mercredi 27 août 2014

Honorons la mémoire du roi Saint Louis ! | Nouvelles de France Portail libéral-conservateur

.......C'est ... Saint Louis, qui, le premier, accorde la protection de la France aux peuples chrétiens d'Orient, bien avant les Capitulations signées en 1536 par François Ier avec la Sublime Porte. Faisant escale à Chypre au cours de la VIIème croisade en 1250, Saint Louis se proclame le protecteur des Chrétiens maronites vivant sous domination musulmane : « Pour nous et nos successeurs sur le trône de France, nous promettons de vous donner à vous et à tout votre peuple notre protection spéciale comme nous la donnons aux Français eux-mêmes ». Texte fondamental car, pour la première fois, des garanties sont accordées par la France à des populations étrangères vivant sous la domination de souverains musulmans.

Comment ne pas voir dans la figure de Saint Louis un modèle pour notre temps !

Le manque de justice se fait cruellement sentir, alors que des pans entiers de notre territoire deviennent des zones de non-droit où les caïds font régner la terreur, et que des magistrats laxistes relâchent les délinquants récidivistes traqués par la police, alors que la Garde des Sceaux fait adopter un projet de loi contribuant à vider les prisons.....

Enfin, face à ce qui s'apparente de plus en plus à un génocide des Chrétiens d'Orient mené par l'Etat islamique d'Irak et du Levant, comment ne pas s'inspirer de Saint Louis pour que, fidèle à notre tradition de protection des minorités chrétiennes d'Orient, nous demandions à l'ONU une intervention militaire placée sous l'égide du chapitre VII de la charte des Nations unies et conduite par une coalition où figureraient, aux côtés des Occidentaux, les pays de la Ligue arabe acceptant de s'impliquer dans une opération de la sorte. Ce serait notre manière contemporaine d'être fidèle à l'héritage de saint Louis !

> Charles Beigbeder anime un blog.

http://www.ndf.fr/poing-de-vue/26-08-2014/honorons-la-memoire-du-roi-saint-louis#.U_38fGIaySM


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L'épave d'un navire phénicien découverte au large de Malte? - L'Orient-Le Jour- 26/8/2014

L'épave d'un navire phénicien découverte au large de Malte? - L'Orient-Le Jour

L'épave d'un navire phénicien découverte au large de Malte?

L'épave d'un navire phénicien datant de 700 ans avant J.-C. aurait été découverte au large de l'île méditerranéenne de Malte, a rapporté lundi le Times of Malta. Selon le site, il pourrait s'agir de la plus ancienne épave découverte dans le bassin méditerranéen.

Le co-directeur du projet à l'origine de la découverte, Timmy Gambin, a précisé que l'épave mesurait une quinzaine de mètres. Selon le ministre de la Justice et de la Culture maltais, Owen Bonnici, elle reposerait par 120 mètres de fond. Une cinquantaine d'amphores de sept types différents ont également été repérées, laissant croire que le navire aurait jeté l'ancre dans différents ports, précise le site. 

Selon le média maltais, le projet est supervisé par la Direction du patrimoine maltais, les recherches menées par le Projet GROplan et financées par l'Agence nationale française de la recherche.

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Envoyé de mon Ipad 

mardi 26 août 2014

Congrès de la Ligue maronite : « Ma terre, mon identité » - L'Orient-Le Jour

Congrès de la Ligue maronite : « Ma terre, mon identité » - L'Orient-Le Jour

Congrès de la Ligue maronite : « Ma terre, mon identité »

La Ligue maronite a tenu en juillet dernier au Palais des Congrès de Dbayé un séminaire sur le thème : « Ma terre, mon identité ». Certes, le sujet épineux de la vente des terres, qui entraîne une perte progressive de l'identité socioculturelle du pays, n'est pas nouveau en soi. Il est même devenu récurrent au fil des années de guerre, avec les changements démographiques et géographiques qui ont touché le pays du Cèdre : déplacements internes, afflux des réfugiés, ventes des terres soit entre Libanais, soit aux non-Libanais... L'action menée jusque-là pour endiguer ce fléau est restée limitée. Mais aujourd'hui ce problème a atteint un tel degré de gravité qu'il risque de transformer totalement l'identité même du Liban, pays convivial, creuset de cultures et de civilisations, et « pays message » tel que l'a défini le pape Jean-Paul II.
Tout au long d'une journée bien remplie, le thème du congrès a été abordé par d'éminents conférenciers et en présence d'un impressionnant parterre, sous ses différents angles, posant ainsi l'ensemble des problèmes dans toute leur acuité et préconisant l'action urgente à entreprendre pour mettre un terme à tout ce qui peut mener à la perte totale de l'identité libanaise.
Après avoir développé le lien sacré entre l'être humain et la terre, Me Samir Abillamaa, président de la Ligue maronite, a abordé la situation concrète des maronites de nos jours et la grande inquiétude de l'Église face à cet état de fait.
«Les statistiques, a-t-il affirmé, montrent que les Libanais chrétiens ont perdu au cours de ces derniers années une grande partie de leurs terres et certaines régions sont presque vides de toute présence chrétienne, de vastes étendues de terre ayant été vendues soit volontairement, soit de force ou du fait des offres alléchantes. » Il a souligné que la Ligue a, depuis des années, accordé un intérêt majeur à cette question, à travers des études sur la vente de vastes superficies et sur la nécessité d'amender la loi d'appropriation par des étrangers.
«Ce congrès, a poursuivi Me Abillamaa, n'est pas une réaction impulsive mais un appel à une réflexion approfondie sur les questions existentielles. Le Liban, confronté à de graves crises politiques et économiques, est menacé aujourd'hui dans son identité humaine, culturelle et géographique. La moitié de la population est désormais constituée de non-Libanais. « Ma terre, mon identité », nous le voulons un congrès scientifique, s'appuyant sur des faits, des chiffres et des lois définissant, sans alarmisme mais en toute objectivité, les dangers qui nous menacent. »
Farès Abi Nasr, secrétaire général de la Ligue maronite, est allé dans le même sens, affirmant : « Oui, la terre et l'identité sont en danger et s'il n'en avait pas été ainsi nous ne serions pas réunis ici même pour en parler. » Il a énuméré les multiples dangers : afflux des réfugiés du fait des guerres au Proche-Orient, loi sur la naturalisation que la Ligue maronite a refusée et dont le Conseil d'État a demandé la révision, non-adoption de la loi accordant aux Libanais non résidents sur le sol national le droit de voter, et non-adoption de la loi permettant aux expatriés libanais de récupérer leur identité. Que dire aussi de la manipulation dans la vente des terrains à des prix qui dépassent tout entendement ?
L'évêque Antoine Andary, représentant le patriarche maronite, a insisté sur le lien sacré entre l'homme et la terre, rappelant que dès le début de leur existence, les maronites ont pris conscience de la valeur de la terre, l'ont aimée et y ont incrusté leurs racines. D'ailleurs, a-t-il rappelé, le Conseil patriarcal maronite avait insisté sur cet aspect, déclarant : « Si le maronite gagne le monde entier et perd la terre sur laquelle s'est formée son identité historique, il aura perdu son âme. »
À la première séance, qui avait pour titre : « Les changements démographiques et géographiques au Liban », les statistiques avancées par Rabih Habre, spécialiste en la matière, sont plus qu'alarmantes. Il en a été de même pour les données présentées par Béchara Karkafi, ancien directeur général des services du cadastre, sur le mouvement des biens fonciers. Le député Nehmétallah Abi Nasr a proposé des restrictions à la vente des terres. La deuxième séance a porté sur les lois et décrets relatifs à ce sujet. Les présidents Maurice Khawam et Salim Sleiman, ainsi que le Dr Antoine Antoine Saad ont évoqué la nécessité d'apporter des amendements aux lois et décrets en vigueur, et l'adoption de nouveaux projets de loi proposés en vue de protéger la propriété.
Lors de la troisième séance, il a été question du développement équilibré de toutes les régions du pays à travers la création de zones économiques libres, de coopératives spécialisées, le jumelage entre les municipalités, etc. La dernière séance a porté sur les sources de financement par la Banque centrale, le Plan Vert, le CDR, des organismes privés dont Kafalat, et sur le rôle des municipalités dans le développement continu. Maintenant que le mal est diagnostiqué, que les remèdes sont proposés, reste à passer à l'action. La tâche est ardue dans la conjoncture présente interne et régionale en l'absence d'un président de la République, avec un Parlement qui s'auto-renouvelle et une situation régionale explosive dont le Liban subit les retombées au quotidien. Mais il ne faut pas se laisser gagner par le désespoir. Une mobilisation globale est nécessaire car le fléau de la vente des terres, qui touche en priorité les maronites, se répercute sur l'ensemble de la population et c'est le Liban entier, dans toutes ses familles spirituelles, dans toutes ses composantes et richesses historiques, culturelles et valeurs fondamentales, qui sera le grand perdant. Qui voudrait d'un Liban monochrome ?



