samedi 10 novembre 2012

Bkerké scelle son rapprochement avec le Hezbollah | À La Une | L'Orient-Le Jour

Par Jeanine JALKH | 10/11/2012

Le patriarche et M.Chéhab entourés des membres de la délégation du Hezbollah. Photo Émile Eid
Le patriarche et M.Chéhab entourés des membres de la délégation du Hezbollah. Photo Émile Eid 

La rencontre entre le Hezbollah et le cardinal Raï à Bkerké est, à n'en point douter, porteuse d'une multitude de symboles, le plus évident étant le climat de rapprochement patent entre les instances du parti chiite et la plus haute instance religieuse maronite qui, depuis quelque temps, s'est clairement positionnée au centre, à égale distance des parties en présence. Un rapprochement que le patriarche a d'ailleurs voulu sceller par une invitation adressée au parti chiite pour venir assister à la cérémonie officielle de sa désignation au rang de cardinal, qui se tiendra à Rome le 24 novembre. 


Certes, l'occasion était on ne peut plus officielle : la délégation du Hezbollah devait notamment présenter ses félicitations à Mgr Béchara Raï pour sa nouvelle consécration par le Vatican. Cette raison apparente ne pouvait toutefois cacher les objectifs réels de cette rencontre qui s'inscrit dans la politique actuellement suivie par Bkerké dans sa tentative de contribuer à la recherche d'un règlement de la crise libanaise.


Parallèlement à la campagne de concertations menée par le chef de l'État en vue de décanter le paysage politique qui s'assombrit au fur et à mesure que s'approfondit le fossé entre les protagonistes, Bkerké a opté pour un appui ponctuel à la ligne présidentielle, en tentant de son côté d'élargir l'espace du dialogue. 
C'est sous cet angle qu'il faut d'ailleurs comprendre les rencontres que le patriarche a déjà eues avec d'une part une délégation du 14 Mars présidée par Fouad Siniora, il y a quelques jours, puis, jeudi dernier, avec le général Michel Aoun. On parle d'ailleurs d'une assemblée chrétienne générale que parrainerait Mgr Raï et qui regrouperait les principales figures politiques de la communauté. Histoire de les inciter dans la même direction, c'est-à-dire dans le sens d'un plus grand soutien au chef de l'État et à son appel au dialogue, seul moyen possible, de l'avis de Bkerké, de préserver la communication entre les partis et de prémunir le Liban contre les multiples dangers qui pointent à l'horizon.


Il s'agit en quelque sorte de définir une feuille de route qui paverait la voie au rapprochement interlibanais tout en facilitant la tâche à un président dont la position modérée et ultracentriste lui a récemment valu le soutien et l'encouragement de la communauté occidentale, exprimés via leurs diplomates, puis par le chef de l'État français, François Hollande, qui a choisi de le rencontrer exclusivement lors de son passage express à Beyrouth. 
C'est dans cette optique qu'il faut également situer la rencontre qui s'est tenue hier entre Mgr Raï et la délégation du Hezbollah. La délégation, qui a regroupé plusieurs membres du parti, dont le porte-parole, Ibrahim Moussaoui, était présidée par Ibrahim Amine Sayyed, président du conseil politique du parti. Aux côtés du patriarche, les deux membres de la commission bipartite de dialogue entre Bkerké et le Hezbollah, l'émir Hareth Chéhab et l'évêque Samir Mazloum.


« La rencontre a été l'occasion de discuter des questions qui intéressent les Libanais, et d'examiner plus précisément la situation locale et les incidents qui se répercutent sur le pays », a déclaré Ibrahim Amine Sayyed à l'issue de la rencontre, affirmant avoir d'ailleurs convenu avec le patriarche de « l'importance de recourir au dialogue pour la résolution des conflits ».


Faisant allusion à la pertinence de la position du chef de l'État, il a insisté sur le fait que « les Libanais sont condamnés au dialogue ». Des propos qui ne faisaient que répercuter l'ambiance du palais présidentiel, à l'exception peut-être de la question de la déclaration de Baabda sur la neutralité du Liban, une ligne directrice dont le chef de l'État refuse de se départir. Et c'est probablement là où le bât blesse pour le Hezbollah, cheikh Ibrahim Amine Sayyed s'étant dépêché de déclarer, en réponse à une question, qu'il « n'y a rien qui s'appelle neutralité au Liban. La proposition (du 14 Mars) de former un gouvernement neutre est irréaliste », a-t-il dit, évitant de s'étaler sur la neutralité du Liban dans son ensemble.


Selon une source proche des participants, le patriarche a voulu mettre à profit cette rencontre afin de tenter de « trouver le moyen d'ouvrir une brèche dans le mur contre lequel tout le monde bute ». 
La source précise que le Hezbollah est convaincu pour sa part que le problème du 14 Mars n'est pas à rechercher dans le gouvernement mais ailleurs, sur des questions d'ordre plus stratégique. Une polémique que le patriarche, qui ne peut en aucune manière prendre parti, a subtilement évitée, en favorisant plutôt la réflexion dans le sens d'une recherche approfondie d'une solution à la crise. La même source ajoute que le prélat maronite a saisi l'opportunité pour réitérer l'importance du rôle du chef de l'État, garant du fonctionnement des institutions, de la Constitution et de l'unité du pays.


L'une des multiples raisons qui enveniment actuellement la relation entre le 8 et le 14 Mars est, à n'en point douter, le conflit autour de la loi électorale, ajoute-t-on de même source. Le représentant de la délégation chiite en fera assumer directement la responsabilité aux forces du 14 Mars : « Celui qui veut bloquer l'examen de la loi électorale doit en assumer la responsabilité devant les citoyens. En réalité, il souhaite que les élections se déroulent sur la base de la loi de 1960 », a-t-il dit.


La source précitée rappelle à ce propos la position de Bkerké, opposée à la loi de 1960 mais qui reste en faveur d'une nouvelle loi « véritablement représentative de toutes les composantes de la société et qui préserve la mission de convivialité du Liban ». Une position sur laquelle aurait convenu le Hezbollah – qu'aucune loi, quelle qu'elle soit, ne peut d'ailleurs ébranler en termes électoraux. Le parti a saisi à son tour l'occasion de sa visite pour réitérer devant le patriarche son souhait de respecter les desiderata de la communauté chrétienne en matière de loi electoral.


http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/786950/Bkerke_scelle_son_rapprochement_avec_le_Hezbollah.html

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vendredi 9 novembre 2012

المطران مارون العمار جال في حديقة البطاركة – قنوبين

العمار جال في حديقة البطاركة – قنوبين: تشكل مقومات نهضة في قطاع السياحة الثقافية والدينية

