mardi 13 mars 2012

Mutilation de l’hippodrome romain de Beyrouth


Mutilation de l'hippodrome romain de Beyrouth 
ou le désastre du démantèlement des sites archéologiques au Liban
Mardi, mars 13th, 2012


De la mutilation de l'hippodrome romain de Beyrouth ou le désastre du démantèlement des sites archéologiques au Liban avec la connivence du ministre de la Culture M. Gaby Layoun – 13 mars 2012.

Obéissant infailliblement à la loi des séries, un malheur en appelle toujours un autre, et le fameux « Jamais deux sans trois » est parfaitement applicable dans notre cas. 
À peine les Libanais ont-ils assimilé le cataclysme de la prochaine démolition de l'installation portuaire phénicienne de Beyrouth et la calamité des constructions arbitraires dans le port phénicien de Tyr et le probable déclassement de la ville de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, que l'hippodrome romain de Beyrouth est tiré par le fâcheux sort du vandalisme à la libanaise.

Les rumeurs circulant sur Facebook  notamment dans les groupes de « Save Beirut Heritage », sur le mur de l'association « Protect Lebanese Heritage » ainsi que sur une page récemment créée « Phoenician Port of Beirut », se sont avérées bien fondées. 
De toute façon, il n'y a jamais de fumée sans feu dans ce pays où tous les coups sont permis. 
Un article paru ce mardi, signé Bassam el-Qantar, sur le quotidien Al-Akhbar(1), accuse directement le ministre de la Culture actuel de démanteler l'hippodrome romain de Wadi Abou Jmil au centre-ville de Beyrouth.
Petite rétrospective rapide, à l'attention d'un public sciemment mal informé: 
- En 2008, le quartier Wadi Abou Jmil dévoile le 5ème hippodrome romain du Moyen-Orient, après Tyr, Césarée, Jerach et Bosrah. L'hippodrome romain de Beyrouth se démarque de ses congénères en étant le seul édifié intra-muros, à proximité de thermes privés pouvant dépendre de ce dernier. S'étendant sur une surface de 3000m², tous les éléments de cet hippodrome sont conservés sur place : les gradins, la spina et les tambours qui soutenaient les statuettes agrémentant la spina(2). 
La majorité des quotidiens libanais (3) avaient fait état de ces vestiges romains émergeant des entrailles de celles qui fut jadis la Nourrice des lois.
Ces découvertes, se trouvant sur un terrain appartenant à Solidère, avaient été faites par une équipe de la Direction Générale des Antiquités, alors que M. Tarek Mitri occupait le poste de ministre de la Culture, qui avait alors exprimé sa volonté intransigeante de conserver le site. 
Un peu plus tard, son successeur, le ministre Tammam Salam a publié un arrêté ministériel qui a été inscrit dans le Journal officiel en date du 10 septembre 2009 classant l'ensemble du terrain où se situe l'hippodrome romain et insistant sur sa conservation in-situ(4). Tout est dit. Décision officielle, ne pouvant être remise en cause. Suite à ce décret, les journaux ont jubilé, et ont déclaré cette arène hippique romaine sauvée des bulldozers de Solidère(5). En outre, du côté étatique, le successeur de M. Salam, M. Salim Wardi a respecté cet arrêté ministériel et ne l'a pas contesté.
 Pourquoi le ministre actuel M. Gaby Layoun détourne-t-il ces décisions ?

L'hippodrome romain de Beyrouth se trouve sur le terrain 1370, qui a été acheté en 2005 par la société Beirut Trade (6). Le terrain est de 3706m², et la surface à construire est de 1178m². 
Dans un rapport de Solidère datant de 2007 (7), il est précisé que la localisation de l'hippodrome romain a été confirmée, et que les archéologues ont mis à jour deux parties de la spina. Le rapport indique également qu'en accord avec la DGA, ces artefacts seraient intégrés dans la place de Wadi Abou Jmil, et souligne que « Solidère poursuit l'intégration des sites archéologiques dans le pan urbain ». 
Il existe toujours un large fossé entre ce qui est dit, et ce qui est fait. 
Intégrer ne veut pas dire mutiler, ni démanteler, ni casser. 
Et ce n'est d'ailleurs pas à une société privée de décider à elle-seule de l'urbanisme de la capitale. Où sont les ministères et les institutions étatiques spécialisés censés superviser les travaux ?
Un lustre s'est écoulé depuis ce rapport. Aujourd'hui, selon l'article d'Al-Akhbar, le ministre actuel de la Culture, faisant fi de la décision de ses prédécesseurs, concocterait avec Beirut Trade un accord acceptant le plan d'intégration de la société précitée : c'est-à-dire, démonter une partie de l'hippodrome, entamer le projet immobilier, pour ensuite inclure les pièces sectionnées à l'intérieur des tours résidentielles.
 Layoun aurait même exprimé son souci de « conservation » du projet dans les moindres détails, allant jusqu'à se préoccuper du choix des vitres des étages supérieurs du projet pour être en harmonie avec les vestiges qui seraient réédifiés dans les sous-sols des tours.
Nulle part au monde, un hippodrome antique n'a été démonté et déplacé, partiellement ou en totalité. Telle a été la déclaration de M. Assaad Seif, archéologue à la DGA et responsable des fouilles de Beyrouth, dans un article publié en 2008 par Mme Makarem, ponctuant qu'un tel scénario serait « une honte pour le Liban » (8). 

D'ailleurs on ne déplace les vestiges que dans des conditions extrêmes. 
Les diverses chartes de conservation du patrimoine revendiquent la préservation in situ des sites archéologiques (9).  
De telles découvertes sont un capital considérable pour le territoire sur lequel elles se révèlent au grand jour. Ici, ce n'est pas un tapis titanesque de mosaïque qui peut être transféré dans un musée, ou un petit temple facilement démontable : nous sommes face à un cirque romain découvert dans sa quasi-totalité. 
La mascarade des « soucis officiels de conservation » est d'un ridicule flagrant, maquillant des décisions officieuses satisfaisant des intérêts loin d'être considérés à l'échelle nationale.
La sauvegarde du patrimoine nous concerne tous. 
Les découvertes archéologiques effectuées sur le sol libanais ne sont ni la propriété de Solidère, ni de n'importe quel promoteur, ni même du ministère concerné.
 Les sites archéologiques nous appartiennent, ce sont les marqueurs historiques du passé ô combien cossu du pays des cèdres ; ce sont les trésors nationaux d'un pays qui compte principalement sur le secteur du tourisme grâce à la richesse de son patrimoine historique et culturel.
Assez de mettre des œillères au citoyen libanais ! 
Lorsqu'une découverte est effectuée, chaque citoyen jouit du droit d'être informé sur sa nature, son importance, et sur les moyens déployés par les experts pour sa conservation et/ou sa restauration. 
Les médias sont tenus de remettre le public en selle concernant ses droits et devoirs vis-à-vis de son patrimoine, en réalisant des reportages et des campagnes de sensibilisation, en braquant les projecteurs sur ce patrimoine porteur de nos valeurs qui constitue notre richesse, notre mémoire, notre point d'union. 
Ce n'est pas une quête en faveur du musée national qui pourrait inciter à la sauvegarde de l'héritage culturel et raviver la conscience des citoyens dont le salaire ne répond aucunement à leurs besoins primaires.
Défendre son patrimoine rime parfaitement avec la promotion d'un développement durable. Les citoyens avisés et les spécialistes clament haut et fort la sauvegarde du patrimoine, mais ne sont jamais contre la croissance économique. Le sol du Liban regorge encore de trésors antiques enfouis, et ce pays table essentiellement sur le secteur touristique ; la conservation du patrimoine, en plus de la sauvegarde de la mémoire collective et le respect des indicateurs historiques et culturels, est un facteur de bonne santé économique. Personne ne demande à solidifier l'essor économique de Beyrouth, personne ne demande à transformer Beyrouth en une ville-musée, mais il est insensé de la dépouiller de son cachet pluriel, et de la métamorphoser en une ville-fantôme aux tours modernes tels un immense dortoir aux étrangers – parce que le prix de l'immobilier est hors de portée de ses autochtones. Il est inconcevable qu'à peu près 200 sites aient été mis à jour au centre-ville, et que ceux qui ont été conservés se comptent sur les doigts d'une seule main ! Le reportage de la LBC en 2008 joint à cet article en est une preuve tangible ! Le mal est malheureusement fait, essayons de sauver ce qui reste …
En guise de conclusion, un petit retour en arrière s'impose, du temps où cette arène hippique aujourd'hui menacée de destruction était réputée pour l'excellence de ses performances sportives, entraînant la dépravation des étudiants de l'École de droit de Beryte pour les courses de chars, la sorcellerie et la nécromancie. Ce qui avait nécessité, au Vème siècle de notre ère,  l'intervention des autorités byzantines qui se sont chargées de brûler au grand jour tous les textes de magie noire combinés par la jeunesse en plein cœur de Beyrouth(10). Il semblerait que cet acte n'a pas réussi à conjurer les sortilèges des étudiants en droit, dans une cité où, quinze siècles plus tard, le mauvais sort continue de planer sur ses habitants et son patrimoine …
Par Marie-Josée Rizkallah
Libnanews

