mercredi 9 novembre 2011

Les croisés, sous le bloc 94, secteur Marfa’ Beyrouth -Liban

Les croisés, sous le bloc 94, secteur Marfa’
OLJ
Par May MAKAREM | 09/11/2011
Les murs pouvaient atteindre six mètres d’épaisseur.

L'archéologue Lucia Cheikho dans les dédales de la citadelle.
Les murs en blocs de pierre alternent avec des
fûts de colonnes en boutisse, datant de la période romaine.


Les fouilles archéologiques dans le bloc 94, secteur Marfa’, ont révélé les vestiges de la citadelle croisée de Beyrouth et les traces d’une occupation remontant à l’époque romaine.
Bloc 94, rue Argentine (parallèle à la rue Foch), secteur Marfa’. Sous la houlette de la Direction générale des antiquités (DGA), l’équipe archéologique de l’Université libanaise dirigée par Lucia Cheikho a opéré une fouille s’étendant sur une surface de plus de 36 x 100 mètres qui a dévoilé les ruines de la forteresse croisée de Beyrouth. Érigée en pierres de grès de sable ou pierres calcaires, elle était délimitée à l’Ouest par une rivière ; à l’Est par le tell, alors qu’un mur de glacis, en pente et à découvert, constituait sa limite nord (mer). Elle abritait deux tours dont l’une dresse avec une majesté sobre un mur de 15 mètres de haut. S’appuyant sur des sources historiques, des dessins de voyageurs et des plans datant du XVIIIe siècle, Assaad Seif, responsable à la DGA, signale qu’une troisième tour était construite au bout d’une languette rocheuse qui se jetait dans la mer. La citadelle était entourée d’une double muraille. Son enceinte intérieure est constituée de murs à casemate et les murs extérieurs ont six mètres d’épaisseur. Aucune trace d’armes n’a été trouvée au sein de la fortification, mais des tessons de poterie et des restes d’aliments (ossements de volailles et de capridés) ont été mis au jour.

L’architecture militaire en ce lieu n’est pas due au hasard. Autrefois, « le front de mer était ici », révèle Seif, indiquant les encoches (toujours visibles) créées dans la roche par l’effet des vagues. La citadelle, qui s’était posée sur un promontoire rocheux, dominait la mer et offrait un poste d’observation stratégique. Et il y a tout lieu de penser qu’elle s’étendait à l’Est jusqu’au tell où une tour d’angle croisée a été découverte lors des fouilles menées, dans les années quatre-vingt-dix, par l’archéologue Leila Badr et son équipe de l’Université américaine de Beyrouth, signale encore le responsable à la DGA.
Côté ouest, au pied de la citadelle, coulait « une rivière ou talweg, qui se jetait dans la mer », ajoute Assaad Seif. On distingue très nettement les pierres charriées, il y a des siècles, par ce cours d’eau ainsi que la nappe d’eau qui s’est formée indiquant que la source n’a pas totalement tari. Quelques indices, dont les traces d’une herse (grille de fer coulissant de haut en bas), suggèrent qu’un pont-levis enjambait la rivière.
Les archéologues ont, d’autre part, identifié une salle fortifiée dont les murs en blocs de pierre alternent avec des fûts de colonnes en boutisse, datant de l’époque romaine tardive. Cette salle a révélé des traces d’incendie, indices de combats ou de destruction.

Afin d’installer un nouveau système portuaire, tout ce front marin a été asséché et remblayé par les Ottomans. Des structures de cette époque, dont les soubassements d’une caserne ou Echlé, y sont encore visibles. « Comprendre la dynamique de l’évolution de ce paysage est aussi notre objectif », relève le responsable à la DGA, ajoutant que « les sédimentations permettent d’en reconstituer les éléments principaux ».
Des négociations avec la société immobilière Solidere et des architectes-restaurateurs sont en cours pour intégrer ce lieu dans l’espace urbain et l’ouvrir au public, qui découvrira, par la même occasion, la marque de Solidere : un gros, très gros bétonnage, souvenir des travaux d’infrastructure occupe le site historique !




Réactions des internautes à cet article

- Comme dans toutes les fouilles de Beyrouth ouvrir l’espace urbain au public restera dans le monde des souhaits vu qu’ après quelques jours tout disparaitra et les nouvelles fondations effaceront la mémoire des vestiges de cette capitale devenue malheureusement une société privée ou tout lui appartient . Nazira.A.Sabbagha
Sabbagha A.Nazira

- Ces vestiges échapperont ils à la voracité des promoteurs?Telle est la question!Je crains de connaître la réponse...et vous?Pour des motifs financiers,bien sûr,mais idéologiques aussi...
GEDEON Christian

mardi 13 septembre 2011

http://www.jarayid.com/Lebanon/?gclid=CPvFj825iqgCFQEhfAodUxRpCw

mercredi 13 juillet 2011

Marcel Khalife artiste de la Paix

Adulé pour ses chansons poétiques populaires, il a été le porte-parole des heures troubles pendant les années de guerre au pays du Cèdre et dans les territoires palestiniens occupés. Nommé par l’Unesco «artiste de paix », il a longtemps entonné la cultissime «Ila Haifa,» ou «A Haifa», en hommage aux souffrances du peuple palestinien. Profondément humain, il a longtemps transmis des messages de paix, d’humanité et de justice, tout en chantant la femme et l’amour. Porte-voix des martyrs, des détenus dans les prisons arabes et des exilés, chacune de ses chansons est inscrite dans la mémoire collective. Ses œuvres inclusent les populaires «Rakwet Arab,» or «Arabic Coffeepot», un morceau célèbre de 1996 et les instrumentales «Marassi,» ou «Correspondances», «Touroukat wa dajij» or «Routes et bruit», «Fi Bali Oughina» ou «Une chanson dans ma tête», ou encore «Jawaz Safar» ou Passeport et la bouleversante «Oumi» ou «Ma mère».«L’ennemi ne peut pas nous forcer à chanter ce qu’il veut, dit-il, nous ne devons jamais arrêter de chanter pour la paix et l’entente». Rebelle charismatique et poète du peuple, il incarne l’audace subtile des guerriers sans armure. Ceux aux premiers rangs. A ne pas manquer mercredi soir.
http://www.lesoir-echos.com/2011/07/12/marcel-khalife-un-guerrier-sans-armure/

samedi 18 juin 2011

Narthex est une revue "bi-média" dédiée aux arts sacré

Narthex est une revue "bi-média" dédiée aux arts sacrés, au patrimoine, principalement religieux et à la création contemporaine.
Ce site internet vous informe sur la vie de l’art sacré sous tous ses aspects : architecture, sculpture, peinture, musique, littérature, cinéma…Les différentes rubriques Actualités, Agenda, Patrimoines, Créations, Vidéos et les Blogs sont régulièrement mises à jour pour vous permettre de connaitre toutes les nouveautés.
Les blogs d’experts hébergés par Narthex sont animés par des spécialistes. Ils se présentent selon un rythme suffisamment long pour apporter un contenu substantiel, et suffisamment court pour renouveler l’intérêt et aborder toutes les disciplines artistiques.
Narthex produit des numéros papier "hors-série" sur des thématiques spécifiques liées au patrimoine ou à la création artistique.
Le site internet de Narthex vous permet de laisser des commentaires sur tous les articles du site, c'est un espace de dialogue et d’échanges, de réactions et de débats.
http://www.narthex.fr/