Envoyé de mon Ipad 

عدّوسيّة... جنّة الأرض وعبق التاريخ في قاع بحرها - يرموتا

"غدي نيوز" – بقلم ميشال الشّمّاعي

على مسافة 54 كلم جنوب العاصمة بيروت، وعلى مساحة 4.40 كلم2 من البساتين المكحّلة باللون الأخضر، وعلى الساحل الأزرق تقع بلدة "عدّوسيّة" التي تربض على تلّة خضراء تشرف على شاطئ الزّهراني وعلى ارتفاع لا يتعدّى المئة قدم عن سطح البحر.
ارتبط اسم هذه القرية بزراعة العدس كون تربتها خصبة وغنيّة بالمياه الجوفيّة، ويرجع أيضا إلى الصفة "عُدُوس" أي قويّ، وترتبط هذه المسألة بشخصيّة جنوبيّة معروفة وهو المدعو أدهم خنجر من قرية المروانية التي تبعد بضعة كيلومترات عن العدوسيّة، وهو الذي أطلق النار على الجنرال غورو.
عرفت تقدّما ديموغرافيا كوّن مجموع القرية التي يصل عدد سكّانها اليوم الى الألف نسمة تقريبًا، منهم 750 مسجّلين على لوائح الشطب.
تضمّ عدّوسيّة عائلات مختلفة يعود أصلها إلى العاصمة بيروت، حيث شكّل آل الطيّار العدد الأكبر فيها وأساسهم يعود إلى منطقة الشيّاح في قضاء بعبدا، فكانت بالنّسبة اليهم مركزا زراعيّا فضلا عن آل الحاج وكرم ومتري ومزهر ومنصور ويوسف، والشباب، وطنّوس، وابراهيم، وداغر، وعيد، ونجم، وعون، وبوعيسى، وسمعان، ونمور، واسكندر، وجرجس، وداوود، كما تجدر الإشارة إلى توافد عدد كبير من سكّان قرية كفرفالوس التي تقع في قضاء جزّين، وذلك بعد فصلها عن الأراضي المحرّرة في لبنان، حيث كانت هذه القرية خطّ التّماس بين الاحتلال الاسرائيلي والجيش اللبناني، فنزح معظم عائلاتها إما إلى العاصمة وإما إلى جزين وتوجّه قسم منهم إلى العدّوسيّة حيث باتوا اليوم يشكّلون أساس سكّانها. وأبرز هذه العائلات آل لبّس وآل أيّوب وآل الشمّاعي. وهنالك بعض الشيعة من آل حلال ووزني مسجّلين على لوائح الشطب لكنّهم يسكنون في القرى الشيعيّة المتاخمة.
في العدّوسيّة مدرسة رسميّة تمّ تشييد بناء حديث لها على أعلى تلة في القرية وهي تضم اليوم أكثر من ثلاثمئة طالب، والملفت أنّ معظم أبناء القرية مسجّلون في المدرسة حيث يشكّل النسبة الكبرى من أهلها الجسم التعليمي فيها. ويتنافس أهالي القرى المجاورة على تسجيل أبنائهم في مدرسة القرية بسبب المستوى التعليمي العالي الذي يقدّمه الجسم التربوي فيها.
وفي وسط القرية ملعب كبير شهد على مباريات رياضيّة ضخمة ومهرجانات فنيّة، فضلا عن بناء لمركز بلديّة القرية المصقول بالحجر الأصفر المستخرج من مقالع المنطقة. وبجوار المبنى البلدي كنيسة مار يوسف للموارنة التي تتبع مطرانية صور، والملفت أنّ أهالي القرية ينقسمون بين كاثوليك وموارنة من هنا جرت العادة على أن يقام قدّاس للروم الملكيين الكاثوليك كل آخر أحد من الشهر يحضره كلّ أبناء القرية.
وفي القرية عدد لا بأس به من الجمعيّات أبرزها النادي الثقافي الرياضي الذي ينظم دورات رياضيّة ومهرجانات دوريّة، كذلك هنالك جمعيّتي JEC  & MIDAD وهما جمعيّتان تعنيان بالتربية الدينيّة للشبيبة وللأطفال.
وهنالك مستوصف بإمكانيّات جدّ متواضعة يؤمّن بعض الخدمات لأهل القرية.
أمّا بالنّسبة إلى الزراعة فهي تشكّل المورد الرّئيسي لمعظم اهالي القرية حيث تنشط فيها زراعة الورد بمختلف أنواعه في البيوت البلاستيكيّة فيشكّل انتاج عدّوسيّة من الورد ما نسبته 60 بالمئة من إنتاج لبنان، وينافس الجودة العالميّة.
كذلك أشجار الحمضيّات بأنواعها المختلفة من ليمون وحامض وغيرها. فضلا عن زراعة حديثة جدا استقدمت اليها منذ أقل من عشر سنوات وهي زراعة أشجار الأفوكا والقشطة وهي تنتشر بشكل لافت في بساتين العدوسيّة اليوم.
كذلك في العدّوسيّة بعض المهن لا سيّما الحدادة والبويا حيث يوجد أكثر من ثلاثة كاراجات فضلا عن مصنع لصناعة المصاعد.

عدّوسيّة في البحر

كلّ ذلك من دون ان نلتفت الى البحر وما يشكّله بالنسّبة الى أهل القرية. فعلى الشاطئ تلّ ارتبط اسمه بموقع ونوعيّة الشاطئ هناك حيث عرف بشاطئ: براك التلّ، وذلك  لكثرة برك المياه العذبة عليه.
ولقد أثبتت أكثر من بعثة للآثار هذه الحقيقة فضلا عن المدينة الغارقة موضوع  بحثنا.  ومن "البيت الأزرق" على شاطئ بلدة الصرفند الجنوبية الذي يتخذه نقيب الغواصين المحترفين محمدالسارجي منطلقاً لاستكشافاته البحرية كانت بداية الرحلة، حيث يخبرنا أنّ اكتشاف مدينة "يرموتا" تمّ في نيسان (أبريل) 2001 بعد عامين من عمليات الغوص والتوثيق. وتمّ تحديد الموقع الذي بدأت فيه أعمال الغوص في عام 1999 بناء على دراسة تاريخية قام بها الباحث في التاريخ القديم الدكتور يوسف الحوراني الذي تولى أيضاً الدراسات التاريخية التي أدت إلى اكتشاف مدينة صيدون الفينيقية في قاع بحر صيدا في عام 1999.
واختيار الموقع كان من الإنجازات المهمة خصوصاً أن ما تبقى من مراجع تاريخية لم يقدم أية دلالات جغرافية مباشرة على مكان المدينة التي اختفى اسمها من الذكر كلياً، ولولا وجود بعض المراجع التاريخية التي وردت في رسائل تل العمارنة (حوالي 1370 قبل الميلاد) لما علمنا بوجودها في الأساس. ففي هذه الرسائل التي كان يتبادلها حاكم مدينة جبيل آنذاك مع فرعون مصر يتكرر اسم المدينة ما يدل على أهميتها كمركز هام للمصريين.
ومن الواضح أن موقع المدينة كان إلى الجنوب من بيروت إذ أن حاكم جبيل يبلغ الفرعون المصري عن منع حاكم بيروت سفنه من الوصول إلى يرموتا. وهذا دليل أيضاً على أن يرموتا كانت تقع على الشاطئ ويصل اليها الناس عبر السفن.
والمنطقة التي حددها الدكتور الحوراني في الزهراني هي تلك المعروفة بـ "تل البراك" وتقع جنوب مصب نهر الزهراني. وهي غنية بآثارها الإنشائية الباقية إلى يومنا هذا. وما تبقى من آثار تحت سطح الماء يقع مقابل "تل البراك" بالتحديد، أي قرية العدّوسيّة اليوم، وكذلك إلى الشمال وصولاً إلى الزهراني وإلى الجنوب وصولاً إلى الصرفند.
ومن الضروري الإشارة إلى أنه كانت هناك جزيرة تفصل بين المنطقتين، مساحتها حوالى الألفين متر مربع. وقد تحولت الآن إلى رصيف لميناء الصيادين في الصرفند. وتم هذا التحويل أثناء الحرب الأهلية اللبنانية بسبب حاجة الصيادين آنذاك إلى ميناء واسع تكون مياهه عميقة نسبياً.
المهم أن هذه الجزيرة كانت موقعاً سياحياً مهماً لأبناء المنطقة الذين كانوا يتوافدون إليها للاستجمام والصيد والسباحة، خصوصاً أن عمق المياه الواقعة بينها وبين الشاطئ الذي كان يبعد حوالى الثلاثين متراً عنها، يتفاوت ما بين الستة إلى الثمانية أمتار. وكانت المياه الصافية والنظيفة تسمح برؤية الصخور الضخمة الموجودة في قاع البحر.
أعلن رئيس نقابة الغواصين المحترفين في لبنان محمد السارجي عن اكتشاف مدينة اثرية غارقة تحت سطح البحر على الشاطئ ما بين صيدا وصور، في جنوب لبنان، يعود تاريخها الى الالف الثاني قبل الميلاد تدعى "يرموتا".
واوضح السارجي الذي كان يتحدث في مؤتمر عقده بحضور المؤرخ الدكتور يوسف الحوراني والمهندسة هنيدة الخالدي، انه نتيجة لعمليات الغطس التي قام بها، اكتشف العديد من منشآت المدينة على اعماق تتراوح بين 3 و17 مترا، ومنها الشوارع والطرقات والموانئ والسناسل (الارصفة) والساحات التي تتوسطها تماثيل تدل على حضارة عريقة.
واوضح "ان حجارة الميناءين والسنسولين مرصوفة بعناية وتشبه حجارة ميناء صور الشمالي، كذلك هناك درج حجري يتجه صعودا نحو بناء ضخم". واشار الى وجود برك مبنية على نفس طراز برك منطقة رأس العين في صور، ما زالت صالحة من زمن الملك حيرام.
واردف السارجي: "من المؤكد ان الاسمنت او مواد البناء المستعملة بحاجة الى تحليل عالمي لثباته وقدرته على التحمل"، مشيرا الى ان الاسمنت المعروف في ايامنا هذه لا يتحمل اكثر من 70 او 80 سنة قبل ان يبدأ بالتفكك.

