"Le patrimoine n'est pas forcément religieux, ni permanent, ni ancien..."
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Figurine d'une divinité ou d'un officiant, Sidon, âge du bronze moyen, 9,5 centimètres de haut.
Image: MAH/Chaman Studio
Un peu d'écriture arabe colorée sur une tête de marbre, qui ressemble du coup à une savonnette en train de fondre. On ne peut pas dire que l'affiche constitue une réussite. «Fascination du Liban». Le titre n'apparaît pas très bien choisi non plus. L'amateur imagine une soirée, avec projections de diapositives, à la Salle Centrale dans les années 1960. Bref. La nouvelle exposition duMusée Rath ne part pas gagnante.
Il se cache pourtant beaucoup d'efforts intelligents derrière cette manifestation, qui entend brasser non pas les siècles, mais les millénaires. L'idée est partie en 2007. Il s'agissait de tirer parti des réserves du Musée de Beyrouth, laissées un peu en friche, pour créer un panorama des religions depuis les origines, dans ce qui est aujourd'hui devenu le Liban. Un budget relativement important permettrait des restaurations. Inédites, les œuvres quitteraient ainsi Genève pour se retrouver dans des salles muséales non seulement de Beyrouth, mais de Tyr ou de Sidon.
Parcours à l'envers
Bien sûr, il n'y aurait pas là beaucoup de chefs-d'œuvre. Comprenez par là des sculptures ou des objets (les icônes proviendraient, elles, d'une grande collection privée du pays) produisant tout leur effet dans n'importe quel contexte. Des objets de musée, précisément. Il fallait que les pièces retenues racontent des histoires. Le fond devrait se révéler plus important que la forme.
Le résultat peut donc se découvrir au Musée Rath jusqu'en mars 2013. Le parcours s'effectue à l'envers. Le visiteur part des sous-sols (évocateurs par leur situation du contexte archéologique) pour traverser ensuite le rez-de-chaussée, lui aussi parcouru dans un sens inverse à l'habitude. Un peu comme une lecture de l'arabe. Tout démarre ainsi avec une jarre funéraire six fois millénaire (avec les restes d'un enfant dedans) pour se terminer sur des icônes assez récentes, influencées par l'Occident.
Une salle pour la pourpre
L'œil ne suffit évidemment pas, même s'il caresse un Apollon romain de marbre ou quelques mosaïques paléochrétiennes, effectivement spectaculaires. Le visiteur doit lire au préalable le catalogue, ou entendre des écouteurs. Un solide bagage personnel ne se révèle pas inutile. Je pense à la petite salle consacrée à la pourpre. Découverte selon la mythologie par le chien d'Hercule, la teinture du murex a joué un rôle capital dans l'économie et l'imaginaire. C'est le symbole du pouvoir. Ne disait-on pas des empereurs byzantins qu'ils étaient porphyrogénètes (nés dans la pourpre)?
Le décor, qui s'est autorisé un peu de couleurs, amène aussi la nature. Baalbek ou les sols des églises restent par définition intransportables. Ils se retrouvent donc par projection sur les murs. Il y a en effet du vide. Pas mal de vide. Les trois commissaires ont voulu éviter la surcharge. La chose a l'avantage de rendre les œuvres plus visibles, et donc plus lisibles. Elle possède le défaut de les faire apparaître encore plus modestes qu'elles ne le sont souvent.
Un besoin de conteur
«Fascination du Liban» pose en fait la barrière très haut. Il semble aujourd'hui convenu qu'une exposition constitue avant tout, pour ne pas dire uniquement, une expérience esthétique. Il s'agit ici de culture au sens le plus large du terme. D'ailleurs, le mot culture devrait se mettre au pluriel, même si les solutions de continuité demeurent plus rares qu'on ne pourrait l'imaginer au pays des cèdres. Or, qui dit culture pense effort intellectuel. Il faut penser. L'esthétique, elle, ne demande finalement qu'une approche sensuelle.
Dès lors, on ne saurait trop conseiller la visite guidée. Surtout celles qu'assurera le co-commissaire Marc-André Haldimann. Ce n'est pas qu'il soit plus savant que les autres. Mais il s'agit d'un conteur. D'un barde. Autrement dit d'un monsieur qui ouvre les esprits. Sans lui, l'exposition fait un peu penser à celles que proposait naguère Jacques Hainard au Musée d'ethnographie (ou MEG). En son absence, les choses redevenaient ce qu'elles sont. «Fascination du Liban» risque alors d'apparaître comme une suite de terres plus ou moins bien cuites, de cailloux, de tesselles de mosaïque ou d'icônes, pas forcément très sexy.