"غدي نيوز"- ٩/١١/٢٠١٢

  جال النائب البطريركي العام على منطقة الجبة المشرف على رابطة قنوبين للرسالة والتراث المطران مارون العمار في حديقة البطاركة وفي محيطها المتصل بوادي قنوبين وبمجموعة من معالم حدث الجبة وبريسات، واطلع على برامج تطويرها المعدة من قبل رابطة قنوبين ضمن مشروع المسح الثقافي الشامل لتراث الوادي المقدس، الذي تنفذه بعد اطلاقه رسميا من قبل رئيس الجمهورية العماد ميشال سليمان والبطريرك مار بشارة بطرس الراعي في 18 آب (اغسطس) الماضي.
شملت الجولة مجمل موقع حديقة البطاركة من محيط مزار مار اسطفان الاثري مرورا بواحة عصام فارس للتنمية والتراث وحديقة ليليان عرب للاطفال، وواحة جورج افرام للتأمل والصلاة، وصولا الى الحديقة التي استكمل توسيعها شرقا بواحة من اشجار الارز الرائعة المطلة على دير سيدة قنوبين.
وتوقف المطران العمار عند ارزات البطاركة وبلاطات تواريخ ولاياتهم البطريركية وتماثيلهم المنجزة، ولوحات التعريف بسيرهم بالعربية والاجنبية، حيث توزع مطبوعات خاصة بذلك تصدرها الرابطة بدعم الجامعة الاميركية للتكنولوجيا A.U.T. التي اقامت الحديقة سنة 2004 وتتبنى برنامج الاصدارات الثقافية فيها. واطلع على الموقع المقترح لاقامة معرض ومتحف الوادي المقدس، واقامة تمثال مار يوحنا مارون البطريرك الماروني الاول قرب المذبح الذي يحتفل عليه البطريرك الماروني بقداس الحديقة السنوي.
ومن هناك استكمل المطران العمار جولته نزولا فتوقف عند آثار برج القرن، الذي بناه المماليك لتشديد حصارهم لمغارة عاصي حدث الجبة سنة 1283، ومنه الى مطل الوادي حيث يجري تأهيل الموقع لتركيب تلسكوب يتيح للزوار مشاهدة كل الوادي المقدس باقسامه الجغرافية الثلاثة، الشرقي بدءا من القرنة السوداء فأرز الرب فمغارة قاديشا ونطاق مار اليشاع في بشري، والاوسط في وادي قنوبين، والغربي في نطاق قضاءي زغرتا والكورة المترامي الى البحر.
كما جال العمار عبر طريق الأب لويس الحاج على طرقات المشاة التي تؤهل لربط معالم الموقع في ما بينها وبمعالم الوادي لجهة حدث الجبة ووادي قنوبين وبريسات، حيث توجد معالم بارزة ذات خصوصية روحية وتراثية وطبيعية فريدة، بعضها معروف سابقا وبعضها الآخر كشف مؤخرا. وأنجزت آرمات الارشاد السياحي باللغات العربية والاجنبية لتركب على هذه الطرقات.
وفي نهاية الجولة قال العمار: "بعد ان سلمني غبطة البطريرك مار بشاره بطرس الراعي مسؤولية الاشراف على رابطة قنوبين للرسالة والتراث، وهي تنفذ حاليا مشروع المسح الثقافي الشامل لتراث الوادي المقدس، انطلاقا من حديقة البطاركة. كانت هذه الجولة ضرورية للاطلاع على واقع موقع الحديقة المتصل بالوادي، وعلى المبادرات القائمة لتطوير الموقع وابراز ابعاده الثقافية والروحية والتراثية والسياحية. وهي مبادرات مشكورة لوجوه ملتزمة بروحانية قنوبين دعمت بوحي هذا الالتزام مشروع المسح الثقافي الذي ننفذه حاليا".
واضاف: "ما اطلعنا عليه اليوم يشكل مقومات تطوير ونهضة في قطاع السياحة الثقافية والدينية والبيئية المميزة تتيح للسياح اللبنانيين والاجانب الاطلاع على جوانب مهمة مغمورة من تراثنا الروحي والوطني".
وختم: "نقدر جهود رابطة قنوبين للرسالة والتراث، وجهود داعميها ماديا ومعنويا لتحقيق هذا المشروع الرائد غير المسبوق في تاريخ الكنيسة المشرقية، وكلنا ثقة وايمان بأن المشروع سائر على طريق التحقيق الكلي بعدما انجزت دراساته وتحققت مجموعة من برامجه الاساسية مثل المجموعة الأولى من افلام الوادي المقدس ومكتبته ومعرضه، الى جانب بعض الاصدارات الكتابية".

http://www.ghadinews.net/ar/Newsdet.aspx?id=2830&id2=8


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mardi 6 novembre 2012

Le vin libanais à l’honneur en Suisse | À La Une | L'Orient-Le Jour

oLJ| 05/11/2012

Le vin libanais a été choisi par Arvinis, le salon suisse des vins du monde, comme hôte d'honneur pour son édition de 2013.
Le vin libanais a été choisi par Arvinis, le salon suisse des vins du monde, comme hôte d'honneur pour son édition de 2013.
LA BONNE NOUVELLE DU LUNDI Coupures d'électricité, crise économique, malaise social, clivages politiques accrus... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, L'Orient-Le Jour se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

Le vin du Liban ne cesse de faire parler de lui. Déjà bien présent en force lors de la 33e édition de la London international wine fair de 2012, l'une des plus importantes foires vinicoles au monde, le vin libanais a été choisi par Arvinis, le salon suisse des vins du monde, comme hôte d'honneur pour son édition de 2013.

 

Arvinis est un salon international dédié au vin, à sa culture, son élevage, sa distribution, sa dégustation et sa promotion. L'événement est organisé chaque année dans la ville de Morges, une commune suisse du canton de Vaud. En 2012, le salon a accueilli plus de 20.000 amateurs de vin, qui ont pu goûter plus de 2.500 vins de tous les continents.

C'est le 23 octobre dernier, que les organisateurs d'Arvinis ont révélé quelques détails du programme de la prochaine édition qui aura lieu du 17 au 22 avril 2013.

 

"Arvinis se réjouit de faire découvrir à ses visiteurs un invité original dont le vignoble se caractérise à la fois par une histoire millénaire et par un développement dynamique", indique un communiqué publié sur le site du salon helvétique. "Considéré comme l'un des berceaux de la vigne et du vin, le Liban cultivait déjà la vigne il y a près de 5.000 ans. Durant l'Antiquité, les vins de ce qui était alors la Phénicie s'exportaient dans une grande partie du bassin méditerranéen et jusqu'en Chine", poursuit le document.

 

Principalement centré autour de la vallée de la Békaa, le vignoble libanais affiche aujourd'hui une superficie de quelque 27.000 hectares, dont près de 3.000 utilisés pour la production de raisin de cuve. Parmi les cépages les plus courants, on trouve le Cabernet Sauvignon, le Cinsault, la Grenache, la Syrah, le Merlot et le Carignan en rouge, tandis que dans les blancs dominent Sauvignon Blanc et Viognier. Néanmoins, à côté de ces plants internationaux, des spécialités autochtones comme l'Obaïdeh et le Merwah provoquent un intérêt croissant, précise le texte.

 

Pour sa prochaine édition, le salon helvétique a voulu montrer toute la diversité du vin libanais : Arvinis a profité de la réputation internationale des grands châteaux comme Ksara et Kefraya, pour mettre en exergue d'autres domaines, moins célèbres à travers le monde.

 

C'est Antoine Hobeika, un importateur de vin libanais basé en Suisse, qui a convaincu ces domaines de faire le déplacement.

 

Malgré la crise économique et l'insécurité qui frappe le Liban, l'industrie vinicole du pays continue à progresser. En 2011, environ 2 millions de bouteilles ont été exportées, selon l'Union viticole du Liban (UVL). Au total, environ 6 à 8 millions de bouteilles ont été vendues.

Et pour la première fois cette année, un vin libanais certifié "Fairtrade" a été exporté au Japon. Il s'agit du Coteaux Les Cèdres du Liban 2009, un vin rouge produit par la coopérative vinicole d'Héliopolis.

 

Enfin, en avril 2012, était publié le "Guide Zawaq des vins du Liban" (Éditions Le Commerce du Levant et Tamyras), un ouvrage bilingue français/anglais pour tout savoir sur tous les vins libanais.

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/786010/Le_vin_libanais_a_l'honneur_en_Suisse.html


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L’industrie vinicole plie mais ne rompt pas... | Économie Liban | L'Orient-Le Jour

L'industrie vinicole plie mais ne rompt pas. 

Par Dalal MEDAWAR | 03/11/2012


LIBAN - CRISE Alors que la récession menace et que la plupart des secteurs d'activités sont frappés de plein fouet par la crise, l'industrie vinicole libanaise n'a jamais été aussi active malgré les difficultés auxquelles elle fait actuellement face.


L'un des plus grands établissements nocturnes du pays vient de mettre la clef sous la porte et les rumeurs les plus folles circulent sur la fermeture de certains hôtels de prestige ; en parallèle, les restaurants affichent des pertes record, les commerçants sont sur la corde raide et les agriculteurs ne savent plus où écouler leurs récoltes. Pourtant, au milieu de la tourmente que connaissent actuellement le Liban et la région, l'industrie vinicole locale souffre mais tient bon. 
Dans un contexte économique à la limite de la récession, « la consommation locale se maintient », affirme le président de l'Union viticole (UVL), Serge Hochar, tandis que les ventes globales ont, selon lui, légèrement reculé à l'étranger et chuté dramatiquement en Syrie pour certains exportateurs – sans qu'il puisse toutefois pouvoir fournir d'estimations précises. Même son de cloche de la part de l'un des deux frères fondateurs de la cave de Massaya, Sami Ghosn : « Il est certain que la crise régionale a un impact très significatif sur les sociétés vinicoles exportatrices, en Syrie notamment. Quant au marché du Liban, malgré la morosité ambiante, les hauts et les bas sécuritaires, il tire à ce jour pas trop mal son épingle du jeu. » 



De nouveaux producteurs, de nouveaux terroirs
Paradoxalement, au milieu de la tourmente politico-sécuritaire, l'industrie vinicole libanaise n'a jamais été aussi dynamique : le nombre de producteurs est en croissance constante, les Salons de grande envergure connaissent une affluence record et les initiatives au Liban et à l'étranger se multiplient. 
« Nous sommes actuellement une quarantaine de producteurs, et une dizaine de nouveaux acteurs se préparent, en outre, à se lancer à l'assaut du marché d'ici à un an », indique M. Hochar. « Une nouvelle génération, passionnée et informée, est en train de prendre le relais », se félicite-t-il. « Nous aurons de plus en plus de vins issus de plus en plus de terroirs, ce qui est un grand plus pour la diversité », ajoute-t-il.
Les producteurs libanais ne se limitent d'ailleurs plus à leur pays d'origine : le groupe libano-turc Hateks s'est récemment lancé dans l'industrie du vin en Turquie, dans la région d'Antakya (Antioche) et espère commercialiser les premiers crus entre 2014 et 2015. En parallèle, Sandro Johnny Saadé et son frère Karim, codirecteurs généraux du groupe Johnny R. Saade Holdings, ont développé quelques années auparavant le domaine de Bargylus en Syrie – en plus de Château Marsyas au Liban. Ils sont également associés majoritaires, à hauteur de 60 %, de Terres Millésimées, inaugurée l'an dernier à Saint-Émilion, et qui a récemment été élue l'une des meilleures caves de France (voir encadré). 