يرموتا المدينة الغارقة

في السجلات الفرعونية القديمة ذكر متكرر لمدينة مهمة على الشاطيء اللبناني باسم (يرموتا) أو (عرموتا). ويتداول صيادو الأسماك تسمية لسمك يكثر وجوده على أحد الشواطيء هو (العرموط).
في القرن الرابع عشر قبل الميلاد كانت مصر الفرعونية تسود بلاد جوارها الآسيوية المتعددة القيادات، في لبنان وسوريا وفلسطين. وكان الكاشيون يسيطرون في الشرق على (بابل) التي غيروا اسمها إلى (كاردونياش). وفي الشمال كان الحثيون قد بدأوا بالبروز في المجال الحربي، بينما كان الحوريون في الشمال الشرقي قوة منافسة لمصر، ولهم وجود كثيف في سوريا وفلسطين ولبنان.
ولكي تضمن مصر مداخيلها الاقتصادية من الضرائب على المنطقة أنشأت مراكز إدارية لتتلقى الضرائب وتنظم علاقاتها مع دويلات المدن ولحماية طرق التجارة بين وادي النيل وأرض الرافدين.
أما العلاقات مع القوى الحربية في الشرق والشمال فقد عمد الفراعنة إلى تنظيمها بإنشاء تحالفات تقوم على المصاهرة والروابط العائلية، حيث كان الملوك يتبادلون أخواتهم وبناتهم كزوجات في البلاط الملكي، كما يرد ذكر ذلك في رسائل (تل العمارنة)، وهي السجلات التاريخية الأغنى لتلك الحقبة التاريخية المثيرة.
وخلال هذا الوضع السياسي، وعندما حدث تراخ للحكم المصري في عهد الفرعون (أخن أتن) على الأرجح، خطر لزعيم أموري يدعى (عبد عشرتا) أن ينشيء دولة مستقلة تجمع دويلات المدن والقبائل المنتشرة في المنطقة تحت قيادة واحدة، على غرار الدول المجاورة في الشرق والشمال.
أخذ عبد عشرتا بمهاجمة المدن واحتلالها وإقامة حكام عليها موالين له، بينما أخذ حكام هذه المدن الذين ألفوا الحكم المصري يكتبون للفرعون شاكين له تجاوزات هذا (الأموري) وأطماعه، طالبين منه النجدة للمحافظة على مدنهم وإبقائها مخلصة لمصر. وقد وجدت هذه الرسائل محفوظة كأرشيف سياسي في (تل العمارنة) في مصر العليا، حيث بنى (أخن أتن) عاصمته. وتعتبر هذه الرسائل المرجع الأساسي لمعرفة المدن التي كانت عامرة في تلك الحقبة في أرض لبنان وفلسطين وبعض سوريا.
تبرز في هذه الرسائل مدينتان كانتا مركزي ادارة للحكم المصري في المنطقة. الأولى هي مدينة (مسيرا) على حدود لبنان الشمالية، والثانية - وهي ما يعنينا هنا - تدعى (يرموتا) في الرسائل، وقد اختلف الباحثون في تحديد موقعها. ونعرف من الرسائل انها كانت منيعة وثرية وذات نظام مالي مصرفي، حيث كان أبناء مدينة جبيل يودعون أموالهم فيها، أي أنها كانت مهمة وتستحق البحث لتحديد موقعها.
افترض بعض الاختصاصيين بالتاريخ العبري أنها (يرموتا) المذكورة في جغرافية يشوع (21:29) ومن هؤلاء كان الباحث الأميركي (أولبرايت). ولكن في نصوص (اللعان) المصرية العائدة للقرنين التاسع عشر والثامن عشر قبل الميلاد يرد ذكر بلدتين باسم يرموتا إحداهما باسم (يرموتا إزنو). كما ورد في نص لرعمسيس الثاني، في القرن الثالث عشر قبل الميلاد اسم جبل باسم (جبل يرموتا)، والقرائن ترجح أن يكون هذا الجبل باسم (عرمتا) وهو إلى الشرق من مدينة صيدا، وكانت تقيم فيه قبائل معارضة للحكم المصري في أرض (جاهي) أي لبنان كما كانت تعرف آنذاك.
وتبدو التسمية واسعة الاستعمال في المنطقة، وهي في الأساس اسم لإله يدعى (عرمتا) ورد ذكره باليونانية في دير القلعة قرب بيروت، كما يذكر ذلك الأب (هنري لامنس) في كتابه (تسريح الأبصار فيما يحتوي لبنان من آثار). وقد استشهد بقرية (عرمتا) التي ذكرناها في جبل الريحان قرب صيدا، وقرية أخرى بذات الاسم في جبل النصيرية قرب اللاذقية، كما أنه ربط ذلك بتسمية (رمطون) الخربة الواقعة قرب نهر الدامور. ونضيف نحن هنا تسمية (الرمثا) في الأردن ومزرعة (الرمثا) التي برز اسمها أخيرا على السفح الجنوبي لجبل (حرمون). أما (الياء) الحرف الأول من الاسم، فهو مثل حرف الياء في اسم (نهر الأردن) حيث يرد الاسم (يردن) في النصوص القديمة كما في النصوص اللاتينية والأوربية المعاصرة اليوم. وقد ورد اسمها (رموتا) في الرسالة 85 من تل العمارنة.
وهكذا يكون علينا الاستدلال على موقع مدينتنا المهمة التي كانت عامرة في الألف الثاني قبل الميلاد من خلال القرائن المتوافرة لنا في اللغة والجغرافيا والآثار.

في النصوص الكلاسيكية

يذكر الجغرافي الإغريقي (سترابو) مدينة بين صور وصيدا باسم (أورنيتو)، كما ذكرها كذلك العالم الروماني (بليني الأكبر) بعد سترابو بقليل، أي في القرن الأول للميلاد. والاسم باليونانية يعني (العصافير). ولغياب التسميات اليونانية عن مدن الساحل اللبناني، لكونها جميعا أقدم من زمن الإغريق، نفترض أن الاسم هو تحريف لأورميتو ليس إلا. وقد جرى تحريفه لإعطائه مدلولا يونانيا. ونجد لدى سترابو الكثير من هذه التحريفات في الأسماء، ونرجح لغويا أن يكون اسم سمك (العرموط) في لبنان هو نسبة لهذه المدينة البحرية القديمة لكون هذا الاسم مستعملا في لبنان وحده، كما يبدو وهو الأكثر ألفة للمنطقة كما يقول الصيادون.

في رسائل تل العمارنة

- في الرسالة رقم 68  بالفرنسة يخبر (رب إدي) الفرعون أنه يحصل على المؤمن لمدينته جبيل من يرموتا.
- وفي الرسالة رقم 75 يخبره أن أهل جبيل يبيعون أبناءهم وبناتهم وأخشاب بيوتهم في يرموتا لشراء المؤمن كي يبقوا أحياء.
- وفي الرسالة 81 يكرر الخبر عن بيع الأبناء والبنات لأن حقوله بقيت من دون زرع بسبب الحرب، كالزوجة من دون زوج.
- وفي الرسالة 82 يذكر الفرعون بأمره إلى يرموتا لتزويده بالثياب والمؤن والذهب بواسطة البحر.
- وفي الرسالة 85 يطالب بتزويده بحبوب تنتجها بلاد يرموتا، وبأن يأمر شخصا يدعى (ينحامو) بنقل النقود الموجودة في يرموتا لأبناء جبيل.
- وفي الرسالة 86 يتكرر طلب الحبوب من يرموتا من أجل الغذاء.
- وفي الرسالة 90 يتكرر ذكر بيع الناس أبنائهم وبناتهم في يرموتا.
- وفي الرسالة 105 يذكر حاكم جبيل أن (يبح هدا) (في بيروت) يمنع مراكبه من الوصول إلى يرموتا، بينما لا يستطيع إرسالها إلى (سميرا) بسبب اعتراض مراكب (أرواد). وهذه الرسالة تحدد موقع يرموتا إلى الجنوب من بيروت، وليس إلى الشمال باتجاه أرواد.
- وفي الرسالة 112 يذكر أن كل ما يملكه قد سلبوه منه وباعوه في يرموتا من أجل الغذاء.
-ـ وفي الرسالة رقم 114 يذكر أن فلاحيه كانوا في الماضي يحصلون على حبوب غذائهم من يرموتا. ولكن (يبح هدا) (البيروتي) يمنعهم حاليا من الذهاب إلى هناك. وهذه الرسالة ترجح لنا أنهم كانوا يذهبون سيرا مع دوابهم إلى يرموتا لنقل الحبوب.
- وفي الرسالة 125 يذكر الفرعون بعادته في إرسال المؤن من يرموتا إلى الحامية المصرية التي معه في جبيل.
وهكذا نجد هذه الرسائل وغيرها تشير إلى موقع يرموتا وأهميتها السياسية في تلك الحقبة المضطربة.

غياب مدينة

لم يرد ذكر لمدينة ساحلية عامرة باسم (يرموتا) في نصوص آشور وبابل خلال الألف الأول قبل الميلاد. وهذا يعني أن المدينة كانت قد فقدت ازدهارها أو فقدت جزءا مهما منها في هذه الحقبة، وهذا الافتراض الأخير هو الأرجح.
ولعل أبرز ما بقي من هذه المدينة القديمة هو برك المياه التي أجمع الباحثون، وفي مقدمتهم الفرنسي (رينان) في القرن التاسع عشر،على أنها تعود لزمن برك (رأس العين) إلى الجنوب من صور، وهذه بدورها تعود إلى زمن حيرام ملك صور، أي إلى القرن العاشر قبل الميلاد، وهي أقدم إنشاءات مائية للفينيقيين القدماء على الشاطيء اللبناني.

البحث والكشف

بعد اكتشاف آثار العمران تحت المياه في جوار مدينة صيدا ترجح  أن المدن الساحلية التي توقف ذكرها على أقلام المؤرخين، منذ أواسط الألف الأول قبل الميلاد، إنما غدت في قلب البحر. ومن هذه المدن كانت (يرموتا) الفرعونية التي غاب ذكرها قبل هذا الزمن بقرون. ومثل هذا الغياب التدريجي وفي فترات متباعدة لمدن يجعلنا قرييين من الاقتناع بأن الشاطيء اللبناني برمته آخذ بالغوص البطيء في البحر، وليس بفعل زلزال سنة 143 ق.م وحده كما يتفق معظم الباحثين.
تبنى نقيب الغطاسين في لبنان محمد السارجي هذه الملاحظات وقام بجولة تحت الماء مع آلة التصوير مقابل التل الأثري والبرك المجاورة له. ولم يجد عناء كبيرا في التقاط مجموعة من الصور لشوارع مبلطة ولأبنية مهدمة منتشرة على مساحات واسعة، وبينها ما يرجح أنه ساحات عامة تحتوي على تماثيل حيوانات كانت وفق العقائد الفرعونية، مقدسة. ومن هذه التماثيل تمثال للقطة (باسته) التي تعبدت لها الأسرة الفرعونية الثانية والعشرون، أي قرب الزمن الذي برزت فيه (يرموتا) كقاعدة فرعونية في المنطقة. والتمثال الثاني الواضح المعالم هو رأس حيوان طويل العنق كالجمل، وطول عنقه يقربه من حيوان الاله (ست) رمز عبادة الهكسوس في مصر. وهذا الرمز استمر التعبد له هناك بعد خروج الهكسوس وزوال نفوذهم. وقد يكون وجوده على الشاطئ اللبناني مفتاحا للغز معقد هو هوية الهكسوس وبلادهم الأصلية.
وتوجد في الموقع كسرات تماثيل عديدة ليس من السهل تعيين هويتها قبل ترميمها. والملاحظة المهمة هي أن الكسرات والشظايا والقواعد المتعددة الأجزاء لهذه التماثيل لا تزال متجاورة، مما يعني أنها لم تكن ساقطة من سفن أو ملقاة عمدا في الموقع بل هي كانت منصوبة هناك وأن المياه غمرتها دون عنف زلزالي كبير. وكذلك يمكن القول عن الطرقات المبلطة التي حافظت على تجاور حجارتها المرصوفة على مدى عشرات الأمتار، وعلى بعد أكثر من مائتي متر داخل البحر.
أما الآثار العمرانية التي لا تزال ظاهرة بين بساتين الليمون والتي وصف ركامها علماء القرن التاسع عشر وهي بقايا المدينة التي ذكرها سترابو الإغريقي وبليني الروماني في القرن الأول للميلاد باسم (أورنيتو) فهي، كما نفترض، أحياء أو ضواح لمدينة (يرموتا) التي فقدت أهميتها ودورها، كمدينة على الشاطيء، بعد أن طغى البحر على منشآت مينائها وغمر ساحاتها العامة وشوارعها المبلطة. وهذه الشوارع قد يفترض الكثيرون من الباحثين أنها لم تنتشر في المنطقة إلا خلال العهد الروماني، ومدينتنا غاب دورها التاريخي قبل الرومان بزمن مديد. وهذا ما يدعو إلى إعادة النظر في إحدى المسلمات التاريخية حين التأكد من تاريخية رصف هذه الطرقات وفق وسائل العلم الحديث.
أمّا بالنسبة إلى الشاطئ الرملي الذي تمتدّ امامه مدينة يرموتا فيعتبر محميّة طبيعيّة لسلاحف البحر، حيث تضع هذه الأخيرة الملايين من  بويضاتها في رماله.