(1)    Article paru dans le quotidien Al-Akhbar, 13 mars 2012.
(2)    Gradins : Bancs étagés entourant l'arène.
Spina : Mur central de l'hippodrome divisant l'arène, peu élevé et orné de statues, d'obélisques ou de fontaines.
Tambour : Pierre supportant le fût d'une colonne.
(3)    Article paru dans Al-Akhbar, le 28 février
Article paru dans l'Orient-le-jour, le 4 mars 2008.
Article paru dans An-Nahar, le 21 avril 2008.
(4)    Cf. l'archive du site du Journal Officiel, n°42, 10/09/2009.
(5)    Article paru dans Al-Anouar, le 9 novembre 2009.
Article paru dans An-Nahar, le 12 décembre 2009.
Article paru dans l'Orient-le-jour, le 16 décembre 2009.
(6)    Rapport de Solidère publié en Avril-Juin 2005, p. 4.
(7)    Rapport annuel de Solidère, année 2007, p. 13.
(8)    Article paru dans l'Orient-le-jour, le 1er juillet 2008.
(9)    Charte de Venise, Convention de l'UNESCO pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, Charte de Washington, Charte de Lausanne.
(10)   Cf. JIDEJIAN Nina, Beyrouth à travers les âges, Librairie Orientale, Beyrouth, 1993, pp. 106-111.
   _______________
Sur le même sujet:
Décision salutaire du ministre Layoun : Le théâtre de Beyrouth échappe à la destruction
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Liban: Le port phénicien de Beyrouth égrène ses dernières heures après 2500 ans d'existence
Chronique d'un désastre libanais presque quotidien
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mercredi 29 février 2012