Pratique
«Fascination du Liban», Musée Rath, place Neuve, jusqu'au 31 mars 2013. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Visites commentées les 2 et 16 décembre, le 6 et le 20 janvier, les 3 et 17 février, les 3 et 17 mars. Tél. 022 418 33 40, site www.ville-ge.ch/mah (TDG)
Créé: 01.12.2012,
http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/L-immobilier-fragile-tresor-des-congregations-religieuses-_NG_-2012-11-29-881722« On ne vend pas pour vendre. On y est contraint », explique Sœur Thérèse Revault, secrétaire générale de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). Depuis longtemps, les congrégations ont pris la mesure de l'ampleur du défi. Comment assurer le devenir de religieux de plus en plus âgés et de moins en moins nombreux ?
Alors même que le financement de leurs retraites demande de plus en plus de moyens, que les charges liées au patrimoine pèsent de plus en plus lourd et que les nouvelles recrues sont sans ressources particulières. Alors même que, dans les pays en développement, ces mêmes congrégations sont florissantes, tant du point de vue de leur jeune âge que des nombreuses œuvres qu'elles mettent en place – et doivent financer.
VENDRE « AU JUSTE PRIX »
Faire face à cette question est précisément la mission que s'est donnée Ivan Olivry, fondateur de Solidarité Patrimoine. Cette société a fait affaire avec 130 congrégations depuis 1996 et restructure 12 millions d'euros de patrimoine par an.
« Il est logique d'ajuster la taille du patrimoine, avance Ivan Olivry. Chaque année, on enregistre 2 000 décès. Depuis dix ans, les charges liées à la dépendance ont doublé pour certains instituts. » Selon l'entrepreneur, il est urgent de trouver de nouvelles ressources, grâce à une « véritable politique de valorisation immobilière » . « Dans les années 1980, on vendait à bas prix, voire à perte, sans mesurer les manques à gagner, déplore-t-il. Si l'on vend, il faut vendre au juste prix. »
Pourtant, les opérations immobilières des religieuses sont regardées avec suspicion. En témoigne l'émoi suscité, il y a quatre ans, par la vente de l'hôtel de Bourbon-Condé, à Paris. Les Filles du Cœur de Marie avaient cédé ce magnifique immeuble de la rue Monsieur à la famille royale du Bahreïn pour 66 millions d'euros – un record pour une acquisition par un particulier. Sans doute l'identité de l'acheteur avait-elle suffi à faire naître ces indignations.
DES BIENS DIFFICILES À VALORISER
« Les congrégations paraissent bien riches. Mais c'est l'histoire qui les a dotées de ces possessions », commente Sœur Michelle Barrot. Cette Petite Sœur de l'Assomption pointe du doigt le danger au contraire de « brader » les biens des congrégations. Du point de vue des religieux, il en va de leur responsabilité éthique envers les fidèles qui ont permis l'acquisition de ces biens et leur utilisation par leurs dons, par leurs investissements, en offrant leur temps…
Valoriser le patrimoine se heurte à des résistances. « Le patrimoine est peu liquide, regrette Ivan Olivry. Par exemple, les établissements médicaux : on ne peut pas les vendre dans le domaine privé sans les transformer. Or, les investissements sont loin d'être amortis, les coûts énormes. »
De même, depuis des années, de nombreux bâtiments sont mis à la disposition des écoles à des prix inférieurs au marché, voire gratuitement. Mais pour augmenter les loyers, il faudrait que les associations qui les gèrent aient les moyens de payer.
RÉSISTER FACE AUX DÉMARCHES DES PROMOTEURS
Pour les congrégations, la priorité est d'offrir à cet immobilier un avenir cohérent avec son histoire. Certaines font le choix d'y maintenir une vie de prière, en les cédant à des communautés nouvelles. D'autres leur trouvent une utilité sociale. Dans le 15e arrondissement à Paris, cinq Filles de la Charité à la retraite partagent depuis cinq ans leur bâtiment de la rue Miollis avec l'Association des cités, qui peut ainsi accueillir jour et nuit 25 personnes sans abri.
Si, au sein du monde religieux, on a pris la mesure de la situation, celle-ci devient de plus en plus complexe. Le cas le plus problématique est sans doute celui des instituts à petits effectifs : 80 comptent moins de 30 membres.
Une commission de la Corref porte secours à ces congrégations qui se retrouvent en difficulté, notamment face au démarchage des promoteurs. Il faut s'occuper de bâtiments qu'elles ont parfois délaissés. Des locaux sous-exploités – même s'il existe en réalité une minorité de ces « lieux vides » dénoncés par l'hebdomadaire Le Canard enchaîné le 14 novembre et qui font l'objet de pressions régulières d'associations.