تخليد التاريخ الانساني

مهما اشتدّت الظروف المناخيّة، والكوارث الطبيعيّة، يبقى الانسان المحافظ الأوّل على محيطه البيئيّ. فالسّعي الدّؤوب الذي يبذله البعض وحده الذي أمّن حتّى اليوم ما تبقّى من بيئة خضراء خضراء بلون الرّبيع وتوهّج الصيف الأزرق. فالبرّ والبحر والجوّ هي مكان الانسان الطبيعي، منها يستمدّ عناصر حياته. بالنّهاية عناصر الحياة الأربعة: الماء والنار والهواء والتّراب هي من مسؤوليّة الانسان، وإن لم يحافظ عليها فهو يمارس عمليّة انتحار وحده المسؤول عنها.
من هنا كان عمل "جمعيّة غدي" وعبر موقع "غدي نيوز" العمل على تسليط الضوء على المواقع البيئيّة ومدى الضرر الذي يسببه الانسان في بعضها أو حتّى الاهمال الممارس بحق بعض المواقع. فما المانع من إنشاء محميّة طبيعيّة على شاطئ براك التلّ لحماية سلاحف البحر ومنعها من الانقراض؟ وما المانع من إنشاء مدرسة للغطس على الشاطئ، حيث يكون في برنامجها الغطس لمعاينة مدينة يرموتا الغارقة ميدانيّا، وتقديم بعض الشروحات التاريخيّة حول هذا الموقع ومدى أهميّته في التاريخ القديم؟
تبقى الجهود البيئيّة المبذولة حول هذا الموقع وغيره وحدها الكفيلة بتخليد التاريخ الانساني ليتعلّم انسان اليوم من تاريخه القديم والحديث، فيعيش حاضره بهناء ورخاء ليبني مستقبله المزهر.
 

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lundi 25 août 2014

Liban, un patrimoine à deux vitesses (publié dans Orient XXI le 21 août)

Liban, un patrimoine à deux vitesses (publié dans Orient XXI le 21 août)

Liban, un patrimoine à deux vitesses (publié dans Orient XXI le 21 août)

Les sites historiques libanais de Tyr (Sour), dans le sud, et Byblos (Jbeil), dans le nord, ont été inscrits en 1984 au patrimoine mondial de l'Unesco. Ils sont aussi importants l'un que l'autre du point de vue de l'héritage historique, mais très différents par leur localisation géographique et la politique culturelle qui leur est appliquée. Les questions pratiques soulevées par la mise en valeur de ce patrimoine donnent une image de la situation de délitement étatique du Liban, de sa difficulté à se remettre d'une histoire mouvementée mais aussi des différentes solutions à sa portée.

À Tyr, les habitations se trouvent parfois à deux mètres seulement de ruines datant de 2500 ans avant J-C. Le visiteur qui, au terme d'un trajet fort mal indiqué, déambule dans les rues de la ville antique et de la nécropole découvre un site à l'abandon, dont les pierres sont recouvertes d'herbes folles, et les pièces de monuments entassées pêle-mêle. À Byblos, à l'inverse, une attention très particulière est portée au site vieux de 5000 ans annoncé par une rue de colonnades, et tout le centre ville est tourné vers lui. Le visiteur peut trouver facilement des informations sur ce qu'il voit, et les ruines, malgré la nature environnante, sont dégagées et entretenues.

Le contraste entre les deux villes antiques porteuses d'un héritage historique important pour le pays est frappant. Il s'explique par l'évolution de la situation politique, fortement marquée par les conflits internes et régionaux, mais aussi par la mise en application, au niveau institutionnel, de politiques publiques peu efficaces en matière de préservation du patrimoine. Ainsi, Tyr est encore en reconstruction après la guerre de 2006 contre Israël tandis que Byblos, épargnée par les guerres successives, a profité d'investissements importants pour valoriser le tourisme.

«  Patrimoine  » : ce mot même pose problème dans un Liban divisé confessionnellement, politiquement et culturellement. Dans un pays où l'on n'enseigne pas l'histoire récente dans les écoles, comment s'attendre à un investissement collectif dans les sites mémoriels  ? Pour Zara Fournier, doctorante en géographie à l'université de Tours, «  le patrimoine en tant que porteur de la mémoire collective n'existe pas au Liban  ». «  Le problème de l'identité est à vif, et donc le patrimoine libanais au sens classique du terme, architectural, urbain et historique, est supplanté par l'héritage personnel  », ajoute-t-elle.

Un problème de "visibilité"

Les sites historiques dépendent de la Direction générale des antiquités (DGA), un organisme technique relevant du ministère de la culture, responsable de la protection, de la promotion et des excavations des sites patrimoniaux libanais. Assaad Seif, à la tête du service de recherche archéologique, admet des difficultés en interne : «  Il n'y a pas un budget suffisant pour faire les choses, quand il y en a on peut gérer, comme pour les sites du Nord, mais Tyr est le site le moins garni car il existe des projets de réhabilitation des infrastructures en cours. Outre notre budget médiocre, le plus problématique est la manière de dépenser l'argent, avec des procédures de trois mois alors que les prix peuvent changer  ! Donc on effectue les travaux partie par partie, et les gens se plaignent car ils ne voient pas ce qui est fait.  » Pour lui, les critiques concernent surtout un problème de «  visibilité  ». Frédéric Abbas1, un archéologue, va plus loin : «  La DGA, en 2011-2012, rendait un tiers de l'argent alloué au ministère des finances car elle ne voyait pas comment le dépenser et organiser les travaux. Le budget public a donc baissé du fait de ces deux années de surplus, uniquement par la faute de mauvaises gestion et planification.  »

Dans «  Archaeology in Lebanon Today : Its Politics and Its Problems  », Hélène Sader, enseignante à l'université américaine de Beyrouth (American University of Beirut, AUB), ce sont les bases légales de la DGA, fondée et régulée selon une loi datant de 1966, sont dénoncées. Celle-ci ne permet à l'organisme que d'employer cinq archéologues, le même nombre de stagiaires et cinq architectes, ce qui selon la chercheuse limiterait la possibilité de promotion et de développement de la recherche archéologique. En ce qui concerne la gestion interne, de 2010 à 2014, aucun directeur n'a été nommé à la tête de la DGA pour cause de rivalités politiques après la démission de Frédéric Husseini, qui a entraîné dans son sillage une partie de l'équipe en place, frustrée par la situation. Sans travail sur la loi pour donner par exemple plus de moyens à un État déjà dépassé par des urgences telles que l'alimentation électrique ou l'élection d'un nouveau président, une amélioration de la situation semble donc compromise.

D'autres professionnels du secteur, tels que l'archéologue et architecte Yasmine Makaroun préconisent la mise en place d'un système parallèle à même de combler le manque d'actions publiques. «  Tout se délite, l'État est incapable d'assumer tout ce qui existe  », affirme-t-elle. «  Il est donc nécessaire d'aller vers le mécénat et les fondations, avant d'installer un processus de gestion. Le secteur privé ne peut pas prendre place de l'État, qui devrait juste réguler et assouplir les réglementations afin de déléguer aux initiatives citoyennes et associatives .  » Seul bémol : «  La notion de gestion sur le long terme est difficile du fait du contexte social et politique de notre pays et de la région  ».

En attendant une implication facilitée des associations, des initiatives privées ont déjà entrepris de préserver et valoriser les sites en question, comme les investissements touristiques de la famille Eddé à Byblos par exemple, ou encore celle d'un donateur anonyme qui a offert une toile de Pablo Picasso, L'homme au gibus (1914) à l'Association pour la sauvegarde de Tyr. La vente aux enchères de cette toile en décembre dernier a rapporté quatre millions de dollars qui serviront à dynamiser les activités socioculturelles de la ville et à promouvoir la recherche historique phénicienne.

Tyr, rescapée des combats au Liban

Les guerres, de 1975 à 1990 puis en 2006, ont joué un rôle déterminant au niveau des infrastructures. Maud Moussi, de l'Unesco, explique que les deux sites ont «  des points communs, ne serait-ce que la date commune de classement en 1984  », mais que «  les différences sont surtout liées au contexte  ». «  Tyr, depuis 1975, a vu son patrimoine historique menacé : empiétements des habitants sur les sites, violations des plans d'urbanisme et relative faible fréquentation touristique. Le contexte politique local2 fait que la menace du déclassement est régulièrement invoquée, mais aussi vite repoussée finalement  ». En 2006, la nécropole a ainsi été endommagée par les bombardements israéliens, faisant l'objet d'une initiative de sauvegarde de l'Unesco, car «  il y avait des inquiétudes sur la pérennité du site  ». «  À Jbeil, il existe d'autres problématiques car l'intense mise en valeur touristique change la donne, avec un musée dans les vestiges, ce qui n'est pas encore le cas de Tyr. Au final, il existe un problème commun de financement qui empêche de viser plus haut que les simples mesures conservatoires.  » La chercheuse pense que «  dans les deux cas, les sites archéologiques restent des éléments de vitrine incontournables, bien compris par tous les acteurs locaux, donc l'intérêt de la ville à les préserver relativement reste tout de même bien compris par tous, même si les actions ne convergent pas toujours  ».