Tyr et son patrimoine chretien

Tyr et son patrimoine chretien

Tyr et son patrimoine chrétien
Au service de la diversité culturelle
La Cite de Tyr, au sud du Liban actuel, a connu le message chrétien du temps même du Christ et de ses premiers Apôtres et disciples. Les écrits évangéliques et les Actes des Apôtres lui consacrent plusieurs épisodes confirmant son caractère comme berceau du Christianisme et foyer de la diversité culturelle et religieuse. Elle avait occupe déjà une place cosmopolite ( on dirait globalisante ) entre les 12 eme et 4 eme siècles avant J.C, notamment par son rayonnement culturel et son influence maritime. Le livre d'Ezéchiel (7eme S. avant J.C.) nous donne une description parlante du niveau de gloire atteint par la cite de Melcart. Quand, dans le monde habité ( l'œcouméné), à l'exception de l'Egypte et de la Mésopotamie bien sur , dominait le modèle du village, Tyr offrait déjà le modèle de la Cite Démocratique avec son système gouvernemental.
L'historien Paul Morand décrit ainsi Tyr et Sidon : « ces deux villages de pécheurs furent une fois toute l'histoire du monde. L'essence de l'esprit méditerranéen, de la science venue de Chaldée, l'art décoratif, l'industrie et le commerce de la race blanche vécurent sur ces deux promontoires, deux mille ans avant le Christ »
Bien qu'elle connaisse très tôt l'enseignement du Maitre Divin, l'Eglise de Tyr ne prospère réellement qu'au 2eme siècle après J.C, quand elle aura eu ses premiers archevêques, ses illustres martyrs et personnalités des divers rangs ecclésiaux et catégories sociales, ses philosophes, ses théologiens et ses juristes, aussi bien païens que chrétiens, auxquels l'Humanité doit beaucoup .Pensons au moins au leg du célèbre jurisconsulte ulpianus fils de Tyr et à son valeureux apport au Droit Humain.
Rappelons que les martyrologes des différentes églises, tant orientales qu'occidentales, ne cessent de célébrer la mémoire des centaines de martyrs tyriens ( dont Christine, Théodosia, Tyranius, les 500 martyrs fêtés selon le calendrier maronite le 19 février, etc…
La basilique de Tyr, dédiée à la Sainte Vierge, la plus illustre dans toute la chrétienté de l'époque, se distinguait par son imposante architecture, son espace et ses admirables décorations. L'homélie de ré-inauguration prononcée alors ( autour de 316) , par l'historien et le témoin oculaire Eusèbe de Césarée, en présence de l'illustre archevêque du lieu Paulinus, nous en livre un témoignage saisissant.
En plus de ses éminents pasteurs , Tyr connaît aussi parmi ses enfants ou originaires des papes ( deux au moins, Jean et Constantin ,au début du 8eme Siècle) et des patriarches ;Sur son spacieux hyppodrome olympique ont eu lieu des scènes émouvantes de martyres , survenus dans les vagues successives des persécutions romaines ; des conciles régionaux y ont été tenus , entre le 3eme et le 7 eme siècles, dans la mouvance des houleuses controverses christologiques qui ont divise le christianisme en une mosaïque de sectes et de courants de pensée.
Devenue Métropole depuis le règne de l'empereur Hadrien (+113, et située entre Antioche, Jérusalem et Alexandrie, elle en subissait les influences tout en les divulguant par la suite dans les 41 diocèses qui lui étaient affectés, parmi lesquels Sidon, Beyrouth, Byblos, Tripoli etc.
Après près de 5 siècles de domination musulmane (634-1096) durant lesquels la présence chrétienne s'est presque totalement éclipsée, les vagues successives des croisades ont laisse des empreintes visibles a travers des édifices, des institutions et des écrits inoubliables .La figure d'un Guillaume de Tyr avec son très riche héritage historiographique ainsi que la splendide Basilique à l'intérieur de laquelle se faisaient introniser les Rois croises de Jérusalem demeurent autant de signes qui devraient enrichir les pages de l'Histoire chrétienne de Tyr et de son patrimoine culturel et religieux international.
Si vers la fin du 13eme siècle Tyr sombre dans l'obscurantisme généré par l'occupation des Mamlouks, héritiers de l'armée de Saladin vainqueur des croisades, Tyr , à l'instar des différentes régions du Liban , va s’acheminer , grâce à la politique d' Emirs convertis à ou sympathisant avec la culture chrétienne , (notamment catholique , via le patriarcat et leadership laïc maronite ) , vers un essor socio- économique et culturel qui devait atteindre progressivement ses structures modernes , avec la naissance du Grand Liban ,en 1920.
La prise de conscience de la richesse patrimoniale du sol libanais, et par conséquent de l'archéologie libanaise, dans le cadre de laquelle la ville de Tyr représente depuis toujours un site privilégié, devait amener les chercheurs à multiplier leurs activités , soit dans le cadre d'expéditions officielles et méthodiques , comme celle patronnée par Napoléon III en 1860, dirigée en l'occurrence par des académiciens comme Ernest Renan, soit dans le cadre de recherches improvisées par des antiquaires et des faussaires dont le seul but est la simple recherche de trésors. Le fruit de ces recherches demeure considérable malgré sa dispersion.
Après l'expédition française, nommée « Expédition de Phénicie » (rapportée dans un ouvrage volumineux et publié entre 1864 et 1875), Tyr, ainsi que l'ensemble du sol libanais, fut l'objet de plusieurs fouilles archéologiques qui ont fait lumière sur les trésors précieux dont une partie fait la richesse du Musée National libanais de Beyrouth.
Malheureusement, menées avec technicité, et dirigée par l'Emir Maurice Chehab, sous la supervision de l'Etat libanais, ces fouilles devaient être suspendues avec l'éclatement des violences au Liban, depuis 1972.Mais malgré tout, de telles fouilles ont contribué a la découverte de l'ancienne ville de Tyr, phénicienne et gréco-romaine, dans laquelle il est fait lumière et pourra l'être davantage, sur un patrimoine chrétien dans l'un de ses berceaux les plus originaux , singuliers et cosmopolites .
Certes une bonne partie du patrimoine a été dilapidée. Mais dans des conditions favorables, il serait toujours possible de sauver le reste, grâce à la contribution d'institutions internationales comme l'Unesco, les institutions concernées par le patrimoine commun des pays méditerranéens, le Conseil des Eglises du Moyen Orient ou autres…
J'ajoute à cela que, ne se réduisant pas aux éléments enfouis dans le sol, le patrimoine englobe aussi les œuvres écrites et picturales, enfouies dans les bibliothèques, les couvents, les divers centres culturels et musées du monde. Le patrimoine de Tyr est riche sur ce plan. De nos jours il n'est plus impossible de le restituer et regrouper dans un espace déterminé sur le sol même de Tyr.
Une telle tache, aussi ambitieuse parait-elle, est énormément facilitée de nos jours par le recours aux nouveaux moyens de communication (internet et autres techniques du numérique).
La prise d'une décision claire et une bonne gestion concernant un tel projet pourrait le rendre concret.
Parmi ses avantages on peut avancer, dans le contexte de doute et d'appréhension issus du prétendu « printemps arabe », touchant actuellement la majorité des chrétiens d,Orient :
-Le christianisme est chez lui, enraciné, en Orient.
-Aucune autorité ni force ne peuvent justifier son déracinement
- Il est autant un devoir, pour la famille Internationale, qu'un droit inaliénable pour les chrétiens d'Orient de pouvoir vivre en paix et dans la dignité humaine sur le sol de leur berceau historique et géographique.
« Les chrétiens font partie de l'Histoire de l'Orient ; il ne peut être question de les arracher à cette terre." a dit le Président français .
Sans cette garantie , les principes des Droits de l'Homme, fondement de notre Civilisation, deviennent des notions vides de sens.
j.T.Khoreich , février 2012