CRÉATION DE MAISONS DE RETRAITE
Les congrégations cherchent un repreneur qui soit capable d'assurer la pérennité de leurs œuvres dans un esprit chrétien. Ce dont se prévaut l'association belge Acis (Association chrétienne des institutions de santé), implantée en France en 1995. « Les congrégations n'avaient plus les moyens humains de gérer leurs maisons, parfois menacées de fermeture », indique Alain Brulard, son directeur.
Acis est devenu propriétaire de 16 maisons de retraite créées par des religieuses, soit 1 300 lits médicalisés et 1 000 salariés. En contrepartie, les religieuses peuvent continuer à vivre sur place. Lorsqu'elles deviendront dépendantes, elles intégreront la maison comme résidentes.
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Quand Dieu créa le monde, la Terre et l'univers,
Il voulut faire un lieu bien Extraordinaire :
Une mer, un climat, un soleil éclatant,
Il fit si bien les choses qu'Il créa Le Liban.
Mais quand Il aperçut un peu autour de luiL'état de ses voisins l'Égypte et la Syrie,
J'ai été trop injuste, dit-Il, faut y remédier,
Et pour faire l'équilibre, Il créa le Libanais.
Car l'étrange animal qui peuple ce paysA tout temps fait partie d'une espèce bien à part.
Il a toujours vécu au gré de sa fantaisie
En se foutant du tiers comme bien sûr du quart.
Toutes les qualités et presque tous les défautsSe trouvent réunis dans chaque concitoyen,
Il va prêcher le vrai pour connaître le faux
Et, pour se faire des sous, use tous les moyens,
Et tout cela remonte jusqu'aux Phéniciens,Qui étaient je crois bien de drôles de paroissiens
Sillonnant toutes les mers sur leurs petits canots,
Trompant tout à chacun, les menant en bateau.
Mais à travers les siècles, les guerres et les conquêtes,Leurs héritiers ont su se forger une tête,
Prenant par-ci par-là un trait du conquérant,
Ils se firent un visage au mélange savant :
Exalté comme le Perse, têtu comme l'Ottoman,Combine mieux que l'Anglais, à la finesse du Franc,
La sagesse du Grec et l'ardeur du Romain,
La grandeur de l'Arabe et le génie Phénicien.
C'est un individu qui vit d'indépendance,Qui fait tout de travers, gagne moins qu'il dépense.
Dans la vie de chaque jour, au travail, en amour
Avance, recule et passe puis fait le compte à rebours.
Quand il veut faire la cour à une fille qu'il aime,Au milieu des caresses, des soupirs, des poèmes,
A sa chère dulcinée, il dit : 'Je t'aime tant !
Tant pour cent sur la dot que te donnent tes parents'.
Il suffit un beau jour qu'une chose soit interditePour qu'on le voit la faire malgré la loi prescrite :
Il brûle les feux rouges, remonte les sens uniques,
Colle les affiches partout, manque d'esprit civique.
Malgré tous ces défauts que je retrouve en moi,Moi je suis bien content d'être né Libanais :
Car je mange quand j'ai faim, je chauffe quand j'ai froid,
Je dis ce que je pense, je crie ma liberté
Et tous mes petits défauts sont réduits à néant
Par ma seule qualité d'être né au Liban.
Gaston Chikhani
1965 -Beyrouth, Liban .A ceux qui s'en souviennent et a ceux qui ne l'ont pas connu- Théâtre de Dix Heures des années 60
ROME, mardi 27 novembre 2012 (Zenit.org) – La présence de Benoît XVI sur Twitter - @BenedictusPPXVI - et les nouveaux media du Vatican feront l'objet d'une présentation au Vatican, lundi
3 décembre.
Benoît XVI, pape de l'ère numérique et des réseaux sociaux, a été
le premier pape a envoyer des sms. Il sera aussi le premier à confier ses messages et appels à Twitter.
La conférence de presse rassemblera le président du Conseil pontifical pour les communications sociales, Mgr Claudio Maria Celli, , le secrétaire de ce dicastère, Mgr Paul Tighe, le P. Federico Lombardi, S. I., directeur de la sale de prese du Saint-Siège, de Radio Vatican et du Centre de télévision du Vatican, du directeur de L'Osservatore Romano, Gian Maria Vian.
- Pour la première fois aussi depuis sa nomination, en juin dernier, l'ancien journaliste américain, conseiller de la secrétairerie d'Etat pour les media, Greg Burke, de l'Opus Dei.
