mardi 18 décembre 2012

II.- Patrimoine immatériel libanais et identité nationale


Bahjat RIZK

De manière concrète, on peut observer qu'au Liban, la loi de 1993 qui institua le ministère de la Culture ne faisait pas mention de ce patrimoine et ne prévoyait pas de structure chargée de ce suivi qui n'avait pas encore été suffisamment identifié et conceptualisé
 (voir L'Orient-Le Jour du mercredi 12 décembre 2012). Toutefois, dès la ratification de la convention en 2007, le ministère de la Culture a été réorganisé pour intégrer une sous-direction spécifique au patrimoine culturel immatériel libanais. 
Une mise en place d'un inventaire du patrimoine immatériel national est en cours, composé 
d'arts populaires, 
de pratiques et de traditions sociales tels que
le zajal (poésie dialectale improvisée ou joutes poétiques dialectales rimées), 
de contes, 
légendes et mythes, 
de savoir-faire artisanaux (coutellerie, verrerie, tissage au fil de soie, fabrication de cloches, tapisserie...), 
de chants poétiques du Mont-Liban, 
de pratiques des derviches tourneurs de Tripoli, 
de musiques et chants de musique savante arabe (wasla, mouwachah, qassida, ghazal...), 
des chants de bédouins, 
des savoirs traditionnels en matière médicinale, 
de la fabrication du oud, 
de la dabké, etc. 

En bref, ce patrimoine immatériel libanais appartient à tous les Libanais, toutes communautés libanaises religieuses confondues, et leur permet de se retrouver et de s'identifier collectivement à travers des mœurs communes, au-delà de leur appartenance religieuse spécifique. 
Les deux concerts organisés par la Lebanese Diaspora Overseas avec la Délégation du Liban auprès de l'Unesco pour la fête de l'Indépendance, l'année passée et cette année, avec la dabké et les chants folkloriques nationaux et arabes, ont démontré la capacité fédératrice de ce type de manifestations chaleureuses, éloquentes et vivantes qui soudent les Libanais entre eux, ainsi que les Arabes et les Orientaux, et les font communiquer dans une même ferveur autour des mêmes valeurs universelles de liberté, d'amour de la terre, de dignité, d'attachement aux racines, de fierté et d'ouverture sur le monde. Les Libanais, toutes communautés et toutes catégories sociales confondues, communient et se rejoignent affectivement et spirituellement de manière naturelle dans ce type de rencontres. C'est une expression authentique et profonde d'un patrimoine commun festif, musical, linguistique, chorégraphique et social. Avec la nourriture libanaise (qui fait partie du patrimoine immatériel), ce patrimoine culturel vivant fait l'unanimité.
D'autre part, le projet en cours Patrimoine méditerranéen vivant (Medliher: Mediterranean Living Heritage) vise à la sauvegarde du patrimoine immatériel méditerranéen en facilitant la mise en œuvre de la Convention pour la préservation du patrimoine immatériel de 2003 de l'Unesco dans quatre pays méditerranéens, l'Égypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie. C'est un projet dirigé et financé par l'Unesco et l'Union européenne en partenariat avec l'association «Maison des cultures du monde» et les ministères compétents des quatre pays précités.

Click here to find out more!Après la réunion du Caire en novembre 2010, une réunion se tiendra à la Maison des cultures du monde du 17 au 18 décembre à Paris. Le bureau régional de l'Unesco à Beyrouth a également organisé un atelier sous-régional au Liban en juillet 2011 autour de la mise en œuvre de la convention de 2003. Il est donc très important de souligner la nécessité de la prise de conscience, de sensibilisation et de formation tant au niveau des décideurs politiques et économiques gouvernementaux qu'à celui des individus, des groupes, des communautés, des associations et des ONG. La société civile a un grand rôle à jouer dans l'identification, l'inventaire et la protection du patrimoine culturel immatériel. Nous avons d'ailleurs une demande d'accréditation auprès du comité d'une ONG: la Fondation pour l'archivage et la recherche de la musique arabe : Arab Music Archiving Research (AMAR).
Différents projets dans le même sens ont vu récemment le jour au Liban, notamment la création du Centre du patrimoine musical libanais de Jamhour (CPML) présidé par Joumana Hobeika et créé à la suite du recensement de 132 compositeurs libanais de musique savante par Zeina Saleh Kayali dans son ouvrage Compositeurs libanais des XXe et XXIe siècles, ou la création de la fondation Liban Cinéma (FLC) présidée par Maya de Freige et la Fondation arabe pour l'image (FAI) dirigée par Zeina Arida. D'autres initiatives généreuses et très engagées sont également en cours pour inventorier ce patrimoine fédérateur vivant et vital pour la préservation de l'identité libanaise. 
Certes, la constitution et la prise de conscience du patrimoine culturel immatériel dans le cadre de la Convention de l'Unesco de 2003 sont encore à leurs débuts et ne peuvent pas à eux seuls résoudre les conflits identitaires, y compris au Liban. Toutefois, c'est un processus rendu encore plus indispensable par la situation au départ complexe libanaise et aujourd'hui par la mondialisation pour renforcer la solidarité et le dialogue des cultures, respecter la diversité culturelle, rejoindre le développement durable et préserver la paix entre les hommes.
C'est un enjeu majeur de notre siècle à venir, pour établir une plate-forme commune à une humanité diverse et unifiée, soucieuse des droits de l'homme et de l'exigence du respect mutuel entre les communautés.

http://www.lorientlejour.com/category/Opinions/article/792688/II.-_Patrimoine_immateriel_libanais_et_identite_nationale.html

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lundi 17 décembre 2012

Comment sauver le patrimoine en temps de conflits | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

La scène se passe dans la République de Libnania. Un attentat vient de viser le centre culturel de la minorité des Rioniens. Le ministre de la Culture s'est rendu sur les lieux. Des soldats gardent l'entrée en bloquant l'accès et, au pied d'un mur, des pièces archéologiques traînent au milieu des débris. Des trésors qu'il faut retrouver dans les décombres et ne pas laisser disparaître.


En réalité, la scène se passe dans la cour de la faculté de sciences humaines de l'Université libanaise, à Fanar, vendredi dernier. Parmi une petite foule d'étudiants, Rita et Nancy ne comprennent rien à ce qui se passe et regardent incrédules le spectacle donné par une quinzaine de personnes à gilets jaune fluo et casques de chantier rouges. Elles sont archéologues, architectes, militaires ou bénévoles humanitaires, tous sensibles à la question du patrimoine culturel libanais. Toutes ont participé, pendant douze jours, à une formation organisée par l'ONG Biladi, qui a été clôturée par une simulation grandeur nature (voir vidéo ci-dessous).

 

Comment réagir en situation d'urgence ? Comment agir efficacement et collectivement ? Le projet, nommé « Lebanese for Lebanon », visait à enseigner ce qui n'a jamais été enseigné au Liban : apprendre à préserver le patrimoine historique en cas de conflit ou d'aléas naturels.


Le remise de diplôme aux participants.

Il commence à pleuvoir, mais le jeu continue en Libnania. Chacun prend son rôle très à cœur et jusqu'à la fin de l'après-midi, ces adultes joueront avec un sérieux d'enfants. Tout le monde s'affaire. Il faut d'abord négocier avec l'armée et faire comprendre aux autorités que le patrimoine est une priorité en temps de crise. Puis il faut découvrir le trésor des Rioniens.