jtk. khoreich

vendredi 10 février 2012

اعتراضات تحول دون ترميمه وتحويله إلى معلم للسياحة

اعتراضات تحول دون ترميمه وتحويله إلى معلم للسياحة 
  
دير مار مارون في الهرمل.. ينتظر التأهيل والعودة إلى الحياة

صوامع الرهبان تأثرت بفعل الطبيعة وأيدي العابثين
 
ركان الفقيه
تثير خطوة المطرانية المارونية في بعلبك الهرمل، بإعادة وضع يدها على دير مار مارون التاريخي، عند منبع نهر العاصي، اعتراضا من قبل عائلة النائب السابق المرحوم أسد الأشقر، وبعض أفراد عشيرة آل دندش، الذين يعتبرون أنه جرى اعتماد وسيلة غير مشروعة من أجل انتزاع ملكية العقار والدير الذي يقوم عليه. ويدفع إصرار الطرفين على استعادة ما يعتبرونه حقهم إلى طرح الكثير من التساؤلات حول مصير المشروع، الذي أعلنت عنه المطرانية، والهادف إلى ترميم الدير وافتتاحه أمام المؤمنين المسيحيين، وتحويله إلى أحد أهم مواقع العبادة والسياحة الدينية في لبنان، بعدما كانت الزيارة التاريخية التي قام بها البطريرك الماروني مار بشارة بطرس الراعي لمنطقة بعلبك الهرمل الصيف الماضي، وللموقع، قد ساعدت في الإسراع بإطلاق مشروع الترميم، خصوصا لجهة إتمام الإجراءات القانونية التي سمحت للمطرانية بإعادة سلطتها عليه، وتوفير المبالغ المالية المطلوبة للترميم، بعدما كان الدير لقرون عدة عرضة لتغير الكثير من معالمه، بفعل العوامل الطبيعية ولجوء بعض الرعاة إليه خلال فصل الشتاء. 
وكان قرار المطرانية ترميم الدير قد أنعش الآمال لدى أبناء منطقة الهرمل، بأن يتحول القرار إلى مقدمة للاهتمام بالآثار التاريخية والدينية الموجودة في المنطقة، التي تتعرض للتخريب المتعمد أحيانا، أو بفعل العوامل الطبيعية، التي تفقدها الكثير من معالمها الهامة أحيانا اخرى، ومن تلك الآثار «صخرة نبوخذ نصر»، و«الكنيسة البيزنطية» في بريصا، و«قنوات الملكة زنوبيا»، و«قاموع الهرمل». وتفيد بعض المصادر التاريخية، بأن «عددا من المهندسين الرومان، كانوا أول من سكن في المغارة التي قاموا بحفرها في الصخور، والتي ترتفع عن مستوى نهر العاصي ستين متراً، وتبعد عن منبعه نهر نحو مئة متر، وجعلوها مركزا لهم خلال عملهم من أجل جر المياه إلى المناطق الداخلية، وصولاً إلى مدينة تدمر. وسكنه في القرن الرابع الميلادي أحد الرهبان السريان، فسمي المكان بمغارة الراهب». ولفتت إلى أن مجموعة من الرهبان الموارنة حولته في القرن الخامس الميلادي إلى مكان للتعبد والصلاة، وحفروا بداخله بئرا تتصل بمياه نهر العاصي بواسطة أدراج، كي لا يضطروا إلى الخروج منه عند تعرضهم للاضطهاد أو الحصار، وغادروه بعد سيطرة المماليك والعثمانيين على المنطقة، واستمر الدير منذ تلك الفترة مهجوراً وعرضة للخراب حتى اليوم». 
يقول محمد دندش وهو أحد ورثة مالكي العقار الذي يقوم عليه الدير: «إن الخلاف على ملكية العقار بدأ في العام 1934»، حين تقدمت جدته بدعوى ضد البطريركية المارونية، «لأنها كانت قد وضعت يدها على العقار، أثناء نفي عشيرة آل دندش إلى منطقة الميادين في سوريا، من قبل سلطة الانتداب الفرنسي في العام 1923، وقد ربحت الجدة الدعوى في حكم قضائي صدر في العام 1957». يضيف «اشترى السيد أسد الأشقر الحصة الأكبر في العقار، والتي تعود حاليا إلى ورثته، واستمر الأمر كذلك إلى أن استملكته مديرية الموارد المائية في وزارة الطاقة والمياه من ضمن الأراضي الأخرى التي استملكتها، من أجل إنشاء سدّ على نهر العاصي، وهو ما أثار علامات استفهام، لأن موقع إنشاء السد بعيد جدا عن ذلك المكان، ولا يتطلب استملاك العقار الذي يقوم عليه الدير». 
من جهته يوضح نظام الأشقر نجل النائب السابق أسد الأشقر، أن العائلة «بصدد إعداد رسالة طلبها البطريرك الماروني مار بشارة بطرس الراعي خلال زيارتها الأخيرة له». وتتضمن الرسالة «مطلب الورثة من أبناء العائلة، وتشرح الملابسات التي أحاطت بنقل ملكية الدير للمطرانية بعلبك الهرمل بطريقة ملتوية، بحجة توسيع حرم نهر العاصي لحمايته من التلوث، وتبين أنه أمر غير صحيح، لأن الاراضي التي يقوم عليها الدير لا حاجة لاستملاكها من أجل حماية النهر، خصوصا بعدما تم تأجيره لاحقا للمطرانية، ما يدل على أن هناك خطة منذ البداية لإعطائه للمطرانية، وتحديدا على يد أحد الموظفين في وزارة الطاقة والمياه». ولفت الأشقر الى أن «النائب السابق غسان الاشقر تقدم باستيضاح الأمر في حينه، وكان الجواب بعدم جواز بقاء أي مبنى مجاور للنهر، من دون استملاك من قبل الوزارة، لأنه يسبب تلوث النهر وهو ما لا يقبل به السوريون، واعتبرناه في وقتها منفعة عامة وضرورية لسير مشروع سد العاصي، ورفضنا المبلغ الذي صرف لنا في مقابل استملاك الدير والعقار الذي يقوم عليه، وهو ثلاثون مليون ليرة لبنانية لنقرأ مؤخرا انه تم تأجيره للمطرانية». 
ويقول راعي أبرشية بعلبك الهرمل للموارنة المطران سمعان عطا الله انه يسعى لإعادة ترميم الدير، انطلاقا من مسؤوليته الروحية والرعــوية والوطنية، «والتأكيد على أن الحضــور المسيحي في لبنان والمنطقة بخير، ويجب أن يكون كذلك في كل مكان، وهو عودة للجذور والهوية للكنيــسة المسيحية المبنية على النسك وعبادة الله، ولتحقيق الرسالة التاريخية للبنان في الدعوة للعيش الواحد، خصوصا أن الدير كان يستقبل الناس سواء كانوا مسيحيين أم لا، ويحتضن الحوار بين الأديان، وهو موقع وطني أكثر من كونه موقعا أثريا». وأفاد المطران عطا الله، بأن «الدير كان ملكا للرهبان، لكن الظروف التاريخية جعلته ينتقل من شخص إلى آخر، ولا تريد المطرانية سوى بقائه علامة حياة في قلب المنطقة والشرق». ويشير إلى أنه «بعد امتلاك الدير من قبل الدولة، قدمت المطرانية اعتراضا على ذلك لكونه ملكا دينياً، وحصلت تسوية الموضوع من خلال توقيع عقد قانوني مع الدائرة الرسمية المختصة لاسثماره من قبل المطرانية، وبالتالي يعطيها الحق باعادة ترميمه، وفتح أبوابه أمام المؤمنين من المسيحيين وجميع اللبنانيين»، لافتاً إلى أنه لا يرغب بـ «الدخول طرفاً في أي سجال حول موضوع استملاك الدير، لأن ذلك حصل من قبل وزارة الطاقـة والمياه». وأبدى استعداده الكامل للوقوف إلى جانب الأهالي من أجل الحصول على تعويض أكبر بدلا من استملاك أراضيهم المجاورة للدير من قبل الدولة.

source:







mercredi 21 décembre 2011

المطران سمعان عطالله : مغاور وصوامع تستعيد تاريخ الموارنة المتعبّدين

المطران سمعان عطالله : مغاور وصوامع تستعيد تاريخ الموارنة المتعبّدين
21 / 12 / 2011
دعماً للحضور المسيحي في بعلبك ودير الاحمر وتعزيزاً للعيش المشترك عقد رئيس اساقفة بعلبك ودير الاحمر للموارنة المطران سمعان عطاالله مؤتمراً صحافياً أعلن خلاله اطلاق مشروع اعادة بناء دير مار مارون – العاصي
في مقدمة مؤتمره تساءل سيادته :هل تريدون إبقاء دير مار مارون على العاصي أنقاضا فيكون علامة للموت، مشجّعين عملية دفن الحضور المسيحي في الشرق، ومعطين هكذا  حقا للقائلين بصراع الحضارات، أم إنكم  تهبّون لإعادة الحياة إلى هذا الدير التاريخي العريق؟ إذا كان خياركم للحياة، كما أعتقد، أيها اللبنانيون عامة والمسيحيون خاصة، مظهرين هكذا صدق نواياكم ومعبّرين عن إيمانكم برسالة لبنان التاريخية، يصبح هذا الدير المقدّس علامة للقيامة والحياة، فتنادون عندئذ بضرورة لقاء الديانات والحضارات، بالمحبة والحوار، بنيانا للأخوّة والسلام ؟
جغرافية هذا الدير وتاريخه:
1-مغاور وصوامع تحتضن تاريخ "الموارنة المتعبّدين المتنسّكين" (= الرهبان) وتدعو إلى قراءة هادئة على أنغام خرير مياه النهر الهادر، لأخذ العبر من أجل بنيان مستقبل واعد عبر  الحج والسياحة الدينيّين إلى دير مار مارون، الذي لم يعص رهبانه كجارهم النهر، المنسابة مياهه عكس الطبيعة، بل فضّلوا الامّحاء، منكرين ذواتهم طاعة للإنجيل، فماتوا على رجاء القيامة، تاركين العاصين على كلّ خير، يعيثون، حقدا، في تدمير الحجر بعد قتل البشر. إن هذا التدمير جاء غلطة من غلطات التاريخ، يدعونا ربنا إلى تخطّيها والغفران لمرتكبيها والنسيان. فمقاومة الحاقدين بسلاح الغفران وروح المصالحة تثمر قيامة وحياة. أما مقاومة الشر بالشر وبشريعة العين بالعين والسن بالسن، فلا تنتج إلا  دمارا وموتا وخرابا وحروبا، لا تنتهي إلا بالقضاء على الأخضر واليابس، كما يقال.
2 -  فبين آثار قديمة لحضارة، كتبت تاريخها بتقشفات عبّاد، انكبوا على التأمل عميقا في كلمة الله، كلمة الخلاص والحياة، وعلى صلاتها متضرّعين خاشعين، مثمّنين دم تلاميذ مار مارون، الذين استشهدوا وهم في طريقهم، برفقة رهبان آخرين، إلى دير مار سمعان العمودي على جبل بركات، شماليّ غربيّ حلب (في القرن الخامس)، لعقد مؤتمر حول كيفية نشر فكرمجمع خلقيدونية اللاهوتي (سنة 451 م)،
ووسط هضاب قاحلة، تخفي بين أحشائها قصصا وحكايات عن تعبّد رهبان مار مارون وتشفعهم، رافعين أيدي التضرّع إلى الله من أجل السلام بين الشعوب وخلاص البشر أجمعين، تضرّعات رافقتها آلام ومعانات وعذابات، صقلت نفوس الرهبان المتوحّدين وزادتهم قداسة،
هناك، نعم، يتكئ دير مار مارون، مرتاحا، ساندا ظهره على صخور دهرية، ومرسلا نظره صوب البعيد، مرافقا مياه العاصي، المنسابة عبر سهول سورية إلى ميناء اسكندرون، التزاما بالرسالة، ومطلقا عاطفة حنين إلى مدينة الله أنطاكية، ومعلنا فعل إيمان بدورها كعاصمة روحية كنسيّة لرهبانه وللمؤمنين.
  مغارة الراهب، أو دير مار مارون، يقع على ارتفاع حوالي سبعين مترا فوق الضفة الشرقية للنهر المذكور بمحاذات نبعي الزرقاء والدفاشة، ليشرف على منحدر  كبير، ينتهي في أسفل  الوادي، وقد حفر الرهبان في داخله نفقا يقودهم حتى النهر ليستقوا الماء التي يحتاجونها دون أن يراهم أحد، بخاصة أخصامهم، الذين كانوا يطاردونهم بسبب إيمانهم الخلقيدوني. آثارهم تدلّ عليهم وتحكي عن مقاومتهم، وطبيعتها فكرية لاهوتية، لا تلجأ إلى الحديد والنار، بل تبنى على المحبة والمصالحة، وتقصّ حكايات القهر والتهجير والنزوح والاضطهاد، الذي أصبح من مكوّنات تاريخهم المجيد في هذا الشرق، حيث هم أصيلون متجذّرون. لقد اعتاد الباحثون والمؤرّخون أن يذكروا الدير في كتبهم كمهد من أمهاد المارونية، هذه المدرسة اللاهوتية والنسكية والفكرية، المنبثقة من الفكر الأنطاكي السريانيّ ومن المعتقد الخلقيدوني.
3 -  دير مار مارون هذا قدّم، إلى جانب الخدمة الروحية والراعوية، التي اكتنزها في مستودع استحقاقات المسيحيين في هذا الشرق، خدمة اجتماعية انسانية، كونه شيّد على دروب دولية، تصل ما بين الشمال الغربيّ، عبر أنطاكية، والجنوب الشرقي، حيث الأراضي المقدسة في فلسطين، التي يقصدها الحجّاج من كلّ حدب وصوب للتبرّك والتعبّد، كما تصل بين الجهة الشرقية لحوض البحر الأبيض المتوسط  وداخل البلاد، حيث بعلبك وبالميرا، عن طريق بيبلوس وأفقا واليمونه. هكذا حلّ القديس إيرونيموس على دير مار مارون على العاصي، وعلى غيره من الأديار والجماعات المسيحية في منطقة بعلبك، للاستراحة، وبخاصة، كما يقول هو نفسه، لكي يرى كيف أن الجماعات الرهبانية والمسيحية تقرأ كلمة الله. وهكذا أيضا حلّ ضيفا  على هذا الدير موكب السبايا في طريقه من كربلاء إلى الشام، للاستراحة والتزوّد بما يلزم لمتابعة السفر، كما نقرأ في سيرة الحسين.
لماذا إعادة الحياة إلى هذا الدير؟
4 -  من هنا ضرورة ترميم هذا الدير المبارك وإعادة الحياة إليه ليستعيد دوره ويقوم برسالته المنتظرة، رغم المغامرة، التي يقوم بها المؤمنون بقضية سامية مباركة، كقضية دير مار مارون على العاصي وبرسالته المقدّسة، روحيا واجتماعيا:
+ روحيا: ألم يكن المؤمنون من جميع البلدان القريبة والبعيدة يقصدون النساك والمتوحّدين، الخبراء بالله، ليلتمسوا منهم كلمة خلاص وحياة؟ إن إعادة الحياة إليه هي حافز لحركة تجدّدية وتجديدية في كنيستنا وفي سائر الكنائس، على كلّ الصعد؛ فالعودة إلى الجذور تشكّل عنصرا فعالا في النهضة الروحية المنتظرة وفي تدعيم الحضور المسيحي في هذا الشرق، كما وفي بناء مناعة قوية في رسالة العيش معا الحضارية.
+ واجتماعيا: بالفعل، حيث كان يشيّد دير، كان الناس يتسابقون ليبنوا حوله منازلهم والبيوت. إن إعادة ترميم هذا الدير المبارك سوف يشجّع المواطنين، بخاصة الذين شرّدوا وهجّروا ونزحوا أو هاجروا، إلى العودة إلى تلك المنطقة، إلى إلى العودة إلى جذورهم، ليقوموا بدورهم ويؤمّنوا رسالة العيش معا، رسالة لبنان التاريخية. للأسف، يبقى تحرّك جميع المتحدّثين اليوم عن الحضور المسيحيّ في الشرق، بخاصة حكّام الدول ومسؤولو مؤسسات ومنظمات دولية، وقفا على الاستطلاع والاستكشاف، وعلى تثبيت المهجّرين في هجرتهم والمهاجرين في غربتهم والنازحين، بحثا عن أمنهم وسلامة أطفالهم، في أماكن نزوحهم، عوض أن يضغطوا على المعنيّين، على كلّ الصعد، لاعادتهم، بشتى الوسائل والامكانيات، إلى بلدانهم وقراهم وبلداتهم والمدن لمتابعة دورهم في بنيان أوطانهم، ومواصلة المشاركة في ازدهارها وإنمائها وتأمين رسالتهم، رغم الظروف الصعبة. هذا هو دور الدولة، لا بل والدول والمجتمعات الراقية.
وختم متسائلا عن ترجمة المسؤوليات عمليا:
5 -  ما هي مسؤوليات الدولة والكنيسة والشعب في لبنان، في تحقيق هذا المشروع، وما هو دور الدول الأجنبية والشعوب المحبّة للسلام والغيورة على حقوق الانسان في الحقول عينها ؟
فيما أشكر إصغاءكم، أترك لحضرة الإعلامية الناجحة والمعروفة، مشكورة، السيّدة والاستاذة يولاند الخوري ياغي،  مهمّة تسليط الضوء على الأسئلة التي طرحت في مداخلتي هذه.
ختاما، يطيب لي أن أقدم لكم أجمل الأماني بالأعياد المجيدة: وُلد المسيح، هللويا !"

