Sud Liban : Le littoral antique de Adloun saccagé pour « un port de plaisance »
Pour la énième fois, l'Etat commet un nouvel outrage à l'Histoire, à l'Identité et au Patrimoine du Liban. Profitant des précipitations, les travaux de destruction du littoral de Adloun, au nord de Tyr, ont été entamés aujourd'hui, afin de permettre la construction d'un nouveau port de plaisance. Connue pour abriter une nécropole phénicienne taillée dans les rochers, et pour avoir un littoral à forte potentialité portuaire, ayant abrité à trois endroits consécutifs des ports phéniciens naturels, Adloun vient s'ajouter à la liste des localités aux origines phéniciennes que l'Homo Libanicus du XXIe siècle s'acharne à démolir.
Cette nouvelle a été publiée par la page Facebook du collectif الـجنـوبـيـون الـخضـر Green Southern, qui explique que ces travaux entamés par le ministère des Travaux Publics sont illégaux, puisque le ministère de l'Environnement n'a pas donné son accord pour l'enclenchement des travaux. On apprend également que le président à la tête de ce collectif s'était réuni à plusieurs reprises avec le ministre de la Culture M. Raymond Arayji, qui avait dépêché à deux reprises, le 15/03/2015 et le 5/1/2016, une lettre au ministère des Travaux Publics suite aux recommandation du collectif, y faisant part de l'urgence de sauver le littoral de Adloun des éventuels travaux de démolition et du remblai de la côte, ainsi que de la nécessité de déclarer cette plage en tant que réserve éco-archéologique.
En dépit des efforts des habitants et des activistes en vue de l'arrêt des travaux anéantissant le patrimoine historique et écologique de Adloun, le chef de la municipalité semble être favorable à ce projet prétextant ses avantages pour les pêcheurs de la localité. Toujours selon le collectif الـجنـوبـيـون الـخضـر Green Southern, le futur port est un port de plaisance renfermant neuf bassins pouvant accueillir 400 yachts. Ils expliquent également l'inutilité flagrante d'un port de pêche d'une aussi grande dimension, puisque Adloun compte uniquement quinze pêcheurs, pour la plupart d'entre eux inactifs ; mais surtout que 5km plus loin, se trouve un port de pêche de Sarafand – anéantissant de la sorte le faux prétexte en faveur de la pêche promu par le chef de la municipalité.
Capture d'écran de la page FB de la municipalité de Adloun, postée sur la Page Facebook : الـجنـوبـيـون الـخضـر Green Southern, montrant les aspiration de la municipalité pour le prochain port.
Adloun, ce patrimoine phénicien du Ve siècle avant notre ère, est une nouvelle fois vandalisé. Suite au pillage de ses nécropoles, dont les sarcophages ont été soit dévalisés soit déplacés par les Francs pour être aujourd'hui exposés dans la capitale française au musée du Louvre, Adloun aujourd'hui est défigurée, par de nouvelles stigmates en béton, pour des intérêts ignares et pécuniaires.
Ce 14 janvier 2015 fait écho au 26 juin 2012, où l'installationportuairephéniciennede Beyrouthà été détruite par des promoteurs, au vu et au su de tous, dans le déni et l'indifférence générale, alors que les autorités ont toujours été aux abonnés absents, et que la plupart des associations pour le patrimoine s'activent pour des futilités et des mondanités … entretemps, le patrimoine pour lequel tous ces acteurs prétendent militer dans leurs devises et leurs discours, s'effrite et s'efface au service des projets immobiliers.