Deir el-Qamar, un joyau architectural jalousement préservé

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18/06/2011 OLJ

La cour intérieure de la Kaïssariyeh (Césarée). Photo empruntées à l’ouvrage de Antoine L. Boustany, « Deir el-Qamar, une saga d’histoire et d’hommes »
La cour intérieure de la Kaïssariyeh (Césarée). Photo empruntées à l’ouvrage de Antoine L. Boustany, « Deir el-Qamar, une saga d’histoire et d’hommes »
Patrimoine Autrefois capitale du Mont-Liban, Deir el-Qamar est sans conteste l’une des rares localités libanaises ayant réussi à préserver son cachet particulier. Marquée de l’empreinte des émirs du Liban, les Ma’an et les Chéhab, la ville recèle de riches monuments illustrant des pages de l’histoire du Liban et un bien architectural d’une inestimable valeur. Le mercredi 22 juin, l’association Amar organise une exploration de cet héritage appartenant à la mémoire collective.

« Maintenir et valoriser le patrimoine de Deir el-Qamar », tel est l’objectif de l’association Amar créée en 2009 par Dina et Roula Bazergi, Dorothy Chamoun, Ama Tabet Délifer (présidente de l’association), Tania Honein, Micheline Madi, Marie-Anne Mallat (qui rénove de vieilles demeures et les aménage en maisons d’hôte), Nayla Rasamny, Dany Traboulsi et Neda Ziadé.
L’association œuvre aussi à mener une politique d’aide au développement humain et durable, et d’apporter son soutien, sous quelque forme que ce soit, à toute opération à vocation sociale, éducative ou écologique. Sa première action a ciblé le reboisement (par voie d’air) de la colline ravagée, en 2007, par un incendie de grande ampleur, qui avait englouti sous une épaisse fumée la ville de Deir el-Qamar, mis en feu certaines villas et carbonisé des voitures et des lignes électriques de haute tension. La même année, l’association devait organiser un dîner au Pavillon Royal du BIEL au profit des bourses scolaires pour les enfants des familles défavorisées. Puis, soutenue par le curé de la paroisse, le R.P. Marcel, elle a levé des fonds pour assurer les salaires de l’équipe de jour de la Croix-Rouge libanaise. À Noël, des paquets de « mouné » sont emballés pour les nécessiteux du village. En mai dernier, les recettes de « Mechwar wa hikayeh » – une balade sur les traces des princes Maan et Chéhab – ont permis de reboiser un pan de la ville et de planter des bacs sur la place Dany Chamoun. Pour renflouer ses caisses, Amar revient à la charge cette année avec une journée sur les pas des bâtisseurs qui ont fait de Deir « un musée à ciel ouvert ».

Pour cette édition 2011, prévue mercredi prochain (le 22 juin) en compagnie de guides professionnels, la Cité des émirs ouvre les portes de ses palais, ses églises, sa mosquée, ses musées et anciennes demeures. Sur la place Dany Chamoun, appelée autrefois al-Midane, la ville, vieille de plusieurs siècles, surgit fascinante, revêtant un attrait quasi magique... Au-dessus de la mosquée, construite en 1493 puis restaurée au XVIe siècle par l’émir Fakhreddine Maan 1er pour ses mercenaires musulmans, on aperçoit le souk des cordonniers qui comprenait autrefois 38 boutiques et ateliers, et se réduit aujourd’hui à quelques petits commerces. Plus haut, dans le palais de l’émir Younès Maan, frère de Fakhreddine II et commandant en chef de son armée lors de l’exil de l’émir en Italie en 1613, Michel Khattar a récemment installé une magnifique collection de 250 marionnettes dont plusieurs, en porcelaine, datent des années trente. Le 3e étage de cet édifice a été démoli par l’émir Youssef Chéhab (1770-1789), qui utilisa les pierres pour la construction de son sérail, un véritable joyau qui abrite la municipalité de la ville. Un peu plus loin, se dresse la Kaïssarieh (fin XVIe siècle), ou caravansérail destiné au commerce de la soie, et qui, de nos jours, accueille les manifestations culturelles organisées par la ville. Plus haut encore, se pose le kharj, une construction massive qui a servi aussi bien d’entrepôt pour les munitions (au XVIIe siècle) que pour stocker la farine distribuée aux soldats sous le règne de Béchir III Chéhab (1840-1842). Le bâtiment est actuellement occupé par la Mission culturelle française.
Quant aux bains, reconnaissables à leurs coupoles émaillées de tessons de verre, ils appartiennent au palais de l’émir Ahmed Chéhab. Ils ont été vendus après sa mort à Gergis Baz, alors ministre de Béchir II Chéhab. Construit en 1755, le palais fait face au sérail de l’émir Fakhreddine II Maan – devenu le musée de cire Marie Baz.
Avec ses façades percées de rosaces et de doubles fenêtres à ogives, ses « mandalouns », ses portes cloutées, ses arcatures sculptées, la polychromie de ses pierres et ses kiosques dominant les rues, la vieille ville compose un tableau digne des orientalistes. Un cadre d’une grande beauté, qui a habilité Deir el-Qamar à déposer un dossier pour son inscription sur la liste du Patrimoine mondial.
Cela dit, la visite ne sera pas complète sans un détour au palais de Nicolas el-Turk (poète de l’émir Béchir II), aujourd’hui maison de la famille de Fouad Ephrem el-Boustany ; au mausolée al-Kobeh, petit édifice de plan carré où reposent les dépouilles des émirs Ahmed Maan (1662-1697), Haïdar Chéhab (1706-1763) et son fils Mansour (1770) ; à l’église Notre-Dame de la Colline (Saydet el-Tallé), patronne de la ville ; ou encore dans les vieilles ruelles qui serpentent dans le creux des quartiers, comme au sein de l’histoire... C’est tellement tentant !
Pour tout renseignement concernant «Mechwar wa hkeyeh», prévue le mercredi 22 juin, appelez Amal Tabet Délifer au 03/622637, ou Roula Bazergi au 03/652888. Le départ du BIEL en pullmans est prévu à 10 heures.

M.M.
http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/708741/Deir_el-Qamar,_un_joyau__architectural_jalousement_preserve.html

lundi 2 mai 2011

قرية أبو قمحة هجرها معظم سكانها وصمدت كنيستها




عبرها مار جرجس وحوافر حصانه محفورة في صخرتها

كنيسة مار جرجس في أبو قمحة. الصخرة.
قرية أبو قمحة في منطقة حاصبيا، صغيرة المساحة ومنازلها لا تتعدى الثلاثين منزلاً، إلا ان جذورها ضاربة في عمق التاريخ.
ترك سكان ابو قمحة قريتهم الى مناطق لبنانية أخرى، ولم يبقَ مقيماً مفيها إلاّ القليل، إذ بالكاد أن تلتقي بأحدهم اذا قصدتها.