vendredi 16 décembre 2011

Kadicha,un roman d'Alexzandre Hajjar

L'heure du minuit chrétien a-t-elle sonné en Orient ? Persécutés en Irak et en Égypte, Coptes, catholiques ou Chaldéens semblent menacés par le crépuscule au Proche-Orient. C'est dans ce climat tendu que paraît le vibrant Kadicha, un roman bienvenu pour comprendre les racines et les combats millénaires de la chrétienté en Orient, et plus précisément des maronites du Levant.
"Vallée sainte" nichée dans le nord du Liban et canonisée par l'Unesco, la Kadicha est un de ces lieux où souffle l'esprit. Sur 35 kilomètres de longueur, un poudroiement de monastères, d'églises, d'ermitages, de sanctuaires criblant les versants rocheux et s'éparpillant entre les cèdres. Une "vaste nef naturelle dont le ciel est le dôme, les crêtes du Liban, les piliers, et les innombrables cellules des ermites creusées dans les flancs du rocher, les chapelles", dépeinte par Lamartine dans son Voyage en Orient.
Fictions historiques
Une vallée inspirée qui ne pouvait que stimuler la plume de l'infatigable Alexandre Najjar, avocat, responsable de L'Orient littéraire et auteur prolifique de fictions historiques et de biographies. Il nous invite ici à prendre un grand bain de spiritualité et d'histoire dans cette cuvette sacrée. Un périple initiatique à travers le riche passé de la Kadicha, vécu via les yeux fatigués d'un banquier de Beyrouth "burn-outé" et d'une journaliste française écoeurée après un reportage dans la Syrie voisine. Il y sera question de la première imprimerie importée illégalement à dos de mulet dans un Levant alors contrôlé par les Ottomans, d'un gentilhomme d'Aix devenu ermite sur le mont Liban, d'une sainte se travestissant en homme dans un monastère, d'un patriarche résistant aux mamelouks du fond d'une grotte... Et, bien sûr, du poète Gibran Khalil Gibran, auteur du Prophète, le plus célèbre enfant de la Kadicha exilé en Amérique, mais qui y reviendra pour être enseveli dans le monastère Mar Sarkis.
Avec pour guide ce formidable conteur qu'est Najjar, l'Orient s'avère, livre après livre, un peu moins compliqué, sans être heureusement réduit à des idées trop simplifiées.
Click here to find out more!
Par Thomas Mahler
"Kadicha", d'Alexandre Najjar (Plon, 230 p., 19 euros).
http://www.lepoint.fr/livres/la-vallee-inspiree-15-12-2011-1408691_37.php

mercredi 9 novembre 2011

Les croisés, sous le bloc 94, secteur Marfa’ Beyrouth -Liban

Les croisés, sous le bloc 94, secteur Marfa’
OLJ
Par May MAKAREM | 09/11/2011
Les murs pouvaient atteindre six mètres d’épaisseur.

L'archéologue Lucia Cheikho dans les dédales de la citadelle.
Les murs en blocs de pierre alternent avec des
fûts de colonnes en boutisse, datant de la période romaine.


Les fouilles archéologiques dans le bloc 94, secteur Marfa’, ont révélé les vestiges de la citadelle croisée de Beyrouth et les traces d’une occupation remontant à l’époque romaine.
Bloc 94, rue Argentine (parallèle à la rue Foch), secteur Marfa’. Sous la houlette de la Direction générale des antiquités (DGA), l’équipe archéologique de l’Université libanaise dirigée par Lucia Cheikho a opéré une fouille s’étendant sur une surface de plus de 36 x 100 mètres qui a dévoilé les ruines de la forteresse croisée de Beyrouth. Érigée en pierres de grès de sable ou pierres calcaires, elle était délimitée à l’Ouest par une rivière ; à l’Est par le tell, alors qu’un mur de glacis, en pente et à découvert, constituait sa limite nord (mer). Elle abritait deux tours dont l’une dresse avec une majesté sobre un mur de 15 mètres de haut. S’appuyant sur des sources historiques, des dessins de voyageurs et des plans datant du XVIIIe siècle, Assaad Seif, responsable à la DGA, signale qu’une troisième tour était construite au bout d’une languette rocheuse qui se jetait dans la mer. La citadelle était entourée d’une double muraille. Son enceinte intérieure est constituée de murs à casemate et les murs extérieurs ont six mètres d’épaisseur. Aucune trace d’armes n’a été trouvée au sein de la fortification, mais des tessons de poterie et des restes d’aliments (ossements de volailles et de capridés) ont été mis au jour.

L’architecture militaire en ce lieu n’est pas due au hasard. Autrefois, « le front de mer était ici », révèle Seif, indiquant les encoches (toujours visibles) créées dans la roche par l’effet des vagues. La citadelle, qui s’était posée sur un promontoire rocheux, dominait la mer et offrait un poste d’observation stratégique. Et il y a tout lieu de penser qu’elle s’étendait à l’Est jusqu’au tell où une tour d’angle croisée a été découverte lors des fouilles menées, dans les années quatre-vingt-dix, par l’archéologue Leila Badr et son équipe de l’Université américaine de Beyrouth, signale encore le responsable à la DGA.
Côté ouest, au pied de la citadelle, coulait « une rivière ou talweg, qui se jetait dans la mer », ajoute Assaad Seif. On distingue très nettement les pierres charriées, il y a des siècles, par ce cours d’eau ainsi que la nappe d’eau qui s’est formée indiquant que la source n’a pas totalement tari. Quelques indices, dont les traces d’une herse (grille de fer coulissant de haut en bas), suggèrent qu’un pont-levis enjambait la rivière.
Les archéologues ont, d’autre part, identifié une salle fortifiée dont les murs en blocs de pierre alternent avec des fûts de colonnes en boutisse, datant de l’époque romaine tardive. Cette salle a révélé des traces d’incendie, indices de combats ou de destruction.

Afin d’installer un nouveau système portuaire, tout ce front marin a été asséché et remblayé par les Ottomans. Des structures de cette époque, dont les soubassements d’une caserne ou Echlé, y sont encore visibles. « Comprendre la dynamique de l’évolution de ce paysage est aussi notre objectif », relève le responsable à la DGA, ajoutant que « les sédimentations permettent d’en reconstituer les éléments principaux ».
Des négociations avec la société immobilière Solidere et des architectes-restaurateurs sont en cours pour intégrer ce lieu dans l’espace urbain et l’ouvrir au public, qui découvrira, par la même occasion, la marque de Solidere : un gros, très gros bétonnage, souvenir des travaux d’infrastructure occupe le site historique !