Page Facebook : الـجنـوبـيـون الـخضـر Green Southern
Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l'écriture depuis l'enfance, elle est l'auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l'identité et de l'héritage culturel du Liban, elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession. Pour plus de détails, visitez son site: mariejoseerizkallah.com et son blog: blog.libnanews.com/mariejosee/
Une centaine d'enfants de 5 à 15 ans, élèves du lycée Saint-Nicolas de Aïn el-Mir et des environs de Saïda, ont participé durant quatre jours, à la fin décembre, à des activités culturelles et éducatives, dans l'esprit festif propre à la période de Noël et du Nouvel An. C'est à l'initiative de la Fondation Sacy et avec le concours des bénévoles de SOS Chrétiens d'Orient qu'a été organisé ce projet baptisé « Nikolaī ». Les enfants de Jezzine, Saïda et Aïn el-Mir ont confectionné des gâteaux à l'intention des familles défavorisées de la région. Ils ont aussi fabriqué des photophores pour les personnes âgées de la maison de retraite Saint-Élie. Un concert de cantiques de Noël et de musique traditionnelle a marqué une des journées de la session. Trois chorales se sont succédé dans le Khan Sacy, avec le concours de la soprano Nadine Nassar. Venues de tous les horizons du Liban, du Nord (al-Fayha' de Tripoli dirigée par Oussama Charafeddine), du centre (chorale d'enfants de la NDU de Loueizé, au Kesrouan, dirigée par le père Khalil Rahmé) et du Sud (chorale Saint-Nicolas de Saïda créée pour l'occasion, dirigée par Rudy Francis), ces formations représentaient la diversité et la richesse humaine du Liban. La musique a ravi le public, venu de Saïda et des environs. Cet échange a suscité l'enthousiasme des jeunes qui ont exprimé le vœu de voir naître une chorale à Saïda. À l'invitation de la municipalité, une journée de visite à Jezzine a clôturé cette manifestation. Jeux dans la forêt de Bkassine, tyrolienne, escalade et randonnée ont constitué pour ces jeunes du Sud une expérience mémorable. Les volontaires de SOS Chrétiens d'Orient et les enfants garderont longtemps en mémoire le souvenir de moments de partage et d'émotion. Le Khan Sacy a été découvert à l'occasion de travaux dans les soubassements de la demeure familiale. Il a été magnifiquement restauré sous des voûtes vieilles de plusieurs siècles.
Voyage au cœur d'un « Liban sans retouche » - Zéna ZALZAL
Un voyage dans le passé terrien du pays. Voilà ce qu'offre Le Liban sans retouche* qui vient de paraître aux éditions al-Ayn, dans la collection Traces Photographes du Moyen-Orient. Un beau livre déroulant plus d'une centaine de photographies en noir et blanc de Roland Sidawy accompagnées d'un texte de mise en perspective bilingue (français et anglais) signé Houda Kassatly.
Ce qui séduit d'emblée dans cet ouvrage, c'est la beauté simple et sereine des paysages comme des hommes qu'a immortalisés ce contemporain du fameux Manoug (Alémian). Et qui fut, comme lui, l'un des photographes officiels du Festival de Baalbeck. Même si ce premier volume, qui lui est consacré, exclut tout portrait de stars (Brigitte Bardot, Margot Fonteyn, Jean-Louis Barrault, Herbert Von Karajan ou Feyrouz...) ou encore de sites archéologiques, qu'il a beaucoup photographiés, pour ne livrer que sa vision profonde et frémissante de sensibilité du Liban des années 50 jusqu'aux années 80.
Libanais natif d'Égypte, Roland Sidawy était (re)venu s'installer au pays de ses ancêtres en 1953. Dès lors jusqu'à son décès en 1986, ce pharmacien de profession et photographe de vocation n'a cessé de le sillonner de long en large. Pour découvrir et capter à travers le viseur de ses inséparables Rolleiflex ou Hasselblad (les deux caméras qu'il utilisait) la vraie nature (au double sens du terme) de ce petit pays méditerranéen.
Des tirages d'une rare qualité Les images qu'il en a laissées sont celle d'une terre authentique et lumineuse ; de paysages encore préservés des abus des hommes comme de l'impact des années de guerre ; d'un pays à la fois côtier et montagneux habité par des hommes fiers et frugaux. Des paysans encore en cherwal et calotte de laine sur la tête ; des laboureurs à charrue de bœufs ; des bergers promenant leurs troupeaux à travers les ruelles des villages ; des pêcheurs raccommodant leurs filets, des épiciers dans leurs échoppes... Tous pris sur le vif, dans leur environnement naturel et leur activité habituelle, sans pose ni fausse reconstitution de la réalité. Mais aussi des processions de villages, des artisans à leurs métiers et des enfants, beaucoup d'enfant dont il rend si bien la spontanéité, l'insouciance et l'innocence des jeux qu'ils avaient encore en ce temps-là !