Chacun est à sa place dans la fiction élaborée par Rana Oubeissy de l'Inccrom (équivalent de l'Unesco). Il y a même de faux journalistes et un faux ministre. Cinq véritables militaires ont été mobilisés et se prennent au jeu, sautant de leur jeep pour baliser le lieu de l'explosion et refoulant les visiteurs, avec parfois un sourire. « Libnania, c'est notre pays que nous aimons », dit Rana, et alors on ne sait plus qui parle, du personnage ou de la personne.

 (Lire aussi : Des militants antirégime appellent au respect du patrimoine de Damas)

Le pillage du musée de Bagdad en 2003 ou les pertes occasionnées en Haïti par le tremblement de terre en 2004 ont montré combien les acteurs du patrimoine étaient peu formés pour réagir à une situation d'urgence. « On devrait être plus sensibilisés. Il y a un gros travail à faire au Liban », dit Rawad, bénévole à la Croix-Rouge. « Le Liban a un patrimoine très riche, mais il est très vulnérable », continue le jeune homme qui joue ce matin le rôle d'un représentant de l'Union européenne.

Pendant la guerre de 2006, des villages historiques du Sud ont été endommagés, et à Beyrouth, c'est le personnel de la Direction générale des antiquités qui a évacué les pièces du musée national ; faute d'unité spécialisée, aucun rapport n'a jamais pu être présenté sur les dommages faits au patrimoine historique du pays. Jusqu'à l'initiative de Lebanese for Lebanon, on se contentait d'attendre la catastrophe et d'apprendre sur le tas ; et beaucoup se disent sûrement encore que s'occuper du patrimoine en temps de crise, c'est un luxe dont on pourrait se passer.

(Lire aussi : Le patrimoine archéologique victime de la guerre en Syrie)

« Le patrimoine n'est pas un luxe, c'est une urgence », répond Joanne Farchakh Bajjaly, qui a fondé Biladi en 2008. Son association se bat non seulement pour la préservation et la promotion du patrimoine libanais, mais aussi pour la sensibilisation des populations à leur propre héritage.

Si le ministère de la Culture a envoyé quelques-uns de ses archéologues, c'est bien la société civile qui a été le moteur de ce projet, venu combler les lacunes de l'État dans le domaine. De ce workshop naîtra la première unité de sauvetage du patrimoine, basée à Beyrouth. Le chantier de 2013 consistera à former de nouveaux groupes de travail dans d'autres villes libanaises.

Pour mémoire

Les grandes dates de l'histoire architecturale du Liban, par Gebran Yacoub

 « Le patrimoine n'est pas forcément religieux, ni permanent, ni ancien... 


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jeudi 13 décembre 2012

Le développement du tourisme religieux en tant qu’outil identitaire

Le développement du tourisme religieux en tant qu'outil identitaire
L'Orient-Le Jour-14/12/2012

Un nombre impressionnant de personnalités a participé hier au congrès sur les sites religieux à Raboué.
Un nombre impressionnant de personnalités a participé hier au congrès sur les sites religieux à Raboué.
 La responsabilité des wakfs et des institutions étatiques dans la protection et la promotion des sites religieux a été mise en lumière lors d'un grand congrès hier.
Le Congrès national sur « les sites religieux archéologiques et historiques au Liban : responsabilité et devoirs des wakfs », a eu lieu hier au siège du patriarcat grec-catholique à Raboué (Metn). Ce congrès s'est tenu à l'invitation du patriarche grec-catholique Grégoire III Lahham, sous le patronage du président de la République Michel Sleiman, représenté par le ministre de la Culture Gaby Layoun, et en présence d'un nombre impressionnant de personnalités politiques, religieuses et autres.
Dans son mot prononcé par le ministre Layoun, le président Sleiman a réaffirmé « l'importance de tenir un tel congrès à une période aussi cruciale pour la région, qui connaît de grands bouleversements aux dénouements incertains ». Il a assuré qu'il était prêt « à coopérer au plus haut point avec les parties concernées, officielles ou non, en paroles comme en actes, pour favoriser tout ce qui peut raviver notre patrimoine culturel ».

Le patriarche Lahham, pour sa part, a espéré que « le tourisme religieux se développera jusqu'à constituer une harmonie spirituelle qui rassemble tous les citoyens autour des différentes communautés ». Il a considéré que cela « est une responsabilité partagée entre l'État, l'Église et la mosquée ».
Le patriarche maronite Béchara Raï s'est attardé sur le symbole que représentent les couvents au Liban, avec les cinq rôles principaux qu'ils jouent auprès des croyants : spirituel, architectural, social, culturel et politique. Il a insisté sur « la nécessité d'adopter des programmes de tourisme religieux au Liban, parce que quiconque a une histoire telle que la nôtre doit l'employer pour éduquer et cultiver les générations futures ».
Le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, a souligné « le rôle des sites historiques dans la construction de l'identité libanaise, et dans l'apport des informations concernant l'historique des liens islamo-chrétiens et la relecture de l'histoire sous le prisme du renforcement de la coexistence ».
De son côté, le mufti jaafari Ahmad Kabalan, représentant le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a estimé que « prendre soin des sites historiques et religieux est un acte de foi », qui est de la responsabilité des chefs religieux eux-mêmes, selon lui.
Le cheikh Akl druze Naïm Hassan a parlé de l'importance des sites druzes libanais pour les membres de sa communauté, et a mis l'accent sur le caractère unique de l'héritage religieux libanais.
Du côté des hommes politiques, plusieurs ministres se sont exprimés sur le sujet. Le ministre de l'Information, Walid Daouk, qui a envoyé son mot de Chine, a assuré que son ministère prépare un programme pour la protection et la promotion médiatique des sites religieux, notamment par la réalisation de documentaires. Nicolas Sehnaoui, ministre des Télécommunications, a rappelé que des sites, tels que Notre-Dame du Liban ou le couvent de Annaya (Saint-Charbel) sont visités par des milliers de personnes chaque année. Le ministre de l'Intérieur, Marwan Charbel, a déclaré que ces sites « sont les témoins de notre glorieux passé ». Quant au ministre de l'Environnement, Nazem el-Khoury, il a dénoncé « la négligence qui a causé des dégâts dans plusieurs sites historiques religieux ». Il a fait remarquer qu'il existe actuellement « une volonté de la part des instances officielles, civiles et religieuses, pour redynamiser le tourisme religieux et écologique, qui contribue désormais de manière substantielle à l'économie nationale ».
Par ailleurs, signalons qu'un hommage a été rendu au patriarche grec-orthodoxe Ignace IV Hazim, décédé la semaine dernière, et qui devait prononcer un mot au cours de ce congrès. 

Les grandes dates de l’histoire architecturale du Liban, par Gebran Yacoub | À La Une | L'Orient-Le Jour

Olj-13-12-2012- Les grandes dates de l'histoire architecturale du Liban, par Gebran Yacoub

Dans Histoire de l'architecture au Liban 1875-2010, Gebran Yacoub relate les grands épisodes de l'architecture et d'urbanisme d'un pays qui s'est construit, déconstruit et s'est reconstruit au point qu'il s'est radicalement métamorphosé. C'est donc une promenade entre le Liban d'hier en grande partie disparu et celui d'aujourd'hui que propose l'auteur. Un parcours allant de la fin du XIXe siècle jusqu'à 2010, où, dans le contexte de reconstruction de l'après-guerre, le pays a changé de look. S'appuyant sur une large bibliographie et iconographie, Gebran Yacoub résume année par année la chronique des mutations du vieux centre de Beyrouth et de sa périphérie, de l'agrandissement du port, du développement des réseaux routiers et ferroviaires, incluant en parallèle les transformations dans les villages, ou encore les grandes réalisations en Europe et aux USA.