Réactions des internautes à cet article

- Comme dans toutes les fouilles de Beyrouth ouvrir l’espace urbain au public restera dans le monde des souhaits vu qu’ après quelques jours tout disparaitra et les nouvelles fondations effaceront la mémoire des vestiges de cette capitale devenue malheureusement une société privée ou tout lui appartient . Nazira.A.Sabbagha
Sabbagha A.Nazira

- Ces vestiges échapperont ils à la voracité des promoteurs?Telle est la question!Je crains de connaître la réponse...et vous?Pour des motifs financiers,bien sûr,mais idéologiques aussi...
GEDEON Christian

mardi 13 septembre 2011

http://www.jarayid.com/Lebanon/?gclid=CPvFj825iqgCFQEhfAodUxRpCw

mercredi 13 juillet 2011

Marcel Khalife artiste de la Paix

Adulé pour ses chansons poétiques populaires, il a été le porte-parole des heures troubles pendant les années de guerre au pays du Cèdre et dans les territoires palestiniens occupés. Nommé par l’Unesco «artiste de paix », il a longtemps entonné la cultissime «Ila Haifa,» ou «A Haifa», en hommage aux souffrances du peuple palestinien. Profondément humain, il a longtemps transmis des messages de paix, d’humanité et de justice, tout en chantant la femme et l’amour. Porte-voix des martyrs, des détenus dans les prisons arabes et des exilés, chacune de ses chansons est inscrite dans la mémoire collective. Ses œuvres inclusent les populaires «Rakwet Arab,» or «Arabic Coffeepot», un morceau célèbre de 1996 et les instrumentales «Marassi,» ou «Correspondances», «Touroukat wa dajij» or «Routes et bruit», «Fi Bali Oughina» ou «Une chanson dans ma tête», ou encore «Jawaz Safar» ou Passeport et la bouleversante «Oumi» ou «Ma mère».«L’ennemi ne peut pas nous forcer à chanter ce qu’il veut, dit-il, nous ne devons jamais arrêter de chanter pour la paix et l’entente». Rebelle charismatique et poète du peuple, il incarne l’audace subtile des guerriers sans armure. Ceux aux premiers rangs. A ne pas manquer mercredi soir.
http://www.lesoir-echos.com/2011/07/12/marcel-khalife-un-guerrier-sans-armure/

samedi 18 juin 2011

Narthex est une revue "bi-média" dédiée aux arts sacré

Narthex est une revue "bi-média" dédiée aux arts sacrés, au patrimoine, principalement religieux et à la création contemporaine.
Ce site internet vous informe sur la vie de l’art sacré sous tous ses aspects : architecture, sculpture, peinture, musique, littérature, cinéma…Les différentes rubriques Actualités, Agenda, Patrimoines, Créations, Vidéos et les Blogs sont régulièrement mises à jour pour vous permettre de connaitre toutes les nouveautés.
Les blogs d’experts hébergés par Narthex sont animés par des spécialistes. Ils se présentent selon un rythme suffisamment long pour apporter un contenu substantiel, et suffisamment court pour renouveler l’intérêt et aborder toutes les disciplines artistiques.
Narthex produit des numéros papier "hors-série" sur des thématiques spécifiques liées au patrimoine ou à la création artistique.
Le site internet de Narthex vous permet de laisser des commentaires sur tous les articles du site, c'est un espace de dialogue et d’échanges, de réactions et de débats.
http://www.narthex.fr/

Deir el-Qamar, un joyau architectural jalousement préservé

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18/06/2011 OLJ

La cour intérieure de la Kaïssariyeh (Césarée). Photo empruntées à l’ouvrage de Antoine L. Boustany, « Deir el-Qamar, une saga d’histoire et d’hommes »
La cour intérieure de la Kaïssariyeh (Césarée). Photo empruntées à l’ouvrage de Antoine L. Boustany, « Deir el-Qamar, une saga d’histoire et d’hommes »
Patrimoine Autrefois capitale du Mont-Liban, Deir el-Qamar est sans conteste l’une des rares localités libanaises ayant réussi à préserver son cachet particulier. Marquée de l’empreinte des émirs du Liban, les Ma’an et les Chéhab, la ville recèle de riches monuments illustrant des pages de l’histoire du Liban et un bien architectural d’une inestimable valeur. Le mercredi 22 juin, l’association Amar organise une exploration de cet héritage appartenant à la mémoire collective.

« Maintenir et valoriser le patrimoine de Deir el-Qamar », tel est l’objectif de l’association Amar créée en 2009 par Dina et Roula Bazergi, Dorothy Chamoun, Ama Tabet Délifer (présidente de l’association), Tania Honein, Micheline Madi, Marie-Anne Mallat (qui rénove de vieilles demeures et les aménage en maisons d’hôte), Nayla Rasamny, Dany Traboulsi et Neda Ziadé.
L’association œuvre aussi à mener une politique d’aide au développement humain et durable, et d’apporter son soutien, sous quelque forme que ce soit, à toute opération à vocation sociale, éducative ou écologique. Sa première action a ciblé le reboisement (par voie d’air) de la colline ravagée, en 2007, par un incendie de grande ampleur, qui avait englouti sous une épaisse fumée la ville de Deir el-Qamar, mis en feu certaines villas et carbonisé des voitures et des lignes électriques de haute tension. La même année, l’association devait organiser un dîner au Pavillon Royal du BIEL au profit des bourses scolaires pour les enfants des familles défavorisées. Puis, soutenue par le curé de la paroisse, le R.P. Marcel, elle a levé des fonds pour assurer les salaires de l’équipe de jour de la Croix-Rouge libanaise. À Noël, des paquets de « mouné » sont emballés pour les nécessiteux du village. En mai dernier, les recettes de « Mechwar wa hikayeh » – une balade sur les traces des princes Maan et Chéhab – ont permis de reboiser un pan de la ville et de planter des bacs sur la place Dany Chamoun. Pour renflouer ses caisses, Amar revient à la charge cette année avec une journée sur les pas des bâtisseurs qui ont fait de Deir « un musée à ciel ouvert ».

Pour cette édition 2011, prévue mercredi prochain (le 22 juin) en compagnie de guides professionnels, la Cité des émirs ouvre les portes de ses palais, ses églises, sa mosquée, ses musées et anciennes demeures. Sur la place Dany Chamoun, appelée autrefois al-Midane, la ville, vieille de plusieurs siècles, surgit fascinante, revêtant un attrait quasi magique... Au-dessus de la mosquée, construite en 1493 puis restaurée au XVIe siècle par l’émir Fakhreddine Maan 1er pour ses mercenaires musulmans, on aperçoit le souk des cordonniers qui comprenait autrefois 38 boutiques et ateliers, et se réduit aujourd’hui à quelques petits commerces. Plus haut, dans le palais de l’émir Younès Maan, frère de Fakhreddine II et commandant en chef de son armée lors de l’exil de l’émir en Italie en 1613, Michel Khattar a récemment installé une magnifique collection de 250 marionnettes dont plusieurs, en porcelaine, datent des années trente. Le 3e étage de cet édifice a été démoli par l’émir Youssef Chéhab (1770-1789), qui utilisa les pierres pour la construction de son sérail, un véritable joyau qui abrite la municipalité de la ville. Un peu plus loin, se dresse la Kaïssarieh (fin XVIe siècle), ou caravansérail destiné au commerce de la soie, et qui, de nos jours, accueille les manifestations culturelles organisées par la ville. Plus haut encore, se pose le kharj, une construction massive qui a servi aussi bien d’entrepôt pour les munitions (au XVIIe siècle) que pour stocker la farine distribuée aux soldats sous le règne de Béchir III Chéhab (1840-1842). Le bâtiment est actuellement occupé par la Mission culturelle française.
Quant aux bains, reconnaissables à leurs coupoles émaillées de tessons de verre, ils appartiennent au palais de l’émir Ahmed Chéhab. Ils ont été vendus après sa mort à Gergis Baz, alors ministre de Béchir II Chéhab. Construit en 1755, le palais fait face au sérail de l’émir Fakhreddine II Maan – devenu le musée de cire Marie Baz.
Avec ses façades percées de rosaces et de doubles fenêtres à ogives, ses « mandalouns », ses portes cloutées, ses arcatures sculptées, la polychromie de ses pierres et ses kiosques dominant les rues, la vieille ville compose un tableau digne des orientalistes. Un cadre d’une grande beauté, qui a habilité Deir el-Qamar à déposer un dossier pour son inscription sur la liste du Patrimoine mondial.
Cela dit, la visite ne sera pas complète sans un détour au palais de Nicolas el-Turk (poète de l’émir Béchir II), aujourd’hui maison de la famille de Fouad Ephrem el-Boustany ; au mausolée al-Kobeh, petit édifice de plan carré où reposent les dépouilles des émirs Ahmed Maan (1662-1697), Haïdar Chéhab (1706-1763) et son fils Mansour (1770) ; à l’église Notre-Dame de la Colline (Saydet el-Tallé), patronne de la ville ; ou encore dans les vieilles ruelles qui serpentent dans le creux des quartiers, comme au sein de l’histoire... C’est tellement tentant !
Pour tout renseignement concernant «Mechwar wa hkeyeh», prévue le mercredi 22 juin, appelez Amal Tabet Délifer au 03/622637, ou Roula Bazergi au 03/652888. Le départ du BIEL en pullmans est prévu à 10 heures.

