouvernement de Béchara Khoury
12 Octobre 1929: Premier gouvernement d'Emile Eddé
3 février 1930: Décret loi établissant le découpage administratif en 5 Mohafazat (Beyrouth, Mont Liban, Békaa, Sus Liban et Liban Nord) et 18 subdivisions en Caza.
25 mars 1930: Auguste Adib Pacha devient Premier Ministre
Henri Ponsot suspend la Constitution Libanaise alors qu'un Musulman, Mohammed el Jisr, soutenu par des députés Chrétiens, pourrait arriver à la Présidence de la République. Il investit Charles Debbas des pleins pouvoirs.
La Constitution Libanaise sera rétablie d'abord partiellement le 2 janvier 1934 puis totalement le 24 janvier 1937, pour être à nouveau suspendue le 21 septembre 1939 en raison de la Deuxième Guerre Mondiale. Entretemps, des élections générales auront lieu le 20 janvier 1934 et Emile Eddé sera élu Président de la République Libanaise, le 20 janvier 1936.
Le 13 novembre, sera signé le Traité Franco-Libanais qui stipule l'accession à l'Indépendance dans un délai de 3 ans. Ce dernier sera dénoncé par des personnalités sunnites réunies au Congrès dit du Sahel qui réclament le rattachement du Liban à la Syrie. Le texte du Traité stipule une coordination entre les 2 pays sur le plan de la politique étrangère et de la défense tout en établissant les relations diplomatiques. La France s'engage à protéger le Liban et le Pays des Cèdres à accepter la présence de troupes françaises sans limitation de durée ou d'effectif et cela pour les 25 prochaines années.
Des troubles intercommunautaires éclatent à Beyrouth et à Tripoli, ce qui amènera à la naissance des embryons des milices libanaises de la guerre civile de 1975. Il ne sera finalement pas ratifié tant du coté libanais que du coté français.
Ces mouvements seront dissous par le Gouvernement de Kheireddine Ahdab, Premier Premier Ministre Musulman du Liban, sur décision en date du 18 novembre 1937 du Ministre de l'Intérieur, Habib Abi Chahla.
La Livre Libanaise sera créée le 29 mai 1937.

Le Liban dans la tourmente de la Deuxième Guerre Mondiale marche vers son indépendance

Suite à l'invasion de la Pologne par l'Allemagne Nazi le 1er septembre 1939, Gabriel Puaux, gouverneur français, annonce la suspension de la Constitution le 21 septembre 1939, alors que le Liban est présidé par Emile Eddé. Ce dernier restera chef de l'état et sera accompagné d'un secrétaire d'Etat, Abdallah Bayhum pour l'aider.
Alors que le Maréchal Pétain signera l'Armistice le 22 juin 1940, le Général Mittelhauser, pourtant favorable à la poursuite de la lutte contre le Régime Hitlerien, annoncera la fin des hostilités au Levant le 28 juin. Henri Ferdinand Dentz, nommé par le Régime de Vichy, succède à Gabriel Puaux.
Déjà éprouvé par la Première Guerre Mondiale, la population libanaise craint alors qu'une nouvelle famine ne s'installe alors que les prix des principales matières premières flambent et que les stocks de nourriture s'amenuisent. Des troubles touchent alors Beyrouth et les principales villes du Pays.
Ferdinand Dentz poussera alors Emile Eddé à la démission et le remplacement par Alfred Naccache
 9 avril 1941: Alfred Naccache devient Chef de l'Etat en remplacement du Président de la République Emile Eddé démissionnaire depuis le 4 avril.
8 juin 1941: Les troupes de la France Libre soutenues par les troupes britanniques prennent le contrôle du Liban en réaction à l'utilisation par l'Allemagne d'infrastructures militaires en Syrie et au Liban contre les britanniques basés en Irak. Le Général Catroux aboli le Mandat et proclame l'Indépendance du Liban avant d'être désigné Délégué Général de la France Libre au Levat le 26 juin.
12 Juillet 1941: Le Général Ferdinand Dentz accepte le cessez-le-feu et signera 2 jours après l'armistice.
26 novembre 1941: Alfred Naccache, précédemment chef de l'Etat est proclamé Président de la République.
Les combats entre Forces de la France Libre soutenues par les troupes anglaises contre les hommes restés fidèles au régime de Vichy, tels que présentés par la propagande vichyste.
Le 25 décembre, le Patriarche Arida, devant les délégations de l'ensemble des communautés libanaises appelle à l'indépendance totale du Liban. Le Général Catroux refuse, estimant prématuré cette indépendance tant que dure la IIème Guerre Mondiale. En août 1942, le Général de Gaulle alors en déplacement au Liban dénonce les ingérences étrangères et estime impossible la tenue d'élection législatives tant que durera le conflit.
Le 24 janvier 1943, le Général Catroux rétablie la Constitution Libanaise, nomme Ayoub Tabet nouveau président de la République  et décide de l'organisation d'élections législatives dans les 3 prochains mois. Il sera ensuite remplacé par Jean Helleu. Ce dernier démettra Ayoub Tabet pour le remplacer par Petro Trad.