L'étude fournit également les noms des maîtres maçons et architectes qui ont construit le Liban. Malgré quelques lacunes, les lieux cités par l'auteur permettront à tout un chacun de revisiter le vieux pays et de s'appesantir sur le renouvellement urbain sans précédent amorcé dès les années 1990, qui va totalement changer la face du pays et offrir un fort contraste entre tradition et modernité.


Pour capter une image globale de ce que fut Beyrouth autrefois, l'article abordera principalement les grandes dates de la fin du XIXe jusqu'aux années 50.

Le jardin alla turca
Adoptant une approche chronologique, l'auteur survole la bourgade portuaire aux structures moyenâgeuses. Wilayet Beyrouth n'a plus ni ses tours ni ses murailles, mais elle a conservé la caserne de l'armée (le Grand Sérail) construite en 1853, et la saturation démographique a poussé les familles les plus aisées vers la périphérie, où des faubourgs en voie d'urbanisation accueillent des maisons bourgeoises, ainsi que le Syrian Protestant College (AUB) et l'Université Saint-Joseph... En 1876, au paysage du quartier Mar Mikhaël, viennent s'ajouter l'église Saint-Louis des capucins et l'hôpital militaire. L'année suivante est marquée par la création des œuvres caritatives islamiques des Makassed, de l'hôpital Saint-Georges des grecs-orthodoxes et du couvent de Nazareth. Pour «concrétiser le rôle de l'espace public dans la composition urbaine de la ville», la municipalité décide d'aménager la place al-Bourj en un jardin alla turca ponctué de bassins et de kiosques à musique et à café. L'espace conçu par l'ingénieur de la wilayet de Beyrouth, Béchara Afandi, sera baptisé, en 1884, place Hamidiyé, du nom du sultan régnant Abdul Hamid II. Entre-temps, les établissements scolaires fleurissent: école des Trois Docteurs, Collège des filles de Zahret el-Ihsan, les Makassed, sans oublier la Bibliothèque orientale fondée à l'initiative du père Louis Cheikho. «La plupart des maisons à trois arcs à Achrafieh ont été réalisées aux alentours de cette époque», souligne l'auteur, citant parmi les maîtres maçons qui ont pris part à cette entreprise Ibrahim Chemchom et Mitri al-Gholam, «le spécialiste des façades percées de la triple baie». La distribution du gaz de la ville ayant été adjugée à la Société ottomane du gaz de Beyrouth, les lanternes aux entrées des maisons sont imposées par la municipalité. Le port est doté d'un pont à trois piliers en fer et en pierre reliant Bourj el-Mina au quai vers lequel sont transférés les services sanitaires.


D'autre part, percée par le Français Portalis, commerçant en soie, une route longue de sept kilomètres relie désormais le village de Btater à Bhamdoun où l'Hôtel de la Vigne et le café Fardous ouvrent leurs portes. À Zahlé, le monastère Saint-Élie datant de la moitié du XVIIIe siècle est rénové. Et toujours en cette année 1877, les autorités créent la municipalité de Tripoli, qui compte 28000 habitants.

 



On démolit le palais de Fakhreddine
Les premiers textes relatifs à la protection du patrimoine sont promulgués en 1884, trop tard pour sauver le palais de Fakhreddine qui a disparu deux ans plutôt sous le pic des démolisseurs. Un nouveau sérail, conçu par les ingénieurs Béchara afandi Avédissian et Youssef afandi Khayat, est posé place al-Bourj. Il abritera les bureaux de la moutassarrifiya avant de devenir le siège du wali, en 1888. «Ce bâtiment gouvernemental incluait des tentatives visant à incorporer des touches classiques dans les formes traditionnelles», note Gebran Yacoub, soulignant qu'à cette période, Beyrouth compte 120000 habitants, et que «les fonctions résidentielles, commerciales et administratives dépassent largement les limites du vieux centre». En 1885, la corniche qui mène du phare (bâti en 1862) au port de pêche de Aïn Mreïssé est alors tracée, et à Bachoura, l'hôpital du Sacré-Cœur est inauguré. Côté Zahlé, le sérail qui «témoigne de l'influence européenne sur l'architecture locale» est bâti. Quant à Mar Sarkis, un des plus anciens monastères du Liban-Nord, construit au XIIe siècle, il se coiffe «d'un clocher surmonté d'une coupole blanche».

La ville aux toits rouges
«Pour pallier l'encombrement du vieux port dont le trafic a atteint plus de 600000 tonnes, contre 50000 dans les années 1830», on aménage, en 1886, le petit port de Mina el-Hosn.
L'année suivante, souk Sursock et souk al-Nuzha sont construits par les riches familles marchandes, et la mosquée de Aïn Mreissé, édifiée à l'initiative de hajj Abdallah Beydoun, vient s'ajouter à plus d'une dizaine de mosquées plantées dans le paysage. Et l'engouement pour les toits rouges se traduit par l'importation d'un million de tuiles rouges. Nous sommes en 1888 et «Beyrouth accède au statut de province».
De 1889 à 1899, la ville du début du XIXe siècle se dessine. Elle compte 17 établissements hôteliers implantés principalement dans la région de Mina al-Hosn De même, trois établissements balnéaires sont signalés à Medawar et Mina al-Hosn. Khan Hani Raad et Khayat, qui «rappelle les bazars des villes arabes», et souk Mar Gergès s'installent à l'ouest de la place des Martyrs. Les choses bougent aussi côté Bliss et Rmeil où les terrains vagues vont petit à petit disparaître sous des bâtiments. Les travaux d'agrandissement du port, confiés à Joseph Moutran et ses associés, sont lancés. «Les plans, inspirés du projet Guépratte, ont été dessinés par Henri Garette», signale l'auteur.
D'autre part, une route relie désormais Broummana à Beyrouth, et le service régional du tramway est mis en marche pour desservir le tronçon Beyrouth-Batroun.
La ligne de chemin de fer Beyrouth-Damas dont la concession est confiée à Hassan Beyhum est terminée.