Du vin libanais au Japon
Sur le plan des exportations, environ 6 à 8 millions de bouteilles ont été vendues en 2011, dont 2 millions destinées à l'exportation. Sauf si la situation le décide autrement cette année, l'industrie locale du vin sera l'une des rares au Liban caractérisée par une balance commerciale excédentaire. Rappelons que près de 7 millions de bouteilles ont été vendues en 2010 pour une valeur totale de près de 50 millions de dollars, selon l'UVL. À titre comparatif, 6 millions de bouteilles avaient été produites en 2005, et 5 millions au début des années 2000, toujours selon les chiffres de l'UVL. 
Les vins libanais sont parfois présents dans les pays les plus inattendus : la coopérative vinicole d'Héliopolis, située à Deir el-Ahmar (Baalbeck), a récemment envoyé une première palette de son vin rouge Coteaux Les Cèdres du Liban 2009, certifié « Fairtrade »... au Japon. Les vins libanais étaient également présents pour la deuxième année consécutive à la 33e édition de la London International Wine Fair (LIWF), l'une des plus importantes foires de vins au monde, qui s'est tenue en mai dernier à Londres.


En dépit de ces succès à l'étranger, l'industrie vinicole demeure de petite envergure, et « ne représente pas un apport très important » à l'économie locale, estime M. Hochar. Certaines appréciations pencheraient vers quelque 0,8 % du produit intérieur brut (PIB). « L'industrie vinicole libanaise n'a pour vocation que la production d'un vin qualitatif. Nous n'avons pas les moyens de concurrencer les gros pays producteurs comme la Turquie, le Chili ou l'Australie sur le plan de la quantité et des faibles coûts de production. Au Liban, nous n'avons ni la taille de parcelles ni la structure de coûts pour nous le permettre. Le positionnement du Liban sur la scène internationale doit être uniquement qualitatif », juge Karim Johnny Saadé.
La petite taille de l'industrie vinicole libanaise : à la fois un handicap et un avantage, car, en ces temps de crise, mieux vaut écouler une petite production qu'une trop importante, comme l'ont appris à leurs dépens les producteurs de pommes...

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%89conomie/article/785732/L%27industrie_vinicole_plie_mais_ne_rompt_pas....html


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mercredi 31 octobre 2012

Le Rath de Genève fasciné par le Liban

Le Rath de Genève fasciné par le Liban

Par May MAKAREM | 01/11/2012-OLJ

En bronze recouvert de feuilles d'or, le veau du bronze moyen (Byblos).
En bronze recouvert de feuilles d'or, le veau du bronze moyen (Byblos).
ÉVÉNEMENT Quinze ans après l'exposition « Liban, l'autre rive » qui avait présenté à l'Institut du monde arabe de Paris les trésors des civilisations qui se sont succédé sur ces 10 452 km2 depuis l'âge du bronze jusqu'à celui des émirs, c'est une grande, une magnifique exposition sur le patrimoine culturel libanais qui enflammera le musée Rath de Genève du 29 novembre 2012 au 31 mars 2013 : « Fascination du Liban ».

LE RATH DE GENÈVE FASCINÉ PAR LE LIBAN

Organisée par la direction des Musées d'art et d'histoire de Genève et le ministère libanais de la Culture, l'exposition « Fascination du Liban » déroulera au travers de 277 œuvres archéologiques, puisées dans les réserves de la Direction générale des antiquités et présentées en première mondiale, le récit de soixante siècles d'histoire de religion, d'art et d'archéologie au pays du Cèdre. L'exposition, dont l'unique étape européenne sera Genève, présentera également une sélection d'icônes melkites de la collection de Freddy Abou Adal, des photographies du Tripoli des Mamelouks prises au début du siècle dernier par Max Van Berchem, ainsi qu'un manuscrit liturgique ancien emprunté à la Bibliothèque orientale de l'Université Saint-Joseph et une bible du XVIIIe siècle prêtée par Antoine Maamari.



Fresque
Provenant des diverses fouilles du pays, des poteries, des bijoux, des figurines, des statues, des sarcophages, des autels, des mosaïques, des stèles funéraires, des croix, des encensoirs et des chapiteaux à monogrammes vont dessiner une véritable fresque chronologique des rites, des sacrifices et des cultes pratiqués en terre phénicienne depuis le IVe millénaire avant J.-C. jusqu'à l'époque ottomane.
Outre l'opportunité de véhiculer l'image d'un pays au patrimoine millénaire, l'évènement sera l'occasion d'exhiber un aperçu des résultats des nouvelles fouilles, mais aussi des pièces archéologiques qui dormaient depuis des lustres dans les dépôts et qui sont désormais restaurées, signale Anne-Marie Maïla Afeiche, conservatrice du Musée national de Beyrouth et cocommissaire de l'exposition avec Marielle Martiniani-Reber et Marc André Haldimann.
D'une pierre, deux coups : tous les trésors de cette exposition ont donc fait peau neuve ; les uns sous le scalpel des experts suisses, les autres à Beyrouth dans les laboratoires d'Isabelle Doumit Skaff et de son équipe. Les grandes pièces ont été acheminées vers Anvers puis Genève par la CGM CMA, et les petites ont été transportées par la MEA sous la bonne garde d'Anne-Marie Afeiche. L'ensemble a été emballé par les spécialistes de la compagnie al-Jazairi. 

Kaunakes, 3000 avant J.-C.
Pour un plongeon dans le monde des inhumations, des offrandes et des croyances en l'au-delà, des urnes cinéraires de l'âge du fer ; des jarres funéraires de l'époque chalcolithique ; des ex-voto de l'âge du bronze moyen provenant de Byblos ; des amphores peintes (âge du fer) de Tell el-Rachidiyé (Tyr) et une quinzaine d'autels votifs romains, dont un magnifique en calcaire mis au jour à Niha et portant une inscription grecque, seront au cœur de l'exposition. A l'honneur également, des dizaines de statues en marbre dont celle d'Apollon, magnifique, découverte à Beyrouth en 1950. On notera également la présence de deux statues de bébés garçons (trouvées à Sidon) qui servaient d'offrandes votives au dieu d'Echmoun, guérisseur des enfants, et, issue du même temple, la Tête de jeune homme choisie pour illustrer l'affiche de l'exposition, réapparaît au grand jour. Volée avec d'autres pièces en 1981, elle fut identifiée avec huit autres sculptures par l'archéologue suisse Rolf Stucky lors des ventes aux enchères à Zurich et à Berne dans les années 2000. Leur vente fut alors arrêtée et l'Office fédéral suisse de la culture les a restituées au Musée national de Beyrouth.
Le trône d'Astarté (hellénistique) provenant des fouilles de Oum el-Amed près de Nakoura sera mis en valeur, ainsi que le veau en bronze recouvert de feuille d'or de Byblos (bronze moyen).
Le musée Rath propose aussi la statuette en plâtre de l'Orant (un officiant), unique représentation à ce jour d'un homme datant de 3000 avant l'ère chrétienne. Portant la traditionnelle robe mésopotamienne (kaunakes), la tête presque droite dans une attitude de respect, l'homme du troisième millénaire a été exhumé lors des fouilles du British Museum à Saïda.