رغم وجودها الوادع في قلب ذاك الوادي المحاصر بأشجار الزيتون والسنديان، فمن نِعم الله عليها أن لها شفيعاً همو مار جرجس الذي حلّ فيها ذات يوم لأكثر من ألف عام، تاركاً أثراً لم تمحه السنون.

بنيت كنيسة مار جرجس في وسط قرية ابو قمحة منذ مطلع القرن الماضي، وأصبح شفيعها، يستجير سكانها به عند الشدة. أما التفاصيل، كما رواها لـ"النهار" مطران صيدا وصور وتوابعهما للروم الارثوذكس الياس كفوري، فهي، "ان الحملة الرومانية على بلادنا في تلك الحقبة من الزمن، كان يتقدمها شاب وسيم متحدر من عائلة كريمة تتمتع بالكرم والمناقبية العالية.

وصلت هذه القوة العسكرية الى وادي أبو قمحة، فاعترضت الخيل في الطريق الشديدة الانحدار صخرة ضخمة، فترجل هذا الشاب، الذي كان على رأس الحملة، عن حصانه وجرّه خلفه وعبر الصخرة، وإذ بحذاء الشاب ينطبع في الصخرة بعمق سنتيميترات عدة، وكذلك حوافر حصانه، ومرّا بسلام فوقها من دون بقية الفرقة.

هذا المشهد استوقف اهل تلك القرية آنذاك قبل أن يعلموا أن من حقّق هذه المعجزة هو مار جرجس نفسه". وكرت سبحة الزمان، وتم بناء كنيسة مع مطلع القرن الماضي سمّيت باسمه واصبح شفيع القرية.

كما روى مختار القرية الحالي راشد ابو راشد لـ"النهار" ان من احدى عجائب مار جرجس، "ان خليل زنقول رزق ولداً أعمى، فنذر كرم زيتون لوقف مار جرجس قبل العام 1925 اذا شفى له وحيده، وأعاد البصر اليه. وبعد اسبوع من هذا النذر، وأثناء رحلة للوالد ولابنه اسعد بين الكروم، وكانا يمتطيان دابة، صاح اسعد بوالده: من هو ذاك الخيال الذي يمر في الوادي بين الاشجار؟ فقال الوالد ما الذي تقوله؟ فقال له اسعد: انظر الى الوادي، فنظر الوالد الى هناك ليرى الخيال فعلاً، وبسرعةٍ نظر الى ولده فوجده مبصراً بعدما عاد النور الى عينيه، فعاد الى اهل قريته ليخبرهم بما حصل والايمان يغمر قلبه". هذه احدى معجزات كثيرة حصلت في قرية أبو قمحة ببركة مار جرجس.

فهل من اهتمام بهذه القرية وبتراث شفيعها مار جرجس الذي تركه مبصوماً ومثبتاً على تلك الصخرة المباركة؟
سعيد معلاوي

Annahar 30-4-2011



jeudi 17 mars 2011

Le Nouveau patriarche Maronite (2)

Si certains présentent Bechara Raï comme une figure modérée, d'autres soulignent qu'il peut être radical et combatif, que l'homme ne mâche pas ses mots et n'a pas toujours été un modèle de diplomatie. Le nouveau patriarche est également très attaché à la souveraineté libanaise et rejette les ingérences étrangères. Selon un connaisseur des affaires religieuses libanaises, monseigneur Raï, dont le patronyme signifie berger en arabe, est un homme très érudit, ne transigeant pas sur les principes, engagé dans le dialogue islamo-chrétien, mais aussi dans la défense des chrétiens d'Orient. Au début de l'année, après l'attentat contre une église copte à Alexandrie en Égypte, Mgr Rai avait appelé à la tenue d'un sommet islamique destiné à "clarifier la position réelle du monde musulman à l'égard des courants fondamentalistes qui s'attaquent aux chrétiens sous le couvert de l'islam". Soulignant que les chrétiens d'Orient sont en danger, il avait appelé "les régimes arabes à assumer leurs responsabilités" à cet égard.http://www.lepoint.fr/monde/un-nouveau-patriarche-maronite-au-liban-16-03-2011-1307016_24.php

Le Nouveau patriarche Maronite

Au Liban, le visage de Mgr Raï est loin d’être inconnu : ces dernières années, il est régulièrement monté au créneau pour défendre le patriarche Sfeir et l’Église maronite en général, souvent accusés de partialité dans les affaires politiques libanaises.

Opposées aux options politiques du cardinal Sfeir, des figures comme le général Michel Aoun ou le chef du mouvement Marada, Sleimane Frangié (petit-fils du président libanais), s’étaient fait une spécialité en attaquant le patriarche.

En 2009 par exemple, juste avant les élections législatives, Mgr Raï n’y était pas allé par quatre chemins : « L’Église ne suit aucune tendance politique. Et notre loi est catégorique : quiconque insulte ou diffame le patriarche sera puni d’excommunication ! »http://www.la-croix.com/Mgr-Bechara-Rai-nouveau-patriarche-maronite/photo2/2458465/4085