Bâtiments repères et tramway
En 1900, pour célébrer les 25 années au pouvoir du sultan Abdel Hamid II, Beyrouth se dote de trois réalisations emblématiques: une fontaine de huit mètres de haut en marbre blanc dessinée par l'architecte Youssef Aftimos, un premier grand magasin (Orosdi-Back) et la tour d'horloge ottomane du Sérail.
Le début du siècle voit se multiplier les savonneries, les huileries, les filatures de soie, et le béton importé fait son entrée dans la construction. La ville évolue. Le guide Macmillan de 1901 note à l'intention des étrangers deux promenades à entreprendre dans la capitale: «Une, côté Ras-Beyrouth, et l'autre dans la magnifique forêt des pins avec ses cafés, restaurants et orchestre en plein air.» L'ouvrage fait de même une description élogieuse de Beyrouth, de «ses maisons pittoresques aux murs peints avec des couleurs chaleureuses et toits en tuiles, ainsi que ses larges rues et splendides demeures...». En 1902, le musée archéologique de l'AUB ouvre ses portes, devenant ainsi le troisième plus ancien musée du Proche-Orient. La même année, les travaux du chemin de fer reliant Rayak à Homs et Hama sont achevés.
Dans la ville qui évolue, le tramway déroule son réseau pour desservir à partir de 1908 sahat al-Sour, les quartiers de Mazraat el-Arab et de Ras el-Nabeh, Khan Antoun bey, le port et le fleuve de Beyrouth... Le premier jardin public (Sanayeh) est créé. La construction du Collège du Sacré-Cœur à Gemmayzé démarre. La première salle de projection Zahrat Souriya ouvre ses portes en 1909. Au nombre des projets achevés entre 1912 et 1914, Gebran Yacoub cite l'hôpital Saint-Georges, qui déménage dans ses nouveaux locaux à Rmeil, et la faculté française de médecine qui accueille ses étudiants rue de Damas.
Pendant ce temps, Alfred Sursock se voit octroyer le droit d'exploiter pour une durée de 50 ans le site de la forêt des pins, en aménageant un champ de course hippique et en construisant un casino qui portera le nom de Cercle Azmi. L'édifice construit entre 1916 et 1920 est l'œuvre d'une équipe comprenant Amine et Bahjat Abdel Nour, Hussein el-Ahdab, Youssef Aftimos et Maroun Ghammaché.

Le vieux Beyrouth rasé
À la veille de la Grande Guerre, Azmi bey, wali de Beyrouth, décide de moderniser la capitale et de faire percer des avenues dans les quartiers du vieux centre. Outre les bâtiments en bois qui vont être détruits, Bab el-Derké, «la plus belle porte de Beyrouth», l'église Notre-Dame de l'Annonciation des grecs-orthodoxes, la mosquée et le bain turc sont démolis pour laisser définitivement la place à la rue Maarad. Les mosquées Badaoui et el-Dabbagha s'effacent pour la rue Foch. Les façades de la mosquée al-Omari et de celle de l'émir Mounzer sont dégagées respectivement pour l'élargissement de l'ancien souk el-Toujjar et le tracé de la rue Fakhreddine... Pour faire bref, les souks sont pratiquement rasés, et en raison de la conjoncture politique, les autorités ottomanes ne sont plus en mesure d'entreprendre les travaux de modernisation. Aussi, quand les Alliés débarquent, «ils achèvent le travail en démolissant la partie de la vieille ville qui est encore préservée», écrit Gebran Yacoub.
Comme une prémonition, le XXe siècle va détruire tout ce que les siècles antérieurs ont construit, provoquant l'éclosion d'une nouvelle architecture et d'un nouveau mode de vie.

Le Saint-Georges, genèse de la modernité
Dans les années 30, «les constructions sont souvent le produit d'un mélange entre style moderne et traditionnel, mais aussi le résultat de courants importés, librement adaptés par des professionnels locaux (...) On assiste à une simplification des formes et à une assimilation partielle de l'Art déco et de l'Art nouveau», note Gebran Yacoub. C'est au cours de cette période que le Grand Théâtre va se poser place Riad el-Solh et que Mardiros Altounian est chargé de dessiner le Parlement; que l'hôtel Saint-Georges, sur lequel ont planché les architectes Antoine Tabet, Jacques Poirrier, André Lotte et Georges Bordes, dévoile «une œuvre qui marque la genèse de la modernité rationnelle au Liban»; que le Normandy (avenue des Français) ouvre ses portes; que la place de l'Étoile est achevée et que le premier monument dédié aux martyrs (Les Pleureuses) est réalisé par Youssef Hoayeck. Sur les ruines de Borj el-Khachaf sera construit le cinéma Opéra (actuel Virgin Mégastore). Côté industrie, le secteur prend son essor en 1933: l'usine de carrelages et d'aggloméré en ciment «Fouad el-Khoury & Compagnie», remporte une médaille d'or à l'Exposition internationale de Paris; les usines Ghandour et des deux brasseries Jallad et Jaber s'installent Choueifate. Celle de Bata ouvrira en 1935, année où l'on recense plus de 14 fabriques de tissage de coton.
En dehors de Beyrouth, le Grand Hôtel de Beit Méry, futur al-Bustan, et le Casino Piscine Aley (construit par Toufic Douleikan) sont inaugurés. Et toujours sur les hauteurs de Aley, Fouad el-Khoury construit pour Michel Chiha, pour lui-même et son frère le président Béchara el-Khoury des villas modernes qui donneront un nouvel élan aux résidences destinées à la villégiature.
Quant à l'année 1939, elle est marquée par l'édification à Bir Hassan de l'aéroport de Beyrouth, qui a nécessité «un million de mètres cubes de terrassement et le transport de 90000 mètres cubes de sable qui serviront à la construction des nouveaux quais du port de Beyrouth».

Dunia, Rivoli et Métropole
«Au début des années quarante, l'urbaniste français Michel Écochard présente un plan directeur où il suggère un découpage de la ville en 12 zones à densité variable. Ses propositions ne seront pas adoptées, mais constitueront le plan de base du schéma directeur promulgué en 1952», signale Gebran Yacoub. Dans cet intervalle de temps, la première pierre du chantier du Sporting Club est posée et la place Debbas est dotée de la salle de cinéma «la plus prestigieuse d'Orient», le Dunia conçu par Farid Trad. Place des Martyrs, démarre la construction du cinéma Rivoli (Saïd Hjeil) qui sera achevée en 1952. La place des Canons n'est pas en reste et dispose dès 1949 de son cinéma Métropole. L'année est également marquée par de nombreuses inaugurations, notamment celles du mémorial dédié au soldat inconnu et du building principal de l'aéroport international de Khaldé, conçu par l'architecte français André Leconte, qui aura à son actif le chantier de Lazarieh en 1950 et l'hôpital Rizk en 1957. Parallèlement, des projets sont lancés : Antoine Tabet signe les plans des bâtiments de l'USEK et Farid Trad ceux du palais de l'Unesco qui sera exécuté par Alexis Boutros. Et l'ingénieur Rodolphe Élias remporte le concours pour la construction de l'hôtel des postes et télégraphes...
En 1950, 80% des activités de commerce étaient concentrées dans le centre-ville, où, pour élargir la place des Canons, les pouvoirs publics ordonnent la destruction du Petit Sérail, ancien siège du gouvernement ottoman construit à la fin du XIXe siècle. En 1952, à proximité de la place al-Sour, rebaptisée place Riad el-Solh, la rue des Banques commence à se dessiner alors que les rues Hamra et Spears font désormais partie intégrante du paysage architectural de Beyrouth...
Les pages déroulent les réalisations et les tendances des années 60, 70, 90 jusqu'à 2010... Au fil du temps, de lotissement en lotissement, la capitale qui se voulait l'image d'une cité moderne, tournée vers l'avenir, est happée aujourd'hui par l'expansion certes massive mais chaotique. Bien méchant, et bien bête, ce pays qui glisse dans l'urbanisme sauvage. Et dire que c'est la ville de demain qu'on dessine aujourd'hui!