Dea Gravida 
Les visiteurs de l'exposition genevoise admireront en outre un sarcophage anthropoïde sculpté dans du marbre de Paros – d'ailleurs, le Musée national de Beyrouth possède la plus large collection de sarcophages anthropoïdes au monde. Sans oublier deux sarcophages en plomb provenant des fouilles d'Achrafieh et un sarcophage exceptionnel de l'époque romaine, issu des fouilles de Tyr et portant la légende d'Oreste, une des plus répandues dans la littérature grecque. Enfin, trônera, tout autant en marbre et de l'époque romaine, un sarcophage d'enfant (47cm de haut et 83 de long) représentant le chérubin entouré de ses parents et peut-être de son précepteur. Il a été découvert lors des fouilles à Beyrouth. Au menu aussi, la Phénicienne de Sarafand, Dea Gravida, déesse de la fertilité, ainsi qu'une série de figurines en terre cuite de Kharayeb (région de Tyr), remontant à l'époque hellénistique.
L'exposition rassemble de plus une collection de stèles funéraires antiques exhumées à Saïda ou encore ottomanes comme celle en marbre portant le nom de Khairy Enfendi datant de 1246 de l'hégire (ou 1830).

Éros et le nilomètre...
Quant à l'avènement du christianisme, il est illustré par des croix, des lampes, des chapiteaux à monogrammes, d'un ensemble d'encensoirs byzantins en argent gravé de scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament déterré à Mar Chahhine, au Hermel, ainsi que par trois mosaïques byzantines provenant des fouilles de Chehim où une basilique et tout un quartier d'habitation et des pressoirs à huile ont été mis au jour. Sur l'une de ces mosaïques figure une lionne ; sur une autre, deux antilopes y sont représentées de part et d'autre d'un canthare ; et sur la troisième, deux volatiles planent au-dessus d'une amphore. Ces tapis de tessons mesurent chacun deux mètres de long environ sur un mètre soixante dix de large.
Une mosaïque romaine, découverte en 2010 au centre-ville de Beyrouth au sein d'une habitation romaine, fait également partie du lot. Elle représente une scène nilotique d'où se détachent Éros gravant un nilomètre et un personnage mythologique entouré d'animaux aquatiques (crocodile, poissons, canards, etc) chevauchant un hippopotame. 

Bijoux et vêtements 
Chemin faisant, le visiteur pourra admirer la maquette en pierre calcaire du temple de Beit Méry, datant du IIe siècle après J.-C., mais aussi un albarello à décor épigraphique sous glaçure alcaline (XIVe siècle, Beyrouth) ; des monnaies, des bas-reliefs et des poteries mamelouks ; des vases en verre d'époque romaine ; de la céramique et des bijoux dont un collier composé de 54 pendeloques suspendues à des perles en or, trouvé sur le site Dakermann à Saïda.
L'exposition met aussi en vedette le Murex, ainsi que deux robes d'enfant, une robe d'adulte aux manches et aux plastrons brodés, et une étole, le tout découvert en 1991 au nord du Liban, dans la grotte de Aassi el-Hadath, par les spéléologues du Gersl (Groupe d'études et de recherches souterraines au Liban). Pour un petit rappel des faits, l'exploration de la grotte, située à 1300 mètres d'altitude, avait permis d'exhumer huit corps momifiés, dont les vêtements sont demeurés en bon état. D'après le matériel archéologique découvert (céramiques, monnaies, manuscrits arabes et syriaques datant du XIIIe siècle...) et les écrits historiques musulmans et chrétiens, principalement la chronique d'Ibn Abed el-Zâhir et les textes du patriarche Doueihi, les femmes et les enfants y auraient été ensevelis en 1283, lors d'une attaque de l'armée du sultan mamelouk Baybars. Grâce à un processus de momification naturelle dû à la sécheresse de la grotte, les vêtements ont été conservés tout au long des siècles et ils sont aujourd'hui le plus beau témoin de l'art vestimentaire féminin du Liban médiéval.

Quatre documentaires
Voilà en bref quelques-unes des œuvres archéologiques qui seront données à voir au musée Rath de Genève – une visite qui sera ponctuée par les photographies de Manoug Alemian qui a fixé pour l'éternité les sites historiques et les paysages caractéristiques du Liban. Quatre films documentaires seront projetés en boucle : ils montrent les fouilles archéologiques de Sidon menées par Claude Doumit Serhal et le British Museum ; la découverte des momies dans la vallée de Qadischa et la restauration en cours des fresques de Behdaidat (région de Jbeil), ainsi que le film en 3D réalisé par l'équipe de Barcelone à Tyr qui présente le cimetière phénicien de la ville et les fresques de la tombe de Tyr, exposée au Musée national.

Que des vestiges informes...
À la collection archéologique s'ajoutent deux autres ensembles : les icônes melkites de Freddy Abou Adal et les photographies de Max Van Berchem, « savant fondateur de l'épigraphie arabe en tant que discipline », qui, vers la fin du XIXe - début du XXe, avait saisi dans son objectif Tripoli et son patrimoine mamelouk. Dans un texte prémonitoire daté de 1892, Van Berchem signalait que les monuments musulmans et « leurs ruines encore magnifiques ne seront bientôt plus que des vestiges informes d'un glorieux et artistique passé. Leurs inscriptions historiques disparaissent, il faut immédiatement relever tous les textes gravés sur les mosquées, les tombeaux, les caravansérails, les madrassas, les châteaux forts ou les ponts, photographier les monuments et explorer toutes les régions musulmanes (...) » 

« Il nous manque encore pas mal d'argent... » 
Signalons enfin qu'à travers des articles de fond ou de notices développés, plus d'une trentaine d'archéologues et d'historiens apportent leur contribution au catalogue qui sera édité à l'occasion de cette exposition qui bénéficie du généreux soutien de l'association Fascination du Liban et de ses mécènes, de la Fondation Max Van Berchem, de MKS (Switzerland) SA, de Crédit Agricole Private Banking, de Jabre Capital Partners SA, du magasin Lyzamir et de Middle East Airlines-Air Liban.


Lancée dès 2007 à l'initiative du ministre Tarek Mitri et de Patrice Mugny, à l'époque responsable de la culture à Genève, qui avaient désigné Malek Michel el-Khoury, résident entre Genève et Beyrouth, coordinateur entre les deux parties, le projet a été avalisé et adopté avec enthousiasme par les directeurs des musées et les ministres de la Culture genevois et libanais. «Toutes les procédures se sont enclenchées à l'époque, mais le processus d'exécution n'a commencé en fait que sous le ministre Gaby Layoun, Samy Kanaan (responsable de la culture à Genève) et Jean-Yves Marin, directeur du musée Rath», indique Malek el-Khoury, ajoutant que «ce projet mixte libano-suisse impose au Liban une partie de l'organisation et une participation financière qui est de 550000 francs suisses, alors que la somme engagée par Genève est de loin supérieure». Aussi, pour assurer la promotion de l'exposition, solliciter le secteur privé et récolter les fonds nécessaires, les Libanais de Genève se sont mobilisés et ont créé l'association Fascination du Liban, qui a à sa tête deux coprésidents : Malek el-Khoury et Cathia Damien, et regroupe Zahi Haddad, Carole Abi Saab, Alain Bitar et Dalia Mitri Davidshofer. À l'appel lancé par l'association, « un grand nombre de Suisses et de Libanais se sont solidarisés pour verser de petites sommes, mais il nous manque encore pas mal d'argent pour assurer la cotisation du pays du Cèdre à la monumentale exposition », résume M. Khoury avec un sourire plutôt optimiste.
L'espoir fait vivre : il serait atrocement malheureux que les derniers à être fascinés par le Liban, sa culture et son rayonnement soient... les Libanais.


http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/785427/Le_Rath_de_Geneve_fascine_par_le_Liban.html


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lundi 29 octobre 2012

« D’un siècle à l’autre, au Liban », par le Dr Joseph M. Hatem

« D'un siècle à l'autre, au Liban », par le Dr Joseph M. Hatem
OLJ-29/10/2012

Après 66 ans en blouse blanche où il décrit les différentes étapes de sa carrière et Le Liban illustré par ses timbres, le Dr Joseph M. Hatem raconte, à la nouvelle génération de Beyrouthins, ce que fut leur ville il y a moins d'un siècle.