vendredi 25 février 2011

Le sort des maronites entre continuité historique et adaptation au changement


L’Orient Le Jour 24-2-2011
Ce que des siècles de liens théologiques, institutionnels et humains entre le Saint-Siège et l'Église maronite ont tissé a été consacré et rendu visible, hier, grâce à l'installation d'une statue de saint Maron dans une niche située sur le périmètre extérieur de la basilique Saint-Pierre de Rome, cœur de la chrétienté.
La fête de la communauté maronite réunie pour l'occasion aurait revêtu plus d'éclat si les grandes figures politiques maronites s'étaient décidées toutes à faire le déplacement. Mais non ! Ce que la politique a divisé, même saint Maron n'a pu le réunir. Certes, tous les courants politiques libanais étaient représentés dans la foule des officiels présents, le 14 et le 8 Mars étaient là, de Samy et Nadim Gemayel à Gebran Bassil et Youssef Saadé, sans oublier Tarek Mitri et Samir Frangié, mais on ne pouvait s'empêcher de regretter l'absence des grandes figures symboliques de ces courants et leur impossibilité à se hisser au-dessus des contingences politiques pour cette occasion unique en son genre.Ce fut quand même un moment joyeux. Sur le flanc nord de la basilique, battu par un vent glacial, les centaines de maronites venus vivre ce temps fort n'ont pas été frustrés de leur peine. La levée de voile sur la statue par le pape, les mots échangés, l'arrivée du patriarche, celle du président Sleiman et de son épouse puis celle de Benoît XVI, fragile comme une colombe avec ses cheveux blancs, n'ont n'a pas déçu les attentes, et la joyeuse cohue des Libanais a eu raison du protocole du Vatican. Le mystère de la statue et de son auteur, le sculpteur Marco Augusto Davignas, était levé.
De fait, l'œuvre se marie bien avec le style des statues déjà installées, plus proches des codes de la liturgie que des élans de la poésie. De plus, sa présence rassure, installée qu'elle est à quelques dizaines de mètres de la tombe de Pierre et figurant l'un des saints historiquement les plus proches des temps apostoliques.Pour une Église où le nom de Boutros est enchâssé comme un bijou entre le prénom et le nom de chacun des patriarches, cette consécration s'imposait presque naturellement. C'est maintenant chose faite.Une intrigante homélieLa cérémonie de levée de voile a été suivie d'une messe solennelle célébrée sur l'autel situé à l'arrière de la nef de la grande basilique. Présidé par le patriarche, l'office s'est tenu en présence du président de la République et de son épouse, du ministre des Affaires étrangères Ali Chami et d'une foule qui comptait de nombreux ministres et députés. Un turban se détachait de l'ensemble, celui de l'ambassadeur d'Iran auprès du Saint-Siège.L'homélie du patriarche, dépourvue d'allusions politiques, a quand même intrigué. Dans un historique de la fondation du patriarcat maronite, au VIe siècle, le patriarche a fait allusion à l'autonomie des décisions prises par ce dernier, dans la nomination des évêques, à une époque historique marquée par l'hostilité entre les Empires arabe et byzantin, et où les difficultés de déplacements et de contacts isolaient les régions les unes des autres durant deux, trois ou quatre décades. Beaucoup de fidèles ont vu dans cette évocation une allusion à l'anomalie de la situation actuelle de l'Église maronite, plongée dans l'incertitude quand à l'avenir du siège patriarcal, avec la démission que le chef de l'Église maronite a présentée au pape, l'attente de son acceptation par le Saint-Père et de la détermination d'une date précise pour la convocation d'un synode qui lui élirait un successeur. Mais ce point d'interrogation doit rester sans réponse pour le moment. Les évêques interrogés là-dessus conviennent, certes, que la situation est inédite, ils se plaignent de cette incertitude, où ils voient un signe de désorganisation, sans pour autant se risquer à aller plus loin. Pour sa part, le patriarche continue d'agir en chef, ses réparties prouvent sa clarté d'esprit et les réalisations de son long règne plaident plus que jamais pour lui.Au cours de la messe, le souvenir d'Antoine Choueiri a été évoqué avec émotion dans les intentions de prière. Sa grande famille, avec enfants et petits-enfants, a meublé les rangées réservées aux hôtes de marque, et pour cause : c'est à sa veuve, Rose Choueiri, qu'on doit l'effort financier colossal pour réaliser la statue de saint Maron, sculptée dans le plus pur marbre de Carrare. Près d'elle veillait, en première rangée, Michel Eddé, président de la Fondation maronite dans le monde, l'une des colonnes visibles d'une Église aujourd'hui répandue aux quatre coins du globe.DangersLa messe a été suivie d'un déjeuner offert par la Fondation maronite dans le monde dans un somptueux palais des fêtes de Rome, le palais Braccia.Ce fut l'occasion pour Michel Eddé, le patriarche Sfeir et le président Sleiman de prononcer trois allocutions significatives. M. Eddé a évoqué les deux grands dangers qui menacent les maronites, l'isolement qui les prive de leur message et la dilution qui menace le messager.M. Eddé a vu dans l'initiative du pape de concéder aux maronites l'une des niches de la basilique Saint-Pierre, la dernière de cette taille colossale, « une nouvelle espérance pour tous les Libanais, musulmans et chrétiens, y compris pour les maronites, qui ne peuvent oublier qu'ils sont le ferment, le levain du Liban et qui portent, en même temps, sa croix dans les moments d'épreuve » (lire ci-contre).PrimautéPour sa part, le patriarche Sfeir a évoqué les deux formes d'appartenance des maronites à leur communauté, l'une sociale et politique, « qui peut les diviser, disperser leurs forces, les affaiblir et limiter leur impact », et l'autre ecclésiale, « qui doit avoir la primauté, car c'est elle qui forme le trait d'union et le garant de notre unité et de notre destin, elle qui dissipe l'inquiétude qui nous étreint souvent ».Le patriarche Sfeir devait également souligner que « le lien qui rattache l'Église maronite au Liban est une composante importante de notre histoire et de la formation de notre Église, qu'il ne faut pas abandonner, mais au contraire qu'il faut raffermir, ce que s'efforce de faire la Fondation maronite dans le monde ».Le message du président, lui, était plus politique. « L'événement, a-t-il dit, témoigne de la continuité de l'Église maronite et de son enracinement historique. »Mais si cette Église s'est développée en dehors de tout cadre institutionnel, sa présence et son rôle sont rattachés aujourd'hui à l'existence de l'État et de l'entité du Liban, a-t-il ajouté. Et de souligner que si la fondation du Liban a été consensuelle, son développement l'a conduit à se heurter « à des changements internes et externes » auxquels les maronites n'ont pas su s'adapter, à défaut d'avoir su « faire évoluer leur système politique ».Ces obstacles et ce doute sur la capacité d'adaptation du système politique sont à la source des inquiétudes actuelles des Libanais, a-t-il ajouté en substance.Le chef de l'État a ensuite évoqué ce que pourraient être, selon lui, les quatre principes de cette évolution : le développement de la culture du dialogue et de l'acceptation de l'autre, la distance prise à l'égard du « jeu des nations » et de toute politique des axes, le rejet de tout système pouvant conduire à une dictature, y compris celle du nombre, et l'application intégrale de l'accord de Taëf, loin des « dysfonctionnements » qui ont marqué le fonctionnement des institutions depuis l'élection présidentielle de 2008 - en substance, l'accord de Doha.La quatrième conviction du chef de l'État est que « le sort des chrétiens du Liban, comme celui de toutes les autres collectivités de notre Orient, n'est pas lié à la logique de l'autoprotection ou d'une protection étrangère, ou aux capacités de ces collectivités à réunir les facteurs de force matérielle ou à se replier sur elles-mêmes et à s'isoler. Ce sort dépend de leur succès à se constituer en mouvements et régimes issus des Lumières, dans le cadre d'États justes et rassembleurs, garants des libertés publiques, forts contre le terrorisme et la corruption, soucieux du bien public sur base de la citoyenneté ».
Benoît XVI a béni hier le lever du voile sur la statue de saint Maron, installée dans une niche dans le périmètre extérieur de la basilique Saint-Pierre, au cœur de la chrétienté. Ce que des siècles de liens en tout genre entre le Saint-Siège et l'Église maronite ont tissé a été consacré hier.
Le sort des maronites entre continuité historique et adaptation au changementEddé : Les maronites ont conçu l’État moderne libanais comme un foyer de convivialité islamo-chrétienne

Saint Maron, « l’Araméen errant », s’installe à demeure au Vatican
Par Fady NOUN23/02/2011