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/792067/Les_grandes_dates_de_l'histoire_architecturale_du_Liban,_par_Gebran_Yacoub.html

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I.- Patrimoine immatériel libanais et identité nationale | Opinions | L'Orient-Le Jour-13/12/2012

I.- Patrimoine immatériel libanais et identité nationale
Pour introduire ce sujet récurrent, de plus en plus d'actualité avec la mondialisation, je reprendrai la définition adoptée par l'Unesco, conformément à une convention internationale adoptée par la conférence générale en 2003 et ratifiée à ce jour par 146 pays, y compris le Liban, début 2007. On entend par « patrimoine culturel immatériel » les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire que les communautés reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel, transmis de génération en génération ; il est recréé en permanence en fonction du milieu, de l'interaction avec la nature et l'histoire, et procure un sentiment d'identité et de continuité aux communautés qui en sont détentrices. Ce patrimoine traditionnel et moderne nourrit la diversité culturelle et la créativité. Seul le patrimoine immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l'homme ainsi qu'à l'exigence du respect mutuel entre communautés et d'un développement durable est pris en considération.
Il existe plusieurs dispositifs complémentaires au niveau international pour soutenir la sauvegarde : une liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, une liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité (à l'instar de celle du patrimoine mondial regroupant les sites naturels et culturels classés par l'Unesco en application de la convention de 1972) et un registre des meilleures pratiques de sauvegarde. La septième session du comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel, immatériel vient de se tenir au siège de l'Unesco du 3 au 7 décembre 2012.

À ce jour, la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente comprend 27 éléments dans 15 pays (plus 8 candidatures lors de cette session), la liste représentative du patrimoine culturel immatériel compte 232 éléments dans 86 pays ( plus 36 candidatures lors de cette session). Le registre des meilleures pratiques de sauvegarde compte 8 programmes (plus 2 candidatures). En outre, dix demandes d'assistance internationale pour des plans de sauvegarde ou d'inventaire ont été examinées par cette session par le comité qui regroupe 24 membres des États parties à cette convention élus pour un mandat de quatre ans, dont la moitié est renouvelée tous les deux ans.
Après cette brève présentation technique indispensable, il est important de voir comment le Liban se situe par rapport à cette convention, son esprit et sa répercussion sur le plan de l'identité nationale.
Tout d'abord, cette notion de patrimoine culturel immatériel interactif, donc dynamique, qui procure une identité et une continuité concernant les communautés, autrement dit en deçà ou au-delà de l'entité juridique d'un pays et de ses frontières, est née avec la mondialisation. Pour la première fois au niveau international, on parle de communautés sans qu'elles soient spécifiquement nationales. Or, au Liban, qui est lui-même composé de communautés religieuses culturelles et politiques, cette notion transcommunautaire de patrimoine immatériel contribue fortement à l'élaboration d'une entité nationale qui soude les Libanais et rattache le Liban à son environnement et au reste du monde, tout en respectant sa spécificité. D'autre part, à travers cette notion de patrimoine culturel immatériel (ou patrimoine vivant), nous réalisons que le processus d'identité n'est pas statique mais qu'il s'agit bien d'une dynamique d'identification reposant, certes, sur des éléments structurants de base mais qui interagissent de manière interactive et évolutive. En s'inscrivant dans une construction progressive basée sur le vécu (ou le vivre-ensemble) et l'histoire, le patrimoine culturel immatériel crée l'échange, donne en partage, restitue le lien et constitue le patrimoine transmissible à travers les hommes et les générations. En outre, cette démarche doit nécessairement s'inscrire dans le cadre des droits de l'homme et de l'exigence du respect mutuel entre les communautés et d'un développement durable. La convention de 2003 établit un cadre cohérent et pratique, en conformité avec l'esprit et les idéaux de l'Unesco, pour répondre au mieux aux défis de la mondialisation et des peurs ancestrales et archaïques qu'elle peut faire ressurgir
(À suivre)

dimanche 9 décembre 2012

لبنان ودّع البطريرك هزيم وسليمان منحه...le Liban fait ses adieux au Patriarche Ignace Hazim


لبنان ودّع البطريرك هزيم وسليمان منحه وسام الأرز

لبنان الآن - ‏‏
ودّع لبنان والكنيسة الأرثوذكسية البطريرك اغناطيوس الرابع هزيم، فأقيمت صلاة لراحة نفسه، الثانية عشرة ظهر اليوم في كاتدرائية القديس نيقولاوس في الأشرفية، بمشاركة رسمية وشعبية، ومنحه رئيس الجمهورية ميشال سليمان وسام الأرز الوطني من رتبة الوشاح الأكبر. ترأس الصلاة القائمقام البطريرك المطران اسبر سابا، عاونه المطارنة الأرثوذكس اعضاء المجمع المقدس وممثلو مختلف الكنائس الأرثوذكسية. ورثا المتروبوليت جورج خضر الفقيد بكلمة جاء فيها: "فيما كانت كنيسة الارض تأخذ منك جهدًا كثيرًا، استدعاك ربك الى عرس الحمل والى كنيسة ...

وصول جثمان البطريرك هزيم إلى الكاتدرائية المريمية في دمشق

الأوسط - ‏‏
وصل جثمان بطريرك إنطاكيا وسائر المشرق للروم الأرثوذكس إغناطيوس الرابع هزيم إلى الكاتدرائية المريمية في دمشق. وقبل نقل جثمان البطريرك هزيم الى دمشق حيث سيوارى الثرى, شارك رئيس الجمهورية العماد ميشال سليمان في خدمة جنازالبطريرك هزيم، الذي اقيم ظهر اليوم في كاتدرائية القديس نيقولاوسفي الأشرفية. وحضر الجنّاز، الى ذوي الفقيد، رئيس الحكومة نجيب ميقاتي وكبار اركان الدولة، اضافة الى بطاركة الشرق وحشد من الأساقفة والسفراء المعتمدين لدى لبنان ورجال الدين والمؤمنين. كما حضرت وفود رسمية وممثلون لعدد من رؤساء الدول وبطاركة ...

وصول جثمان البطريرك هزيم الى دمشق بعد تأبينه في بيروت

روسيا اليوم - ‏‏
... انطاكية وسائر المشرق اغناطيوس الرابع هزيم; 05.12.201218:01 الكنيسة الارثوذكسية الروسية تعزي بوفاة بطريرك أنطاكية وسائر الشرق إغناطيوس الرابع هزيم; 05.12.201212:34 وفاة بطريرك أنطاكيا وسائر المشرق للروم اﻷرثوذكس إغناطيوس الرابع هزيم إثر تعرضه لجلطة دماغية; 05.12.201218:01 صور فوتوغرافية تعكس مشاهد من حياة غبطة بطريرك أنطاكية وسائر المشرق إغناطيوس الرابع هزيم. وصل جثمان اغناطيوس الرابع هزيم بطريرك انطاكيا وسائر المشرق للروم الأرثوذكس الى الكاتدرائية المريمية في دمشق بعد ظهر الاحد 9 ديسمبر/كانون الاول.