L'auteur a entrepris de le faire en dialoguant avec ses petits-enfants. Tout passe : l'aspect vieillot des anciens quartiers, les souks, le rivage, les us et les coutumes des habitants. On y apprend qu'à Minet el-Hosn, où est né Joseph Hatem, certains quartiers n'étaient pas encore branchés au réseau électrique de la ville et s'éclairaient à la lampe à pétrole. Qu'à cette époque, les familles préparaient la pâte à pain et l'envoyaient cuire chez le boulanger. Que l'on achetait les produits périssables au jour le jour et qu'aucun de nos conforts modernes n'existaient alors, ni cuisinière au gaz, ni réfrigérateur, ni lave-vaisselle et moins encore le lave-linge, le chauffage central et la climatisation. Les voitures particulières étaient rares, mais les tramways sillonnaient la ville. D'anciennes coutumes liées à la mort persistaient : le défunt veillé à la maison, la voiture mortuaire aux tentures noires tirée par quatre chevaux drapés de noir et les condoléances reçues à domicile.

La guerre libanaise (1975-1990) balaiera ce passé, symbolisé par le centre-ville. Que de quartiers rayés de la carte ou métamorphosés : une partie de Minet el-Hosn, Zeitouné, Wadi Bou Jemil, les souks, el-Bourj, le tout remplacé par des structures modernes où les Beyrouthins ne se reconnaissent plus. La révolution informatique et les avancées techniques amèneront des transformations profondes dans la vie et dans le comportement de la nouvelle génération : confort poussé à l'extrême, rues envahies par les voitures et les deux-roues, tours géantes en acier et ciment. Les jeunes ont les yeux rivés à leurs jouets informatiques ou voyagent sur la toile pendant des heures. La cellule familiale est au bord de l'éclatement, la société se libère des principes moraux séculaires et on se demande où l'on va.
Épisodes autobiographiques, souvenirs personnels servent de trame à ce récit qui se veut une projection du passé pour un avenir meilleur. Le sera-t-il ?
L'auteur poursuit, à la demande de ses petits-enfants, par un historique anecdotique de leurs origines qui s'enracinent dans la montagne libanaise et se prolongent plus loin dans la Syrie proche et dans les villes de la lointaine France.
Un récit sincère et humoristique où l'auteur s'efface pour écouter la réaction de ses petits-enfants.
L'auteur signera son ouvrage D'un siècle à l'autre, au Liban au stand de la librairie Antoine, demain, mardi 30 octobre, à partir de 18 heures.


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mercredi 24 octobre 2012

Le précieux patrimoine artistique libanais répertorié dans « Art from Lebanon »

Le précieux patrimoine artistique libanais répertorié dans « Art from Lebanon »
OLJ- Par Maya GHANDOUR HERT | 25/10/2012


Le Beirut Exhibition Center sera le témoin, ce soir, d'un double évènement. Vernissage d'une exposition « Art from Lebanon », rétrospective réunissant une soixantaine d'œuvres de grands maîtres de la peinture au Liban, tirées de collections privées ou publiques.
Et signature de l'ouvrage « L'Art au Liban, artistes modernes et contemporains, 1880 à 1975, tome 1 » (Wonderful Ed.). Disponible en version anglaise ou française.

Nour Salamé Abillama est le moteur des deux évènements. C'est en effet à son initiative que le BEC accueille l'exposition, une première dans son genre rétrospectif. Nadine Begdache et Saleh Barakat en sont les curateurs et ils ont confié la scénographie à Karim Begdache Architects qui se serait inspiré des nouveaux décors du très parisien Musée d'Orsay.
Salamé Abillama, consultante en marketing et stratégie, tient les rênes depuis 2006 de la maison d'édition fondée par sa mère, Nada Salamé, ayant publié Maisons de rêve du Liban et Maisons de rêve du Liban et d'ailleurs, ayant également dirigé l'ouvrage L'Art au Liban dont la rédaction et la recherche sont signées par Marie Tomb.
Diplômée en histoire de l'art de l'Université de Yale aux États-Unis et du Courtaud Institute of Art de Londres, Tomb est actuellement enseignante à l'Académie libanaise des beaux-arts (ALBA) et à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ).
Cette édition soignée est alourdie par une préface d'Amin Maalouf, ainsi que par les contributions de Joseph Tarrab, César Nammour, Fayçal et Maha Sultan et Grégory Buchakjian. Elle s'est en plus octroyé un comité consultatif des plus pointus, regroupant Sylvie Ajemian, Saleh Barakat, Nadine Begdache et Abraham Karabajakian.
Cet ouvrage de référence documente la vie et l'œuvre de 60 artistes nés (avant 1950) ou ayant vécu un grand pan de leur vie au Liban. Plus de 650 illustrations en couleurs laissent la place au discours visuel.
Pour résumer les choses en simplifiant, disons qu'il s'agit là d'une petite histoire de l'art au Liban, à la portée de tous, sans grande prétention ni élitisme. Un musée portatif (en l'absence d'un réel, que l'on déplore sans arrêt).
Dans son introduction étayée, Joseph Tarrab souligne une « coupure radicale entre l'évolution sociopolitique et culturelle et la peinture libanaise qui perdurera pratiquement jusqu'aux années 60 du XXe siècle ». « Le cours tranquille de la peinture libanaise traversera tous les bouleversements politiques et militaires sans broncher », ajoute-t-il.
Donc ni la lutte antiottomane, ni le « safarbarlek », ni la grande famine, ni les évènements de la Première Guerre mondiale, ni le mandat français, ni la guerre de l'indépendance, ni le sionisme en Palestine, ni les crises, les guerres, les révolutions, les injustices n'ont inspiré les artistes qui sont restés hermétiques à leur époque.
Ce n'est qu'à partir de la défaite de 1967, « indirectement évoquée par Rafic Charaf, et la lutte de libération algérienne célébrée par Aref el-Rayess », indique Tarrab, que de plus en plus de peintres voudront mettre fin à cette indifférence, jusqu'à ce que la persistance de la guerre libanaise les sorte de leur torpeur, sans pour autant transformer radicalement leur approche.
L'année 1991 marquera donc une nouvelle phase, celle où de nouvelles générations d'artistes, à travers des medias variés et souvent novateurs, marquent leurs œuvres d'une critique sociopolitique
Entre les portraits de bourgeois et tableaux religieux du pionnier Daoud Corm, premier peintre à pouvoir prétendre pleinement à ce titre, selon Tarrab, et les estampes aux « assemblages complexes » et énigmatiques de Mohammad el-Rawas, c'est « le grand écart », conclut Joseph Tarrab.
César Nammour propose également une brève histoire de l'art au Liban qu'il divise en sept périodes. La première allant de 1450 à 1860, en marque les débuts, avec les premières toiles à caractère religieux commandées par les églises. La deuxième dure de 1860 à 1920, avec les premières émigrations et c'est celle des précurseurs. La troisième période, de 1920 à 1943, lors du mandat français, est celle des « enseignants ». Les « avant-gardistes », de 1943 à 1958, ou la première période de l'indépendance avec Chafic Abboud, Saloua Raouda Choucair, Yvette Achkar, Mounir Eido, Rafic Charaf, Aref Rayess, Etel Adnan, Huguette Caland...
La cinquième période selon Nammour s'étend de 1958 à 1975, marquée par une conscience esthétique propulsée à l'avant. Parmi les artistes qui ont marqué cette époque : Amine el-Bacha, Samir Abi Rached, Élie Kanaan, Moussa Tiba, Mohammad Kaddoura, Houry Chekergian...
La guerre civile, de 1975 à 2000, « fait perdre au Liban son titre de centre artistique du monde arabe ». Durant cette 6e période, beaucoup d'artistes quittent le pays, estime Nammour. Des galeries ferment, d'où l'appauvrissement de la scène locale artistique. La septième et dernière période est celle de l'après-guerre, allant de 2000 à nos jours. Elle voit une communauté artistique en pleine croissance, une « liberté d'expression omniprésente » et une grande variété des médias utilisés. Cette période sera sans doute le sujet du second tome.
En attendant une petite leçon de théorie de « l'art abstrait et des tendances modernes » avec Fayçal Sultan et après un chapitre de « rencontres avec l'art libanais comprenant des souvenirs de famille et autres récits » par Grégory Buchakjian aux dons de conteur et de pédagogue attesté, effectuons un plongeon dans l'histoire de ces artistes auxquels cet ouvrage compte rendre hommage. « L'art au Liban, ici et ailleurs, c'est celui des artistes ayant des racines libanaises (familiales, affectives, identitaires...), mais surtout qui partagent des liens profonds avec cette terre », souligne Marie Tomb en conclusion.
Si le titre L'Art au Liban de l'édition française (ah ! les subtilités traîtresses de cette langue) sonne moins précis que celui en anglais Art from Lebanon, on pourrait peut-être le modifier en précisant que cette belle édition, sans être exhaustive, excelle pourtant dans l'art de rassembler des artistes talentueux du
Liban.