Ils ont aimé l'Europe et l'Afrique, ils ont adopté l'Amérique, ils ont embrassé l'Océanie mais ils se sont toujours sentis chez eux à Rome. Au lendemain de la fête de la Chaire de Pierre, les maronites suspendent leur marche de 1 600 ans pour jeter un regard sur leur histoire et mettre une stèle dans la terre de Dieu.
Alors que, par centaines, des maronites du monde entier affluent à Rome pour la bénédiction, ce matin, par Benoît XVI, d'une statue de saint Maron installée dans une niche du périmètre externe de la basilique Saint-Pierre, Mgr Edmond Farhat, nonce apostolique, a trouvé lundi les mots justes pour parler de ce moment exceptionnel.Prenant la parole au cours d'une conférence à trois voix dans la chapelle de l'École maronite, Mgr Farhat a trouvé les mots justes pour dire la symbolique de l'événement. « Les fils du moine, les fils de l'Araméen errant devenus une nation, se rassemblent de toutes les parts du monde dans la « kadech », le sanctuaire de la chrétienté, la Ville éternelle, pour vénérer leur patron et fondateur. »Hier, toujours en prélude à la cérémonie, un concert de musique sacrée occidentale et orientale a été organisé dans une basilique romaine, sous la conduite du père Toufic Maatouk, de l'ordre antonin, et avec les deux solistes Samar Salamé et Ghada Chbeir. Le chef de l'État, arrivé à Rome en fin d'après-midi, y a assisté. L'apothéose de ces préparatifs est prévue pour aujourd'hui.« Au lendemain de la fête de la Chaire de Pierre, ils suspendent brièvement leur marche de 1 600 ans pour jeter un regard sur leur histoire et mettre une stèle dans la terre de Dieu; une statue, un "mémorial" dans le flanc de la basilique Saint-Pierre », a ajouté le nonce libanais, devant un parterre d'évêques maronites venus du monde entier, de séminaristes, de journalistes et de membres du corps diplomatique, parmi lesquels se distinguait l'ancien ambassadeur d'Italie, un ami du Liban, Gabriele Cecchia. « Cette stèle, ils ne la veulent pas comme un souvenir ; ni comme un signe de survie, a encore lancé Farhat. Ils la veulent comme un symbole de fidélité dans la foi et de persévérance dans la mission. Ce qu'ils dévoilent, ce n'est pas un bloc de marbre dur et sourd mais un mémorial de la fidélité à Pierre et une incitation à ceux qui la regarderont. ». « Partis de Brad, des rives de l'Oronte, les fils du moine anachorète ont laissé les plaines de Syrie, escaladé les montagnes du Liban, assaini les grottes d'Ilij, de Qannoubine et habité Kfarhay, Mayfouq, Dimane et Bkerké. Ils ont aimé l'Europe et l'Afrique, ils ont adopté l'Amérique, ils ont embrassé l'Océanie, mais surtout ils se sont sentis chez eux à Rome, sans jamais oublier leur origine et leur tradition (...). Maintenant ils font une pause, ils érigent une stèle. » Mgr Farhat a eu l'audace d'ajouter que « ce qui arrive aujourd'hui au Moyen-Orient est l'expression d'une soif de liberté et d'émancipation, une soif de vérité et de justice, une soif de transcendance, une soif de Jésus-Christ ». Une soif que les maronites sont invités à apaiser « en esprit de service et de leadership et en bannissant toute crainte ».Sfeir ovationnéAu passage, Mgr Farhat a fait ovationner le patriarche Sfeir, qu'il a comparé à un grand cèdre dont la neige peut casser une branche, mais jamais empêcher que les oiseaux du ciel ne trouvent à son ombre leur abri. Avec sa modestie habituelle, et un sens de l'humour qui ne le quitte jamais, le patriarche a répondu par des gestes de la main et des sourires au tonnerre d'applaudissements qui a suivi ces mots, alors même qu'il vit - dans l'inquiétude, la sérénité, l'espérance ? - ses dernières semaines de patriarche en exercice. Avec Mgr Farhat, ont pris la parole le père Abdo Badaoui, professeur d'art sacré à l'USEK, et le père Sarkis Tabr. Le premier a brossé une passionnante esquisse de l'histoire des maronites dont un diplomate français a dit que « leurs crosses sont en bois, mais leur cœur est en or ». Il n'a pas caché leurs souffrances sous les Mamelouks, qui ont brûlé leur patriarche et ses moines à Ilige, ni les massacres de 1860 où en l'espace d'une semaine, 360 de leurs villages ont été incendiés, ni non plus celles de 1975, début de la guerre des autres sur leur territoire. Le second a parlé de l'École maronite, à Rome, comme d'un « lieu privilégié pour le dialogue des civilisations et des religions ». On ne le redira jamais assez combien les maronites ont été des « passeurs » entre l'Orient et l'Occident.Une communauté éprouvée C'est hélas une communauté éprouvée, dans un Liban profondément divisé, qui accueille ce moment solennel. À la place d'honneur, certes, siégera le président Michel Sleiman, arrivé avec son épouse. Il y aura aussi, au premier rang, Michel Eddé, patron de la Fondation maronite dans le monde, à qui l'on doit le retentissement mondial de cet événement. On y verra des ministres et des députés, Samy et Nadim Gemayel (Kataëb) , Antoine Zahra (Forces libanaises), Gebran Bassil, Simon Abi Ramia et Alain Aoun (CPL), Youssef Saadé (Marada). Mais pour ces présences, combien de sombres absences ?Car s'ils sont capables du meilleur, dans leur courage et leur générosité, les maronites sont aussi capables du pire. Leur fougue, leur individualisme, leurs inimitiés peuvent leur jouer des tours. L'atmosphère de fin de règne entourant la décision du patriarche de se décharger de ses fonctions nourrit toutes sortes de conduites déplacées. Une sorte de léthargie ferme les yeux des élites, que rien ne semble pouvoir réveiller. La cérémonie s'adresse aux pasteurs d'abord, mais parmi eux, laïcs ou clercs, certains se vantent d'être des démolisseurs, qui ignorent que le déshonneur de la tête rejaillit sur tout le corps et précipite leur propre honte.Heureusement, le garant des maronites, l'esprit de prière, celle des petits et des grands, veille et demeure le tuteur de ce rosier sauvage. Aux canonisations et béatifications ayant marqué les deux dernières décennies s'apprête à s'ajouter la reconnaissance des vertus héroïques du patriarche Doueyhi qui, du fond de la Vallée sainte, a soumis à son intelligence l'histoire des maronites. Des maronites aussi bien à l'aise en Orient qu'en Occident, étant nés avant le grand schisme qui a déchiré l'Église. Dans la liberté des enfants de Dieu mais dans le désordre des enfants des hommes, ce n'est pas la pierre que célèbrent aujourd'hui les maronites, mais la foi d'airain née sous les intempéries de Syrie, les forges de l'errance puis les falaises abruptes de la Vallée sainte. Nul doute que cette foi dans la grâce prévenante de Dieu qui les a menés depuis 1 600 ans saura leur éviter « de finir dans la chair ce qu'ils ont commencé dans l'Esprit ».Demain, apprend-on, le chef de l'État sera reçu par le pape. Beaucoup mettent un espoir irraisonné dans une démarche de réconciliation qui aurait pour pivot la présence de députés de tous bords au Vatican.

