vendredi 29 mai 2015

Lebanese Diaspora Energy. 1 000 émigrés de 73 pays

Lebanese Diaspora Energy. 1 000 émigrés de 73 pays



Ils étaient plus d'un millier, venus de 73 pays des quatre coins du monde, à répondre présents à la conférence Lebanese Diaspora Energy de 2015, organisée par le ministère des Affaires étrangères sous la houlette du chef de la diplomatie, Gebran Bassil, du 21 au 23 mai à l'hôtel Habtoor.

La grande salle de bal était pleine à craquer ce jour-là. L'émotion était palpable, ainsi que la chaleur humaine et la flamme qui brillait dans les regards de ces émigrants, venus des confins de la terre, pour retrouver le Liban. Pour certains, c'était la terre où ils sont nés et qu'ils ont quittée depuis de nombreuses années. Pour d'autres, c'était la terre de leurs ancêtres, le pays dont on leur avait tellement parlé et dont la musique et les comptines ont bercé leur enfance. On entendait évidemment parler l'arabe, mais en circulant parmi les groupes on entendait aussi l'espagnol, l'anglais ou le portugais. Ils étaient tous heureux d'être là, malgré la longueur du voyage et la distance parcourue. Ils sont venus de très loin, d'Amérique latine, des Etats-Unis, d'Australie, mais aussi d'Europe et des pays arabes.
La délégation brésilienne compte 70 personnes dont six sénateurs et la mexicaine 45 personnes. Des Libanais qui appartiennent aux première, deuxième, troisième et quatrième générations d'émigrés. Le ministère a adressé les invitations aux ambassades qui les ont, à leur tour, dispatchées. Toutes les personnes venues au Liban ont payé elles-mêmes leurs billets d'avion et leur séjour à l'hôtel. Une preuve de leur attachement au Liban. Le ministre Gebran Bassil a personnellement contacté des centaines de personnes pour les presser de participer à cette manifestation. «Cette conférence a deux buts, celui de permettre aux émigrés de tisser des liens entre eux et aussi de placer le cadre adéquat pour les encourager à entamer des projets de coopération et d'échanges avec le Liban», confie un responsable. Tous ceux, à qui nous avons eu l'occasion de parler, ont témoigné de leur gratitude à l'égard de Bassil, confiant que pour la première fois dans les annales de la diplomatie libanaise une attention s'est manifestée envers les émigrés. «Pour la première fois, nous nous sentons concernés, comme si l'Etat libanais se souvenait enfin de nous».
Chacun des présents a une histoire et celles-ci ont un dénominateur commun, une «success story». Ils ont tous quitté le pays en quête d'un avenir et d'une vie meilleurs. Et ils ont tous réussi. Certains sont devenus de brillants diplomates, des ministres, des députés, des hommes d'affaires sur leurs terres d'accueil. Pendant trois jours, nombre d'entre eux ont raconté leurs histoires, partagé avec ceux qui sont restés leurs succès et leurs exploits au-delà des frontières. Souvent partis de rien, ils ont amassé de grosses fortunes et sont devenus des notoriétés. Aujourd'hui, ils sont là au chevet de leur pays d'origine, apportant leur expérience et leur savoir-faire pour le sortir de ses difficultés.
L'objectif principal de cette conférence est de mettre en valeur le succès des expatriés libanais, de les encourager à rester connectés à leur patrie, en célébrant le patrimoine libanais de manière à promouvoir une image positive du Liban dans le monde.
 

Témoignages émouvants
Pendant trois jours successifs, plus de 250 personnes ont parlé de leur expérience, raconté leur histoire. Chacun avec ses mots, chacun à sa façon. Maître de cérémonie de la séance d'ouverture, Georges Cordahi a précisé que cet «événement n'est pas un congrès mais de grandes retrouvailles». S'adressant aux émigrés, le ministre Gebran Bassil a déclaré: «Vous êtes les apôtres et les messagers du Liban, que vous avez porté dans votre cœur et dans votre conscience. Nous nous retrouvons aujourd'hui pour écrire un nouveau chapitre de l'histoire du succès du Liban. Nous nous retrouvons pour vivre notre identité libanaise sur le sol libanais. Nous avons conservé notre identité dans nos cœurs, dans notre sang et dans nos racines. Personne ne peut nous l'arracher, car elle est inscrite dans notre ADN. Celle-ci se renforce par la langue, l'acquisition de terrains et le recouvrement de la nationalité libanaise. Je ne vous promets pas de répondre à toutes les questions,  mais je vous promets de vivre le rêve». Il s'est engagé aussi à faire pression pour l'adoption de la loi permettant aux émigrés de retrouver leur nationalité d'origine. «Grâce à vous, la superficie du Liban n'est plus de 10 452 km2, mais elle est celle du monde et ceci nous a inspiré le slogan: le monde est notre frontière».
Premier à prendre la parole, Thomas Barrack, executive chairman de Colony Capital. Il gère une organisation répandue dans 14 villes dans 10 pays. Président de Miramax films, il a servi dans l'Administration américaine du président Ronald Reagan. Nassim Taleb, visiblement très ému de parler, s'est exprimé en anglais. «J'ai quitté le Liban depuis plus de 40 ans et je n'ai plus l'habitude de parler en arabe», a-t-il commencé, avant d'affirmer que «la force des Libanais est de savoir comment traiter avec le chaos». Il a confié venir six fois par an au Liban et se rendre directement dans son village, Amioun.
Venant d'Afrique du Sud, un brillant homme politique, Michael Louis, a voulu rendre hommage à sa grand-mère libanaise qui lui a appris à prier. S'inspirant d'une leçon que le président Nelson Mandela lui a apprise, il s'est adressé au public disant: «Ne regardez pas ce qui vous divise. Regardez ce qui vous unit. Aucune personne ne naît sachant haïr. C'est par la suite qu'on apprend à haïr. Et si on peut apprendre à haïr, on peut alors apprendre à aimer».
Très émouvante fut l'intervention du professeur Philippe Salem, venu spécialement de Houston et toujours attaché à ses racines libanaises. Il a commencé son allocution estimant que si l'on va à Beyrouth, on va dans le monde. «Pour préserver le patrimoine, il faut sauvegarder la langue en créant des écoles libanaises dans les pays d'émigration pour apprendre la langue et connaître le patrimoine». Et c'est, sous une salve d'applaudissements, qu'il a terminé par ces quelques mots qui en disent long: «Je vous rappelle que vous appartenez à un peuple qui a beaucoup de fierté et d'orgueil. Quarante ans de guerre et on n'a jamais vu un mendiant libanais dans les rues de Damas, de Amman, de Paris, de Londres ou de New York. Quarante ans de guerre et on n'a jamais vu un réfugié libanais vivant de la charité des organismes internationaux dans un camp de réfugiés». 

Joëlle Seif

La République de Bassil
Malgré le franc succès réalisé par le congrès Lebanese Diaspora Energy, sans aucun doute il fut aussi largement controversé et de nombreux diplomates et hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères ont boycotté cette conférence. Plusieurs critiques ont été adressées au ministre Gebran Bassil et à son équipe qui ont écarté de l'organisation de nombreux responsables. Les proches du ministre Bassil ont mis ces critiques sur le compte de «simples différends politiques», alors que d'autres y ont vu un dépassement de ses prérogatives, mettant l'organisation de cette conférence de haute importance, à sa propre équipe, dont certains membres ne font même pas partie du corps diplomatique. Un haut responsable du ministère des Affaires étrangères a même déclaré que cette conférence était «illégale et non conforme à la loi», car elle a été organisée en dehors du cadre de l'administration, par une association patronnée par le ministre Bassil et qui est passée outre la direction des émigrés et le département de l'organisation des congrès. A tel point que le ministre de la Santé, Waël Abou Faour, a déclaré en arrivant en retard au Conseil des ministres: «J'ai quitté la république de Gebran Bassil pour venir à la République libanaise. Ce ministère appartient à l'Etat libanais et non à Gebran Bassil. Lorsque la direction est écartée de l'organisation, Bassil n'a plus le droit de dire que cette conférence est organisée par le ministère des Affaires étrangères». L'une des plus vives critiques adressées à Bassil a porté sur le caractère chrétien qu'a revêtu cette conférence organisée en collaboration avec l'Association maronite pour l'émigration et la Ligue maronite.   