Tirées des archives personnelles de ce photographe qui n'a jamais eu de studio, ces images d'une rare qualité de tirage (qu'il travaillait lui-même) sont, malgré leur épurement monochrome, d'une grande éloquence. Elles racontent le quotidien rural pas si lointain finalement de ce pays qui, en quelques décennies de guerre, à complètement changé de visage et... d'esprit. Elles restituent aussi la « grâce » de sa nature originaire, à travers des vues quasi poétiques de champs, de bosquets, de clairières, ou encore de ces chemins de traverse qui sillonnent certaines localités qu'il affectionnait particulièrement, à l'instar de Chtaura, Taanayel ou encore Deir el-Kamar (d'où son épouse Leila Tabet était originaire et où il passait ses étés). Un seul regret cependant, c'est que les clichés ne soient pas datés.
Ni images d'Épinal ni clichés rabâchés, Un Liban sans retouche (176 pages) « rassemble des représentations d'hommes à l'œuvre, encore proches de la terre (qui) disent un monde qui fut, comme l'écrit Houda Kassatly. (...) Un monde encore préservé de la violence à venir, qui épuisera la terre et harassera les hommes. » Un contexte culturel et humain aujourd'hui totalement disparu dont l'œuvre de Sidawy garde délicatement le témoignage.
Le Président Béchara el Khoury à l'indépendance du Liban
La Mort pour la Patrie et l'Indépendance est une naissance, tandis que la vie sans indépendance est une mort.
Saïd Akl
Un constat que beaucoup de Libanais, par l'Histoire contemporaine, ne peuvent qu'accepter. L'Indépendance du Liban a été un long cheminement, marqué par de nombreux sacrifices, par la mort de nombreux martyrs et une lutte sans relâche depuis le 19ème siècle jusqu'à aujourd'hui. Bien que célébrée le 22 novembre en commémoration des évènements de 1943, le Pays des Cèdres se doit également de se souvenir de ces dates critiques qui ont permis l'avènement du Liban dans ses frontières géographiques actuelles.
A l'Origine, La Création du Moutassarifat du Mont-Liban
Mai 1860: Attaque de Deir el Qamar par les Druzes. Les troubles se propagent à Jezzine, Hasbaya, Saida. Zahlé est assiégé. Juin-Juillet 1860: Les massacres continuent.
6 juillet 1860: Intervention Ottomane, réconciliation entre les Chrétiens, les Sunnites et les Druzes. 16 août 1860: Intervention de l'Armée Française au Liban en conformité avec le traité dit des Capitulations qui lui donne un droit de protection des minorités chrétiennes au sein de l'Empire Ottoman. 9 Juin 1861: Création du Moutassarrifat du Mont Liban instaurant un premier système communautaire au Liban. L'administration est confiée à un gouverneur ou Moutassarrif chrétien nommé pour 3 puis 5 ans par la Sublime Porte et n'étant pas originaire du Mont Liban. Il sera assisté par un conseil représentatif de 12 membres, 7 Chrétiens et 5 Musulmans. Seront nommés:
Daoud Bacha, d'origine arménienne (9 juin 1861 au 9 mai 1868),
Franco Bacha d'origine alépine (27 juillet 1868 au 26 février 1873)
Rustom Bacha, d'origine italienne, (Juillet 1973 à Mai 1883)
Massa Bacha d'origine albanaise, (8 mai 1883 au 29 juin 1892)
Naoum Bacha, d'origine alépine, (15 août 1892 à août 1902)
Mouzaffar Bacha, d'origine polonaise et française, (27 septembre 1902 au 29 juin 1907)
Youssef Franco Bacha, d'origine alépine, (8 juillet 1907 au 2 juillet 1912)
Yohannès Bacha Kouyoumdjian, d'origine arménienne, (20 décembre 1912 à la date de sa démission, le 5 août 1915)
Après Yohannès Bacha Kouyoumdjian, les autorités ottomanes alors en guerre aux côtés des empires d'Europe Centrale nommeront directement les gouverneurs et dissoudront le Conseil Représentatif. Cette période sera marquée par une période de terreur, d'épidémies de dysenterie et de Typhus, et de famine engendrée par un blocus des côtes par les alliés d'une part, et par les réquisitions ottomanes d'autre part. Un tiers de la population du Mont Liban principalement chrétiens décèderont alors alors que dans la capitale Beyrouth, plusieurs nationalistes libanais seront pendus par les Ottomans, le 21 août 1915, puis le
Le Liban passe à l'Heure Française et devient le Grand Liban
L'État du Grand Liban est proclamé le 1er septembre 1920 par le général Henri Joseph Eugène Gouraud, représentant l'autorité française mandataire sur la Syrie, du haut des marches de la Résidence des Pins à Beyrouth, en présence du Patriarche Maronite, Elias Hoayek à sa droite et le Mufti à sa gauche.