Réactions des internautes à cet article

- Je voudrais trouver les mots justes pour remercier Fady Noun qui se montre ici notre digne porte-parole. Il est originaire de Michmich; je suis originaire d'un village proche; entre nos deux villages, N.-D. d'Ilij. Merci à vous Fady. Après les éloges décernés à nos ancêtres, vous n'avez pas tu les complicités du vieil homme qui ont toujours habité les Maronites et qui se manifestent aujourd'hui au grand jour. Puissions-nous accepter de nous convertir pour récupérer la fidélité à nos racines.Louis WEHBE

- Même si tous les chemins mènent à Rome, et à l'heure où les minorités du Moyen Orient sont entrain de déserter leurs pays, ne saurait-ce été plus utile d'ériger la stèle de St Maron au Liban et laisser le Vatican donner plus de confiance sur la foi chrétienne sur notre terre et prôner ainsi la réconciliation de toutes les confessions dans notre pays ?.Antoine SABBAGHA

- M. Sabbagha...oui...et non! parceque la stèle de Mar Maroun au Liban existe, qu'elle est insurpassable, majestueuse et indestructible...Elle est dans nos coeurs, dans notre foi(pour les croyants),et surtout inscrite à jamais dans les contreforts de la vallée de la Kadhisa, la Vallée Sainte...aucun monument, aussi gigantesque soit-il, ne rendra mieux hommage à Mar Maroun que ce que Dieu lui-même a créé(pour les croyants) et que ce que des générations ont bâti et sculpté dans la roche éternelle. Il suffit de tourner son regard vers ce mémorial qui raconte 15 siècles de Mar Maroun !Christian GEDEON

dimanche 6 février 2011

l-eglise-de-la-nativite-patrimoine-mondial

L'église de la Nativité, patrimoine mondial ?

LEMONDE.FR | 06.02.11 | 14h52
 
Un ouvrier palestinien nettoie les lustres de l'église de la Nativité, à Bethléem, en préparation des festivités de Noël.
Un ouvrier palestinien nettoie les lustres de l'église de la Nativité, à Bethléem, en préparation des festivités de Noël.REUTERS/AMMAR AWAD
L'Autorité palestinienne a annoncé qu'elle allait demander à l'Unesco de placer l'église de la Nativité, à Béthléem, sur sa liste du patrimoine mondial de l'humanité. "La vieille ville de Béthléem et l'endroit où est né Jésus sont parmi les sites les plus importants pour l'humanité", a déclaré Saeb Erakat, négociateur palestinien. "Les Palestiniens souhaitent partager leur patrimoine avec le monde".

L'Unesco, l'organe des Nations Unies consacré à la culture et à l'éducation, a établi une liste du patrimoine mondial, qui compte aujourd'hui 911 endroits ou monuments. En théorie, l'inscription sur la liste donne à la communauté internationale un certain droit de regard sur ces sites - sans véritables pouvoirs.
Un conflit avait opposé Israël à l'Unesco en novembre dernier, à propos d'un programme israélien de rénovation de la tombe de Rachel - appelée mosquée Bilal bin Rabah par les Palestiniens. L'Unesco avait alors dénoncé une violation de la loi internationale, le site "faisant partie intégrale des territoires palestiniens occupés". Israël contestait également la dénomination retenue par l'organisme onusien pour désigner le site, "la mosquée Bilal Bin Rabah-tombe de Rachel à Bethléem".
Le Monde.frhttp://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/06/l-eglise-de-la-nativite-patrimoine-mondial_1475953_3218.html#xtor=RSS-3208