Béchara Khoury, Premier Président du Liban
Béchara Khoury, Premier Président du Liban

Un nouveau parlement sera alors élu, qui élira à son tour Béchara Khoury Président de la République Libanaise, le 21 septembre 1943. Cette même chambre annulera les articles constitutions relatifs au Mandat Français le 8 novembre. Le gouverneur Helleu réplique en arrêtant les dirigeants libanais dont le président de la République Béchara Khoury et du Premier Ministre Riad el Solh et des membres du gouvernement. Ils seront transférés à la citadelle de Rachaya.
Lebanese_flagToujours le 11 novembre, 7 parlementaires (Maroun Kanaan, député du Liban Sud; Henri Pharaon, député de la Béqaa; Saadi Mounia, député du Liban Nord; Mohamad al-Fadi, député du Liban Sud; Saeb Salam, député de Beyrouth; Rachid Beydoun, député du Liban Sud; Sabri Hamadé, président de la Chambre et Khalil Takieddine, secrétaire général du Parlement) s'introduisent dans le parlement en dépit d'un blocus des Forces de l'Ordre et adoptent le drapeau Libanais.
Le Président de la République et son gouvernement ne seront libérés que le 22 novembre suite à un ultimatum britannique en leur faveur. C'est à cette date qu'on célébrera désormais l'Indépendance du Liban.
Suite à cette crise, le Général Beynet, qui remplace Jean Helleu désavoué, rendra au Gouvernement Libanais la plupart de ses attributions. Le 20 décembre 1943, seront remis les administrations et les services d'intérêts communs. Le Président de la République Béchara Khoury, soucieux de marquer la fin du Mandat Français créera les ministères des Affaires Etrangères et de la Défense et fera adhérer le Pays des Cèdres à la Ligue Arabe en octobre 1944 comme membre fondateur.


Le Président Libanais Béchara Khoury remettant au Général Chéhab le drapeau libanais
Le Président Béchara Khoury remettant au Général Fouad Chéhab le drapeau libanais

Le 1er août 1945, sera créée l'Armée Libanaise placée sous le commandement du Général Fouad Chéhab et qui reprend les traditions des troupes du Levant.
Le traité franco-britannique du 13 décembre 1945 décide du départ des troupes françaises et britanniques du Liban. Les dernières troupes quittent Beyrouth le 7 avril 1946. Ainsi s'achèvent, par plusieurs événements dramatiques, le mandat et la présence française au Liban et débute l'indépendance du Liban.
François el Bacha



Jtk

mardi 10 novembre 2015

« Autour des compositeurs libanais » - Zeina Saleh Kayali (de Paris) - L'Orient-Le Jour

« Autour des compositeurs libanais » - Zeina Saleh Kayali (de Paris) - L'Orient-Le Jour

« Autour des compositeurs libanais »