Envoyé de mon Ipad 

Irak : Sauver le patrimoine que Daech essaie de d

Irak : Sauver  le patrimoine que Daech essaie de détruire 



 Najib, de la mission dominicaine de Mossoul : "Ce que nous essayons de faire, c'est de sauver le patrimoine que Daech essaie de détruire"

A l'heure où Daech se livre à une démolition culturelle méthodique de l'Irak et de la Syrie et à l'occasion de l'exposition "Mésopotamie, carrefour des cultures" qui se tient jusqu'au 24 août 2015 aux Archives Nationales, retour sur le sauvetage de 8000 manuscrits en syriaque, en araméen et en arabe faisant partie du trésor du patrimoine irakien par la mission dominicaine de Mossoul.


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A l'heure où Daech se livre à un nettoyage culturel méthodique de l'Irak et de la Syrie, détruisant non seulement les trésors du patrimoine pré-islamique, antique, juif et chrétien, mais aussi musulman jugé idolâtre ou hérétique, il fait bon entendre le père Najib raconter le sauvetage opéré par la mission dominicaine de Mossoul. "Le berceau de la civilisation devient aujourd'hui le berceau de la violence, dit-il d'une voix douce mais ferme. Ce que nous essayons de faire, c'est de sauver le patrimoine que Daech essaie de détruire." Et ce ne sont pas moins de 8000 manuscrits en syriaque, en araméen et en arabe : traités de droit, de médecine, de grammaire, recueils de poèmes, homélies, évangiles ou corans, que lui et son équipe sont parvenus à sauver.

Une vraie épopée, mais aussi un travail de longue haleine.

Né à Mossoul dans une famille assyro-chaldéenne en 1955, Michail Najib décide à l'âge de 24 ans de prendre l'habit des frères prêcheurs. Il troque alors les forages pétroliers auxquels il se destinait pour la mise en valeur des manuscrits de la bibliothèque de son couvent. Les années passant, son activité s'étend aux églises et monastères du voisinage. La présence chrétienne en Irak remonte aux disciples de l'Apôtre Thomas. C'est dire si elle a eu le temps de fertiliser les terres du Tigre et de l'Euphrate. L'archéologie, l'apprentissage des langues orientales, la collecte de manuscrits font depuis 1750 où elle s'est établie dans le pays partie intégrante de la mission dominicaine. Fort de cet héritage, le père Najib fonde en 1990 le Centre Numérique des Manuscrits Orientaux. Son but : collecter, restaurer, numériser et cataloguer l'ensemble du patrimoine religieux écrit de la Mésopotamie. Son équipe, formée de dix personnes : deux religieux et huit laïcs, acquiert bientôt une renommée internationale et reçoit en 2009 le soutien technique et financier de moines bénédictins du Minnesota.

image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/u72355/2015/05/preval2.jpg


Mais à partir de la chute de Saddam Hussein, en 2003, la situation se dégrade. "Au départ, nous cherchions à protéger les manuscrits des méfaits du temps. Aujourd'hui, la menace principale, ce sont les islamistes. " C'est alors une véritable course contre la montre qui s'engage. En 2007, suite à une vague d'attentats contre les églises chrétiennes et après avoir reçu des menaces personnelles, le père Najib doit quitter Mossoul pour Qaraqosh, à une trentaine de kilomètres. Il y installe ses studios et accélère la collecte et la numérisation des manuscrits. Lorsqu'il apprend la prise de Mossoul par Daech, en juin 2014, il transporte à nouveau ceux qu'il nomme ses "enfants" dans un camion pour les mettre en sûreté près d'Erbil, au Kurdistan.
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Envoyé de mon Ipad 

jeudi 28 mai 2015

Sur les traces des premiers chrétiens d’Orient à Qannoubine - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour

Sur les traces des premiers chrétiens d'Orient à Qannoubine - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour
Sur les traces des premiers chrétiens d'Orient à Qannoubine -
27/5/2015- Rania Raad Tawk

Le seul nom de Wadi Qannoubine, ou vallée de la Qadisha, est synonyme de havre de paix, de sérénité, de spiritualité, et même de sainteté pour les chrétiens. Des milliers de maronites ont passé une grande partie de leur vie ancrés dans ses rochers suspendus entre ciel et terre, se rapprochant ainsi, selon eux, du Créateur, qui ne peut qu'être glorifié et remercié pour ce décor divin au parfum d'encens.

Qadisha signifie littéralement saint en syriaque. Et la sainteté, « ça se sent et ça se vit, dans le silence et à chaque moment de notre vie », selon l'organisateur et guide du pèlerinage entrepris dimanche dernier, le père Hani Tawk. Ce prêtre maronite, fortement enraciné dans ses origines, a rassemblé 265 pèlerins, entre journalistes, photographes, comédiens, chanteurs, etc., accompagnés de leurs familles et de leurs amis, pour marcher ensemble sur les pas des anciens, ces premiers maronites, qui ont versé leur sang afin de sauvegarder les rituels, l'histoire, la tradition et le patrimoine de leur église dans cet Orient sans cesse tourmenté par les invasions et les persécutions des chrétiens.

Le site est situé au bas du mont Makmel, une vallée creusée au pied du plus haut sommet de la chaîne libanaise de Qornet el-Saouda (3 083 m), au nord du pays, entre 900 et 1 900 m d'altitude. Il est en fait composé de deux vallées qui se rejoignent à l'ouest ayant pris chacune le nom d'un monastère : la vallée de Qannoubine au sud, du nom du monastère Notre-Dame de Qannoubine, et la vallée de Kozhaya au nord, du nom du monastère Mar Antonios (Saint-Antoine-le-Grand).
La partie la plus pittoresque de la vallée s'étend en amont sur une vingtaine de kilomètres, entre Bécharré, le village natal de Gibran Khalil Gibran, et Tourza.
La vallée de Qannoubine est une gorge profonde traversée sur 35 km par le fleuve Qadisha, dans lequel se déversent les torrents des eaux de source des montagnes surplombant la vallée et qui prend une appellation différente une fois arrivé à Tripoli : Nahr Abou Ali.

Avec Dario Escobar
Les pentes de la vallée de la Qadisha sont très escarpées et leurs falaises forment des remparts naturels idéaux pour le recueillement et l'isolement. Par endroits, les pentes se transforment en terrasses aménagées par les ermites des monastères pour cultiver le blé, la vigne et l'olivier, et d'autres plus loin, délaissées mais encore visibles, cultivées par les villageois de l'époque. L'érosion karstique souterraine est à l'origine d'une formation naturelle de grottes, souvent difficiles d'accès et classées patrimoine mondial. La plus importante, la grotte de la Qadisha, une vraie caverne de diamants sculptés par le ruissellement minutieux de l'eau calcaire, est située en amont de la vallée, au-dessus de Bécharré. Elle s'étendrait sur une profondeur de 778 m. La vallée est à proximité de la forêt des cèdres de Dieu, à laquelle elle est associée dans la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1998.

Quand nous nous sommes engagés dans l'escalier aménagé tant bien que mal dans la falaise qui protège en son sein l'ermitage de Notre-Dame de Hawka, à une altitude de 1 150 m, où vit l'ermite colombien Dario Escobar, un moine maronite, nous avons ressenti la difficulté qu'avaient eue les hommes et femmes des premiers siècles chrétiens à apprivoiser cette vallée.
L'atmosphère se fait pesante. Le décor est irréellement parfait, la pente est raide, les marches incertaines et le sentier très dangereux. Fadi Baroudi, notre guide, spéléologue et historien de la Qadisha, ne nous rendait pas la tâche facile en expliquant comment les premiers chrétiens frôlaient la mort de si près en empruntant presque le même sentier, mais sans aucun balisage à l'époque. Une chaîne humaine dévalait les centaines de marches à petits pas hésitants en retenant son souffle devant tant de beauté divinement agencée.