بيروت تشيّع البطريرك هزيم ودمشق تحتضن جثمانه

قناة المنار - ‏قبل 3 ساعات‏
أقيم الاحد جناز لبطريرك انطاكيا وسائر المشرق للروم الأرثوذكس اغناطيوس الرابع هزيم في كاتدرائية القديس نيقولاوس في منطقة الأشرفية في العاصمة اللبنانية بيروت. وقد شارك في الجناز رئيس الجمهورية اللبنانية ميشال سليمان بحضور أهل البطريرك الراحل ورئيس الحكومة اللبنانية نجيب ميقاتي وحشد كبير من اهل السياسة ورجال الدين وبطاركة الشرق وحشد من الأساقفة والسفراء المعتمدين لدى لبنان والمواطنين. وقد ترأس خدمة الجناز قائمقام البطريرك المطران اسبر سابا بمعاونة المطارنة الارثوذكس اعضاء المجمع المقّدس وممثلو مختلف الكنائس ...

جريدة الأنباء الكويتية | جثمان البطريرك هزيم من بيروت إلى دمشق

جريدة الأنباء الكويتية - ‏قبل 20 دقيقة‏
اقيمت جنازة رسمية حاشدة للبطريرك الارثوذكسي اغناطيوس الرابع هزيم في كاتدرائية مارنقولا في الاشرقية، في بيروت قبل ظهر امس، بحضور رئيس الجمهورية ميشال سليمان ورئيس الحكومة نجيب ميقاتي والوزراء والنواب ورؤساء البعثات الدينية والديبلوماسية، وسط حداد رسمي عام شمل مختلف وسائل الاعلام. وقد منح الرئيس سليمان للبطريرك هزيم وسام الارز من رتبة الوشاح الاكبر. وبعد القداس الوداعي نقل جثمانالبطريرك هزيم الى الكنيسة المريمية في دمشق تمهيدا لدفنه في مدافن البطاركة الارثوذكس في سورية.

https://news.google.fr/news/story?hl=ar&client=safari&q=%D8%A7%D9%84%D8%A8%D8%B7%D8%B1%D9%8A%D8%B1%D9%83+%D8%A7%D8%BA%D9%86%D8%A7%D8%B7%D9%8A%D9%88%D8%B3+%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%A7%D8%A8%D8%B9+%D9%87%D8%B2%D9%8A%D9%85&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.&bpcl=39650382&biw=1024&bih=644&um=1&ie=UTF-8&ncl=d90TxKMymTpCEWMjTyQ6nSeooDLyM&sa=X&ei=f-PEUPn9Osb0sga0poDYCA&ved=0CD4QqgIwAw


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vendredi 7 décembre 2012

L’identité libanaise décelée et filmée par la jeunesse | Politique Liban | L'Orient-Le Jour

L'identité libanaise décelée et filmée par la jeunesse

Dalia DAKKAK | 07/12/2012

La seconde lauréate, Jana Yassine, avec Diego Escalona-Paturel, chef de coopération de la Délégation de l'UE au Liban.
La seconde lauréate, Jana Yassine, avec Diego Escalona-Paturel, chef de coopération de la Délégation de l'UE au Liban.
CONCOURS La remise des prix de « Shoot your identity » a eu lieu mercredi au théâtre Metro al-Madina à Hamra. Cette compétition a été organisée par l'ONG Search for Common Ground (SFCG) en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

« Shoot your identity » pose une question en or à ses participants : « Être libanais, qu'est-ce que cela signifie pour vous ? » C'est à travers un court-métrage de deux à trois minutes, définissant leur identité, que de jeunes concurrents âgés de 12 à 30 ans devaient y répondre.


 Trois lauréats se sont distingués, deux élus par un jury et le troisième par le public sur Facebook.

Le premier gagnant, Ahmad Traboulsi, a exprimé sa passion pour l'art et a parlé des différences qui nous séparent. « Notre nationalité est un obstacle. Je suis avant tout un être humain et nous le sommes tous », a-t-il souligné.
Jana Yassine, seconde lauréate, a expliqué dans sa vidéo que ce sont les « choses positives » de son pays qui la rendent libanaise.


Le court-métrage le plus populaire sur Facebook a été réalisé par Mohammad Yatim. Ce dernier avoue « ne pas se sentir libanais du tout », pour plusieurs raisons. « On est attaché à des religions sans savoir ce qu'elles veulent vraiment dire et d'où elles proviennent, explique-t-il. Le pire c'est que si nos opinions diffèrent de la majorité, on est méprisé. » Il a aussi fait part de son rêve d'un monde uni qui ne serait fait que d'un seul pays et d'une seule langue pour nous unir à tous.


Environ soixante jeunes Libanais avaient partagé leur vidéo sur les réseaux sociaux, et le jury en a choisi uniquement 11 à diffuser durant la cérémonie, dont celles des trois lauréats. Les réponses étaient variées et ont évoqué des sentiments distincts : la peur, la confusion, l'indifférence, la révolte, la colère...
Les critères sur lesquels se sont basés les membres du jury sont la créativité, le côté technique de la vidéo et le nombre de voix sur Facebook pour le troisième gagnant.


Ce concours fait partie d'un des projets de SFCG qui a pour but de promouvoir la paix civile au Liban. « Prenez cette métaphore : si les joueurs d'une équipe de foot se concentrent beaucoup trop sur leurs différences et moins sur le travail d'équipe, ils auront moins de chance d'atteindre le but. On peut en tirer la même conclusion pour la communauté libanaise. Si les jeunes veulent faire un changement, ils doivent le faire ensemble, malgré tout », indique Émilie Jacquard, directrice nationale de l'ONG.


Avant la diffusion des courts-métrages, le directeur national du PNUD, Luca Renda, a observé que le monde « a besoin d'écouter l'opinion des jeunes et de la partager ». S'adressant à la jeunesse, il a dit : « Vous êtes le futur du Liban et c'est vous qui allez le bâtir. Ce que vous en pensez est donc indispensable. » La cérémonie s'est achevée avec la présentation d'un documentaire nommé My Identity qu'a produit l'ONG SFCG avec le soutien du PNUD et de l'UE. Et ce en présence du chef de coopération de la Délégation de l'UE au Liban, Diego Escalona-Paturel. Le héros était un jeune Libanais en quête d'identité, auprès de sa famille et de ses amis.


http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/791156/L'identite_libanaise_decelee__et_filmee_par_la_jeunesse.html


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lundi 3 décembre 2012

« Le patrimoine n’est pas forcément religieux, ni permanent, ni ancien... » | L'Orient-Le Jour

"Le patrimoine n'est pas forcément religieux, ni permanent, ni ancien..." 

May MAKAREM | 04/12/2012- OLJ

Schéma directeur pour la mise en valeur de Douma, un des plus beaux villages du Liban-Nord.
Schéma directeur pour la mise en valeur de Douma, un des plus beaux villages du Liban-Nord.
COLLOQUE Le patrimoine moderne, concept parfois un peu trop galvaudé, doit être urgemment défini pour être durablement protégé...