Le patrimoine musical libanais regorge de merveilles, et ce récital, donné en l'église Notre-Dame du Liban à Paris, en est bien la preuve. La diversité des musiques entendues, allant du sacré au profane, du postromantique à l'atonal, du folklorique au néoclassique, de l'occidental à l'oriental, démontre bien que nos musiques se présentent sous différents aspects, courants et tendances. Encore faut-il trouver des interprètes pour les porter et les diffuser. Georges Daccache s'en est fait l'un des porte-parole (ou porte-musique !). Grâce à des récitals réguliers, il donne vie à ces partitions qui pour la plupart ne sont même pas publiées et qui sans lui seraient peut-être restées lettre morte.
Avec la soprano Marie-José Matar, il a ainsi donné, en l'église Notre-Dame du Liban à Paris, un récital intitulé « Autour des compositeurs libanais ». Organisé par le Centre du patrimoine musical libanais (CPML-espace Robert Matta) et l'Association du foyer franco-libanais, il se déroulait en présence de l'ambassadeur du Liban auprès de l'Unesco, Khalil Karam, et d'un public venu nombreux pour découvrir ce répertoire inédit.
Le récital se présentait en trois parties. Tout d'abord, un large éventail de musiques sacrées en arabe ou en latin : œuvres de Georges Baz, du père Khalil Rahmé (présent dans l'assistance), du père Fady Tawk, de Jihad Zeidane, de Roukoz Sakr et du père Joseph Waked. Ensuite se déployait une partie centrale consacrée à la mélodie avec des pièces de Béchara el-Khoury, Iyad Kanaan et Boghos Gélalian. Enfin, une troisième partie se composait de pièces inspirées du folklore libanais, avec Toufic Succar et Zaki Nassif.
Révélation de ce moment musical, la jeune soprano Marie-José Matar. Sa voix, sa bonne élocution et son interprétation en font un talent à suivre.



Jtk

samedi 31 octobre 2015

Darin LaHood, congressman américain. «Je suis fier de notre patrimoine libanais»

Darin LaHood, congressman américain. «Je suis fier de notre patrimoine libanais»

Darin LaHood, congressman américain. «Je suis fier de notre patrimoine libanais»

Il existe un tas de raisons qui incitent les Libanais à éjecter leurs dirigeants sans aucun égard mais, faute de place, nous n'en citerons que vingt. Certes, il serait injuste de mettre tout le monde dans un même sac. Certains sont moins condamnables que d'autres, quelques-uns ont même du mérite. Il ne s'agit, cependant, que d'exceptions qui confirment une règle générale: la classe politique libanaise est inapte à diriger le pays, elle doit partir. Et c'est au peuple libanais que revient la responsabilité historique de la virer.1-Les dirigeants pratiquent allègrement et au quotidien le délit d'initié. Ils profitent de leurs positions pour faire des affaires personnelles afin d'en tirer des bénéfices matériels.2-Ils sont coupables d'abus de pouvoir. Ils dépassent les limites légales de leurs fonctions, non pour le bien public mais pour servir des intérêts partisans ou personnels.3-Beaucoup de responsables politiques sont soupçonnés de corruption à grande échelle. Pourtant, ils ne sont jamais inquiétés.4-Lorsqu'ils ne sont pas eux-mêmes corrompus ou corrupteurs, ils encouragent la corruption ou font semblant de ne pas la voir dans les ministères et les organismes dont ils ont la gestion.5-La plupart des commis de l'Etat sont coupables de gaspillage des deniers publics et de dilapidation du patrimoine national.6-Certains leaders de classe A sont coupables d'exploitation illégale et frauduleuse de biens domaniaux et de biens maritimes publics.7-La plupart des hauts dirigeants pratiquent, d'une manière tout à fait naturelle, l'évasion fiscale en tenant une double comptabilité.8-Tous, ou presque, pratiquent le népotisme et le clientélisme. Ils placent des membres de leurs familles ou des proches à des postes clés sans prendre en considération le critère de la compétence.9-Ils sont imprévoyants. Ils n'anticipent pas les problèmes et, par conséquent, ne prévoient pas des solutions et des plans de contingence en cas de crise.10-Ils sont laxistes. Leur excès d'indulgence n'est pas dû à leur extrême tolérance, mais à leur paresse intellectuelle.11-Le laxisme conduit à des attitudes irresponsables qui ont, souvent, des conséquences graves sur la vie quotidienne des citoyens.12-Ils manquent de courage, car ils n'osent pas prendre des décisions impopulaires de peur d'être critiqués par leur entourage proche ou au sein de leur communauté, même si l'absence de décision risque d'avoir des retombées néfastes et irrémédiables au niveau national.13-Leurs discours sectaires et partisans constituent une violation flagrante des lois en vigueur, qui interdisent l'exacerbation des dissensions communautaires.14-Ils font primer d'étroits intérêts communautaires et partisans sur les intérêts supérieurs de la nation.15-Ils défendent les intérêts de pays étrangers au détriment des intérêts nationaux.16-Leur allégeance va à des puissances étrangères, non pas à leur patrie.17-Ils sont prêts à mourir pour que soient haut portés les drapeaux d'Etats étrangers au lieu de celui de leur pays.18-Ils sont sadiques, car ils humilient avec un malin plaisir leur peuple, comme c'est le cas dans le scandale des déchets.19-Ils sont coupables d'homicide prémédité, car ils savent pertinemment que l'accumulation des déchets pendant des mois peut provoquer de graves épidémies, comme le choléra.20-Ils sont coupables de trahison, car ils n'ont pas respecté les termes du mandat que le peuple libanais leur a accordé, et aussi de parjures car ils ont violé leur serment de respecter la Constitution et les lois libanaises.S'il fallait juger les personnalités politiques libanaises pour leurs manquements, il ne resterait presque plus personne sur les strapontins du Parlement ou sur les fauteuils du Conseil des ministres. Il faudrait construire de nouvelles prisons, mais faisons en sorte que les appels d'offres ne soient pas remportés par des prête-noms de nos 'chers' dirigeants.