Après une visite à l'ermite colombien qui a béni les randonneurs en latin, le groupe s'est enthousiasmé en écoutant le récit du guide racontant les expéditions entreprises par les équipes libanaises et étrangères de spéléologues et d'archéologues dans les cavités accrochées à même les falaises, tels des nids d'aigle. Dans ces grottes creusées patiemment durant des siècles, des inscriptions des premiers chrétiens ont été retrouvées par les spécialistes, notamment dans la grotte d'al-Assi.
Couvents, églises, ermitages, où ont vécu des saints anachorètes, grottes où reposent encore des patriarches maronites... Tous ces lieux sont semés de part et d'autre de cette vallée, décorée furtivement par quelques taches de forêts de pins rendant l'air respirable si précieux.

Quelques kilomètres plus loin, nous visitons le sanctuaire de sainte Marina dont l'histoire est devenue légendaire : la célèbre sainte qui s'était déguisée en moine toute sa vie. Le chêne de sainte Marina est une escale incontournable, même pour les randonneurs les plus aguerris qui s'y ressourcent d'un silence d'or sous l'ombre de l'arbre millénaire couronnant leur journée de fatigue et de cheminement spirituel. Dans ce sanctuaire, nous découvrons de même des peintures religieuses très anciennes.

Euphoriques
La vallée accueille certains des plus anciens monastères chrétiens du Moyen-Orient. Nous trouvons aussi au fond de cette vallée le monastère Mar Lichaa ou Elishaa (Saint-Élysée), mentionné pour la première fois au XIVe siècle. Son église communautaire comporte quatre chapelles creusées dans sa façade rupestre.
Ce temple naturel, à la fois forteresse et siège imprenable, où de nombreux patriarches maronites ont aménagé leur résidence ou refuge entre 1440 et 1823 pour tenter de se soustraire aux invasions des Mamelouks, puis celles des Turcs, est un lieu de prière, de méditation et de communion totale avec la nature. Cette oasis sacrée n'était pas seulement occupée par les maronites. Ses grottes et falaises ont abrité d'autres communautés chrétiennes au cours des siècles. « Aucun généticien ne peut deviner la religion d'un visiteur de la Vallée sainte », affirme le père Hani à la fin de la rencontre qui a duré toute la journée.

Au monastère de Notre-Dame de Qannoubine, où est exposé le corps encore intact du patriarche Joseph el-Tyan, un documentaire retrace le patrimoine culturel de cette région à l'écart de la civilisation, mais cependant si ancrée dans les esprits de ses visiteurs. La sœur Lina, une religieuse antonine qui gère le monastère, se lamente du désintérêt des médias pour ce petit coin de paradis où les religieuses et le patriarcat maronite tentent « malgré toutes les contraintes naturelles et techniques de perpétuer les traditions héritées » de leurs ancêtres. « Nous sommes tous unis par notre humanité symbolisée par la majesté de la nature, qui a bien accepté de servir de refuge sécurisant quoique impitoyable aux premières communautés maronites. Cette même nature est déterminée encore aujourd'hui à accueillir à bras ouverts tous les enfants du Liban et du monde entier, quelle que soit leur appartenance politique ou confessionnelle », reprend le père Hani.

Sous le regard vigilant du siège patriarcal d'été de Dimane, qui contemple en un silence solennel l'ancien siège patriarcal, celui de Qannoubine, les visiteurs quittent les lieux totalement sereins, sans pouvoir l'expliquer, et littéralement euphoriques. Un voyage dans le temps, un retour aux sources pour certains qui a permis de partager des moments intenses avec les journalistes, invités gracieusement par la municipalité de Bécharré dont le président, Antoine Tawk, a tenu à accompagner les visiteurs dans leur pèlerinage.

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Un bref aperçu historique

La vallée de la Qadisha a été habitée par des communautés religieuses depuis les toutes premières années du christianisme et reste aujourd'hui l'un des sites les plus importants dans la vie monastique chrétienne dans le monde.
Les reliefs particulièrement vertigineux de la vallée et son isolement ont contribué à en faire un refuge naturel pour les communautés de la région. Des grottes de la vallée ont ainsi été utilisées comme abris ou tombes depuis le paléolithique. Dès les premiers siècles du christianisme, la vallée sacrée a servi de refuge à différentes communautés religieuses, pas seulement chrétiennes, mais son histoire est surtout liée à celle des maronites qui s'y sont enfermés, fuyant leurs terres d'origine de la vallée de l'Oronte. Ils étaient accusés par les Byzantins de monothélisme (doctrine christologique du VIIe siècle affirmant qu'il n'existait en Jésus-Christ qu'une seule volonté, la volonté divine). Ils s'y sont réfugiés par la suite lors des persécutions religieuses après la destruction du monastère Saint-Maron, au Xe siècle. Les moines maronites établirent alors leur nouveau centre dans la vallée de Qannoubine.
À la fin des croisades, les maronites des villages environnants et ceux habitant dans les grottes de la Vallée sainte furent victimes de persécutions, principalement de la part des sultans mamelouks (XIIIe siècle). Du XVe au début du XXe siècle, l'Église maronite fit du monastère Notre-Dame de Qannoubine le siège du patriarcat maronite.

Pour mémoire
Une escapade à Bécharré, refuge des maronites persécutés après la chute de Byzance

La vallée de la Qadicha : odeur de sainteté et senteurs d'oliviers



Envoyé de mon Ipad 

vendredi 22 mai 2015

De Nabatiyeh au château de Beaufort, des Libanais rencontrent des Libanais - Sidonie HADOUX - L'Orient-Le Jour

De Nabatiyeh au château de Beaufort, des Libanais rencontrent des Libanais - Sidonie HADOUX - L'Orient-Le Jour
De Nabatiyeh au château de Beaufort, des Libanais rencontrent des Libanais

Beyrouth, mardi 6 h 30. Deux autocars attendent les derniers retardataires pour prendre la direction de Nabatiyeh. Objectif : visiter les vieilles demeures de la ville, dans le cadre des Journées du patrimoine national.
Cette ville est le point intermédiaire du Liban-Sud et bénéficie depuis toujours d'une situation géographique qui faisait d'elle une liaison directe entre les villages de Jabal Amel, de la Syrie et de la Palestine. Elle constitue la première destination de ces journées qui s'étalent sur quatre jours. Elles sont organisées en partenariat avec l'Association de protection des sites et des anciennes demeures (Apsad) et le ministère de la Culture, et elles sont l'occasion de découvrir (ou redécouvrir) des paysages étonnants, des vestiges chargés d'histoire et des vieilles demeures libanaises typiques. « Les Journées du patrimoine sont importantes, elles sont le vecteur de l'identité du pays », affirme Gladys, membre de l'Apsad.

Dans la petite bibliothèque à l'entrée de la ville, Abbas Wehdé, responsable culturel de la municipalité, accueille le petit groupe de touristes. Pharmacien de formation, Abbas a écrit un livre sur le héros de la ville, Hassan Kamel el-Sabbah, émigré aux États-Unis, où il a travaillé pour la General Electric Company.
Après une courte présentation du personnage, quasiment inconnu aujourd'hui au Liban, Abbas Wehdé accompagne le petit groupe dans les ruelles de la vieille ville avec un constat désespéré : « Nous essayons de faire de notre mieux pour préserver les vieilles demeures, mais ce ne sont plus les municipalités qui détiennent le pouvoir aujourd'hui. »
Le petit souk du centre-ville a été rénové, mais la vieille ville disparaît peu à peu. « Les vieilles maisons ne sont plus entretenues, les habitants n'ont pas conscience de la richesse qu'elles représentent et préfèrent les vendre aux premiers investisseurs venus, déplore Gladys. Nous sommes peut-être parmi les derniers à voir ce qui reste. »


(Lire aussi : Temples romains à Aïn Akrin et vieilles églises à Amioun)

La nostalgie du bon vieux temps
La ville moderne ne présente plus beaucoup d'intérêt, victime d'une urbanisation non planifiée et archaïque, comme la plupart des villes libanaises. « Le souk me fait beaucoup penser à Damas, se souvient une femme du groupe. Il y aussi beaucoup de magasins et de monde dans les rues... C'était comme ça à Beyrouth avant que la ville ne soit bétonnée. Petite, j'accompagnais ma mère dans le souk. » Un sentiment de nostalgie qui semble être partagé parmi ces amoureux du pays : « Le Liban on l'aime autant qu'on le déteste », lance un autre participant. « Heureusement qu'il nous reste la nature pour nous évader des villes », s'exclame une autre femme.