La rencontre aura aussi lieu en présence de Claire Díaz-Ortiz, directrice de « Social Innovation » pour Twitter.
- Pie XI a lancé Radio Vatican : c'était le 12 février 1931.
Pie XI a diffusé, en présence de Guglielmo Marconi, son premier message radio, en latin.
- Jean-Paul II a pour la première fois publié une exhortation apostolique post synodale – sur l'Eglise en Océanie – en cliquant
sur un ordinateur portable, en novembre 2001.
- Benoît XVI a été le premier pape à envoyer des « sms » aux jeunes pour la JMJ de Sydney en 2008.
Il devient aussi le premier pape « numérique » à envoyer des « tweets», tout en aimant écrire ses discours à la main, voire au crayon de papier, laissant à sa collaboratrice allemande la saisie
des textes.
Son compte sur Twitter est : @BenedictusPPXVI, a annoncé le P. Lombardi.
Il compte déjà des milliers d'abonnés.
Ce compte existe en effet depuis le printemps 2012 avec et Mgr Celli a annoncé que les messages de Benoît XVI et notamment ses appels à la solidarité et à la paix seraient accessibles sur Twitter avant la fin de l'année.
Du renouvellement des cloches de la cathédrale Notre-Dame de Paris à la restauration de chapelles, les cloches se vendent bien en France malgré la crise, sous la pression des amoureux du patrimoine et alors que l'Église soigne sa visibilité, selon les professionnels. « Nous ne connaissons pas la crise. Depuis 10 ans l'activité est très bonne », assure Paul Bergamo, directeur de la fonderie Cornille-Havard à Villedieu-les-Poêles (Manche) chargée de fondre huit des neuf nouvelles cloches commandées par Notre-Dame de Paris pour ses 850 ans en 2013.
La fonderie créée en 1865 affiche une hausse d'environ 35 % de son chiffre d'affaires en 10 ans (1,4 million d'euros en 2011) et se souvient que l'entreprise n'employait que quatre personnes en 1980 contre 18 aujourd'hui.
Son principal concurrent français, qui a perdu l'appel d'offres pour Notre-Dame, n'en considère pas moins que 2012 est une très bonne année. « La conjoncture est morose mais nous on ne le ressent pas en tant que fondeur de cloches. En un an, on a coulé un carillon de 48 cloches, un de 25, la cloche de 6 tonnes de la cathédrale d'Orléans, la cloche de 9 tonnes pour San Francisco », s'enthousiasme Anne Paccard, la directrice de la communication de Paccard, qui attend un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros pour 2012 après 1,9 million en 2011.
Installé en Savoie depuis 1796, Paccard affiche un effectif stable depuis 10 ans d'une vingtaine de personnes.
Malgré les difficultés du troisième fondeur de cloche français Bollée, en perte de vitesse de longue date par manque de dynamisme commercial selon plusieurs sources, « le marché des cloches en France se porte plutôt bien », estime Éric Sutter président de la Société française de campanologie, forte de 140 membres.
Basée à Saint-Jean-de-Braye (Loiret), la fonderie Bollée a été rachetée en 2011 par des installateurs de cloches et n'a pas de chiffre significatif à communiquer selon sa nouvelle direction.
« On a environ 160 000 cloches en France pour 44 000 édifices religieux et ce chiffre tend à augmenter légèrement. Plusieurs centaines de nouvelles cloches arrivent dans les clochers tous les ans, dont une partie seulement sert à remplacer des anciennes », développe Éric Sutter. De même que Notre-Dame revient à son ensemble campanaire similaire à celui d'avant la Révolution française en remplaçant quatre cloches du XIXe par un ensemble de neuf nouvelles cloches, « on voit des chapelles retrouver une cloche alors qu'elles en étaient dépourvues » depuis plus de deux siècles, affirme-t-il.
C'est l'effet conjugué « des associations de défense du patrimoine notamment rural et d'une volonté de l'Église depuis plusieurs années d'avoir une visibilité qu'elle avait plutôt tendance à éviter dans les années 1970 », estime-t-il.
Au-delà, « la menace liée à la réduction des crédits publics existe », nuance le campanologue. Le financement fait le plus souvent l'objet de montages public-privé. Pour Notre-Dame qui appartient aux Monuments nationaux, l'argent est 100 % issu de dons.
En outre les ventes de Cornille-Havard et a fortiori de Paccard sont aussi tirées par l'export (20 % à 30 % de l'activité pour Cornille et 80 % pour Paccard). Comparée à la Russie, où après la chute du rideau de fer les églises orthodoxes se sont rééquipées en masse, la « légère croissance » du marché français de la cloche reste modeste, note Éric Sutter.