dimanche 14 novembre 2010

الترخيص لأبرشية بعلبك بإشغال دير مار مارون على ضفاف العاصي وتأهيله 

Mgr Atallah celebrant la messe a Mar Maroun Hermel

Couvent de Mar Maroun Al-Assi Hermel- Liban

Mar Maroun Al-Assi Hermel
مغاور وصوامع تستعيد تاريخ الموارنة عبر السياحة الدينية بين وديان الآثار القديمة لحضارة كتبت تاريخها بدم شهادة تلاميذ مار مارون (350 راهباً)، ووسط هضاب تخفي بين احشائها قصصا وحكايات عن آلام وعذابات ابي الطائفة المارونية مار مارون، يتكىء دير مار مارون على ضفاف نهر العاصي على ارتفاع مئة متر عن الضفة الشرقية للنهر في محاذاة نبع عين الزرقاء لتشرف على منحدر شديد ينتهي في أسفل الوادي يقاوم الزمن لنرى من خلاله عصور القهر والترحيل في حق الموارنة في هذا الشرق استنادا الى مراجع وكتب ‏التاريخ،
 وقد اعتاد الباحثون والمؤرخون لتاريخ الموارنة ان يذكروا الدير في كتبهم الذي يعد بحق مهد المارونية، وتعتبر نشأة الفطرة ‏المارونية متجسدة منذ البداية في المعتقد الخلقيدوني الكاثوليكي والفكر اللاهوتي ‏الإنطاكي.
 ترخيص رسمي
 يحمل الدير الذي ذاق الاضطهادات وأخرج تاريخ مسيحيي الشرق، وخصوصا تاريخ الموارنة، عبق الماضي والتراث المهمل وآثار اضحت أثرا نتيجة الاهمال وعدم الاهتمام بهذا الكنز الديني والتأريخي.
 وهــــو يعود اليوم رسميا الى أبرشية يعلبك –دير الاحمر المارونية عبر المرسوم رقم 4733 الصادر في العدد 38 من الجريدة الرسمية تاريخ 12/8/2010 الذي يعطيه الحق باشغال كامل مساحة العقار رقم 7 البالغة 8423 مترا مربعا من منطقة دير مار مارون العقارية – قضاء الهرمل، والاعتراف به محجة دينية مقدسة ليحكي قصة المارونية ويعيد مجدها الضائع منذ القرن الرابع للميلاد حيث لجأ القديس مارون وتلاميذه الرهبان الشهداء اليه قبل أن ينتقلوا إلى قورش.
فهل سيعود البريق الى الدير الذي تآكلت جدرانه بسبب إهمال صيانتها وترميمها لعقود عدة؟
مغارة وصوامع
يتألف الدير، بالاضافة الى المغارة الطبيعية، من غرف عدة تتدرج على ثلاث طبقات ذات جدران مبنية من الطين تحمل نوافذ وقمريات اي فتحات عمودية ضيقة كان الرماة يستخدمون بعضها للرمي بالقوس، وامتد السكن الى المغاور المحيطة حيث أُنشئت صوامع، فأصبحت المغارة ديرا للصلاة والعبادة لا يمكن الوصول اليه الا من خلال التسلق.
 ورغم الخصائص السياحية التي يتميّز بها العقار الغني بالمياه والخضركونه يقع قرب منابع نهر العاصي، الا أنه لا يزال بعيداً من المشاريع السياحية والتنموية وهو امر غير مقبول في بلد يدرك اهمية السياحة الدينية، نظراً الى ما يحتويه الدير من اجل من كنز اثري ديني وتاريخي.
ولوضع احجار الزاوية لتجديده واعادة ترميمه بعد 1600 سنة على بنائه وتعرضه من جيل الى جيل لمحاولات الهدم والاضمحلال، وضعت ابرشية بعلبك في سلم اولوياتها اســـتعادة الدير قبل اعوام طويلة ضمن الرصيد الأثري الديني الثري. والذي سهل على الابرشية مهمتها الشاقة في اشغال العقار ضمن اطار ديني تاريخي في محاولة ترمي الى تشجيع السياحة الدينية، وإبراز دوره كمهد للمسيحية وتسليط الضوء عليه بغرض مساعدة مسيحيي لبنان على الاستمرار في التمسك بأرضهم مع اخوانهم المسلمين من اجل تثبيت تاريخ المنطقة، لان لا احد يستطيع انكار تاريخها وفي العيش المشترك وتفاعل الثقافات وهذا ما يبني السلام وفق راعي ابرشية بعلبك – دير الاحمر المارونية المطران سمعان عطالله.
واضاف: "ما يهم الابرشية هو العمر التاريخي لهذه المباني الذي يحدد عمقها التراثي الديني والأثري. فتاريخنا ورسالتنا محفوران في جدران الدير، ولا احد يعلم لماذا اصبح فراغاً. وتتضمن خطة الابرشية صيانة الموقع والمحافظة عليه كي تعود الحياة الى المنطقة ونبعد تالياً الفكرة السائدة عند الناس ان بعلبك هي في آخر الدنيا. نحن قرأنا في التاريخ ان سهل البقاع كان اهراءات روما، فلنعمل على مشاريع لاعادة البعد الانساني والبيئي وهي غنية جدا".
ملكية وعقبات وعن ملكية العقار، قال المطران عطالله: "العقار كان في البداية في يد آل دندش ثم انتقل الى اسد الاشقر ووريثه النائب السابق غسان الاشقر من دون معرفة كيفية الانتقال اذا كانت هدية او غير ذلك. ومع مرور الوقت، لم يعرف آل الاشقر كيف يتصرفون بالعقار، فعرضت بقايا الدير على البطريركية ليكون مكاناً دينياً في مقابل سعر باهظ ولم ينجح الامر، وعينت انذاك من آل الاشقر لمتابعة الامر الا ان المساعي باءت بالفشل. وعند تعييني راعي الابرشية، كانت من اولوياتي استعادة الدير ليكون اهلا للبقاء والحضارات على الصعيد المسيحي الواعي وتعليمهم الابعاد الدينية، بعيدا من العصبية، خصوصا ان المحبة بين الجميع هي اساس الديانات". واكد انه "كان ثمة عقبات امام الابرشية واهمها المبالغ الباهظة التي وضعت لتملك العقار من دون اي مساعدة من احد، الا ان يد الله ساعدت من خلال وجود ينابيع المياه داخل العقار فتعود ملكية العقار قانوناً الى الدولة". اضاف: "بعد مناقشة الامر مع المعنيين، انطلقنا في استثمار الابرشية للعقار بالطرق القانونية كأبناء تحت رعاية دولة القانون والمؤسسات بعيداً من اعوام الفوضى"، لافتاً الى اهمية المشروع سياحياً، ومناشداً وزارة الثقافة والمديرية العامة للآثار للتعاون مع الابرشية، على ان يكون لدى الناس حس احترام التاريخ والانسان الذي صنع التاريخ والمحافظة عليه. ويتضمن المشروع الى جانب ترميم الدير انشاء مكان للصلاة وصالة لاستقبال الزائرين وغرف لافراد حماية الدير وتأمين طريق للوصول اليه. والخطوة الميدانية الوحيدة التي قامت بها الابرشية بعد صدور القرار في الجريدة الرسمية، هي ارسال مهندس مساحة لترسيم حدود العقار، علماً ان الدير يحتاج الى مؤرخين ومهندسين يعيدون وجه هذا الموقع الى ما كان عليه، وهي المرحلة الاصعب كونها تتطلب المساعدات التقنية من مديرية الآثار والدعم المالي من كل الجهات.
 annahar 14-11-2010 بعلبك – من وسام اسماعيل