Une nature remarquable à laquelle la vallée de Nabatiyeh ne fait pas exception. Après la visite de la ville, le cortège reprend la route, direction la forteresse de Beaufort et sa vue à 360° au-dessus de la rivière Litani. « D'ici, on voit Chypre et Israël, explique le guide. C'est un point stratégique, longtemps occupé par diverses forces armées. » Le château de Beaufort est une véritable merveille, construit par les croisés au XIIe siècle. Étendu sur 1 300 m2, l'édifice était une des forteresses les plus importantes de la route de la Galilée. Construit sur un précipice rocheux, la vue est imprenable sur la vallée. « À l'époque, la montagne de Marjeyoun était peuplée d'une immense forêt de cèdres, ce qui en faisait un endroit très prisé des conquérants à la recherche de bois précieux », précise le guide.


(Lire aussi : Irina Bokova à Beyrouth : La protection du patrimoine, un impératif sécuritaire)


« Je suis venu pour la première fois au château de Beaufort avant la guerre, raconte un vieil homme. Je voulais voir dans quel état il se trouvait après les bombardements israéliens. » Lieu de retrait des fedayins palestiniens, la forteresse a été bombardée en 1982 par l'armée israélienne, qui en occupera les lieux jusqu'en 2000. L'édifice a été fortement endommagé par les bombardements et les occupations successives, occasionnant la destruction des éléments médiévaux. Il reste, néanmoins, un des sites les plus fascinants de la région.

La journée s'est terminée par la visite de deux maisons traditionnelles en pierre, dans un quartier de Nabatiyeh. Accueilli chaleureusement par les familles qui résident dans ces vieilles bâtisses, le petit groupe de visiteurs a pu se restaurer, entre prunes et chocolats, avant de reprendre la route pour Beyrouth.

Le saviez-vous ? Le Liban a son Thomas Edison !

Il voulait « éclairer le désert de l'Orient ». C'est par ces mots qu'on fait référence à Hassan Kamel el-Sabbah. Né en 1895 à Nabatiyeh, il est à l'origine de 112 inventions dans le domaine de l'électricité.
Il a étudié à l'Université américaine de Beyrouth avant de faire son service militaire dans l'armée ottomane comme opérateur télégraphe. En 1921, il quitte le Liban pour les États-Unis où il étudie puis enseigne au Massachusetts Institute of Technology. En 1923, il est employé à la General Electric Company comme chercheur en mathématiques expérimentales. Il a été le premier à découvrir le principe de la fission nucléaire ainsi que le principe de l'énergie solaire et de la voiture électrique. Ses technologies sont appliquées dans les satellites et les vaisseaux spatiaux. En 1932, il est nommé « le plus jeune génie de l'Electrical Association ». Hassan Kamel el-Sabbah est décédé en 1935, dans un accident de voiture à New York.

Pour mémoire
La visite de Pharaon au Akkar, pour la randonnée de la LMTA, fait renaître les espoirs de développement

Le Liban en marche du nord au sud

Le château de Beaufort ressuscite de ses ruines



Envoyé de mon Ipad 

mardi 12 mai 2015

Dans les ruines du patrimoine chrétien au Moyen-Orient... - May MAKAREM - L'Orient-Le Jour

Dans les ruines du patrimoine chrétien au Moyen-Orient... - May MAKAREM - L'Orient-Le Jour

Dans les ruines du patrimoine chrétien au Moyen-Orient...

Élie Abi Nassif, professeur d'architecture qui dirige les travaux de diplôme à l'Alba et anime, depuis 2008, le cours patrimoine religieux ; Guy-Roger Conchon, enseignant à l'Alba et membre de la mission archéologique française à Kilwa, et Ghassan Shami Journaliste, chercheur et auteur du livre Au pays de saint Maron, ont donné une conférence sur « Le patrimoine religieux en Orient chrétien ».

Sur le chapitre libanais, trois églises « paléo-chrétiennes », définitivement disparues, ont été évoquées par Élie Abi Nassif. « Il ne reste plus que leurs mosaïques pour témoigner de leur passé ». Celle de Khaldé, au sud de Beyrouth, a été fauchée par les travaux d'autoroute qui mène vers le Sud. « Ses fondations, encore visibles, sont devenues un dépotoir d'ordures ! » a fait observer le conférencier, signalant que la mosaïque qui décorait ce lieu de culte a été posée juste en face du musée national, dans le petit jardin renfermant les cinq colonnes romaines découvertes au centre-ville en 1940. S'appuyant sur les relevés des plans existant à la DGA, les étudiants de l'Alba ont pu reconstituer son architecture. Deux photographies de la maquette sont actuellement exposées au Louvre, dans l'espace dédié aux arts de l'islam.

De même, une modélisation 3D, réalisée d'après les données archéologiques (mosaïque, murs porteurs et traces de colonnes), offre une image de l'architecture de l'église byzantine du temple d'Echmoun. Une autre dédiée à saint Christophe a été découverte par Ernest Renan, sur la route de Qana (entre Tyr et Qana), dans les environs de la tombe de Hiram, roi de Tyr. La mosaïque a été transportée au musée du Louvre.
Élie Abi Nassif indique qu'au IVe siècle, l'Asie mineure, l'Afrique du Nord et le golfe Arabo-Persique abondaient d'églises et de monastères. C'était avant l'islam. « Aujourd'hui, il n'en reste plus rien, ou presque rien, sinon des ruines, comme celles de Saint-Siméon-le-Stylite (Qala't Semaan), au nord d'Alep, qui s'étendait autrefois sur 12 mille mètres carrés bâtis. Ou encore celles de Sergio Polis à al-Rasaphe où les deux saints martyrs Serge et Bacque ont été enterrés. »

(Pour mémoire : « Regardez ! Une carte de la Syrie d'avant-guerre... »)

Un monastère dans le désert d'Arabie
Prenant à son tour la parole, Guy-Roger Conchon a donné une description générale du monastère posé sur un plateau désertique à Kilwa en Arabie saoudite. Les explorations menées par la mission archéologique de l'Université de Nancy 2, dirigée par Saba Farès, indiquent que Kilwa, située sur la route caravanière du myrrhe et de l'encens, a fait l'objet d'une occupation chrétienne au Ier siècle de l'ère chrétienne. La communauté tirait profit d'une agriculture irriguée au moyen de systèmes hydrauliques ambitieux. Ces chrétiens ont également laissé de nombreux témoignages architecturaux, cellules isolées pour des moines, chapelle, église, cuisine, réfectoire, citernes d'eau, jardins, une quantité de croix marquées sur la pierre et des épigraphies commémorant les cultes, dont une inscription gravée sur le linteau de la porte d'une cellule. Dans la partie droite de ce linteau qui mesure 1,20 m de long sur 0,30 m de hauteur, est dessinée une croix aux bras en forme de triangle. À gauche se trouve l'inscription, dont Saba Farès, qui dirige la mission archéologique, propose la lecture suivante : « Bism Allah ḥimat ahl Takla min iqlîm » ou « Au nom de Dieu, (ceci est) le territoire protégé de la communauté de Thècle de l'iqlim », la sainte patronne dont le culte est répandu en Syrie.

« Le toponyme et l'architecture sont des détails qui indiquent une culture syrienne », souligne Guy-Roger Conchon. En effet, « le système constructif rappelle celui de la plaine de Hauran, en Syrie. Les bâtiments collectifs, bien préservés, sont en pierres de très grande taille, avec un lien à base de chaux. Des pierres sèches sont employées pour la construction des cellules des moines, dont l'état de conservation est très mauvais. Les pierres tombales sont regroupées en nécropole évoquant un tumulus ». Quant à l'église, il fait observer qu' « elle est construite sur le modèle des églises nestoriennes qu'on retrouve en Mésopotamie ».