A partir de 1918, les troupes alliées et principalement britanniques occuperont le Mont Liban. Parmi les premières mesures prises par le Général Allenby, le rétablissement du Conseil Représentatif en Octobre 1918. La période de transition sera conduite par le Haut Commissaire François Georges Picot. Les troupes anglaises finiront par se retirer en Octobre 1919, laissant la place aux troupes françaises. Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 confirmera le Mandat Français du Liban. Cette période sera trouble, alors d'un côté des manifestations nationalistes arabes exigeant le rattachement du Liban au Royaume de Syrie du roi Faysal Ibn Hussein et d'un autre côté, la mise en place d'un Liban indépendant protégé par la France. La Conférence de San Remo attribuera définitivement à la France le Mandat sur le Pays des Cèdres, le 25 avril 1920 et sera ratifiée par la Société des Nations (SDN) le 24 juillet 1922.
Pièce de 2 piastres syriennes et cèdres du Liban, 1924. Collection privée
Le Grand Liban sera proclamé le 1er septembre 1920.
Trois Haut Commissaires militaires lui succèderont
Le Général Maxime Weygand en 1923, contesté par les milieux musulmans libanais
et le Général Maxime Sarrail qui déclenchera la révolte druze.
Durant leur mission, naitront les principaux organes de ce qui deviendra l'Etat du Liban et notamment le 24 janvier 1924, la Livre Liban-Syrienne.
Suite à l'échec de l'Administration Militaire de la zone, une administration civile sera mise en place à l'initiative d'Henri de Jouvenel, avec pour objectif la Mise en Place de la Constitution Libanaise qui sera rendue officielle le 23 mai 1926. Largement inspirée de la Constitution de la IIIème République Française, tout comme cette dernière, elle limitera les pouvoirs exécutifs du Président de la République. Elle ne sera promulguée que 4 ans après, le 22 mai 1930 et sera la cause d'une grande instabilité au niveau gouvernemental.
1926, une année cruciale avec la mise en place de la Constitution Libanaise et des premières administrations publiques.
26 Mai 1926: Election de Charles Debbas à la Présidence de la République 29 Mai 1926: Auguste Bacha Habib constitue le Premier Gouvernement Libanais. Il comptera 7 membres donc 2 Maronites, 1 Sunnite, 1 Chiite, 1 Druze, 1 Grec-orthodoxe et 1 Grec-catholique. Le 29 Mai, également, sera mis en place le Sénat Libanais présidé par Mohammed el Jisr. Octobre 1926: Est adopté l'Hymne National Libanais.
1927-1933: le début de l'instabilité
Henri Ponsot succède à Henri de Jouvenel le 26 Août 1926. Son arrivé sera marqué par une instabilité politique avec la succession de 6 gouvernements de 1927 à 1933. Il sera à l'origine de la suppression du Sénat en 1927 5 mai 1927: Premier gouvernement de Béchara Khoury 5 janvier 1928: Deuxième gouvernement de Béchara Khoury 19 août 1928: Le gouvernement de Habib es Saad est mis en place. 23 Mars 1929: Réélection de Charles Debbas pour 3 ans supplémentaires 8 Mai 1929: Amendement de la Constitution portant le Mandat Présidentiel à 6 années. 10 mai 1929: 3ème gouvernement de Béchara Khoury 12 Octobre 1929: Premier gouvernement d'Emile Eddé 3 février 1930: Décret loi établissant le découpage administratif en 5 Mohafazat (Beyrouth, Mont Liban, Békaa, Sus Liban et Liban Nord) et 18 subdivisions en Caza. 25 mars 1930: Auguste Adib Pacha devient Premier Ministre
Henri Ponsot suspend la Constitution Libanaise alors qu'un Musulman, Mohammed el Jisr, soutenu par des députés Chrétiens, pourrait arriver à la Présidence de la République. Il investit Charles Debbas des pleins pouvoirs.