Mona Fares, chargée du secteur de la communication du ministère du tourisme libanais, insiste encore sur les différences entre les deux villes : «  Jbeil est mieux entretenu grâce à l'engagement des citoyens, favorisés par proximité de la mer et de Beyrouth, tandis que Tyr a souffert jusqu'à encore récemment des conflits qui ont marqué le Liban  ». La ville a en effet été sérieusement endommagée à la fin des années 1970 par l'opération Litani puis par l'invasion israélienne de 1982, car elle était utilisée par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) comme base. Israël l'a presque détruite, avant d'y installer ses troupes pendant un an. En 2006, la ville a encore été la cible d'attaques israéliennes, aériennes mais aussi terriennes lors de la guerre contre le Hezbollah.

Byblos; financements privés et aides diverses

Mais les effets de la guerre n'expliquent pas le développement rapide et très visible de la ville cinq fois millénaire, notamment au niveau touristique. Mona Fares estime que les «  citoyens de Jbeil sont sensibilisés grâce au conseil municipal et aux ONG  ». Byblos a en effet été revalorisée, reconstruite, financée, au travers d'investissements internationaux, locaux et d'une bonne gestion locale. La ville bénéficie d'un budget annuel de quatre millions de dollars pour 50 000 habitants, ce qui, selon Ayyoud Barak, membre du conseil municipal, est peu, «  donc on a recours aux financements privés  ». Par exemple, les anciens souks ont été terminés en juillet 2013 grâce à un don de deux millions de dollars, le stade sportif avec trois millions. Des municipalités européennes ont financé des circuits de bus internes et la ville de Genève la réhabilitation du musée des fossiles. Des départements français tels que l'Hérault se sont impliquées pour la mise en place d'un centre d'information, de cartes virtuelles, d'un entreprise de numérotation et de plaques dans les rues, et même d'un musée de l'alphabet. L'Union européenne est de son côté engagée dans différents projets touristiques, écologiques et esthétiques d'ampleur internationale, et dans lesquelles la ville de Jbeil est incluse. «  Nous suivons un plan général pour la gestion de la ville sur plusieurs années  », explique Ayyoud Barak. «  Notre objectif est de créer des emplois, des espaces naturels, encourager le tourisme responsable, le développement social ainsi que la santé publique  ».

Au niveau local, l'influence de la famille Eddé, historiquement liée à Byblos depuis huit siècles, a bien aidé à revaloriser le tourisme historique en développant de nombreux commerces autour du site. Elle a notamment conçu une série de marques au succès fulgurant comme Eddé Sands au niveau de la plage, et Eddé Yard dans les anciens souks, car «  les plages de sable de Byblos et la vieille ville archéologique se touchent et se complètent naturellement  », selon Roger Eddé. Revenu au Liban en 1998 après 25 ans entre les pays du Golfe, Paris, le Cap d'Antibes, Zurich et Washington DC, ce dernier a vainement tenté d'obtenir les autorisations nécessaires à développer un hub multimédia, Eddé Global Village, à l'instar de la Silicon Valley en Californie. «  Déçu, j'ai décidé de relancer Le Liban en tant que destination touristique de loisirs, de culture et d'affaires internationales à partir de Byblos.  » Avec sa femme Alice, ils ont ainsi réussi à assurer un «  développement continu  », que ce soit au niveau hôtelier, dans la restauration, sur les plans artistique artistique, balnéaire, historique, et même structurel. Ce monopole familial a largement profité à la ville phocéenne, qui attire aujourd'hui des touristes du monde entier et a vu le niveau de vie de ses habitants augmenter.

L'aide sous conditions de la Banque mondiale

Plus récemment, la situation a commencé à évoluer avec l'implication de la Banque mondiale et son projet pour le Liban, intitulé Cultural Heritage and Urban Development ((Patrimoine culturel et développement urbain, CHUD).«  Cela change considérablement la donne car le nouveau bailleur de fonds influe sur les centres anciens, et si l'Unesco était surtout dans des problématiques d'ordre "culturel", la Banque Mondiale vient surtout avec un projet labellisé "développement". C''est une autre façon d'envisager la place des sites dans la ville  », détaille Maud Moussi. Le projet CHUD a été confié au Comité de la reconstruction et du développement (CDR), organisme dépendant du conseil des ministres et créé dès 1977 pour reconstruire le pays, en 2003. Il a vocation à développer socialement et économiquement les cinq villes secondaires du pays : Tyr, Tripoli, Baalbeck, Saïda et Byblos. «  Il s'agit de redynamiser les régions en construisant et réhabilitant les lieux délaissés, afin de lancer des pôles d'attraction  », explique Nabil Itani, qui travaille sur le projet CHUD au CDR. «  On s'occupe de créer des espaces de meilleure qualité, de préserver et de gérer le patrimoine des villes. On commence par valoriser le tissu urbain historique et les sites archéologiques en impliquant la population, avec le soutien de la DGA et des municipalités, qui se chargent d'études sur les impacts environnementaux, sociaux, économiques, etc, pour une approche intégrée. Ensuite, on travaille avec celles-ci pour le développement des infrastructures, avec un accent mis sur l'information des personnes concernées. Par exemple à Tyr, où un nouveau marché a été construit sur le port, un marché temporaire a été mis en place durant les travaux, pendant lesquels nous avons mis l'accent sur les mesures d'hygiène. Dans chaque ville, les points faibles sont relevés, par exemple concernant l'accessibilité de la ville de Tyr, et des études permettent de prendre ou pas certaines actions selon les spécificités relevées, spécificités dans chaque ville donc actions retenues ou pas après l'étude.  »

Toutefois, il nuance l'impact réel du projet : «  Il s'agit de créer une base de développement, sans prétendre régler tous les problèmes, en impliquant les municipalités et le secteur privé.  » Et là encore, les différences entre les deux villes se font sentir : «  Byblos est un cas spécial, car ses municipalités successives se sont impliquées pour son développement, engageant aussi les habitants, donc on ne va pas redessiner ni la ville ni les rues, mais piétonner un maximum. À Tyr, les citoyens sont plus méfiants. Nous avons eu l'idée d'un grand trottoir que les riverains n'ont pas accepté donc nous avons installé une route de service, mais avec le temps ils ont fini par demander de l'enlever car l'autre était plus pratique.  »

Le rapport du CHUD préconise ainsi, pour cette ville, une amélioration de l'accès routier aux différents lieux de tourisme (plages, marché, sites historiques) ainsi qu'une meilleure visibilité de ceux-ci, un investissement massif dans les activités de pêche et de tourisme, la mise en place d'un marché de biens et de nourriture organiques locaux, et l'implication d'ONG dans la formation de professionnels de l'artisanat et du tourisme. À Byblos, la Banque Mondiale propose de lancer un dialogue entre les trois autorités confessionnelles de la ville pour une meilleure coordination entrepreneuriale et l'engagement des jeunes dans celle-ci, de favoriser des activités économiques de petit niveau et des logements abordables à la fois pour les habitants, les étudiants et les touristes, la création d'un parcours touristique dans le centre ville et une redéfinition institutionnelle avant d'empêcher la domination du privé sur les espaces du littoral.

Malgré tout, dix ans après le lancement du projet sur le terrain, les travaux n'ont pas réellement avancé, ce que regrette Frédéric Abbas. «  La Banque Mondiale était prête à faire des panneaux indicatifs pour les sites historiques de Tyr, cela aurait dû être fini il y a quatre ans mais rien n'a été fait  !  ». En effet, selon Nabil Itani, «  le projet aurait dû être terminé en 2009 mais du fait de problèmes sécuritaires3, de la découverte d'activités économiques informelles, comme des locations non déclarées dans des bâtiments historiques par exemple, et d'habitudes urbaines liées au déplacement, tout se fait sur le long terme, ici ou là, et les prix augmentent pendant ce temps.  »

Florence Massena

1Il s'agit d'un pseudonyme, le nom de cette personne a été modifié pour des raisons de confidentialité.

2La ville est dirigée par le Hezbollah, en conflit avec Israël et impliqué en Syrie.

3Guerre de 2006, conflits civils sporadiques.







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mardi 12 août 2014

Fakhr ad-Din II et la première ébauche du Liban moderne | Zaman France

Fakhr ad-Din II et la première ébauche du Liban moderne | Zaman France

Fakhr ad-Din II et la première ébauche du Liban moderne

Il y a 442 ans, le 6 août exactement, naissait Fakhr ad-Din II, émir de la prestigieuse maison druze des Ma'n, et gouverneur du Mont-Liban, alors sous suzeraineté ottomane (1590-1633). Esprit éclairé, il est l'unificateur des druzes et des maronites et par là même, le fondateur du Liban moderne.

L'unification des sujets

Son père portait un prénom turc, Qorqmaz, «sans crainte». Un nom sans doute donné en guise de message à la Sublime porte, qui, au XVIe siècle, achevait d'étendre son autorité sur la région. Qorqmaz conduit ainsi une révolte contre les Ottomans en 1584. Elle est matée l'année suivante par Ibrahim Pacha, gouverneur d'Egypte, qui dévaste la région et tue l'émir. Qorqmaz laisse deux garçons en bas âge : Fakhr ad-Din et Yunus. En 1590, Fakhr ad-Din, l'aîné, a 18 ans et possède déjà toutes les qualités d'un homme politique. Il prend en main l'administration de la province du Chouf et son autorité s'étend rapidement de la chaîne de l'Anti-Liban jusqu'à la mer. Il fait allégeance au Sultan et se lie d'amitié à son plus puissant vassal dans la région, Murad, pacha de Damas. Pour autant, il ne rompt pas avec l'orientation de ses prédécesseurs. Comme eux, son objectif est d'élargir son territoire et de fonder les bases d'une entité politique souveraine sur les pachaliks ottomans de Damas, Tripoli et Saïda. Mais en stratège militaire et en homme d'Etat, il a compris qu'il devait opter pour d'autres moyens. A l'intérieur, il veillera à unifier ses sujets, notamment en consolidant le noyau constitué par les communautés druze et maronite. L'un de ses historiographes, le patriarche Stéphane ad-Duwayhi souligne ainsi dans son Târikh al-azmina que sous son règne, les chrétiens bénéficient de privilèges réservés jusque-là aux seuls musulmans. Ils sont notamment appelés à participer à l'administration du pays et à s'engager dans l'armée. En accordant à tous les chrétiens une égalité avec les druzes, les sunnites et les chiites, en renforçant la cohésion sociale, Fakhr ad-Din inaugure également une ère de prospérité, – notamment pour les maronites, sur lesquels les pachas de Tripoli faisaient peser de lourds impôts. «Les chrétiens tinrent la tête bien haute dans l'Etat de Fakhr ad-Din, car la majorité de ses soldats étaient des chrétiens, de plus ses conseillers et serviteurs étaient maronites», écrit encore ad-Duwayhi.