(Pour mémoire : "Pas une seule strate de la culture syrienne -pré-chrétienne, chrétienne, islamique- n'est épargnée")

Sur les pas de saint Maron
Auteur d'une série de documentaires sur les premiers chrétiens (saint Maron, l'apôtre Paul, saint Simon le Stylite) mais aussi sur Damas, Seidnaya et Maaloula, sur le monastère Saint-Georges al-Homeira' dans Wadi al-Nassara (vallée des chrétiens) et l'autel de la Sainte Vierge dans la cathédrale de Tartous, Ghassan Shami a sillonné les « villes mortes » dans le nord de la Syrie et plus particulièrement Jabal Semaan et sa capitale Brad où fut enterré saint Maron.

Appelé autrefois Kfar Nabo, Jabal Semaan compte 25 villages et 32 temples et églises bâtis entre le IVe et le VIIe siècle après l'ère chrétienne. Selon le conférencier, ici se trouve la plus ancienne église du monde : Fafertine. Sur son linteau est gravée la date de sa construction : 372 après J.-C. Plus au sud, sur les ruines du temple du dieu Nabo, saint Maron a bâti, en 398, son église ou basilique de 27,30 m de long et 16m de large.


Après la mort de saint Maron, Kfar Nabo s'est dotée d'un hôtel de deux étages pour accueillir les pèlerins. Construit entre 504 et 505, il comporte des façades de colonnes carrées. Des croix sont gravées sur les linteaux dont l'un porte l'inscription suivante : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Dieu prend soin de notre entrée et de notre sortie. Pour accomplir le vœu de Zachée en 553 » (ce qui équivaut au calendrier d'Antioche à 504/505 ap. J.-C.). Le secteur comprenait un temple dédié aux reliques des martyrs. Sa date de construction, 574 selon le calendrier d'Antioche, est gravée en syriaque sur le linteau de son entrée sud. Le conférencier relève aussi qu' « un nombre d'huileries indique l'expansion de la culture des olives à Kafr Nabo. L'une d'elles datant date du IIIe siècle ap. J.-C. a été creusée dans la roche souterraine (...) Elle est unique par sa forme et la finition de ses matériaux ».

(Diaporama : Les deux visages d'Alep)

Le palais de Brad
Abordant ensuite Brad, la capitale du mont Nabo, Ghassan Shami fait observer que c'était « une ville monumentale. Sa prospérité avait débuté aux IIe et IIIe siècles ap. J.-C ». Elle était dotée d' « édifices luxueux comme l'Androne, d'un marché commercial (souk), de bains publics encore bien conservés, d'un majestueux tombeau romain, d'huileries,... Elle s'est beaucoup développée entre le IVe et le VIIe siècle : le sanctuaire de saint Maron et deux couvents et trois églises y furent construits ». Dont celle de Julianos, la plus grande église en Syrie du Nord après celle de Saint-Siméon. Construite à l'emplacement d'un temple païen, elle déroule 42 m de long et 22,50 m de large. Dans sa cour a été érigé le sanctuaire de saint Maron.
Et ce n'est pas tout. Au sud-ouest du village de Brad, sur une colline, se dresse « un des plus beaux couvents de la Syrie du Nord (palais de Brad) ». Il date du VIe siècle. « La chapelle et les cellules des moines sont encore intactes », et une partie de la colonne d'un ermite est encore debout ; de même, la tour de 10 mètres du haut de laquelle les moines surveillaient les travaux des champs.

Pour conclure, le conférencier donne un aperçu sur l'architecture des églises du nord de la Syrie en citant l'archéologue américain Howard Crosby Butler : « Au début du IVe siècle, de nouveaux éléments ont apparu dans l'architecture de la Syrie du Nord, à la lumière des règles dominantes dans les centres politiques en Orient, et en Occident. Ces étranges éléments ne sont ni grecs ni romains... Ils lancent une nouvelle tendance tout au long de trois siècles, comme un nouveau style. Ils sont un aspect d'influence oriental qui paraît aussi dans les inscriptions syriaques qui se mélangent, dans cette région, avec les inscriptions grecques. Sans doute, la plupart du peuple de ce pays sont araméens. En effet, l'art régional ne pouvait pas paraître durant les pouvoirs grecs et romains et qui était influencé, durant un moment, par le courant classique (...) Et l'architecture classique qui fut imprégnée d'une nouvelle vie, et renouvelée par un peuple inspiré et patriotique, est devenue plus effective dans l'architecture chrétienne qui a englobé les montagnes d'Antioche de l'Orient. »

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dimanche 10 mai 2015

Le Château de Beaufort au Sud Liban


Situé au Sud Liban, le château de Beaufort s'élève sur un éperon rocheux Nord Sud à une attitude de 710 mètres surplombant les gorges du Litani. De forme triangulaire, le château mesure 90 m de base et 170 à sa hauteur. Il se développe sur 2 niveaux, Le château haut à l'ouest qui épouse les courtours de l'éperon et le château bas à l'est. Par sa situation géostratégique, il sera toujours une position âprement disputée, notamment avec la présence palestinienne puis d'unités israéliennes lors de l'occupation du Sud Liban.

Le château haut est défendu par une enceinte datant probablement des débuts de l'installation franque du 12ème siècle et fut remanié au 13ème  siècle: 2 imposantes tours circulaires ont renforcé son flanc sud, tandis que 2 tours maitresses, l'une carrée et l'autre hexagonale défendent la courtine ouest et sa pointe nord. A l'intérieur de l'enceinte du château, se trouvent une salle gothique et des installations résidentielles et artisanales d'époque médiévale puis ottomane. Du coté est, un glacis protège le château haut et permet de contrôler le château bas. Le château bas est de forme allongée et fut éditifée aux époques ayyoubide et mamelouke. Protégé par une enceinte et par 4 tours circulaires, le château bas comporte une entrée, des étables, des chambres de tir et de stockage, des casemates et un arsenal. A son extrémité Nord, se trouve une tour résidence.

Le château de Beaufort a été construit avec des pierres calcaires provenant des proches carrières. Au Sud du Château, un plateau s'est ainsi constitué suite à l'extraction des pierres dans cette zone. D'autres carrières sont toujours présentes à proximité. D'autres pierres ont également été extraites du château même et directement utilisées sur les murs formés par la taille même du rochers. Il s'agit là de la raison pour laquelle, l'édifice porte le nom de Chqif, nom syriaque vouant dire en arabe grotte taillée dans le rocher. Les pierres du château portent jusqu'à nos jours les traces des outils et des différentes techniques de taille. Ainsi, on peut y déceler des traces de pics et de coins des carriers, celles des broches et des ciseaux etc… et surtout celles de la Shahouta, outil typiquement oriental.

Certaines parties comportent des tailles très raffinées avec des moutures et des motifs sophistiqués comme la tour maitresse ayyoubide et pour la salle gothique franque. De nombreuses marques de tailleurs sont également visibles sur les murs du château, il s'agit de marques de carriers, de tailleurs de pierre et parfois d'inscriptions qui permettent de reconnaitre la position d'un bloc dans la construction.



Lire la Suite: En Image: Le Château de Beaufort au Sud Liban http://libnanews.com/en-image-le-chateau-de-beaufort-au-sud-liban/#ixzz3ZjzgQSps 
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Le Liban veut redevenir le pays du miel - Céline HADDAD - L'Orient-Le Jour

Le Liban veut redevenir le pays du miel - Céline HADDAD - L'Orient-Le Jour

Le Liban veut redevenir le pays du miel

« L'apiculture est un secteur crucial qu'il faut soutenir et préserver pour lui permettre de continuer à augmenter sa production et d'exporter », a plaidé le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb, lors de son intervention au Forum national de l'apiculture au Liban, mardi dernier. Il a raison : le pays « du miel et du lait » bénéficie toujours, en la matière, d'une réputation d'excellence. Cet avantage, le Liban le doit à la richesse d'un terroir, qui permet de récolter le précieux nectar sur trois saisons et de produire différents types de miel grâce à une flore diversifiée.

Pourtant, la production apicole demeure embryonnaire. En 2014, les quelque 120 000 ruches des 6 000 apiculteurs que compte le pays ont produit 1 800 tonnes de miel pour un chiffre d'affaires de 81 milliards de livres libanaises, selon le rapport sur l'apiculture au Liban en 2014 du Centre de recherche et d'études agricoles libanais (Creal). « Ces quantités ne sont pas suffisantes pour répondre à la demande locale », résume Nadine Chemali, chargée du projet du miel au sein du programme LIVCD (Lebanon Industry Value Chain Development), mis en place en 2013 par l'Agence des États-Unis pour le développement international pour soutenir le secteur.