La Constitution Libanaise sera rétablie d'abord partiellement le 2 janvier 1934 puis totalement le 24 janvier 1937, pour être à nouveau suspendue le 21 septembre 1939 en raison de la Deuxième Guerre Mondiale. Entretemps, des élections générales auront lieu le 20 janvier 1934 et Emile Eddé sera élu Président de la République Libanaise, le 20 janvier 1936.
Le 13 novembre, sera signé le Traité Franco-Libanais qui stipule l'accession à l'Indépendance dans un délai de 3 ans. Ce dernier sera dénoncé par des personnalités sunnites réunies au Congrès dit du Sahel qui réclament le rattachement du Liban à la Syrie. Le texte du Traité stipule une coordination entre les 2 pays sur le plan de la politique étrangère et de la défense tout en établissant les relations diplomatiques. La France s'engage à protéger le Liban et le Pays des Cèdres à accepter la présence de troupes françaises sans limitation de durée ou d'effectif et cela pour les 25 prochaines années.
Des troubles intercommunautaires éclatent à Beyrouth et à Tripoli, ce qui amènera à la naissance des embryons des milices libanaises de la guerre civile de 1975. Il ne sera finalement pas ratifié tant du coté libanais que du coté français.
Ces mouvements seront dissous par le Gouvernement de Kheireddine Ahdab, Premier Premier Ministre Musulman du Liban, sur décision en date du 18 novembre 1937 du Ministre de l'Intérieur, Habib Abi Chahla.
La Livre Libanaise sera créée le 29 mai 1937.
Le Liban dans la tourmente de la Deuxième Guerre Mondiale marche vers son indépendance
Suite à l'invasion de la Pologne par l'Allemagne Nazi le 1er septembre 1939, Gabriel Puaux, gouverneur français, annonce la suspension de la Constitution le 21 septembre 1939, alors que le Liban est présidé par Emile Eddé. Ce dernier restera chef de l'état et sera accompagné d'un secrétaire d'Etat, Abdallah Bayhum pour l'aider.
Alors que le Maréchal Pétain signera l'Armistice le 22 juin 1940, le Général Mittelhauser, pourtant favorable à la poursuite de la lutte contre le Régime Hitlerien, annoncera la fin des hostilités au Levant le 28 juin. Henri Ferdinand Dentz, nommé par le Régime de Vichy, succède à Gabriel Puaux.
Déjà éprouvé par la Première Guerre Mondiale, la population libanaise craint alors qu'une nouvelle famine ne s'installe alors que les prix des principales matières premières flambent et que les stocks de nourriture s'amenuisent. Des troubles touchent alors Beyrouth et les principales villes du Pays.
Ferdinand Dentz poussera alors Emile Eddé à la démission et le remplacement par Alfred Naccache 9 avril 1941: Alfred Naccache devient Chef de l'Etat en remplacement du Président de la République Emile Eddé démissionnaire depuis le 4 avril. 8 juin 1941: Les troupes de la France Libre soutenues par les troupes britanniques prennent le contrôle du Liban en réaction à l'utilisation par l'Allemagne d'infrastructures militaires en Syrie et au Liban contre les britanniques basés en Irak. Le Général Catroux aboli le Mandat et proclame l'Indépendance du Liban avant d'être désigné Délégué Général de la France Libre au Levat le 26 juin. 12 Juillet 1941: Le Général Ferdinand Dentz accepte le cessez-le-feu et signera 2 jours après l'armistice. 26 novembre 1941: Alfred Naccache, précédemment chef de l'Etat est proclamé Président de la République. Les combats entre Forces de la France Libre soutenues par les troupes anglaises contre les hommes restés fidèles au régime de Vichy, tels que présentés par la propagande vichyste.
Le 25 décembre, le Patriarche Arida, devant les délégations de l'ensemble des communautés libanaises appelle à l'indépendance totale du Liban. Le Général Catroux refuse, estimant prématuré cette indépendance tant que dure la IIème Guerre Mondiale. En août 1942, le Général de Gaulle alors en déplacement au Liban dénonce les ingérences étrangères et estime impossible la tenue d'élection législatives tant que durera le conflit. Le 24 janvier 1943, le Général Catroux rétablie la Constitution Libanaise, nomme Ayoub Tabet nouveau président de la République et décide de l'organisation d'élections législatives dans les 3 prochains mois. Il sera ensuite remplacé par Jean Helleu. Ce dernier démettra Ayoub Tabet pour le remplacer par Petro Trad.