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lundi 8 octobre 2012

Zawaq, Guide des vins du Liban

Zawaq, Guide des vins du Liban

La renaissance des vins libanais

Ariane QuentierJournaliste et consultante
La renaissance des vins libanais
Publication: 08/10/2012 06:00

Baalbek, l'antique cité romaine nichée au cœur de la Bekaa, est la capitale du vin libanais et... du très pro-iranien "Hezboland", le pays du Hezbollah. A l'entrée de la ville, les drapeaux noirs du Hezb et les portraits d'imams enturbannés côtoient tout naturellement les massives colonnes du temple de Bacchus, unique bâtiment romain jamais dédié au Dieu du vin, des plaisir et autres débordements sexuels. Majestueux, intact, patrimoine mondial de l'humanité, le monument semble présider aux destinées des terres chiites...

"Quel clin doeil ! C'est tout le Liban et ses ambigüités !" s'amuse Muriel Rozelier (1), auteur de "Zawaq, Guide des vins du Liban", première Bible du genre présentée à Beyrouth et maintenant à Paris (2). Nous parlons d'une région où l'alcool devrait être banni, "harram", interdit par le Coran. Mais voilà, non seulement le temple de Bacchus est dédié à l'ivresse mais à quelques kilomètres d'ici s'étendent les vignobles de la Bekaa, berceau historique de la production viticole libanaise".

En dépit d'un parcours tourmenté, la vigne libanaise se porte à merveille. L'histoire commence il y a trois millénaires quand Cananéens puis Phéniciens s'essaient à un "vin pourpre du Mont-Liban" dont l'existence est attestée par des fresques découvertes dans les tombaux de la Vallée des Rois en Haute Egypte. La Grèce Antique, les Romains puis les premiers chrétiens perpétuent la tradition jusqu'à l'arrivée des empires musulmans. Le rideau tombe alors sur une culture viticole qui ne disparait pas pour autant.

La renaissance du vin sera le fait des Jésuites qui s'installent dans la Bekaa au 19ème siècle. Nécessités spirituelle et liturgique obligent, le vin de la Messe et le sang du Christ coulent en terre libanaise... Accompagnés d'un mercantilisme de bon aloi puisqu'il s'agit d'alimenter la consommation des soldats français déployés en 1860 - déjà - pour protéger les chrétiens libanais. Château Ksara s'impose comme un must jamais démenti, toujours numéro un des crus locaux avec 2,7 millions de bouteilles vendues en 2011 et 70,000 touristes déambulant dans les caves souterraines du domaine.

Deuxième tomber de rideau avec la guerre civile (1975-1990) - et une baisse quantitative et qualitative de la production. Mais depuis la fin du conflit, la viticulture libanaise connait une croissance exponentielle, multipliée par quatre en dix ans. Le vignoble s'étend sur près de 3000 hectares pour s'accroître annuellement de 100 à 150 hectares. La production est passée de 5 millions de cols en 2000 à 8 millions en 2011, le nombre de châteaux de trois à quarante. Grâce à son terroir d'exception, ses températures élevées et son ensoleillement maximum, le Liban a "de quoi produire des vins brillants notamment sur le segment des rouges moyens à haut de gamme qui peuvent rivaliser sans complexe avec d'autres productions", lit-on encore dans le précieux Guide.

Le vignoble serait-il l'avenir du Liban ? "En tous les cas, c'est la seule filière agricole qui fonctionne" constate encore Muriel Rozelier qui y verrait bien une culture de substitution pour remplacer le hachich aujourd'hui illégal. Selon l'ONU, le Pays du Cèdre est aussi celui de la "dope" : un des cinq premiers producteurs mondiaux de cannabis. Depuis 92, les campagnes d'éradication se sont succédé provoquant la colère des locaux qui voient partir en fumée leur seul moyen de subsistance. Mais le Liban est une nouvelle fois rattrapé par son confessionnalisme politique. Difficile en effet au ministre de l'agriculture, un chiite de la Bekaa membre du Hezbollah, de promouvoir la vigne et ses dérivés, aussi rentables soient-ils, pour remplacer le hachich... Impasse donc alors qu'en août dernier forces militaires d'éradication et métayers chiites en arrivaient aux armes, à quelques encablures seulement des fertiles vignobles travaillés en grande partie, mais pas exclusivement, par les paysans chrétiens.

___________________
(1) Muriel Rozelier est également l'auteur d'une Vie de Pintades à Beyrouth (Calman-Levy)
(2) Office du Tourisme

Zawaq, Guide des vins du Liban, Editions Le Commerce du Levant et Tamyras- Office du Tourisme du Liban, Paris. Guide bilingue Direction de l'ouvrage : Sibylle Rizk et texte : Muriel Rozelier

http://www.huffingtonpost.fr/ariane-quentier/vin-liban_b_1938568.html


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dimanche 7 octobre 2012

LIBANIUS صناعة الفخار في لبنان تعود الى الاف السنين


صناعة الفخار في لبنان تعود الى ما قبل المسيح بأربعة آلاف سنة


مجموعة من الأباريق في الهواء الطلق.

تعود صناعة الفخار في لبنان الى آلاف مضت من السنين، وربما الى ما قبل ظهور السيد المسيح بأربعة آلاف سنة. وبلدة راشيا الفخار في منطقة العرقوب هي الأعرق والأعتق في هذه الصناعة التي طبعت اسم راشيا بالفخار، وهذا ما يميزها عن باقي القرى والبلدات في لبنان.

منذ ان كانت راشيا قبل ألف عام على الاقل كان الفخار، وكانت الافران المصنوعة من الطين يصل عديدها في مرحلة من المراحل الى 70 فرناً، فانصرفت كل عائلاتها للعمل في هذا الحقل، وكان الانتاج وفيراً والحياة أهنأ من اليوم. إلاّ أن هذه الصناعة بدأت بالانقراض شيئاً فشيئاً منذ الخمسينات من القرن الماضي، حتى تدنى الرقم الى فرنين فقط، أحدهما لأديب الغريب ويعمل بنشاط، والآخر لجهاد اسبر عندما تكون الظروف مؤاتية، وهذا تراجع لافت، ان لجهة الابقاء على هذا التراث، أو لجهة المردود المادي للعائلات هناك.
والسؤال، لماذا حصل ذلك؟
الجواب التلقائي، عدم الاهتمام الرسمي وعدم ايلاء هذه الصناعة العناية التي تليق بها للمحافظة عليها، والامر الثاني، الاعتداءات الاسرائيلية على البلدة منذ الحرب العربية – الاسرائيلية في حزيران من العام 1967، مما دفع بالسواد الأعظم من سكانها الى تركها والانتقال الى مناطق أخرى، والى بلدان ودول عربية وغير عربية، بعدما دفع هؤلاء الثمن غالياً من جراء هذه الاعتداءات بشراً وحجراً، ولم تعد لهم طاقة على البقاء هناك اذ سويت كل منازل الضيعة تقريباً بالارض.
حاول الاهالي في منتصف الستينات بناء فاخورة عند مدخل البلدة، وبمساعدة من الاستاذ غسان تويني، الذي تفقدها منتصف السبعينات، والى جانبه الامام موسى الصدر والشيخ عبد الامير قبلان، إلا ان الاعتداءات طالت لاحقاً المبنى ودمرت قسماً منه، فتوقف العمل بالمشروع.