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mardi 27 octobre 2015

Jeune Afrique - Tunisie : il faut sauver Carthage » Chrétiens de la Méditerranée

Jeune Afrique - Tunisie : il faut sauver Carthage » Chrétiens de la Méditerranée

Chrétiens de la Méditerranée

Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le site archéologique risque de perdre son label en raison d'une notable dégradation de l'environnement liée à un laisser-aller général.
Entre les verdoyantes collines de Byrsa et de Borj Jedid, le palais présidentiel et son parc archéologique, Carthage semble figée dans le temps. Mais cette vision de carte postale masque une tout autre réalité. Classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979, le site risque de perdre ce label en raison d'une notable dégradation de l'environnement.
En cause, un laisser-aller général dû principalement à la confusion qui règne au sein des institutions depuis la chute du régime de Ben Ali, en janvier 2011. En quelques semaines, le port punique, espace protégé, a été transformé en débarcadère, et de nombreux terrains non constructibles ont été recouverts d'habitations anarchiques, notamment à proximité des quartiers populaires de Mohamed-Ali et d'El Yasmina, où résident les trois quarts des 20 000 résidents de Carthage.
La ville en attente d'un conseil municipal élu
La commune a une superficie de 610 hectares, dont la moitié sont des terrains archéologiques. Conséquence : les décisions la concernant relèvent de la municipalité, du ministère de la Culture et de l'Institut national du patrimoine (INP). Trois acteurs qui se renvoient la balle, d'autant qu'ils sont systématiquement interpellés par des associations militant pour la mise en place rapide d'un plan de protection et de mise en valeur (PPMV).
Des mécontents imputent la dégradation de la commune, laquelle est essentiellement résidentielle et sans activités économiques notables, à un conseil municipal non élu, provisoirement désigné en attendant les élections locales de 2016.
La municipalité projette, en partenariat avec des privés, de multiplier, sans affecter le sous-sol, les infrastructures sportives