Béchara Khoury, Premier Président du Liban
Un nouveau parlement sera alors élu, qui élira à son tour Béchara Khoury Président de la République Libanaise, le 21 septembre 1943. Cette même chambre annulera les articles constitutions relatifs au Mandat Français le 8 novembre. Le gouverneur Helleu réplique en arrêtant les dirigeants libanais dont le président de la République Béchara Khoury et du Premier Ministre Riad el Solh et des membres du gouvernement. Ils seront transférés à la citadelle de Rachaya. Toujours le 11 novembre, 7 parlementaires (Maroun Kanaan, député du Liban Sud; Henri Pharaon, député de la Béqaa; Saadi Mounia, député du Liban Nord; Mohamad al-Fadi, député du Liban Sud; Saeb Salam, député de Beyrouth; Rachid Beydoun, député du Liban Sud; Sabri Hamadé, président de la Chambre et Khalil Takieddine, secrétaire général du Parlement) s'introduisent dans le parlement en dépit d'un blocus des Forces de l'Ordre et adoptent le drapeau Libanais.
Le Président de la République et son gouvernement ne seront libérés que le 22 novembre suite à un ultimatum britannique en leur faveur. C'est à cette date qu'on célébrera désormais l'Indépendance du Liban.
Suite à cette crise, le Général Beynet, qui remplace Jean Helleu désavoué, rendra au Gouvernement Libanais la plupart de ses attributions. Le 20 décembre 1943, seront remis les administrations et les services d'intérêts communs. Le Président de la République Béchara Khoury, soucieux de marquer la fin du Mandat Français créera les ministères des Affaires Etrangères et de la Défense et fera adhérer le Pays des Cèdres à la Ligue Arabe en octobre 1944 comme membre fondateur.
Le Président Béchara Khoury remettant au Général Fouad Chéhab le drapeau libanais Le 1er août 1945, sera créée l'Armée Libanaise placée sous le commandement du Général Fouad Chéhab et qui reprend les traditions des troupes du Levant.
Le traité franco-britannique du 13 décembre 1945 décide du départ des troupes françaises et britanniques du Liban. Les dernières troupes quittent Beyrouth le 7 avril 1946. Ainsi s'achèvent, par plusieurs événements dramatiques, le mandat et la présence française au Liban et débute l'indépendance du Liban.
François el Bacha
Le patrimoine musical libanais regorge de merveilles, et ce récital, donné en l'église Notre-Dame du Liban à Paris, en est bien la preuve. La diversité des musiques entendues, allant du sacré au profane, du postromantique à l'atonal, du folklorique au néoclassique, de l'occidental à l'oriental, démontre bien que nos musiques se présentent sous différents aspects, courants et tendances. Encore faut-il trouver des interprètes pour les porter et les diffuser. Georges Daccache s'en est fait l'un des porte-parole (ou porte-musique !). Grâce à des récitals réguliers, il donne vie à ces partitions qui pour la plupart ne sont même pas publiées et qui sans lui seraient peut-être restées lettre morte. Avec la soprano Marie-José Matar, il a ainsi donné, en l'église Notre-Dame du Liban à Paris, un récital intitulé « Autour des compositeurs libanais ». Organisé par le Centre du patrimoine musical libanais (CPML-espace Robert Matta) et l'Association du foyer franco-libanais, il se déroulait en présence de l'ambassadeur du Liban auprès de l'Unesco, Khalil Karam, et d'un public venu nombreux pour découvrir ce répertoire inédit. Le récital se présentait en trois parties. Tout d'abord, un large éventail de musiques sacrées en arabe ou en latin : œuvres de Georges Baz, du père Khalil Rahmé (présent dans l'assistance), du père Fady Tawk, de Jihad Zeidane, de Roukoz Sakr et du père Joseph Waked. Ensuite se déployait une partie centrale consacrée à la mélodie avec des pièces de Béchara el-Khoury, Iyad Kanaan et Boghos Gélalian. Enfin, une troisième partie se composait de pièces inspirées du folklore libanais, avec Toufic Succar et Zaki Nassif. Révélation de ce moment musical, la jeune soprano Marie-José Matar. Sa voix, sa bonne élocution et son interprétation en font un talent à suivre.