لا تاريخ دقيقاً

في زيارة الفرن المتبقي قال صاحبه أديب الغريب لـ"النهار": "لا تاريخ دقيقاً لبدء صناعة الفخار، وربما وجدت منذ وجود الانسان الذي اكتشف كيف يشعل النار، فمنذ ذلك الحين بدأت صناعة الفخار، وهي أقدم صناعة في التاريخ. 
أما بالنسبة الى راشيا فقال: "ايضاً ليس هناك من تاريخ محدد لها، ممكن أن تكون منذ أكثر من خمسة آلاف سنة، اذ توجد في غير مكان داخل البلدة وخارجها بقايا فخارية، نحن نعجز عن أن نصنِّع مثلها، مما يدل على قدمها. وكل من يقول ان هناك تاريخ لذلك يكون مخطئاً، فهي من قبل السيد المسيح و"الله العليم"". وكشف الغريب انه في الخمسينات كان هناك 40 مصنعاً، بدأت بالتقلص بسبب عدم التصريف وعدم الاهتمام، ولا مبالاة الجيل الصاعد بهذه الصناعة، فلم يبقَ سوى مصنعين في راشيا، لنذير اسبر يعمل في تصنيع القطع الصغيرة، أما جهاد اسبر فإنه يصنع في بيروت وليس هنا. وأما نحن فقد ورثنا هذه الصناعة عن أهلنا "أباً عن جد"، وسأستمر فيها ما دمت قادراً صحياً على ذلك، والى جانبي أفراد عائلتي.
التسويق يتمّ ابتداء من صور، الى بنت جبيل والنبطية وقانا ودردغيا، الى الخيام ومرجعيون، "بيّي كان فاخوري وجدي كان فاخوري". وعن فترة التصنيع قال: "لا يصح العمل في راشيا في فصل الشتاء، إلاّ إذا قامت الدولة بدور ما كبناء اماكن مخصصة مجهزة بوسائل التدفئة، يمكن عندها التصنيع شتاءً، أما اليوم فيقتصر العمل على موسم الصيف. 
وهذه الحرفة تؤمن للعائلة اكتفاءً ذاتياً، وهذا أمر مهم، خاصة وانك تكون في هذه الحالة "رب عملك وسيد نفسك". وكشف ان هناك تعاونية فخارية جديدة لم توضع على سكة العمل بعد، وهناك منتسبون اليها، والبناء لم يكتمل بعد الى جانب المبنى البلدي.
أما اقتراحه لاعادة البريق الى هذه الصناعة، فقال الغريب: "المطلوب أن تقوم الجهات المعنية بالعمل على جمع شمل العناصر الشابة في راشيا وتخضعهم لدورات لاتقان صناعة الفخار، الى جانب تأمين معاش لهم كي لا تندثر هذه الصناعة، ليس في راشيا فقط وانما في لبنان، لأنها أقدم صناعة في التاريخ".
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dimanche 23 septembre 2012

صناعة السفن في مدينة صور - النهار ٢٣/٩/٢٠١٢

حكاية مدينة صور ومراكبها الخشبية حكاية حب وعشق ومغامرة وتجارة عبر الزمن الغابر، ومنذ العهد الفينيقي من آلاف السنين، يوم كان اهلها اسياد المغامرات يجوبون البحار لتجارتهم المختلفة على متون سفنهم الخشب من صناعة زنودهم يمخرون بها عباب البحر المتوسط وصولاً الى جزره... كانت لهم محطات عدة حتى بلغت تجارتهم بحر عمان وغيرها واقاموا محطة تجارية لهم هناك أسموها صور العمانية ما تزال حتى الآن تحمل اسمها.

تروي الكاتبة الالمانية هنكي سيدوف في كتابها بعنوان "عفوا كولومبوس قبلك بـ2000 عام وصل الفينيقيون الى اميركا"، وكانت الكاتبة الالمانية جاءت الى لبنان بزيارة رسمية بدعوة وجههتها اليها السيدة مهى الخليل الشلبي لزيارة صور حيث قامت بجولة على آثارها... وقفت الزائرة على شاطئ صور الجنوبي، واشارت بيدها الى البحر، وتلت عنوان كتابها امام الجميع من المسؤولين المرافقين... فالصوريون، اباً عن جد، صنّاع سفن. ألم تغادر ابنة صور اليسار شواطئ المدينة الى بلاد المغرب وشيدت هناك مدينة قرطاج ورافقتها حاشيتها على متن سفن من صناعة ابناء مدينتها صور؟ للأسف هذه الصناعة تواجه الاندثار اليوم لأسباب عدة، ابرزها الكلفة المالية وغلاء الخشب والمازوت وانقطاع الكهرباء، واهمها غياب الاهتمام الرسمي بمطالب الصيادين وبأوضاعهم المادية وعدم مبالاة المسؤولين للمحافظة على هذا الارث التاريخي الثمين. 
آل بربور وصناعة السفن
عائلة آل بربور ارتبط اسمها بهذه الصناعة جيلاً بعد جيل ويتوارثها افراد العائلة... المعلم ايليا بربور، الوريث الاخير (80 عاماً) هو المعلم الحصري الوحيد الآن، يساعده اولاده الذين لا يقلّون مهارة عنه. يقع محل عمله ومنشرته المكتظة بالاخشاب عند مدخل حارة المسيحيين في صور المواجهة لميناء الصيادين حيث ترسو عشرات المراكب للصيادين في حوض الميناء وكلها من صناعة آل بربور.
يقول المعلم ايليا "بدأت ممارسة المهنة منذ الصغر مع والدي، وفي العام 1958 تسلمت العمل، وعندما كبر اولادي ساعدني بعضهم وتعلموا المهنة واتقنوها". وبكل حسرة يضيف "كنا نصنع في الماضي اكثر من 15 مركباً صغيراً وكبيراً في السنة للصيادين في ميناء صور وغيرهم من موانئ لبنانية عدة، الى جانب مراكب سياحية للمغتربين، وكانوا يقصدوننا من ميناء جونيه ومنياء العقبة في الاردن".
ويفاخر المعلم ايليا بأن وزارة التجارة اللبنانية "طلبت منا العام 2000 صناعة مركب كبير بمواصفات فينيقية للاشتراك في معرض للسفن اقيم في البرتغال. صنعته مع اولادي، وكانت مقدمته رأس حصان وفي الخلف ذنب حورية بحر وعلى جانبيه المجاديف، ونقل الى البرتغال ورافقناه ورفعنا علم لبنان على احد سواريه ونال اعجاب كل من رآه وحصد الجائزة الثالثة بين العشرات من المراكب من دول عدة، وكانت صورنا في كل وسائل الاعلام". يقول متحسراً "كانت ايام عز، أما الآن فأصبحت صناعة المراكب الخشب "صفر" لارتفاع الكلفة واسعار الخشب والمازوت وانقطاع الكهرباء وغلاء الاجور، اضافة الى الوضع الاقتصادي الذي يتخبط به الصيادون، واكثرهم لا يجنون ثمن المازوت الذي يستعملونه، اذ يخرج معظمهم للصيد ويعودون فارغي اليدين. تعب وسهر وشباك خالية وافواه بانتظاره. والاسباب كثيرة، اولاً الصيد بالديناميت من البعض الذي يقتل السمكة وبويضاتها. كما ان البعض يستعمل الشباك الضيقة والتي تصطاد السمك الصغير من دون رقيب او حسيب، فيما يستعمل البعض الآخر السموم التي تقضي على كل شيء، الى جانب رمي الاوساخ في البحر من دون مسؤولية. كل هذه الاسباب تقضي على الثروة السمكية وتنعكس على الصيادين فقرا وتعتيراً وقد يكونوا هم الوحيدين في المجتمع من يطبق "اعطنا خبزنا كفاف يومنا".

صيادون يتذمرون
يقول احد الصيادين العتاق كل هذه المشكلات تحل بشهر واحد، بتنفيذ القانون البحري الجدي وبقبضة حديد جدية تمنع كل ما هو ممنوع، مما يحفظ للصيادين وعيالهم رغد العيش، وتعود الحركة الى الميناء، ونعود الى سماع هدير منشرة المعلم ايليا ويجدد الصيادون مراكبهم وتعود سمكة صور الى سابق شهرتها. 
أليس عيباً على وطن مثل لبنان يحده غرباً البحر من اقصى جنوبه الى اقصى شماله ويأكل اهله السمك المثلج ويدفع من اقتصاده الملايين ثمنه، وسمكنا يموت في البحر او ممنوع ان يصل الينا؟ حتى السمك هجر لبنان!

mercredi 11 juillet 2012

Et si Europe était sidonienne (Liban Sud) ?

Et si Europe était sidonienne (Liban Sud) ?

Par May MAKAREM | 11/07/2012- OLJ


La découverte par la mission archéologique du British Musem à Saïda d'une monnaie représentant Europe relance le débat autour de l'origine de la déesse : Tyr ou Sidon ?
La découverte sur le site de l'ancienne école américaine de Saïda d'une monnaie représentant Europe relance le débat autour de l'origine de la déesse : Tyr ou Saïda ?
Pour la quatorzième année consécutive, la mission archéologique du British Museum continue ses fouilles sur le site de l'ancienne école américaine de Saïda, où un haut lieu de culte funéraire, assoupi depuis des millénaires, ne finit pas de révéler ses trésors. Une minicaverne d'Ali Baba avant l'heure : entre la 123e tombe du site, des mandibules, des sceaux cylindres et des céramiques attiques et crétoises presque intactes, et, surtout, une monnaie représentant la déesse Europe, le clou de la saison, les scientifiques sont au paradis.
Financées par la Cimenterie nationale SAL et la Fondation Hariri, les excavations menées à Saïda sous la direction de l'archéologue Claude Doumet Serhal ont encore apporté leur moisson de découvertes. Concentrant leurs recherches au nord du site, à l'emplacement du futur musée dont les travaux d'infrastructure vont débuter en septembre, les spécialistes ont exploré les différentes couches stratigraphiques jusqu'au niveau du rocher, daté de la fin du IVe-début du IIIe millénaire.