De fait, le Liban demeure plus que jamais un importateur net de miel : les importations ont ainsi augmenté de 167 % en valeur entre 2011 et 2014, à 3,8 milliards de livres, tandis que, sur la même période, les exportations n'ont augmenté que de 88 % pour atteindre les 948 millions de livres (soit environ 12 % des revenus de la production nationale).

Mais la tendance pourrait s'inverser du fait d'un sursaut de la production nationale dans la dernière décennie, corollaire d'une professionnalisation en cours des acteurs qui reste à achever. Les volumes de la production nationale ont triplé depuis 2005, lorsque, avec le même nombre de ruches, elle plafonnait aux alentours des 600 tonnes par an pour un revenu global de 12 milliards de livres libanaises.

Déficit de professionnalisation
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse. D'abord, la nécessité de répondre à l'accroissement de la demande sur le marché local en améliorant l'efficience et la productivité d'un secteur structurellement désorganisé. « L'écrasante majorité des apiculteurs sont des producteurs » amateurs « pour qui le miel vient en appoint d'une autre activité », explique Rami Ollaik, professeur à l'Université américaine de Beyrouth. Ces apiculteurs non professionnels souffrent d'un manque d'expérience et de formation à ce métier qui nécessite des connaissances techniques pour, par exemple, savoir choisir la reine des abeilles.

Un déficit de professionnalisation qui se retrouve également au niveau du marketing et de la distribution : en 2013, quelque 77 % de la production nationale était encore vendue directement aux consommateurs (à 25 dollars le kilo en moyenne). Mais la situation est en train de changer : « Avant 2006, le seul miel disponible dans les points de vente au Liban était importé – principalement d'Arabie saoudite et d'Europe. Depuis, les marques libanaises ont pénétré les réseaux de distribution et sont maintenant établies dans les circuits de vente », résumait un rapport d'évaluation du LIVCD.

L'amélioration de la commercialisation s'explique par la création de coopératives, une initiative diligentée par l'ancien ministère de l'Agriculture et soutenue par le LIVCD. Cela a permis notamment d'améliorer les techniques d'extraction du miel, et donc la productivité des ruches, ainsi que les méthodes de vente et de marketing. Le rapport d'évaluation du LIVCD dénombrait 62 coopératives, dont seulement neuf réellement actives, qui regroupent, chacune, entre 100 et 300 membres. Résultat, sur les cinq marques libanaises qui captent la plupart des ventes locales en supermarché (Jabal el-Cheikh, Kaddoum, B. Baladi, Matn el-Aalaet et l'APIS), trois sont des coopératives soutenues par le projet LIVCD. L'initiative américaine a ainsi permis à plus de 1 300 apiculteurs d'être formés aux techniques modernes, et 1 200 autres devraient l'être avant la fin du programme, en 2017.

Promouvoir l'exportation
Cette professionnalisation se traduit aussi au double niveau de la qualité et de la traçabilité des produits, permettant de renforcer la confiance des consommateurs envers les marques libanaises. Depuis 2013, le miel vendu au Liban doit répondre aux normes de l'Institution libanaise de normalisation (Libnor) et sa composition chimique doit être analysée par l'un des trois laboratoires que compte le Liban. De même, le ministère a émis en 2013 une directive pour réduire progressivement l'utilisation de tétracycline jusqu'à une interdiction totale en 2015. Mal employé par les apiculteurs – tant en volume qu'en fréquence d'usage –, cet antibiotique peut en effet engendrer une contamination du miel. « L'application de ces normes est cruciale pour promouvoir l'accès du miel libanais aux marchés européens », résumait Akram Chehayeb, lors du forum national de mardi dernier. Et cela semble fonctionner : le miel libanais commence à se faire une place à l'export, notamment vers les pays de la région. En 2014, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie absorbaient ainsi 76 % des exportations.

Reste toutefois un écueil, de taille, à surmonter pour continuer à glaner des parts de marché : les prix élevés du miel libanais. En moyenne, le prix d'un kilogramme de miel libanais tournait aux alentours de 12,85 dollars en 2011, contre une moyenne mondiale à 3,39 dollars. Un différentiel de compétitivité qui s'avère tout aussi pénalisant à l'export que sur le marché local, que la taxe douanière de 8 000 livres par kilo de miel importé ne suffit pas à compenser.

La qualité, une clé d'entrée sur le marché de détail ?

Pénétrer le marché de détail, c'est le pari réussi par deux marques locales. Fondée en 2012 par Antoine Abi Harb et son fils Joe, Le Miel du Levant se trouve sur les étals de la plupart des magasins bio et des pharmacies du Liban. La marque place ses ruches à plus de 3 km de toute source de pollution et produit le premier miel certifié bio au Liban par l'Union européenne. Elle produit plus de trois tonnes de miel par an et compte doubler sa production d'ici à l'année prochaine.
L'Atelier du miel, créé en 2008 par Marc Antoine Abi Nassif, son frère Ralph et Rabih Trablusi, possède 200 ruches. La marque a sa propre boutique à Achrafieh et vend 15 types de miel libanais et 15 miels importés. L'Atelier du miel fait systématiquement analyser son miel dans un laboratoire certifié pour vérifier l'absence de résidus d'antibiotiques et de pesticides.