Les bases de l'Etat moderne

Sur le plan extérieur, celui que Louis XIII appelait Ficardin, et à qui il écrivait «très illustre et puissant Prince», cherchera également à nouer des liens par-dessus les lignes de partage politico-confessionnelles. Ses diplomates sont choisis avec soin : un sunnite auprès de la Sublime porte ; un chiite auprès du chah de Perse et, auprès des nations européennes, un prélat maronite. Bravant le privilège accordé aux seuls Français dans l'empire ottoman, Fakhr ad-Din signe avec le duché de Toscane un accord commercial, qui, au surplus, contient des articles secrets de nature militaire. La coopération technique avec Florence permet de développer l'agriculture, la production de la soie, mais aussi de créer, dès 1610, dans le couvent chrétien de Mar Kozhaya, la première imprimerie d'Islam. Le pays est prospère et son territoire s'étend depuis Antioche au Nord, jusqu'à Palmyre à l'Est et Gaza au Sud (Turquie, Syrie et Palestine actuelles, respectivement). Cette politique souverainiste et ces succès suscitent la crainte des Ottomans. Ils organisent une campagne contre l'émir, l'incarcèrent et l'exécutent à Istanbul le 13 avril 1635. La structure proto-étatique mise en place, et l'union, dans la prospérité et l'égalité, des druzes et des maronites jetteront néanmoins, dès le XVIIe siècle, les bases de l'Etat moderne du Liban.



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jeudi 24 juillet 2014

حرمون- “لنسر حيث سار المسيح” في يوم التجلّي مخيّم

حرمون- "لنسر حيث سار المسيح" في يوم التجلّي مخيّم ومسيرة على دربه في جبل الشيخ

23 يوليو, النهار 

لجبالنا اللبنانية ألف قصة وقصة، ولجبل حرمون او جبل التجلي او جبل الشيخ، شيخ الجبال، قصص عديدة إذ قدّسته الاديان على اختلافها على مر العصور.
هناك سار السيد المسيح وتجلى، ولسنوات بقي اهل المنطقة يسيرون على خطاه. وهذه السنة في نهاية الاسبوع الاول من شهر آب سيحيي اهل المنطقة هذه الذكرى على طريقتهم "لنسر حيث سار المسيح" مشروع سياحة بيئية دينية ثقافية، ومخيم سياحي اطلقته لجنة مهرجانات راشيا، مع اتحاد بلديات جبل الشيخ، وجمعية حرمون للمكفوفين، في رعاية وزير السياحة ميشال فرعون.
هذه المسيرة كانت بدأتها جمعية حرمون للمكفوفين في عيد التجلي في 5 آب من كل عام، وفي ظل الظروف الامنية الصعبة بدأ عدد المشاركين في المسيرة يتقلص الى ان توقفت منذ سنتين.
المرشد السياحي مهدي فايق اقترح على لجنة مهرجانات راشيا ان تستعيد السير الى الجبل في عيد التجلي، فتم الاتصال بالامين العام للمدارس الكاثوليكية الاب بطرس عازار وهو اعتاد على متابعة هذه المسيرة ورئيس جمعية حرمون للمكفوفين ميشال مالك، فرحبا بالموضوع وكذلك رئيس اتحاد بلديات جبل الشيخ العميد مروان زاكي. ووافقت وزارة السياحة على رعاية المشروع وكذلك تبنيه ليصبح محطة سياحية سنوية اول نهاية اسبوع من شهر آب كما اوضحت لـ"النهار" منسقة المشروع المهندسة المعمارية ليليان جامو معلولي.
واوضحت ان التجمع سيكون الساعة السادسة مساء السبت 2 آب في ساحة راشيا الوادي لتنطلق مسيرة سلام نحو سفح الجبل، للوصول الساعة السابعة مساء، حيث ستبدأ صلاة تأمل وسلام بمشاركة ممثلين عن كل الطوائف. وهذه السنة الصلاة على نية مسيحيي الشرق المضطهدين، واطفال غزة وسوريا والعراق. وسيتم عرض وثائقي عن جبل حرمون مستوحى من كتاب "حرمون من آدم الى المسيح" (حقائق لم تكشف بعد) للدكتور نبيل ابو نقّول، ودراسة اعدتها المهندسة معلولي وفيها لمحة عن عيد التجلي حيث تجلى المسيح بصورة الرب امام 3 من تلامذته. "في الدراسة وثائق تاريخية تظهر ان جبل حرمون هو المكان المذكور في الاناجيل الاربعة، اولا لارتفاعه، وثانيا لقربه من قيصرية فيليبوس التي ذكرها الانجيل ولقدسية هذا الجبل من التوراة الى يومنا هذا مرورا بكل الاديان، وعليه آثار لمعابد قديمة، مثل قصر عنتر، وهو اعلى معبد".
والى الجانب الروحي، تحدثت عن الجانب البيئي لهذا الجبل ونقاوة الهواء، وتنوع الاعشاب المفيدة التي تنمو على سفحه. واوضحت ان احياء فكرة السير على خطى المسيح، ليس ممارسة دينية روحية فقط، انما للتشديد على اهمية المكان من حيث جماليته ورمزيته بالنسبة الى كل الطوائف، وكذلك تنوعه البيئي. "بعد المسيرة والصلاة عشاء قروي ستعده السيدات من جمعيات المنطقة، وتستفيد منه في تسويق انتاجها، كما يستفيد منه المشاركون من خلال تناول وجبة صحية من منتجات الجبل. يليه شرب "المتي" وهو تقليد في المنطقة تأكيدا على العيش المشترك الذي طالما تحلت به. وبعد مراقبة النجوم وسهرة نار عائلية، يبيت المشاركون في خيمهم للصباح، ليتقاسموا من جديد وجبة الفطور الصحية من منتجات البلدة. ويبدأون نهارهم بمسيرة على الجبل مع المرشد السياحي، ويتذوقوا مونة البلدة ويتبضعوا قبل مغادرتهم، العسل والدبس والخروب ومشتقات حليب الماعز".
ويشار الى ان لجنة مهرجانات راشيا انبثقت من لجنة انماء قضاء راشيا التي اسسها السيد وهبي ابو فاعور، بالتعاون مع اتحادي بلديات قلعة الاستقلال وجبل الشيخ، وجمعيات المجتمع الاهلي في المنطقة. وتهدف الى احياء المنطقة سياحيا وثقافيا وبيئيا لما تختزنه في طياتها من قصص وحكايات تاريخية عظيمة، وكذلك لتحفيز اهلها خصوصا واللبنانيين عموما، للتمتع بخيراتها على كل الاصعدة، وابراز غناها الروحي والثقافي والبيئي.
رلى معوّض / النهار ٢٣/٧/٢٠١٤- 


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vendredi 18 juillet 2014

Une collection privée dévoile 66 stèles funéraires phéniciennes... - May MAKAREM - L'Orient-Le Jour

Une collection privée dévoile 66 stèles funéraires phéniciennes... - May MAKAREM - L'Orient-Le Jour

Une collection privée dévoile 66 stèles funéraires phéniciennes... - May MAKAREM

Publiée aux éditions Kutub, la collection Adra est présentée par deux spécialistes : Gaby Abousamra, professeur à l'UL et membre de l'équipe de recherche sur le monde ouest-sémitique ancien de l'UMR 7192 (Collège de France) ; et André Lemaire, épigraphiste et historien du Levant ancien, directeur de l'École pratique des hautes études et membre correspondant de l'Académie des inscriptions et belles lettres. Tous les deux sont presque formels. Ces stèles sont « vraisemblablement liées à des urnes cinéraires résultant de la pratique du rite de la crémation ». Et du fait de leur datation et de certaines données archéologiques, elles peuvent laisser penser qu'elles proviennent de la nécropole de Tyr al-Bass, qui a été pillée au début des années 1990 et dont les objets ont été dispersés sur le marché des antiquités.


Abousamra et Lemaire rappellent que les fouilles de sauvetage menées, entre 1997 et 2009, sur le site par Maria Eugenia Aubet ont mis au jour « au moins neuf stèles dont deux inscrites », alors que « leur nombre devait s'élever à plusieurs centaines ». En effet, dans le numéro hors série VIII de Baal (Bulletin d'archéologie et d'architecture libanaises) publié par le ministère de la Culture – Direction générale des antiquités, Aubet signale que la nécropole phénicienne a dévoilé une grande densité d'enterrements datés des IXe et VIIe siècles avant J.-C. Presque 300 urnes cinéraires ont été récupérées lors des fouilles. « C'est la plus grande nécropole de l'âge du fer II jamais découverte dans l'ancienne Phénicie. Elle était active entre 90 et 600 avant
J.-C. », indique encore Maria Eugenia Aubet. Situé près de la nécropole romaine, le cimetière phénicien a permis d'identifier des pratiques funéraires « très homogènes » : la majorité des urnes cinéraires renfermaient des objets personnels comme des bagues et des scarabées, et à côté, étaient déposées des offrandes composées d'une petite jarre à bobèche, d'un vase à bec tribolé et d'une coupe pour boire. L'ensemble était ensuite enfoui dans une fosse au-dessus de laquelle figurait une stèle en pierre gravée avec des motifs symboliques ou des inscriptions avec le nom du défunt. Des détails attestant un rituel funéraire comprenant l'organisation d'un repas ou d'un banquet ont été également relevés.

(Lire aussi : Ahiram et sa suite...aux murs de la citadelle !)

Des formes et des détails nouveaux
Aujourd'hui, les stèles de la collection Jawad Adra, qui viennent s'ajouter aux 39 autres publiées par Hélène Sader dans sa synthèse de 2005, permettent de jeter « quelque lumière sur la vie de la cité et du royaume de Tyr dans la première moitié du premier millénaire avant J.-C. ». De plus, ces vestiges sont particulièrement précieux pour l'historien car « ils se rattachent apparemment à la classe moyenne de la société phénicienne, celle qui est rarement documentée à cette haute époque », soulignent les auteurs.