Ourson et daim
Les opérations de fouilles menées à ce niveau ont dévoilé le prolongement du quartier économico-religieux dégagé au cours des années précédentes. Dans cette zone polyvalente, on trouve, accolés à des sépultures, de petits foyers pour faire la cuisine, des unités de rangements pour la conservation des graminées (quelque 160 kilos de résidus de blés carbonisés avaient été trouvés), une sècherie de poissons et des dépôts de produits de chasse qui ont fourni une quantité d'os appartenant à des espèces animales, notamment des hippopotames, des ours, des gazelles et des lions. Cet été, signale Claude Doumet Serhal, une autre quantité de résidus d'orge et d'une nouvelle espèce de blé ainsi que les restes d'os d'animaux sauvages (dont ceux d'un aurochs) ont été recueillis sur le lieu. De même, trois mandibules-trophées ont été exhumées. « Une découverte assez bizarre, puisqu'il s'agit d'un ourson et d'un daim. Cela n'est pas un acte de bravoure pour les chasseurs. De plus, et très curieusement, la troisième mandibule est celle d'un jeune garçon âgé de neuf à douze ans. S'agit-il d'un rituel funéraire spécial ?
Nous cherchons encore à comprendre et à analyser cette trouvaille. » Un vrai thriller !

Lama en intercession
Et puis on se retrouve en plein dans le IIe millénaire. À cette époque où s'était posée une nécropole construite en pierre ou en brique, pareille à celles qu'on trouve tout au long de la côte, de la Syrie à la Palestine, la 123e tombe a été mise au jour. Elle renferme « un sceau cylindre en serpentine, de facture mésopotamienne avec influence syrienne, et fabriqué au Liban ». Il représente la déesse Lama, les deux bras levés dans l'attitude de l'intercession, recevant un orant en habit syrien et, derrière eux, le dieu des flots faisant émerger les eaux d'une seule épaule. « Les expressions des visages et la minutie des détails sont d'une perfection étonnante », s'émerveille la directrice des fouilles, ajoutant qu'un sceau scarabée égyptisant, une boucle d'oreille en bronze et une quantité de poteries très bien conservées et dignes de musées ont été également dégagés.
Par ailleurs, la présence de traces de trous de poteaux remontant à 1700 avant J.-C. indique que les anciens qui venaient enterrer leur mort, ou le commémorer, plantaient une sorte de tente sous laquelle ils s'installaient pour cuisiner, manger et boire. Les traces de pois chiches, de lentilles, de blé, d'orge, et de quelques fruits et légumes pas encore identifiés ont été relevées.

Et soudain, à l'âge du fer...
À l'âge du bronze moyen ou époque cananéenne, les célébrations – qui se sont déplacées vers un grand temple d'une quarantaine de mètres de long construit autour de 1650 avant J.-C. – se déroulaient dans une des pièces où se dresse « un magnifique podium recouvert d'une couche épaisse de plâtre blanc autour duquel on festoyait ».
Au niveau de l'âge du fer, le site révèle à travers des temples rectangulaires « les deux techniques de construction attribuées aux Phéniciens, et qu'on retrouve sur toute la côte autour du Xe siècle avant J.-C. ». C'est-à-dire le type de bâtiment construit avec de gros blocs rectangulaires bien taillés et étroitement assemblés sans liant ou alors avec crépi de mortier. C'est ce qu'on appelle la maçonnerie Ashlar.
De plus, ces couches de l'âge du fer ont livré de belles céramiques importées de la Grèce antique, dont une amphore attique avec deux cavaliers en tunique blanche portant des lances et allant à la guerre. Une autre représente un intercesseur posant devant le dieu Hermès aux sandales ailées. Claude Doumet Serhal est épatée par la qualité de ces « pièces de musée très bien conservées ». Mais c'est la découverte d'une monnaie sur laquelle est gravée Europe chevauchant le taureau, et son voile qui vole tout au-dessus comme un arc(-en-ciel) qui l'a fait chavirer de joie.
Surtout que cet hiver, au cours de certaines conférences tenues en Europe, de nombreux spécialistes se sont demandé si Europe ne serait pas sidonienne ! Car, qu'est-ce qui prouve qu'elle est tyrienne ? La mosaïque découverte à Tyr ? Le site de Saïda renferme lui aussi une masse d'objets importés de Crète, d'autant que la monnaie retrouvée tout récemment rend encore plus légitime le débat autour de l'origine d'Europe. Claude Doumet Serhal en est convaincue. Elle précise d'ailleurs qu'au niveau de l'âge du fer, les excavations ne font que commencer et pourraient encore révéler de nouveaux éléments...


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dimanche 8 juillet 2012

Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien Hisham Sayegh,

Objet: [Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien Hisham Sayegh,
en date du 27 juin 2012, distribuee aux medias, traduite de l'arabe
Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien
Hisham Sayegh, en date du 27 juin 2012, distribuée aux médias, en arabe.

Lettre Ouverte au Ministre de la culture
Monsieur Gaby Layoun.

Jamais l'archéologie au Liban n'a assisté, depuis les siècles derniers,
ni durant les guerres des époques anciennes, ni durant l'invasion
israélienne de Beyrouth et ses bombardements, à une destruction comme
celle à laquelle elle assiste depuis votre prise de fonction au
ministère de la culture.
En vain, j'essayai de me convaincre que la
destruction des sites archéologiques et des demeures traditionnelles
n'avait aucun lien avec vous, et que l'archéologue contractuel, Asaad
Seif, proche de vous, habitué à enfreindre et détourner les lois au sein
de la Direction Générale des Antiquités ou DGA, était à l'origine, à
votre insu, de la destruction des trésors du Liban.
Ainsi, et en espérant qu'une réparation permettrait le retour des choses à la normale, je me suis imposé un silence amer en subissant vos reproches et
vos pressions, la dernière en date étant votre refus de signer le
renouvellement de mon contrat à la DGA, sans aucune justification, et ce seulement parce que j'étais cet archéologue qui a découvert en l'an
2011 le site du port phénicien sur la parcelle n° 1398 à Minet El-Hosn, et qui a rédigé un rapport scientifique à ce sujet et a voulu préserver
le site.
Partant de mes principes de croyance en Dieu, dans le
Liban, dans l'État et dans la loi, j'ai refusé avec les précédents
ministres de la Culture les pots de vins qui nous ont été proposés
généreusement par la société VENUS propriétaire dudit bien-fonds afin que nous acceptions de falsifier et détourner la vérité scientifique sur l'origine et l'importance de cette découverte au cœur de la capitale
Beyrouth.
Mais ce dont j'ai été témoin hier et dont ont été témoins
les Libanais, à travers les médias, d'une telle destruction programmée
de ce site phénicien, avec votre accord, et d'un tel rasement en
quelques minutes de monuments et de vestiges qui datent de milliers
d'années, tout cela ne m'a pas seulement fait mal, mais m'a transpercé
comme une balle, qui ne m'a pas épargné pour que je survive, ni tué pour
que je rejoigne les vestiges de ma patrie.
Monsieur le ministre de la Culture Gaby Layoun,
excusez-moi, je ne peux plus rester ce témoin muet, de la Direction
Générale des Antiquités (DGA), sur la destruction des vestiges de mon
pays et la falsification de leur identité, plutôt que d'être celui qui
veille sur sa protection, le préservant afin de le transmettre aux
générations futures
Ainsi j'ai décidé de m'adresser, à travers
cette lettre, à la nation, à la Justice et à l'Histoire, annonçant ma
démission de mes fonctions à la DGA en espérant que les Libanais et
l'Histoire excuseront mon incapacité de préserver les vestiges de mon
pays au sein de la DGA, qui à travers des pratiques illicites exercées
depuis votre prise de fonction, est devenue désormais faible et
marginale à travers la publication de rapports faussés et non
scientifiques pratiqués par des décideurs pour détruire les sites
historiques les uns après les autres. Sur ce, j'espère que vous
considèrerez ma lettre comme information auprès des autorités
judiciaires compétentes.

Beyrouth, le 27 juin 2012
L'archéologue Hisham Sayegh

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