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mercredi 6 mai 2015

عن 6 أيار...او "إبادة" ثلث جبل لبنان

tayyar.org - News - Detail

عن 6 أيار...او "إبادة" ثلث جبل لبنان

كبريال مراد -
بين الـ1916 والـ2015، تغيّرت معالم بيروت، وتبدّلت احوالها. بات قلب العاصمة في احيان كثيرة خالياً من الروح، وارتفع الحجر ليشكّل طوقاً من الاسمنت فوق ارض تحتضن في باطنها آثاراً عن حقبات مضت...
كثيرون يمرون بجوار تمثال الشهداء في وسط بيروت من دون ان يعرفوا تاريخيته ورمزيته. قد يعتقد البعض منهم أنه أحد المجسمات او النصب التذكارية الحزبية المنتشرة في العديد من المناطق اللبنانية، وقد يظن آخرون انه جاء ليذكّر المارة بمأساة الحرب اللبنانية التي اندلعت في العام 1975، لاسيما انه يحمل شظايا من تلك الحقبة ولكن لهذا التمثال، ولتلك الساحة روايتها.
ووفق المراجع المختلفة، تعود الحكاية الى العام 1916 أثناء الحكم العثماني في البلاد ، إذ أعدم جمال باشا قائد الجيش العثماني في البلاد، الذي عرف بالجزار، 14 وطنياً لبنانياً في الساحة إثر خسارة الدولة العثمانية الحرب العالمية الأولى متهماً إياهم بمساعدة الأعداء.
وعند دخول الفرنسيين إلى البلاد، أمر الجنرال الفرنسي غورو بإنشاء قوس تذكاري للشهداء، كما تسمية المكان "بساحة الشهداء". حينها بنى النحات يوسف الحويك من الصخر اللبناني نصباً يمثل امرأة مسلمة وأخرى مسيحية تندبان على قبر. ولكن تم هدم التمثال خلال الاستقلال لاعتباره رمزاً للذل، حسب المؤرخين.
في العام 1950، أمر رياض الصلح بتهديم السراي لتوسيع الساحة وإنشاء مناطق تجارية حديثة فأصبحت ساحة الشهداء قلب بيروت التجاري. وبعد عامين في أواخر عهد الرئيس بشارة الخوري خصصت الحكومة جائزة دولية لوضع تصميم جديد لنصب الشهداء وتم اختيار تصميم المهندس سامي عبد الباقي وهو عبارة عن قوس بارتفاع 27 متراً وعرض 24 متراً وتحته مسلّة بارتفاع 8 أمتار، تعلوها مصطبة على جانبيها شعلتان دائمتا الاشتعال. إلا أن حوادث العام 1958 حالت دون إتمام العمل.
وبعد أحداث العام 1958، كلف مجلس مدينة بيروت البلدي النحات الايطالي مارينو مازاكوراتي بنحت نصب جديد للشهداء. وأنهى العمل بعد 30 شهراً بالتمثال الحالي الذي دشّن في العام 1960 برعاية الرئيس اللواء فؤاد شهاب.
في الوقائع اذاً، يختصر التمثال من اعدموا في وسط بيروت على يد جمال باشا السفاح، ولكن، للمؤرخين والكتاب رأيا آخر، فهناك عملية تجويع ممنهجة مارسها العثمانيون، ادت الى ابادة نحو 250 ألف لبناني، وربّما أكثر.
وفي هذا السياق، تقول الدراسات: إن داود باشا اجرى في العام 1913 إحصاء حدّد عدد سكّان متصرّفية جبل لبنان بـ414800 نسمة. لكن أرقام أعداد الوفيات بسبب المجاعة متفاوتة فتقرير الصليب الأحمر الأميركي يقدّر العدد بـ250 ألفاً، أما ترابو مسؤول المخابرات الفرنسيّة في أرواد فيقول إن العدد بلغ 110 آلاف في كسروان وجبيل والبترون والمتن غير أن هذا الرقم بقي محصوراً بأربع مناطق فقط. اما الـEgyptian Gazette فتتحدث عن 200 ألف، وترجّح تشتلر الألمانية مقتل 200 ألف بين سورية ولبنان".
مهما تفاوتت الارقام، فإنها تلتقي عند أن "ثلث الشعب اللبناني قضى بسبب المجاعة وانتشار الأمراض" . مارس الاتراك الحصار والتجويع والإخضاع على سكان جبل لبنان. وفي هذا السياق، يتحدّث نقيب اطباء لبنان في بيروت البروفسور أنطوان البستاني في كتابه "تاريخ المجاعة الكبرى في جبل لبنان (1915 – 1918) إبادة مرّت بصمت" عن "إبادة من الدرجة الأولى حصلت نتيجة إرادة مسبقة وتمت ترجمتها بحصار برّي فرضه العثمانيون على كامل جبل لبنان لمنع إدخال القمح من البقاع وسورية، وفي المقابل قاموا بمصادرة القمح من البيوت لإطعام جيوشهم".
يورد البستاني كيف باع الأهالي بيوتهم ورهنوها مقابل كيس من القمح وباعت النساء أجسادهن... ليؤكد ان ما حصل كان رهيباً حرّك اللبنانيين في مصر وبلدان الإنتشار، الامر الذي دفع بالملك الإسباني والولايات المتحدة الى الضغط على السلطنة من دون جدوى.
في مقاربته، لا يقتنع البستاني بالرأي القائل بأن ما حصل جاء نتيجة الحصار البحري الذي فرضه الحلفاء "فالقمح يصل إلى الجبل عن طريق البر من البقاع وسورية وليس من طريق البحر"، ويسأل "إذا كان الحصار البحري هو السبب فلماذا صادروا القمح من البيوت ومنعوا إدخاله إلى الجبل؟".
بعد مئة عام، تتكرر المأساة بأوجه جديدة، مع داعش واخواتها، تماماً كما حصل ويحصل مع اللبنانيين، تماماً كما حصل ويحصل مع السريان والآشوريين من سورية الى العراق. 


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mercredi 29 avril 2015

Syrie-Liban : les relations depuis 1976 - L'Orient-Le Jour

Syrie-Liban : les relations depuis 1976 - L'Orient-Le Jour

Syrie-Liban : les relations depuis 1976

Rappel des grandes dates qui ont marqué, depuis une quarantaine d'années, les relations entre la Syrie et le Liban.

- 6 juin 1976 : Les troupes syriennes entrent au Liban après le début de la guerre civile (1975), à l'appel des formations chrétiennes en mauvaise posture face aux forces "palestino-progressistes".

- Juillet 1978 : Pilonnage des quartiers chrétiens de Beyrouth par l'armée syrienne après un changement d'alliance, Damas s'étant rapproché des forces "palestino-progressistes".

Premier barrage de l'armée syrienne à Sofar, sur la route menant vers la Békaa. Photo Georges Semerdjian

- Juin 1982 : Invasion israélienne du Liban. Début septembre, l'armée syrienne quitte la montagne du Chouf (sud-est) et Beyrouth, en même temps que les Palestiniens, et se replie dans la Békaa (est) et le Nord.

- Août-sept 1982 : L'armée syrienne est chassée de Beyrouth par l'armée israélienne et se replie dans la Békaa.

- Février 1987 : A la faveur de combats entre forces de gauche et pro-syriennes, 8 000 soldats syriens sont déployés pour pacifier Beyrouth-ouest.

- 22 octobre 1989 : Accords interlibanais de Taëf (Arabie saoudite), qui établit un nouvel équilibre entre les communautés et définit le cadre de la présence syrienne.

Photo Sami Ayad.

- 22 mai 1991 : Traité syro-libanais "de fraternité et de coopération" qui officialise le rôle prépondérant de la Syrie.

- 15 oct 1998 : Le général pro-syrien Emile Lahoud élu président de la République.

- 16 avr 2001 : Raid israélien contre une position syrienne après une attaque du Hezbollah. Le gros des forces syriennes se retire de Beyrouth.

- 2 sept 2004 : A l'initiative de Paris et Washington, résolution 1559 de l'Onu appelant au retrait des forces étrangères du Liban. Le 3 septembre, un amendement constitutionnel prolonge de trois ans le mandat du président Lahoud. En octobre, le Premier ministre Rafic Hariri, opposé à l'ingérence syrienne, démissionne.

- 14 février 2005 : Rafic Hariri est tué dans un attentat à Beyrouth. L'opposition accuse les pouvoirs libanais et syrien et exige le retrait des troupes syriennes. Damas nie toute implication. De nombreuses personnalités politiques, principalement antisyriennes, seront visées par des attentats.

Photo AFP

- 26 avril : Les derniers soldats syriens quittent le Liban après 29 ans de présence, sous la pression de la colère populaire, de l'opposition et de la communauté internationale. Les effectifs syriens avaient culminé à entre 35 000 à 40 000 hommes.

Photo AFP

- 7 mai 2008 : Début de violences entre partisans du Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran, et pro-gouvernementaux, appuyé par Riyad et Washington. Près de 100 morts en une semaine.



Reuters

- 25 mai 2008 : Le chef de l'armée Michel Sleiman est élu à la présidence après un accord sur une sortie de crise.

Photo Dalati et Nohra



- 15 octobre 2008 : La Syrie et le Liban établissent des relations diplomatiques pour la première fois depuis la proclamation de leur indépendance, dans les années 1940. Prise de fonctions des ambassadeurs en 2009.

- 15 mars 2011 : Début du conflit en Syrie, qui va évoluer en une guerre dévastatrice (220 000 morts et près de 11 millions de réfugiés et déplacés) et complexe.

Le Liban, où plus de 1,1 million de Syriens ont trouvé refuge, est, depuis, divisé entre partisans du régime syrien, emmenés par le Hezbollah qui combat les rebelles aux côtés du régime, et les sympathisants de l'opposition à Bachar el-Assad, menés par l'ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri.

A Ersal, dans la Békaa. Photo AFP

Le pays est sans président depuis la fin du mandat de Michel Sleiman en mai 2014 et le Parlement est prolongé jusqu'en 2017 en raison des antagonismes suscités par la guerre en Syrie qui empêchent tout consensus.

20 avril 2015 : L'ancien ministre libanais, Michel Samaha, reconnaît lors de son procès avoir ramené de Syrie des explosifs destinés à être utilisés pour des attentats au Liban. M. Samaha, qui a été également conseiller du président syrien Bachar el-Assad, est accusé d'avoir planifié, avec le chef des services de sécurité syriens Ali Mamlouk, des attentats au Liban et l'assassinat de personnalités politiques et religieuses libanaises hostiles à Damas.

Photo AFP

20 avril 2015 : Le président Bachar el-Assad affirme avoir "invité" dans son pays le Hezbollah, mais dément que des troupes iraniennes combattaient sur le sol syrien. Interrogé lors d'un entretien à la chaîne télévisée France 2 sur le soutien stratégique de l'Iran et du Hezbollah dans le conflit en Syrie en proie à une rébellion armée et à des jihadistes, M. Assad répond que "nul pays n'a le droit d'intervenir sans y être invité. Nous avons invité Hezbollah, mais pas les Iraniens.