Darin LaHood, congressman américain. «Je suis fier de notre patrimoine libanais»
Il existe un tas de raisons qui incitent les Libanais à éjecter leurs dirigeants sans aucun égard mais, faute de place, nous n'en citerons que vingt. Certes, il serait injuste de mettre tout le monde dans un même sac. Certains sont moins condamnables que d'autres, quelques-uns ont même du mérite. Il ne s'agit, cependant, que d'exceptions qui confirment une règle générale: la classe politique libanaise est inapte à diriger le pays, elle doit partir. Et c'est au peuple libanais que revient la responsabilité historique de la virer.1-Les dirigeants pratiquent allègrement et au quotidien le délit d'initié. Ils profitent de leurs positions pour faire des affaires personnelles afin d'en tirer des bénéfices matériels.2-Ils sont coupables d'abus de pouvoir. Ils dépassent les limites légales de leurs fonctions, non pour le bien public mais pour servir des intérêts partisans ou personnels.3-Beaucoup de responsables politiques sont soupçonnés de corruption à grande échelle. Pourtant, ils ne sont jamais inquiétés.4-Lorsqu'ils ne sont pas eux-mêmes corrompus ou corrupteurs, ils encouragent la corruption ou font semblant de ne pas la voir dans les ministères et les organismes dont ils ont la gestion.5-La plupart des commis de l'Etat sont coupables de gaspillage des deniers publics et de dilapidation du patrimoine national.6-Certains leaders de classe A sont coupables d'exploitation illégale et frauduleuse de biens domaniaux et de biens maritimes publics.7-La plupart des hauts dirigeants pratiquent, d'une manière tout à fait naturelle, l'évasion fiscale en tenant une double comptabilité.8-Tous, ou presque, pratiquent le népotisme et le clientélisme. Ils placent des membres de leurs familles ou des proches à des postes clés sans prendre en considération le critère de la compétence.9-Ils sont imprévoyants. Ils n'anticipent pas les problèmes et, par conséquent, ne prévoient pas des solutions et des plans de contingence en cas de crise.10-Ils sont laxistes. Leur excès d'indulgence n'est pas dû à leur extrême tolérance, mais à leur paresse intellectuelle.11-Le laxisme conduit à des attitudes irresponsables qui ont, souvent, des conséquences graves sur la vie quotidienne des citoyens.12-Ils manquent de courage, car ils n'osent pas prendre des décisions impopulaires de peur d'être critiqués par leur entourage proche ou au sein de leur communauté, même si l'absence de décision risque d'avoir des retombées néfastes et irrémédiables au niveau national.13-Leurs discours sectaires et partisans constituent une violation flagrante des lois en vigueur, qui interdisent l'exacerbation des dissensions communautaires.14-Ils font primer d'étroits intérêts communautaires et partisans sur les intérêts supérieurs de la nation.15-Ils défendent les intérêts de pays étrangers au détriment des intérêts nationaux.16-Leur allégeance va à des puissances étrangères, non pas à leur patrie.17-Ils sont prêts à mourir pour que soient haut portés les drapeaux d'Etats étrangers au lieu de celui de leur pays.18-Ils sont sadiques, car ils humilient avec un malin plaisir leur peuple, comme c'est le cas dans le scandale des déchets.19-Ils sont coupables d'homicide prémédité, car ils savent pertinemment que l'accumulation des déchets pendant des mois peut provoquer de graves épidémies, comme le choléra.20-Ils sont coupables de trahison, car ils n'ont pas respecté les termes du mandat que le peuple libanais leur a accordé, et aussi de parjures car ils ont violé leur serment de respecter la Constitution et les lois libanaises.S'il fallait juger les personnalités politiques libanaises pour leurs manquements, il ne resterait presque plus personne sur les strapontins du Parlement ou sur les fauteuils du Conseil des ministres. Il faudrait construire de nouvelles prisons, mais faisons en sorte que les appels d'offres ne soient pas remportés par des prête-noms de nos 'chers' dirigeants.
Classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le site archéologique risque de perdre son label en raison d'une notable dégradation de l'environnement liée à un laisser-aller général. Entre les verdoyantes collines de Byrsa et de Borj Jedid, le palais présidentiel et son parc archéologique, Carthage semble figée dans le temps. Mais cette vision de carte postale masque une tout autre réalité. Classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979, le site risque de perdre ce label en raison d'une notable dégradation de l'environnement. En cause, un laisser-aller général dû principalement à la confusion qui règne au sein des institutions depuis la chute du régime de Ben Ali, en janvier 2011. En quelques semaines, le port punique, espace protégé, a été transformé en débarcadère, et de nombreux terrains non constructibles ont été recouverts d'habitations anarchiques, notamment à proximité des quartiers populaires de Mohamed-Ali et d'El Yasmina, où résident les trois quarts des 20 000 résidents de Carthage. La ville en attente d'un conseil municipal élu La commune a une superficie de 610 hectares, dont la moitié sont des terrains archéologiques. Conséquence : les décisions la concernant relèvent de la municipalité, du ministère de la Culture et de l'Institut national du patrimoine (INP). Trois acteurs qui se renvoient la balle, d'autant qu'ils sont systématiquement interpellés par des associations militant pour la mise en place rapide d'un plan de protection et de mise en valeur (PPMV). Des mécontents imputent la dégradation de la commune, laquelle est essentiellement résidentielle et sans activités économiques notables, à un conseil municipal non élu, provisoirement désigné en attendant les élections locales de 2016. La municipalité projette, en partenariat avec des privés, de multiplier, sans affecter le sous-sol, les infrastructures sportives
Pourtant, « lassée d'attendre l'intervention de l'INP, la mairie a pris sur elle de débarrasser les ports puniques de ses squatters », précise Zied el-Hani, membre du conseil municipal, qui rappelle que Carthage est d'abord un symbole civilisationnel et qu'il faut protéger le lieu où est née la première démocratie de l'histoire de l'humanité. La municipalité projette, en partenariat avec des privés, de multiplier, sans affecter le sous-sol, les infrastructures sportives, notamment à Seniat Fakoussa et sur le lieu-dit du Bir, « pour permettre aux jeunes démunis des environs d'avoir d'autres alternatives que la drogue ou le jihad ». Un vaste programme qui prévoit aussi la création d'une école de mosaïque, d'une piscine dans un cimetière chrétien désaffecté, d'un cinéma en plein air et d'un immense chapiteau sur la colline de l'Odéon pour la prochaine session du festival Jazz à Carthage. Se recentrer sur le quotidien des carthaginois Pour la commune, il est d'autant plus vital de générer des fonds propres que le nombre de touristes est en net recul et qu'elle ne perçoit plus les 350 000 euros reversés par l'Agence de mise en valeur du patrimoine, chargée de l'exploitation des sites archéologiques. Partenariats public-privé, sponsorisation, organisation de manifestations culturelles ou sportives et dons, tout est bon à prendre. Y compris la carte satellitaire des sous-sols de Carthage, offerte par la ville chinoise de Xi'an. Il n'empêche, les riverains, qui souvent ignorent tout de ces projets, s'inquiètent du manque de transparence de la gestion de la commune et réclament de la municipalité qu'elle se recentre sur le quotidien : « Des immondices s'amoncellent dans les ruelles et sur les terrains vagues, peste un résident. Des habitants ont fourni à la collectivité des poubelles… qui ne sont toujours pas installées. » L'erreur de construire sur la Carthage antique remonte à la période coloniale, mais la destruction du site a doublé depuis 1956, explique Youssef Cherif, archéologue
Les doléances ne s'arrêtent pas là : beaucoup s'étonnent que, sur les 150 ordres de destruction de constructions anarchiques, 20 seulement aient été exécutés, et soulignent que Carthage est toujours une cible de choix pour la spéculation immobilière. « L'erreur de construire sur la Carthage antique remonte à la période coloniale, mais la destruction du site a doublé depuis 1956 : c'est une responsabilité partagée à assumer aujourd'hui », explique Youssef Cherif, riverain et archéologue de formation. L'intervention de l'INP ainsi que la mobilisation des réseaux sociaux ont empêché la disparition d'une partie méconnue de la nécropole des « Rabs », grands prêtres et prêtresses de la Carthage punique, mise au jour à la faveur de fouilles préventives avant la construction d'une résidence non loin du palais présidentiel et de la villa Baizeau de Le Corbusier. « C'est une découverte inestimable. Nous allons mettre en œuvre les moyens pour racheter ce terrain », assure Nabil Kallela, directeur de l'INP. Une décision importante mais onéreuse pour un État dont les caisses sont vides. Frida Dahmani