Parce que les principes qui régissent aujourd'hui le patrimoine sont encore imprégnés par la notion, très réductrice, un peu tyrannique, de monuments historiques et archéologiques, le patrimoine moderne, qui englobe la production d'objets, d'espaces et de lieux urbains des XIXe et XXe siècles, est très vulnérable. 
Aucune loi ne prend en effet en considération la préservation de ces témoins matériels des «temps modernes». Soit on les oublie, soit on les détruit sans s'interroger sur leur valeur. Mais depuis les années 90, la disparition brutale et quasi systématique de bâtiments qui avaient contribué à dessiner le paysage de la ville et qui étaient devenus avec le temps des repères urbains a fortement déstabilisé les habitants de la cité.
 Une sensibilité patrimoniale plus largement partagée s'est alors manifestée. Des actions se sont mises en œuvre, soulevant même les passions pour la reconnaissance et la mise en valeur du legs «moderne» dans toute sa diversité: magnaneries, usines, silos, moulins, bâtiments, outils agraires. 
L'objectif est simple: affirmer une identité propre face à la banalisation environnante et donner ses lettres de noblesse à un héritage «insignifiant il y a encore quelques années», comme le dit Yasmine Makaroun-Bou Assaf, architecte spécialisée dans la mise en valeur des sites archéologiques et professeur à l'Université libanaise de Tripoli. 
L'analyse de ce processus de patrimonialisation a été l'objet du colloque organisé par Caecilia Pieri, responsable de l'Observatoire urbain à l'Ifpo et auteur du livre Bagdad Arts déco, 1920-1950, paru en 2011 chez AUCP. Seize experts libanais, français, irakiens, jordaniens et syriens se sont penchés sur les enjeux de la construction de l'«espace patrimonial moderne». 
La robe de Paco Rabanne et l'imagerie populaire 
La loi recommande de ne prendre en compte que les objets et édifices antérieurs aux années 1800. Bien sûr, cette consigne a volé en éclats, ne serait-ce que parce que le temps avance, mais aussi parce que l'ancienneté n'est plus un critère. «En France, l'explosion du concept de patrimoine provoque un phénomène de patrimonialisation à outrance», a souligné Gennaro Toscano, directeur scientifique de l'Institut national du patrimoine français.
 Du tutu de la reine à la robe en papier de Paco Rabanne, «de l'unicium au typicum, tout, ou presque est susceptible de devenir patrimoine», a-t-il relevé. «Même la savonnerie de Naplouse, en net déclin depuis la deuxième moitié du XXe siècle et qui importe son huile d'olive d'Italie, reste considérée comme un trait typique de la ville», signale à son tour Véronique Bontemps, anthropologue, chercheuse associée à l'Ifpo. 
«Le patrimoine n'est pas forcément religieux, ni permanent, ni ancien, fait observer Yasmine Makaroun-Bou Assaf. Il suffit qu'il soit historique, vivant dans le sens où il a marqué l'histoire de la communauté. Il représente pour cette dernière un ancrage incontestable qui la lie à un territoire.» Selon elle, le processus de patrimonialisation depuis la fin du XXe siècle est animé par deux facteurs: une conscience individuelle exacerbée par les signes de la mémoire et l'enracinement au lieu; et une conscience collective alimentée par des événements historiques. «Une imagerie populaire, un subconscient collectif en quête d'identité sur fond de nostalgie entretiennent souvent des mythes ou des clichés profondément enracinés, tel celui de la maison à trois arcs... La réalité du quotidien est cependant un triste reflet du marché et de la spéculation immobilière qui jouent sur ces mythes pour vendre de l'ancien-neuf telles ces campagnes publicitaires "new old lebanese houses" ou Beit Misk», dit Mme Makaroun-Bou Assaf, qui dénonce les dérives des mesures de protection du patrimoine urbain «souvent éradiqué au profit des exploitations foncières»; l'absence d'outils législatifs et juridiques, d'écoles techniques spécialisées, du savoir-faire d'une main-d'œuvre de plus en plus rare, des matériaux galvaudés ou imités, etc.

Paradis perdu
L'intérêt autour du monde rural a aussi suscité l'éclosion d'une nostalgie qui s'est manifestée à travers la création de musées (Terbol, Bsous, Ras Baalbeck, Saïda, Chebaa), sans oublier les cafés drapés dans un décor traditionnel ou déclinant une «recomposition caricaturale» d'un village traditionnel. Ce monde paysan «est porteur de l'idée d'un paradis perdu que l'on oppose au monde moderne», souligne Houda Kassatly, ethnologue, photographe, chercheuse associée à l'Université Saint-Joseph. «C'est comme si la détérioration de l'environnement générait une sorte de prise de conscience écologique qui a pour corollaire la réhabilitation et la reconnaissance de l'importance du monde rural et ce particulièrement dans les tranches citadines de la population... qui aspirent à ce qu'elles considèrent comme une authenticité», fait-elle remarquer en substance. De même, la pléthore d'objets collectionnés, tels les machines à coudre Singer, les fers à repasser importés d'Occident, les moulins à café fabriqués en Turquie et revendiqués comme un bien d'héritage commun, «démontre que le patrimoine est une valeur partagée et peut-être même une valeur refuge pour laquelle s'exprime un engouement sans précédent», ajoute l'ethnologue. 

FLC et FAI : mémoire d'un peuple
Le septième art non plus n'est pas exclu du processus de patrimonialisation. Il est «le témoin d'une époque, d'un événement», affirme la présidente de la Fondation Liban Cinéma (FLC), Maya de Freige. Exposant un petit historique du cinéma libanais allant des origines (1929) au studio Baalbeck et à la vague de cinéastes qui se succèdent depuis les années 70, elle relève que «la mémoire a un rôle prépondérant dans la création cinématographique si l'on en juge par les films qui ne cessent de questionner une histoire officielle et les vides béants laissés par un conflit encore à vif». 
Mais ce sont surtout les archives de Télé Liban qu'elle met en exergue, soulignant que «des pans entiers de notre histoire sont gravés sur des pellicules». Aussi, pour préserver ce patrimoine, l'opération «Plan Images Archives», initiée en 2008 et financée par le ministère français des Affaires étrangères et européennes, a permis de sauver «près de 91 heures», a déclaré Mme de Freige. 
L'objectif est toutefois «la restauration complète des images d'archives culturellement significatives de la chaîne», qui comprend environ 30000 heures en U-Matic (entre actualités et séries), 6600 heures en deux inches (de séries) et 600 heures en 16mm (d'actualités, documentaires et séries). L'intervenante a en outre affirmé que l'association UMAM a réussi à acquérir une grande partie des archives de la collection de studio Baalbeck et qu'à l'initiative de «Nadi lekol el-Nass», l'œuvre intégrale de Maroun Baghdadi sera bientôt disponible sur DVD. En substance, films libanais ou archives de Télé Liban, «la FLC œuvre pour préserver ce legs et le rendre accessible au grand public, en constituant "un musée virtuel"», a conclu Maya de Freige.
Pour sa part, sur le thème «La photographie arabe, de la pratique artistique à la documentation anthropologique», Zeina Arida, directrice de la remarquable Fondation arabe pour l'image (FAI), a évoqué la collection de Hachem al-Madani à Saïda, dont le fonds, composé de 600000 clichés dévoilant l'environnement social sur des décennies, constitue un patrimoine historique et iconographique immense. 