Photo AFP

24 avril 2015 : La mort de l'ancien chef des services de renseignements syriens au Liban, Rustom Ghazalé, est annoncée par des sources proches de la famille. Un mois plus tôt, une source de sécurité haut placée à Damas annonce son limogeage et celle du chef du renseignement militaire, Rafic Chéhadé, après une violente querelle entre les deux hommes.

Photo AFP

Les articles de notre dossier spécial : 10e anniversaire du retrait syrien du Liban

Le retour du balancier, l'édito de Michel TOUMA

Le 26 avril 2005, une page de l'histoire du Liban était à jamais tournée

Douze ans plus tard, le mystère de la banque al-Madina reste entier

« Fraternité » libano-syrienne : faut-il se méfier d'un coup de Jarnac ?

Sélim Abou, la flamme de la résistance

Un retrait syrien jubilatoire assommé par l'amertume du schisme politique interne

Des relations tendues depuis six ans entre le Liban et la Syrie

Quand le destin d'un pays se jouait rue Huvelin...

Le Printemps du Patriarche

Le retrait syrien a-t-il signé la fin de la censure au Liban ?



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dimanche 19 avril 2015

Correspondances musicales entre Ravel, Debussy et quatre compositeurs libanais - Zeina SALEH KAYALI - L'Orient-Le Jour

Correspondances musicales entre Ravel, Debussy et quatre compositeurs libanais - Zeina SALEH KAYALI - L'Orient-Le Jour

http://www.lorientlejour.com/article/921126/correspondances-musicales-entre-ravel-debussy-et-quatre-compositeurs-libanais.html
18/4/2015-Correspondances musicales entre Ravel, Debussy et quatre compositeurs libanais

Il est toujours intéressant, quand on examine de près l'œuvre d'un compositeur, d'essayer de savoir quelles sont les musiques qui l'ont nourri, qu'a-t-il aimé écouter ou jouer pendant ses études musicales, qui sont les maîtres qui ont guidé ses pas dans son apprentissage ou dans sa recherche.
Toujours soucieux de faire connaître et de valoriser les musiques savantes libanaises, le Centre du patrimoine musical libanais (CPML-Espace Robert Matta) avait invité Nicolas Southon, éminent musicologue, spécialiste de la musique française du XXe siècle, à donner une conférence avec le pianiste Georges Daccache. Le thème portait sur l'influence et la correspondance entre les musiques françaises du début du XXe siècle (Maurice Ravel, Claude Debussy, Henri Duthilleux) et les musiques de quatre compositeurs libanais (Georges Baz, Toufic Succar, Gabriel Yared et Bechara el-Khoury). Le conférencier et le pianiste ont alterné, dans une belle synergie, explications et interprétations, redonnant à ces pièces musicales un souffle nouveau et en proposant au public conquis une lecture absolument inédite.
Cet événement s'est déroulé à la villa Mexico, merveilleuse bâtisse des années 1930 située en plein cœur du quartier d'Achrafieh, au style Art déco orientalisant, généreusement mise à la disposition du CPML par son actuel propriétaire Philippe Jabre.
À l'issue de la conférence, alors que le public dégustait une sélection de vins français et libanais (offerts par la famille Debbane), Georges Daccache accordait ses partitions en fonction des crus.



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Le centenaire de la Grande famine au Liban : pour ne jamais oublier - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour

Le centenaire de la Grande famine au Liban : pour ne jamais oublier - Rania Raad Tawk - L'Orient-Le Jour
Le centenaire de la Grande famine au Liban : pour ne jamais oublier

L'équipe de Tehkik, conduite par Claude Abou Nader Hindi, revisite dimanche soir à 18h50 l'horrible drame vécu au début du siècle dernier par la population du Mont-Liban, victime, entre 1915 et 1918, d'une famine qui a décimé plus du tiers de la population de la région à l'époque. Des chiffres qui peuvent à la limite qualifier ce drame de véritable génocide. Un génocide sans effusion de sang, certes, sans exode, sans bruit, mais dont le bilan a été ahurissant: 150000 à 200000 morts sur un total d'environ 400000 habitants.

Cette famine, méconnue de beaucoup de Libanais, a été en effet le résultat d'une convergence de quatre facteurs. Le littoral libanais était soumis à l'époque à un blocus maritime imposé par la flotte des forces alliées (notamment la flotte britannique) qui empêchait les navires d'arriver sur la côte libanaise. Il était donc impossible aux Ottomans, dans le camp de l'Allemagne durant la Première Guerre mondiale, de recevoir des armes ou des munitions...
À ce siège maritime s'était ajouté un autre blocus, terrestre cette fois, imposé par Jamal Pacha, le gouverneur ottoman, qui dominait le pays et contrôlait les principaux accès routiers. Ce sont surtout les maronites qui seront les principales victimes de cette « arme de la famine » : les soldats ottomans se montraient particulièrement intransigeants avec les chrétiens plus qu'avec les autres habitants du Mont-Liban.
Mais la responsabilité de cette Grande famine retombe aussi sur certains Libanais, profiteurs et usuriers, qui n'ont pas hésité à tirer profit de la situation pour s'enrichir, contribuant ainsi à l'aggravation de la crise.
Un quatrième événement a été la cerise sur le gâteau : l'invasion des criquets. Pendant une centaine de jours, une nuée de sauterelles a ainsi dévasté les terres agricoles, venant à bout de toutes les récoltes.

Le plus choquant à l'époque était l'attitude passive des forces allemandes et celles de l'Autriche-Hongrie, qui ont cruellement laissé faire, sur base du ne rien voir, ne rien entendre, la raison d'État germano-ottomane ayant la priorité sur toute autre considération. Parallèlement, l'Empire ottoman poussait à l'exode, pourchassait et assassinait à tour de bras les Arméniens, considérés auparavant comme des fidèles mais désormais accusés de traîtrise parce qu'ils avaient aidé, dans la région, les Russes...
Dans ce contexte, la communauté libanaise d'Égypte a contribué dans une large mesure à atténuer les effets de la famine en acheminant des aides par le biais de l'île de Rouad, face au littoral syrien, au nord de Tripoli. Cette aide était livrée au patriarcat maronite qui la distribuait à son tour à la population par l'intermédiaire des couvents et des ordres monastiques.

Mise à mort muette
Il n'empêche, un devoir de mémoire est indispensable et il faut reposer le problème, ne serait-ce que par respect pour tous ceux qui sont morts à cause de cette famine. On ne peut oublier certaines descriptions atroces, comme dans Al-Raghif, le livre de Toufic Youssef Aouad : « Il y avait là une femme étendue sur le dos, envahie de poux. Un nourrisson aux yeux énormes pendait à son sein nu (...). La tête de la femme était renversée et ses cheveux épars. De sa poitrine émergeait un sein griffé et meurtri que l'enfant pétrissait de ses petites mains et pressait de ses lèvres puis abandonnait en pleurant.»

Cette triste commémoration devrait avoir lieu chaque année, malgré le fait qu'elle soit reléguée dans un passé qu'on préfère ne pas réveiller. Le film des frères Rahbani, Safar Barlek, retrace aussi, sous forme d'une comédie musicale, cet épisode dramatique de l'occupation ottomane, mettant en exergue la solidarité syro-libanaise face à l'hégémonie de l'occupant.
Beaucoup de Libanais ont été poussés à quitter leur village et à aller mendier dans les villes; beaucoup de femmes ont été contraintes de se prostituer en contrepartie de nourriture. Un volet humiliant et douloureux pour cette population conservatrice qui a préféré oublier et ne pas transmettre ces détails aux générations futures.
Ce ne sont que les photos d'archives personnelles, comme celles puisées dans les archives de la Compagnie de Jésus au Liban et les (journal quotidien) de nombreux pères jésuites qui ont été exhumés par Christian Tawtel et Pierre Witouck s.j., qui peuvent dénoncer de la meilleure façon, mieux même que tous les témoignages poignants, cette mise à mort muette et obscure de la population chrétienne du Liban il y a cent ans.

Dans L'Orient Littéraire
Frères humains d'il y a 99 ans !



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