Pourtant, « lassée d'attendre l'intervention de l'INP, la mairie a pris sur elle de débarrasser les ports puniques de ses squatters », précise Zied el-Hani, membre du conseil municipal, qui rappelle que Carthage est d'abord un symbole civilisationnel et qu'il faut protéger le lieu où est née la première démocratie de l'histoire de l'humanité.
La municipalité projette, en partenariat avec des privés, de multiplier, sans affecter le sous-sol, les infrastructures sportives, notamment à Seniat Fakoussa et sur le lieu-dit du Bir, « pour permettre aux jeunes démunis des environs d'avoir d'autres alternatives que la drogue ou le jihad ». Un vaste programme qui prévoit aussi la création d'une école de mosaïque, d'une piscine dans un cimetière chrétien désaffecté, d'un cinéma en plein air et d'un immense chapiteau sur la colline de l'Odéon pour la prochaine session du festival Jazz à Carthage.
Se recentrer sur le quotidien des carthaginois
Pour la commune, il est d'autant plus vital de générer des fonds propres que le nombre de touristes est en net recul et qu'elle ne perçoit plus les 350 000 euros reversés par l'Agence de mise en valeur du patrimoine, chargée de l'exploitation des sites archéologiques. Partenariats public-privé, sponsorisation, organisation de manifestations culturelles ou sportives et dons, tout est bon à prendre.
Y compris la carte satellitaire des sous-sols de Carthage, offerte par la ville chinoise de Xi'an. Il n'empêche, les riverains, qui souvent ignorent tout de ces projets, s'inquiètent du manque de transparence de la gestion de la commune et réclament de la municipalité qu'elle se recentre sur le quotidien : « Des immondices s'amoncellent dans les ruelles et sur les terrains vagues, peste un résident. Des habitants ont fourni à la collectivité des poubelles… qui ne sont toujours pas installées. »
L'erreur de construire sur la Carthage antique remonte à la période coloniale, mais la destruction du site a doublé depuis 1956, explique Youssef Cherif, archéologue

Les doléances ne s'arrêtent pas là : beaucoup s'étonnent que, sur les 150 ordres de destruction de constructions anarchiques, 20 seulement aient été exécutés, et soulignent que Carthage est toujours une cible de choix pour la spéculation immobilière. « L'erreur de construire sur la Carthage antique remonte à la période coloniale, mais la destruction du site a doublé depuis 1956 : c'est une responsabilité partagée à assumer aujourd'hui », explique Youssef Cherif, riverain et archéologue de formation.
L'intervention de l'INP ainsi que la mobilisation des réseaux sociaux ont empêché la disparition d'une partie méconnue de la nécropole des « Rabs », grands prêtres et prêtresses de la Carthage punique, mise au jour à la faveur de fouilles préventives avant la construction d'une résidence non loin du palais présidentiel et de la villa Baizeau de Le Corbusier. « C'est une découverte inestimable. Nous allons mettre en œuvre les moyens pour racheter ce terrain », assure Nabil Kallela, directeur de l'INP. Une décision importante mais onéreuse pour un État dont les caisses sont vides.
Frida Dahmani



Jtk

dimanche 11 octobre 2015

En musique : Le Liban dans la chanson française – 04 | Libnanews

En musique : Le Liban dans la chanson française – 04 | Libnanews

En musique : Le Liban dans la chanson française – 04

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Une chanson de plus dans le répertoire français évoquant le Liban. Le Liban qui se meurt, qui réclame le droit de vivre, de renaitre de ses cendres. Il a fallu encore une foi, la sensibilité d'un artiste afin d'être capable d'ouïr ses cris de détresses, d'une contrée happée par le cyclone des conflits utérins dévastateurs. Daniel Guichard, en 1989, sort un album intitulé « Pour elle », dans lequel il dédie une chanson émouvante au pays des cèdres, baptisée « Le droit de vivre », écrite par J. Demarny  et composée par M. Cazenave:

Y a plus d'eau, plus de lumière dans la ville déchirée
Sous son arbre légendaire, le Liban est sacrifié
Les femmes sont en prière pendant qu'on se bat dehors
Et dans les bras de sa mère, doucement l'enfant s'endort

Refrain:

Laissez-lui le droit de vivre, ce pays est mort-vivant
Il ne pourra pas survivre bien longtemps
Laissez-lui le droit de vivre autrement que sous la terre
Autrement qu'un bateau ivre sur la mer

On prend les hommes en otages dans ce paradis perdu
C'est une guerre d'un autre âge où l'avenir est vaincu

Les soldats sont en guenilles, fanatiques et affamés
Pendant que le soleil brille sur des plages désertées

Il faut des champs de bataille pour essayer les canons
Et l'humanité déraille vers une guerre de religion

Laissez-lui le droit de vivre, d'accoster à ses frontières
Ce n'est plus qu'un bateau ivre sur la mer

Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l'écriture depuis l'enfance, elle est l'auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l'identité et de l'héritage culturel du Liban, elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession. Pour plus de détails, visitez son site: mariejoseerizkallah.com et son blog: blog.libnanews.com/mariejosee/



Jtk

vendredi 18 septembre 2015

D'Hatra à Palmyre, les destructions des sites antiques par Daech continuent

D'Hatra à Palmyre, les destructions des sites antiques par Daech continuent

D'Hatra à Palmyre, les destructions des sites antiques par Daech continuent

Le temple de Bel, en partie détruit par Daech dimanche, date du Ier siècle. Il était dans un état de conservation remarquable.

INFOGRAPHIE / EN IMAGES - En Irak et en Syrie, le groupe État islamique détruit méthodiquement tout héritage culturel n'appartenant pas à la civilisation islamique. Le patrimoine de Palmyre vient une nouvelle fois d'être détruit par les islamistes, qui s'en sont pris au temple de Bel.

Les djihadistes de Daech manient aussi bien la pioche que la kalachnikov. Depuis la prise de Mossoul à l'été 2014 et la proclamation du califat, les destructions de sites antiques et d'œuvres millénaires s'enchaînent sur les territoires conquis en Irak et en Syrie. L'objectif des islamistes? Radier du paysage culturel tout ce qui est antérieur à la fondation de l'islam, notamment les vestiges parthes et assyriens. Ils visent également les sanctuaires chiites, ennemis irréductibles du fanatisme sunnite. Cette guerre contre la culture est aussi une provocation adressée à l'Occident, dont les caméras sont braquées sur les chefs-d'œuvre en péril.

• Le tombeau de Jonas

C'était encore l'époque ou Daech s'appelait EEIL (Etat islamique en irak et au Levant). Le 24 juillet 2014, après la prise de Mossoul, les djihadistes décident de faire exploser le tombeau de Jonas, considéré comme un lieu d'apostasie. Construit au VIIIème siècle, le mausolée était un haut lieu de pèlerinage chiite. Auparavant les djihadistes avaient déjà détruit sept lieux de culte chiites dans les environs de Mossoul.

• Les lions assyriens de Raqqa

Deux magnifiques lions assyriens ont été détruit au bulldozer dans le centre-ville de Raqqa, ville syrienne devenue la capitale de l'Etat islamique

Les deux lions assyriens du centre de Raqqa. Crédits: © DGAM

• La bibliothèque et le musée de Mossoul

En janvier 2015, 2000 livres issus de la collection de la Bibliothèque de Mossoul sont brulés devant les caméras. Des livres pour enfants, de poésie, de philosophie, de santé, de sport et de sciences, ainsi que les journaux datant du début du XXe siècle, des cartes ottomanes et des collections privées offertes par les vieilles familles de Mossoul partent en fumée. Certains manuscrits anciens ont pu être sauvés de justesse grâce à des moines dominicains présents à Mossoul.

En février 2015, les djihadistes de l'Etat islamique publient une vidéo sur YouTube mettant en scène la destruction systématique d'antiquités assyriennes au musée de Mossoul. On y voit les islamistes, armés de masses et de marteaux piqueurs réduisant en miettes des statues datant du VIIème siècle avant Jésus-Christ. La condamnation de la communauté internationale est unanime. François Hollande parle de «barbarie».