M.M.
http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/708741/Deir_el-Qamar,_un_joyau__architectural_jalousement_preserve.html

lundi 2 mai 2011

قرية أبو قمحة هجرها معظم سكانها وصمدت كنيستها




عبرها مار جرجس وحوافر حصانه محفورة في صخرتها

كنيسة مار جرجس في أبو قمحة. الصخرة.
قرية أبو قمحة في منطقة حاصبيا، صغيرة المساحة ومنازلها لا تتعدى الثلاثين منزلاً، إلا ان جذورها ضاربة في عمق التاريخ.
ترك سكان ابو قمحة قريتهم الى مناطق لبنانية أخرى، ولم يبقَ مقيماً مفيها إلاّ القليل، إذ بالكاد أن تلتقي بأحدهم اذا قصدتها.

رغم وجودها الوادع في قلب ذاك الوادي المحاصر بأشجار الزيتون والسنديان، فمن نِعم الله عليها أن لها شفيعاً همو مار جرجس الذي حلّ فيها ذات يوم لأكثر من ألف عام، تاركاً أثراً لم تمحه السنون.

بنيت كنيسة مار جرجس في وسط قرية ابو قمحة منذ مطلع القرن الماضي، وأصبح شفيعها، يستجير سكانها به عند الشدة. أما التفاصيل، كما رواها لـ"النهار" مطران صيدا وصور وتوابعهما للروم الارثوذكس الياس كفوري، فهي، "ان الحملة الرومانية على بلادنا في تلك الحقبة من الزمن، كان يتقدمها شاب وسيم متحدر من عائلة كريمة تتمتع بالكرم والمناقبية العالية.

وصلت هذه القوة العسكرية الى وادي أبو قمحة، فاعترضت الخيل في الطريق الشديدة الانحدار صخرة ضخمة، فترجل هذا الشاب، الذي كان على رأس الحملة، عن حصانه وجرّه خلفه وعبر الصخرة، وإذ بحذاء الشاب ينطبع في الصخرة بعمق سنتيميترات عدة، وكذلك حوافر حصانه، ومرّا بسلام فوقها من دون بقية الفرقة.

هذا المشهد استوقف اهل تلك القرية آنذاك قبل أن يعلموا أن من حقّق هذه المعجزة هو مار جرجس نفسه". وكرت سبحة الزمان، وتم بناء كنيسة مع مطلع القرن الماضي سمّيت باسمه واصبح شفيع القرية.

كما روى مختار القرية الحالي راشد ابو راشد لـ"النهار" ان من احدى عجائب مار جرجس، "ان خليل زنقول رزق ولداً أعمى، فنذر كرم زيتون لوقف مار جرجس قبل العام 1925 اذا شفى له وحيده، وأعاد البصر اليه. وبعد اسبوع من هذا النذر، وأثناء رحلة للوالد ولابنه اسعد بين الكروم، وكانا يمتطيان دابة، صاح اسعد بوالده: من هو ذاك الخيال الذي يمر في الوادي بين الاشجار؟ فقال الوالد ما الذي تقوله؟ فقال له اسعد: انظر الى الوادي، فنظر الوالد الى هناك ليرى الخيال فعلاً، وبسرعةٍ نظر الى ولده فوجده مبصراً بعدما عاد النور الى عينيه، فعاد الى اهل قريته ليخبرهم بما حصل والايمان يغمر قلبه". هذه احدى معجزات كثيرة حصلت في قرية أبو قمحة ببركة مار جرجس.

فهل من اهتمام بهذه القرية وبتراث شفيعها مار جرجس الذي تركه مبصوماً ومثبتاً على تلك الصخرة المباركة؟
سعيد معلاوي

Annahar 30-4-2011



jeudi 17 mars 2011

Le Nouveau patriarche Maronite (2)

Si certains présentent Bechara Raï comme une figure modérée, d'autres soulignent qu'il peut être radical et combatif, que l'homme ne mâche pas ses mots et n'a pas toujours été un modèle de diplomatie. Le nouveau patriarche est également très attaché à la souveraineté libanaise et rejette les ingérences étrangères. Selon un connaisseur des affaires religieuses libanaises, monseigneur Raï, dont le patronyme signifie berger en arabe, est un homme très érudit, ne transigeant pas sur les principes, engagé dans le dialogue islamo-chrétien, mais aussi dans la défense des chrétiens d'Orient. Au début de l'année, après l'attentat contre une église copte à Alexandrie en Égypte, Mgr Rai avait appelé à la tenue d'un sommet islamique destiné à "clarifier la position réelle du monde musulman à l'égard des courants fondamentalistes qui s'attaquent aux chrétiens sous le couvert de l'islam". Soulignant que les chrétiens d'Orient sont en danger, il avait appelé "les régimes arabes à assumer leurs responsabilités" à cet égard.http://www.lepoint.fr/monde/un-nouveau-patriarche-maronite-au-liban-16-03-2011-1307016_24.php

Le Nouveau patriarche Maronite

Au Liban, le visage de Mgr Raï est loin d’être inconnu : ces dernières années, il est régulièrement monté au créneau pour défendre le patriarche Sfeir et l’Église maronite en général, souvent accusés de partialité dans les affaires politiques libanaises.

Opposées aux options politiques du cardinal Sfeir, des figures comme le général Michel Aoun ou le chef du mouvement Marada, Sleimane Frangié (petit-fils du président libanais), s’étaient fait une spécialité en attaquant le patriarche.

En 2009 par exemple, juste avant les élections législatives, Mgr Raï n’y était pas allé par quatre chemins : « L’Église ne suit aucune tendance politique. Et notre loi est catégorique : quiconque insulte ou diffame le patriarche sera puni d’excommunication ! »http://www.la-croix.com/Mgr-Bechara-Rai-nouveau-patriarche-maronite/photo2/2458465/4085