lundi 9 août 2010

نهر العاصي وانماء الهرمل


نهر العاصي وانماء الهرمل
حسن شقراني
Al-Akhbar 16-6-2010
يشترك لبنان وسوريا وتركيا في السلطة على نهر
العاصي، إلّا أنّ البلد الأوّل، حيث المنبع، لا يجد المدخل المناسب لاستغلال طاقته الهائلة. وهذا المدخل يتصل، على الأرجح، بتصحيح العلاقات مع دمشق، وطمأنتها في شأن استغلال هذا المورد الثمين، الذي استحقّ اسمه على مرّ القرون، فمنذ ألفي عام وهو يعاند الجاذبيّة بغزارته، روى زراعات الإمبراطوريّة الرومانيّة وأطعم نصف العالم
500 كيلومتر هي المسافة الكليّة التي يقطعها نهر
العاصي من منبعه في منخفض عين الزرقا، الواقعة بين الهرمل واللبوة، يمضي على الأراضي اللبنانية لمسافة 25 كيلومتراً، ثمّ يقطع 450 كيلومتراً في سوريا، ليلقي حمولته المائية في بلاد أتاتورك.
وعلى الرغم من أهميّة هذا النهر كمورد مائيّ، لم يعمل لبنان على استغلاله، علماً بأنه وقّع وسوريا في عام 1960، اتفاقيّة تحكم عملية تقاسمه واستثماره، ووفقاً لبنودها التي صاغها الخبراء حينها، حصل لبنان على 20% من المياه الإجماليّة التي تمرّ في لبنان سنوياً، والبالغة 400 مليون متر مكعّب بالحدّ الأدنى، وفقاً لما يوضحه رئيس قسم الاقتصاد في جامعة «
AUST»، بسّام همدر.
وبعد 34 عاماً، جرى تعديل بنود هذه الاتفاقية، إلا أنّ حصّة لبنان بقيت عند الخُمس، ولم تُفرض تغييرات ملموسة سوى في ما يتعلّق بحفر الآبار الجديدة على ضفّتي النهر في الأراضي اللبنانيّة: إذ بات الحفر ممنوعاً بعد عام 1994، مع إبقاء الآبار التي حفرها المزارعون في السابق.
منذ ذاك الوقت رُسمت علامات استفهام عديدة حول مدى رغبة حكومة لبنان في الاستفادة من الحصّة المحدّدة في الاتفاقية، ومدى إمكان تطوير مشاريع خاصّة على النهر المثير للجدل، تجعل لبنان مستفيداً من تلك المياه على أصعدة كثيرة، بينها الكهرباء.
فقد أعدّ دار الهندسة في عام 2004، دراسة متكاملة خاصّة بكيفيّة استغلال مياه
العاصي، تقضي بإنشاء سدّ يرتفع 655 متراً لاستغلال خيرات النهر، وعُرضت تلك الدراسة على الوزارة المعنيّة، غير أنّها بقيت من دون أيّ قرار.
ويوضح همدر، أنّ أصحاب القرار استبدلوا مشروع السد الكبير بآخر صغير يرتفع 65 متراً، وهو يؤمّن المياه فقط لمنطقة القاع ورأس بعلبك، وجزء صغير جداً من منطقة الهرمل، علماً بأنّ زراعات مهمّة تتركّز في هذه المنطقة، وهي بحاجة فعلية إلى مصادر للريّ.
وبحسب مصادر مطّلعة فقد واجهت مشروع السدّ الكبير مشكلة كبيرة، فالمعطيات حتّى الآن تشير إلى وجود «قلق سوري» من إمكان أن يتخطّى لبنان حصّته من المياه إذا جرى إنشاء سدّ بهذا الحجم.
ويبدو أنّ الامور لم تُطرح طرحاً شفّافاً بين الطرفين لكي يجري التوافق على إطلاق المشروع ليستفيد لبنان من منافعه الكثيرة. ولهذا يبقى الملفّ عالقاً مع تستّر على تفاصيله، وعلى أسباب تأخّر المباشرة بالمشروع المذكور.
وعلى الصعيد الاستراتيجي يمكن تبرير خوف السوريّين عندما يتعلّق الأمر بمورد كالمياه، وخصوصاً أنّ المؤشّرات السوريّة على هذا الصعيد تعدّ مبعث قلق، ولا سيما بعد قضيّة الخلاف مع تركيا في هذا الإطار. فلمدّة 10 سنوات بقي سوء التفاهم بين أنقرة ودمشق قائماً في شأن تأثّر سوريا بسدّ أتاتورك. ولم تُحلّ هذه العقدة سوى أخيراً.
ومن الصعب جداً أن تترك سوريا نفسها محشورة على صعيد المياه، وخصوصاً مع لبنان، حيث تعدّ مياه نهر
العاصي حاجة أساسيّة ورئيسيّة لها بحسب مطّلعين على هذه المسألة.
وفي المقابل، يتّضح من الأرقام العلميّة المقدّمة أنّ للسدّ منافع قد تبدو خياليّة للبنان. فحين تُرفع المياه لأكثر من 650 متراً فوق سطح البحر، يصبح ممكناً ريّ 7200 هكتار من المساحات الزراعيّة، أي ما يمثّل حوالى 35% من المساحة الإجماليّة البالغة 21 ألف هكتار.
وستكون للمزارعين إفادة إضافيّة إذ ستؤمّن غزارة المياه من على هذا الارتفاع الاستغناء عن محرّكات ضخّ المياه، وتوفّر كلفة المازوت المترتّب على هذه العمليّة.
ووفقاً للتقديرات التي يوردها بسّام همدر، فإنّ السدّ سيؤدّي إلى تبخر 6 آلاف متر مكعب من المياه سنوياً، ما «يخلق جنّة خضار حول النهر على مدار السنة».
أمّا القضيّة الأكثر أهميّة، فهي تتعلّق باستغلال ضغط المياه المتراكمة لتوليد الطاقة الكهربائيّة. إذ إنّه وفقاً لدراسة دار الهندسة نفسها، التي وضعها نزيه طالب، يمكن استخدام 4 توربينات ضخمة لتوليد الطاقة: في المرحلة الأولى تغطّي الطاقة المولّدة كل منطقة البقاع، وفي المراحل المتقدّمة يصبح لبنان مصدّراً للطاقة إلى سوريا وتركيا والأردن، وفقاً لما يوضحه بسام همدر، الذي يشير إلى مشكلة الطاقة، التي يعانيها لبنان منذ أكثر من 30 عاماً، والتي يمكن أن تنتهي بإنشاء السدّ.
وحالة الركود التي تسيطر على مشاريع لبنان الملقاة جانباً في ما يتعلّق بالسدّ، هي نفسها التي تحكم «التفاتة الدولة إلى منطقة
العاصي عموماً» يقول همدر. فعلى ضفاف النهر نشاطات اقتصاديّة عديدة من مقاه ومطاعم. كذلك هناك نشاطات رياضيّة مثل الـ«Rafting» والـ«Canoe Riding»، كما هناك الأعمال المتعلّقة بتربية سمك الترويت، حيث يصل إنتاج المنطقة من هذا السمك إلى 500 طنّ سنوياً، وكلها مهملة على الصعيد الرسمي.
إذاً فقضيّة
العاصي بين لبنان وسوريا عالقة عند طموحات التطوير لدى البلد الأوّل، ومخاوف فقدان الحقوق لدى الثاني، ولهذا السبب لا بدّ من معالجة دقيقة وسريعة لهذه المسألة، وخصوصاً أن للبنان مشاكله الخاصّة في ما يتعلّق بمؤشّرات المياه عموماً.
فبحسب الدراسات التي أعدّها برنامج الأمم المتّحدة للتنمية (
UNDP) تراوح بين 1500 متر مكعّب و2000 متر مكعّب سنوياً الكميّة التي يحتاج إليها الفرد «لكي يعيش حياة صحية ونظيفة ونقيّة». وفي لبنان يتراجع ذلك المعدّل إلى 1460 متراً مكعّباً سنوياً. أي أقل من الحدّ الأدنى للمعدّل العالمي.
وبهدف المقارنة يورد بسام همدر معدّلات مسجّلة في بلدان العالم: 120 ألف متر مكعّب سنوياً في كندا، و27 ألف متر مكعّب في أميركا اللاتينيّة. وفي المقابل يصل المعدّل في الأردن إلى 300 متر مكعب سنوياً، وفي غزّة إلى 57 متراً مكعّباً سنوياً.







الوزير فادي عبود تفقد دير مار مارون الاثري على العاصي


جال الوزير فادي عبود يرافقه النائب اميل رحمة على عدد من المواقع السياحية والاثرية في قرى البقاع الشمالي وكانت له محطات في
بلدات جديدة الفاكهة وراس بعلبك والقاع، وتفقد دير مار مارون عند نبع العاصي حيث كان في استقباله رئيس اتحاد بلديات الهرمل مصطفى طه. واعتبر عبود أن "الوقفة عند مغارة مار مارون تعيدنا الى 1500 سنة من التاريخ، فتاريخ المسيحية المشرقية يبدأ من هنا وسنعمل على تحويل هذه المغارة محجا يؤمه الناس من مختلف الطوائف، ففي هذه المنطقة حياة مشتركة، ولتكريس هذه الحياة نوجه رسالة للسلطات الدينية والزمنية التي امثل". وقال "المطلوب ان تلقى هذه المنطقة اهتماما اكثر لأنها منطقة سياحية"، ودعا الموارنة إلى "زيارة هذه المنطقة لانها المحطة الاولى لدخول الموارنة الى لبنان". وتوقع أن يكون الموسم السياحي هذه السنة "جيدا وواعدا وافضل موسم في تاريخ لبنان، وقد زاد بنسبة 30 في المئة عن الاعوام السابقة، والسياح العرب لم يعودوا يردون على شائعات العدو الصهيوني".