• La ville assyrienne de Nimroud

Le massacre du patrimoine assyrien se poursuit avec la destruction de la cité historique de Nimroud à coup de bulldozer et d'explosifs en mars 2015, d'après le ministère du Tourisme et des Antiquités irakien. Ce joyau archéologique irakien date du XIIIe siècle avant Jésus-Christ. Des bas-reliefs de 3000 ans, les fameux «lions de Nimroud», les frises, les taureaux androcéphales, tout pourrait avoir disparu. Impossible pour le moment de constater l'ampleur des dégats.

• La cité antique d'Hatra

Un Djihadiste tapant à coups de masse sur un bas-relief de la cité antique d'Hatra

En avril dernier, le groupe Etat islamique a mis en ligne une vidéo de 7 minutes montrant des djihadistes en train de détruire à coup de fusil et de pioches des antiquités sur le site irakien de Hatra.

Hatra, cité antique vieille de 2000 ans inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, est située à 100 km au sud de Mossoul, dans le nord de l'Irak.

«L'Etat islamique nous a envoyés pour détruire ces idoles parce qu'elles sont vénérées à la place de Dieu», explique l'un des deux jihadistes s'exprimant dans la vidéo, qui n'est pas datée.

«Des organisations apostates ont assuré que la destruction de telles antiquités était un crime de guerre, donc nous allons les détruire» affirme l'un des islamistes.

• La cité antique de Palmyre

La ville de Palmyre, baptisée la «perle du désert syrien», abrite des joyaux de l'Antiquité. C'est «l'un des sites les plus significatifs du Moyen-Orient et la population civile qui s'y trouve», avait alerté l'Unesco au moment des combats. Mais la cité antique est tombée aux mains des djihadistes en mai.

Les djihadistes avaient affirmé qu'ils ne toucheraient pas aux colonnades, aux théâtres antiques et autres vestiges de la cité. Dès le mois de juin pourtant, ils s'en sont pris à des mausolées dans la ville, ainsi qu'à des tombes et des statues. Ils ont également réduit en ruines le célèbre musée de mosaïques à grand renfort de TNT, avant de briser à coups de marteau le Lion d'Athéna, œuvre monumentale située à l'entrée du musée de la cité antique. Ce dernier lieu par ailleurs été transformé le musée en tribunal et en prison, ils ont commis des exécutions dans le théâtre antique et ont assassiné l'ancien directeur des Antiquités de la ville, Khaled al-Assad

Le 26 août, la destruction de la ville a atteint un nouveau stade après l'explosion du célèbre temple antique de Baalshamin. Ce monument avait commencé à être érigé en l'an 17 puis a été agrandi et embelli par l'empereur romain Hadrien en 130. Dimanche 30 août, c'est le temple de Bel (ou temple de Baal) qui a, cette fois, été en pris pour cible. L'Observatoire syrien des droits de l'hommes (OSDH) a précisé ne pas connaître encore l'ampleur des dégâts infligés à ce temple dédié au dieu Soleil, qui était dans un état de conservation remarquable. «Selon les informations que nous avons recueillies, les djihadistes de l'EI ont procédé à une explosion dimanche dans la cour du temple mais la 'cella' (partie close du temple) et les colonnades frontales sont intactes», a déclaré Maamoun Abdelkarim, le directeur des Antiquités.

• Mais aussi: trafic, contrebande et fouilles clandestines

Quand l'Etat islamique ne détruit pas, il pille. Les patrimoines syrien et irakien sont devenus une manne financière non négligeable pour les djihadistes, et la principale source de financement du terrorisme dans la région, après le pétrole.Presque 1800 des 12.000 sites archéologiques irakiens se trouvent dans des zones contrôlées par l'EI. En Syrie, le trafic d'antiquités avait commencé avant Daech, mais les islamistes ont intensifié la contrebande. les fouilles clandestines, destinées au trafic, se multiplient sur tous les sites historiques, notamment à Palmyre. L'historien Pascal Butterlin qualifie le saccage patrimonial en Syrie «la plus grosse catastrophe patrimoniale depuis la Seconde guerre mondiale».

(Avec AFP)



Jtk