Dans un exposé détaillé, Gaby Abousamara et André Lemaire présentent 47 stèles avec inscriptions et 19 stèles anépigraphes avec iconographie, toutes « grossièrement » taillées dans la roche naturelle dite pierre ramlé. Elles sont décorées de motifs ou couvertes d'inscriptions sur une seule face. Leur dimension est modeste : 29 à 79 cm de hauteur. Leur largeur varie en fonction ou non de la présence d'une base ; mais la partie supérieure décline souvent 20 à 40 cm de largeur, pour 10 à 20 cm d'épaisseur. La moitié de ces pièces emprunte la forme d'un prisme rectangulaire plus ou moins régulier, « une forme déjà abondamment attestée dans le catalogue de Sader ainsi que dans les stèles d'ez-Zib/Akzib (Palestine) », précisent les deux spécialistes. Toutefois, trois pierres tombales présentent des formes et des détails qui n'existent pas dans le catalogue Sader : celle en forme de tronc de pyramide trapue ; celle percée d'un trou central, et la stèle avec tenon à la base. Dans le lot également, une pièce dont la partie supérieure est gravée d'une tête humaine et des stèles pourvues d'un sommet arrondi. Ces dernières sont « parmi les mieux taillées et présentent souvent des surfaces bien aplanies, avec une base élargie et un tronc pyramidal ».

(Lire aussi : Trois mille ans plus tard, la résurrection du « prêtre phénicien » à Saïda)

Les légendes en « images »
Les deux spécialistes expliquent, par ailleurs, les fonctions de ces pierres : l'indication de l'emplacement exact des restes du défunt ; son identification grâce à l'inscription de son nom, ou à l'iconographie, ou encore à la forme de la stèle, voire à « la gravure grossière de sa tête ». L'inscription pouvait mentionner son métier ou son père. Abousamra et Lemaire notent aussi que les niches sculptées dans certaines stèles pourraient avoir comporté une représentation divine, à moins qu'il ne s'agisse de celle du défunt lui-même.
Un chapitre est également consacré à l'inventaire des motifs iconographiques qui ornent les stèles de la collection, à savoir : le signe de Tanit, les hiéroglyphes égyptiens (tel « nfr » qui avait une valeur magique et était considéré comme un porte-bonheur), les bétyles, les motifs astraux, géométriques, végétaux et divers. Plusieurs stèles présentent des gravures ressemblant à des lettres de l'alphabet phénicien et/ou grec. Une seule pierre comporte un nom de divinité, en fait celui d'une divinité double : Ashtart-Isis. Quant à l'ankh, symbole de la vie en égyptien, il est « le signe le plus fréquent ».


Pour en savoir plus, se procurer les Nouvelles stèles funéraires phéniciennes (trilingue français, anglais, arabe). À acheter les yeux fermés, c'est du tout bon ! En plus, le collectionneur a brisé un tabou... Aussi, « il est à souhaiter que les propriétaires des autres stèles phéniciennes les fassent connaître par une publication scientifique qui permettra d'avoir une idée plus précise du cimetière de Tyr al-Bass, probablement le cimetière public principal de la cité et, par là, d'avoir des informations directes sur sa population pendant cette haute époque ».

Lire aussi

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CHUD : un projet pilote pour la conservation de cinq villes historiques



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mercredi 16 juillet 2014

À la découverte du riche patrimoine historique, oublié, de Tripoli - Nelly HÉLOU - L'Orient-Le Jour

À la découverte du riche patrimoine historique, oublié, de Tripoli - Nelly HÉLOU - L'Orient-Le Jour

À la découverte du riche patrimoine historique, oublié, de Tripoli

Plus de 350 personnes ont répondu présent à l'invitation lancée par la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Tripoli (CCIA), ainsi que par les syndicats des professions libérales et des artistes professionnels du Liban, par l'ONG « Une citoyenneté pour le développement et le contrôle » et plusieurs autres associations de la société civile en vue de passer une journée dominicale à la découverte du patrimoine historique, architectural et culturel de la deuxième ville du Liban. L'objectif de cette louable initiative était de rappeler aux Libanais et, d'une manière générale, à tous les visiteurs et touristes que la capitale du Liban-Nord comprend un riche patrimoine qui mérite le déplacement.
N'étaient les retombées de la situation qui a prévalu dans le pays à la suite de l'attentat de Dahr el-Baïdar puis les récentes rafles dans les hôtels de Hamra, il y aurait eu le double de participants à cette visite, affirment les organisateurs.
Le jour de la tournée, le hall de la CCIA grouillait de monde. Les participants inscrivaient leurs noms et un badge leur était remis avec le numéro du bus qu'ils devaient prendre pour faciliter l'organisation.
Après le café matinal, la journée démarre par l'hymne national libanais chanté en chœur et les mots de bienvenue de Toufic Dabboussy, président de la CCIA de Tripoli, Nader Ghazal, président de la municipalité, du Dr Wassek Mokadem, ex-président de l'ordre des dentistes et fondateur du mouvement « Une citoyenneté pour le développement et le contrôle », de Amir Hassoun, propriétaire d'une savonnerie. L'ensemble des propos ont mis en évidence la nécessité de faire connaître la cité et d'encourager les gens à la visiter maintenant que le calme y a été rétabli.
Les minibus mis à la disposition de ces touristes d'un jour s'ébranlent ensuite.
« En une semaine, nous avons tout planifié et organisé », affirme Nada Chahal, une militante engagée à fond au sein de la société civile et qui tient absolument à faire connaître et aimer sa ville.

De la citadelle aux mosquées, églises et khans
Première étape de ce périple : la fameuse citadelle construite en 1103 par Raymond IV de Saint-Gilles, comte de Toulouse, sur un promontoire stratégique, entre la mer et la montagne, à trois kilomètres de la côte méditerranéenne. Dominant la ville de son imposante masse (140 mètres de long et 70 mètres de large), ce château des croisés fut édifié sur un site où les Arabes avaient au préalable construit des fortifications, et les Fatimides (XIe siècle) y avaient édifié une mosquée dont il ne reste que les fondations. Au fil du temps et des occupants, la forteresse fut agrandie par les Mamelouks puis par les Ottomans, notamment au début du XIXe siècle par le célèbre gouverneur de Tripoli Mustafa Agha Barbar.
Du haut de la citadelle une vue panoramique s'offre sur Tripoli mais il est bien dommage de voir que le béton prédomine sur le vert.
La visite se poursuit à pied vers les vieux souks totalement abandonnés et qui méritent d'être entièrement réhabilités et mis en valeur. Une mobilisation de tous les notables de la ville est requise pour redonner à ces souks leur éclat d'antan.
Un premier arrêt s'impose devant la mosquée al–Bortassiyat et sa madrassa construites en 1310 et couvertes de coupoles sur pendentifs et son minaret carré, orné de bases géminées qui s'élèvent directement au-dessus de la porte.
Longue halte pour visiter le hammam Ezzeddine, récemment restauré. Il a été offert a la ville par son gouverneur Ezzeddine Aibak, mort en 1298, et dont la sépulture se trouve dans un musée adjacent. Ce bain public occupe l'emplacement de l'église et de l'hospice Saint-Jacques datant des croisades. Le porche conserve encore une plaque inscrite au nom du saint entre deux coquilles et le linteau de la porte, orné de l'Agneau pascal.

Les khans
On circule dans les différents khans, dont celui des Khayyatine (tailleurs), construit durant la première moitié du XIVe siècle sur les ruines d'un édifice plus ancien. C'est une longue allée couverte, bordée de boutiques et de chambres à l'étage. Juste devant l'entrée ouest se dresse une colonne de granit surmontée d'un beau chapiteau corinthien en marbre. Khan el-Masriyine (Égyptiens), même style, même époque avec un bassin en son milieu. Idem pour Khan el-Askar (soldats)... Ses caravansérails confirment le titre de « Tripoli la Mamelouke ». On traverse les souks de commerce ou d'artisanat, qui depuis longtemps n'avaient pas vu un tel afflux de visiteurs.
Halte salutaire pour un rafraîchissement et une bonne glace tripolitaine à souk Hrajj qui mérite une attention exceptionnelle. Ce monument du XIVe siècle est un marché couvert et ses voûtes d'arêtes s'appuient sur 14 colonnes de granit qui semblent avoir appartenu à une structure ancienne. On y pratiquait, dit-on, les ventes aux enchères. Quant à Khan el-Saboun (savonnerie), c'est un vaste caravansérail impressionnant où la fabrication du savon est détenue par la famille Hassoun depuis des générations.
On se rend ensuite à la grande mosquée al-Mansouri, commencée en 1294 et achevée en 1315. Sa vaste cour est entourée de portiques donnant sur une salle de prière couverte de voûtes et d'une coupole. Les nombreuses plaques inscrites incrustées dans ses murs fournissent des informations sur le monument autant que sur les détails de la vie quotidienne du temps des Mamelouks. On y décèle quelques éléments d'architecture occidentale, dont le portail nord de style byzantin, alors que son minaret est du style de celui qu'on voit en Afrique du Nord, explique notre guide.

Le quartier chrétien
Le quartier à majorité chrétienne groupe cinq églises de différents rites : orthodoxe, melkite et maronite et l'un des organisateurs de cette journée de rappeler qu'à Tripoli il y a toujours eu une parfaite harmonie entre les communautés chrétiennes et musulmanes. C'est d'ailleurs l'un des messages que les organisateurs de cette journée veulent faire passer. Les superbes icônes de l'église Saint-Georges méritent à elles seules le déplacement.
Durant trois heures de temps, nous avons sillonné la vieille ville sans sentir la fatigue tant les monuments que nous avions découverts, ou redécouverts, étaient intéressants et mettaient en relief un riche passé. À signaler que les FSI, la Croix-Rouge et les scouts se sont tous mobilisés pour assurer la sécurité et le bon déroulement de la visite.
Nous nous dirigeons ensuite vers la grande place du Tell passant par le souk des Bijoutiers et à proximité de différents autres sites historiques. Mais, en une journée, on ne peut apprécier tous les monuments, et Nada Chahal nous confie qu'il y aura d'autres visites.
Un tour rapide en bus du côté d'al-Mina et le convoi se dirige vers les hauteurs de Dahr el-Aïn pour y déjeuner à l'invitation de Amir Hassoun, propriétaire de Khan al-Saboun qui a créé en ces lieux ce qu'il appelle « un village environnemental ».
Certes, cette journée sous le signe du patrimoine a été possible alors que le calme a été rétabli à Tripoli après des années de conflit qui ne reflétaient qu'un aspect obscur et limité d'une ville qui aspire à vivre en paix et en sécurité. Mais cela ne suffit pas à attirer les touristes à Tripoli ou ailleurs dans le pays. Les troubles sécuritaires, qui ont eu lieu ces derniers temps dans le pays et la circulaire du président de la municipalité de Tripoli, Nader Ghazal, demandant à toute la population, toutes communautés confondues, de ne pas manger ni boire en public durant le jeûne du ramadan, entachent tout effort touristique.
Il est plus que jamais impératif que Tripoli conserve son cachet d'ouverture, de dialogue, de convivialité et de liberté. Tous ses fils sont appelés a mettre la main à la pâte pour préserver cette belle image et encourager les visiteurs libanais ou étrangers à aller à la découverte des richesses culturelles et historiques de la deuxième ville du pays. Tripoli vous attend.



Envoyé de mon Ipad 

vendredi 11 juillet 2014

MESSAGE POUR LA JOURNEE DU TOURISME

Cité du Vatican, 11 juillet 2014 (VIS). Le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et personnes en déplacement a publié son message pour la Journée mondiale du Tourisme 2014 (27 septembre) organisée par l'OIT. Voici le texte intitulé Le tourisme et le développement des communautés:

"Conscient de l'importance sociale et économique du tourisme aujourd'hui, le Saint-Siège veut accompagner ce phénomène à partir du cadre qui lui est propre, en particulier dans le contexte de l'évangélisation. Dans son code éthique mondial, l'Organisation mondiale du tourisme affirme que le tourisme doit être une activité bénéfique pour les communautés de destination: Les populations locales sont associées aux activités touristiques et participent équitablement aux bénéfices économiques, sociaux et culturels qu?elles génèrent, et spécialement aux créations d?emplois directes et indirectes qui en résultent. Ce qui signifie qu'il est nécessaire d'instaurer entre les deux réalités un rapport de réciprocité qui conduise à un enrichissement mutuel. La notion de développement communautaire est étroitement liée à un plus vaste concept qui fait partie de la doctrine sociale de l'Eglise: celui du développement humain intégral, à partir duquel nous pouvons lire et interpréter le premier. Nous sommes éclairés sur ce point par les paroles de Paul VI qui, dans l'encyclique Populorum Progressio, affirmait que le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c'est à dire promouvoir tout homme et tout l'homme. Comment le tourisme peut-il contribuer à ce développement? Pour ce faire, le développement humain intégral et, par conséquent, le développement communautaire dans le domaine du tourisme, doivent tendre à la réalisation d'un progrès équilibré, durable et respectueux, dans les domaines économique, social et environnemental, ce qui englobe aussi bien la sphère écologique que le contexte culturel.

Le tourisme est un moteur fondamental de développement économique, du fait de son importante contribution au PIL (entre 3% et 5% au niveau mondial), à l'emploi (entre 7% et 8% des emplois) et aux exportations (30% des exportations mondiales de services). Actuellement, alors que l'on constate une diversification des destinations, chaque point de la planète devient un but potentiel. C'est pourquoi le secteur du tourisme ressort comme étant l'une des options les mieux réalisables et les plus durables pour réduire le niveau de pauvreté des zones plus arriérées. S'il est développé de façon adéquate, il peut constituer un instrument précieux de progrès, de créations d'emplois, de développement d'infrastructures et de croissance économique. Nous avons conscience de ce que, comme l'a affirmé le Pape François, la dignité de l?homme est liée au travail, de sorte que nous sommes appelés à affronter le problème du chômage avec ?les instruments de la créativité et de la solidarité. Dans cette ligne, le tourisme apparaît comme étant l'un des secteurs le plus capable de générer un type d'emploi créatif et diversifié, dont les groupes plus défavorisés peuvent bénéficier plus aisément, notamment les femmes, les jeunes et certaines minorités ethniques. Il est essentiel que les bénéfices économiques du tourisme parviennent à tous les secteurs de la société locale, et qu'ils aient un impact direct sur les familles. En même temps, il faut recourir le plus possible aux ressources humaines locales. Il est tout aussi fondamental, pour obtenir ces bénéfices, de suivre des critères éthiques qui, avant tout, soient respectueux des individus, au niveau communautaire mais aussi de chaque personne, en refusant une conception purement économique de la société, qui recherche le profit égoïste, sans tenir compte des paramètres de la justice sociale. En effet, personne ne peut édifier sa propre prospérité aux dépens d'autrui.

Les bénéfices d'un tourisme qui soit en faveur du développement communautaire ne peuvent être réduits exclusivement à l'aspect économique. Ils ont d'autres dimensions tout aussi importantes, sinon plus. Parmi celles-ci, citons l'enrichissement culturel, l'opportunité de rencontres humaines, la création de biens relationnels, la promotion du respect réciproque et de la tolérance, la collaboration entre les organismes publics et privés, le renforcement du tissu social et associatif, l'amélioration des conditions sociales de la communauté, l'encouragement à un développement économique et social durable, et la promotion de la formation des jeunes à l'emploi, pour n'en citer que quelques-unes.

Le développement du tourisme exige que le rôle principal soit assumé par la communauté locale, qui doit le faire sien, avec la présence active des partenaires sociaux, institutionnels et des organismes civiques. Il est important de créer les structures adéquates de participation et de coordination, en prenant des engagements, en intégrant les efforts et en déterminant des objectifs communs et des solutions basées sur le consentement. Il ne s'agit pas de faire quelque chose pour mais avec la communauté. En outre, une destination touristique ce n'est pas seulement un beau paysage, ou une infrastructure confortable, mais c'est avant tout une communauté locale, avec son environnement physique et sa culture. Il faut promouvoir un tourisme qui se développe en harmonie avec la communauté qui l'accueille, avec l'environnement, avec ses formes traditionnelles et culturelles, avec son patrimoine et ses styles de vie. Et, dans cette rencontre respectueuse, la population locale et les visiteurs peuvent créer un dialogue productif qui encourage la tolérance, le respect et la compréhension réciproque. La communauté locale doit se sentir appelée à protéger son propre patrimoine naturel et culturel, en en approfondissant la connaissance, en en étant orgueilleuse, en le respectant et en le mettant en valeur, afin de pouvoir le partager avec les touristes et le transmettre aux générations à venir. Enfin, les chrétiens du lieu aussi doivent pouvoir montrer leur art, leurs traditions, leur histoire, leurs valeurs morales et spirituelles, mais surtout la foi qui en est à l'origine et qui lui donne un sens.

Dans ce parcours vers un développement intégral et communautaire, l'Eglise, experte en humanité, veut apporter sa contribution en offrant sa vision chrétienne du développement, en proposant ce qu'elle possède en propre, une vision globale de l'homme et de l'humanité. A partir de notre foi, nous pouvons offrir le sens de la personne, le sens de communauté et de fraternité, de solidarité, de recherche de la justice, de nous savoir les gardiens et non les propriétaires de la création et, sous l'action de l'Esprit, continuer collaborer avec l'?uvre du Christ. Suivant ce que le Benoît XVI demandait aux agents de la pastorale du tourisme, nous devons accroître nos efforts afin d'éclairer ce phénomène par la doctrine sociale de l?Eglise, en promouvant une culture de tourisme éthique et responsable, de telle sorte qu?il parvienne à être respectueux de la dignité des personnes et des peuples, accessible à tous, juste, durable et écologique. C'est avec joie que l'on constate comment, dans diverses parties du monde, l'Eglise a reconnu le potentiel du secteur touristique et mis en route des projets simples mais efficaces. Il y a toujours plus d'associations chrétiennes qui organisent des voyages de tourisme responsable dans des régions en développement, ainsi que d'autres qui promeuvent le tourisme dit solidaire ou de volontariat, où les personnes emploient le temps de leurs vacances pour collaborer à des projets de coopération dans les pays en voie de développement. Remarquables aussi sont les programmes de tourisme durable et solidaire, promus par des conférences épiscopales, des diocèses ou des congrégations religieuses dans des zones désavantagées, qui accompagnent les communautés locales en les aidant à créer des espaces de réflexion, en encourageant la formation et l'autodétermination, en offrant leurs conseils et en collaborant à la rédaction de projets, et en favorisant le dialogue avec les autorités et avec d'autres groupes. Tout cela a conduit à la création d'une offre touristique gérée par les communautés locales, à travers des associations et des micro-entreprises consacrées au tourisme (logement, restauration, guide, production artisanale, etc). De plus, nombre de paroisses des zones touristiques qui accueillent les visiteurs en mettant à leur disposition des propositions liturgiques, formatrices et culturelles, avec le désir que les vacances soient au profit d?une croissance humaine et spirituelle. C?est certainement un temps propice pour une détente physique et également pour nourrir l?esprit à travers des espaces plus amples de prière et de méditation, pour croître dans le rapport personnel avec le Christ. Aussi s'efforcent-elles de développer une pastorale de l?amabilité, qui leur permette de fournir une hospitalité dans un esprit d'ouverture et de fraternité, en montrant le visage d'une communauté vivante et accueillante. Et une hospitalité plus efficace nécessite une collaboration avec les autres secteurs impliqués. Ces propositions pastorales sont chaque jour plus significatives, en particulier lorsque se développe un type de touriste social, qui cherche à instaurer des liens avec la population locale et aspire à se sentir comme un membre de la communauté hôte, en participant à sa vie quotidienne et en mettant en valeur la rencontre et le dialogue. De sorte que le souci ecclésial dans la sphère touristique s'est concrétisé dans de nombreux projets, engendrés par une multitude d'expériences nées de l'effort, de l'enthousiasme et de la créativité de nombreux prêtres, religieux et laïcs qui entendent, de la sorte collaborer au développement socio-économique, culturel et spirituel de la communauté locale, et l'aider à regarder vers l'avenir avec espoir.

Consciente de ce que sa première mission est d'évangéliser, l'Eglise désire ainsi offrir sa collaboration, souvent humble, pour répondre aux situations concrètes des peuples, en particulier de ceux qui se trouvent le plus dans le besoin. Elle le fait, avec la conviction que nous évangélisons aussi quand nous cherchons à affronter les différents défis qui peuvent se présenter".