Douma et les silos de Chekka
L'intervention de l'architecte-urbaniste Antoine Fischfisch s'est articulée autour du schéma directeur mis en place depuis 1998, pour la mise en valeur du tissu urbain traditionnel de Douma. 
«Inscrit, dit-il, dans une approche patrimoniale postmoderniste, faisant appel à l'histoire, à la mémoire et à la culture locale», il vise l'amélioration du niveau de vie dans le village (écoles, hôpital, loisirs, etc), la réhabilitation du cadre urbain et paysager, et la préservation du souk (XIXe) et de 240 habitations traditionnelles, principalement des maisons vernaculaires monocellulaires et des maisons à iwan. 
La contribution de Béchara Mouannès, professeur à l'USEK où il dirige depuis plusieurs années l'atelier «Architecture et patrimoine», a été centrée sur le patrimoine industriel et sa reconversion. Afin, dit-il, de sensibiliser les futurs architectes à la notion de l'«archéologie moderne», il avait proposé à ses étudiants le recyclage des silos de ciment de Chekka. «L'objectif de l'exercice est de s'interroger sur le processus de construction de la mémoire autour d'usines et de sites industriels disparus ou en voie de réhabilitation, une reconversion nécessaire tout en gardant l'utile.» 
Parmi les participants également à ce séminaire, l'architecte professeur à l'UL Mousbah Rajab; Arpiné Mangassarian, responsable technique à la municipalité de Bourj Hammoud et fondatrice de l'association «Badguer» pour la sauvegarde du patrimoine culturel de ce quartier; Sarab Atassi, responsable à l'Ifpo de l'Atelier du Vieux-Damas, et Serge Yazigi, directeur de l'observatoire urbain Majal, qui dirige l'équipe d'experts chargée de l'élaboration du plan stratégique du haut plateau du Akkar, piloté par le CDR... 

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/790618/%3C%3C+Le_patrimoine_n'est_pas_forcement__religieux,_ni_permanent,_ni_ancien...+%3E%3E_.html


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dimanche 2 décembre 2012

Un beau « Lebanese Heritage Day » à la mairie de Brooklyn | Liban | L'Orient-Le Jour

Un beau « Lebanese Heritage Day » à la mairie de Brooklyn

Sylviane ZEHIL | 03/12/2012-OLJ

De g. à d., Zahia Abi Habib, John Abi Habib, Tony Msallem, George Altirs, l'archiprêtre Thomas Zain, l'évêque Gregory Mansour, le consul Majdi Ramadan, Aida Nicaloua, Marty Markowitz, le Dr Henry Habib, M. et Mme Joseph Harouni et les deux fils de Jeannette Harouni, et Joseph Elhilow.
De g. à d., Zahia Abi Habib, John Abi Habib, Tony Msallem, George Altirs, l'archiprêtre Thomas Zain, l'évêque Gregory Mansour, le consul Majdi Ramadan, Aida Nicaloua, Marty Markowitz, le Dr Henry Habib, M. et Mme Joseph Harouni et les deux fils de Jeannette Harouni, et Joseph Elhilow.
HOMMAGE L'évêque Gregory Mansour, George Altirs, Jeannette Harouni et le Dr Ghassan Elcheikhali honorés par le maire, Marty Markowitz.

La mairie de Brooklyn s'est parée il y a quelques jours des couleurs libanaises à l'occasion du « Lebanese Heritage Day ». Pour marquer cette journée du patrimoine, le drapeau flottait bien haut dans les rues de Brooklyn, mais aussi autour du bâtiment officiel de ce « borough », symbole de la diversité ethnique et culturelle.
 Organisée par le président du Borough de Brooklyn, Marty Markowitz, en collaboration avec le consul général du Liban, Majdi Ramadan et le « Lebanese Heritage Committee », sous la houlette de son dynamique président John Abi Habib, la cérémonie a eu lieu dans la magnifique salle lambrissée de la mairie, qui a servi de cadre à la série télévisée américaine Law and Order où trônait le drapeau libanais à côté de l'américain et celui de la municipalité de Brooklyn.
L'événement s'est déroulé en présence de Marty Markowitz dont le « mandat vient à échéance dans un an », du consul général du Liban, de la chargée d'affaires de la Mission du Liban auprès de l'ONU, Caroline Ziadé, ainsi que d'un grand nombre d'amis venus rendre hommage à quatre Américains d'origine libanaise qui se sont distingués pour leur contribution permanente en faveur de la communauté libanaise aux États-Unis.

Ehden
Le « Lebanese Heritage Committee » a sélectionné cette année quatre personnalités du monde religieux, des affaires, de la musique et de l'éducation dont notamment l'évêque du diocèse Saint-Maron de Brooklyn, Gregory Mansour, pour son rôle-clé de rassemblement de la communauté libanaise aux États-Unis. 
Né à Flint, dans le Michigan, de parents libanais George et Gloria (Farhat) Mansour, il est l'aîné de six enfants. Il peut tracer son héritage ancestral d'Ehden, jusqu'à Tebnine et Damour, puis Nazareth et Damas. Actif et toujours à l'écoute de sa communauté, l'évêque maronite de Brooklyn œuvre dans trois comités placés sous la direction du « United States Conference of Catholic Bishops : » Pro vie, Catéchèse et le Dialogue catholique et orthodoxe oriental. « L'évêque est aussi secrétaire de l'organisation "Christian Arab and Middle Eastern Churches Together" » (Camect) et fait partie du Synode des évêques maronites qui se réunit chaque année au Liban.

Médaille Ellis...
Entrepreneur, homme d'affaires international, philanthrope, sportif, impliqué dans le bâtiment et la restauration, George Altirs a, quant à lui, réalisé son 
« rêve américain » en bâtissant, « à partir de rien », un empire aux États-Unis, en Europe et en Asie. Cet ingénieur de formation qui a « débarqué sans le sou » à Brooklyn fait parler de lui dans de nombreux médias, dont le Wall Street Journal. Avec « GMA Accessories Inc. », la compagnie mère de « Capelli New York », et « GMA Shangai Company Ltd », qu'il a fondées avec son frère Mike, George joue un rôle-clé important dans l'industrie de la mode, du prêt-à-porter et de la logistique. Philanthrope, il crée « Altirs Foundation ». Père de sept enfants, George a poussé loin son amour pour le football professionnel, allant jusqu'à transformer une de ses propriétés en grand terrain de foot. Titulaire de nombreux prix, il a reçu en 2007 la prestigieuse médaille « Ellis Medal of Honor Award », une distinction accordée aux Américains qui se sont distingués comme citoyens des États-Unis qui ont su préserver leur identité d'origine tout en devenant partie intégrante de la société américaine.
 
Posthume
C'est à titre posthume, quant à elle, que Jeannette Harouni, plus connue sous le nom « Hanan, le rossignol arabe », a été saluée. Sa famille a accepté cette distinction honorifique pour sa contribution à la communauté arabo-américaine. Née Hanan Hayek à Beyrouth, cette célèbre chanteuse de musique classique arabe et actrice est décédée il y a un an à l'âge de 81 ans, après avoir laissé une grande marque dans la vie musicale, culturelle et charitable de Brooklyn et de Staten Island. Ayant entrepris une série de tournées musicales à travers le Moyen-Orient et l'Afrique, elle a donné des concerts de musique arabe classique dans le monde entier. Actrice, son premier rôle cinématographique en 1947 dans La mariée du Liban est le premier film sonore produit au pays du Cèdre.
Enfin, le professeur et directeur de l'École Razi à Queens, le Dr Ghassan Elcheikhali, PhD en sciences politiques de Columbia Pacific University, n'a pu être présent à la cérémonie pour des raisons de santé.
 Ce sociologue et linguiste a été sélectionné par le New York Times « parmi les huit millions de New-Yorkais » pour sa contribution exceptionnelle à la collectivité et pour ses efforts de sensibilisation pour le renforcement des liens entre la communauté musulmane et les différentes religions. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles ayant trait à la religion, l'éducation, la politique et la culture.
Le coup d'envoi de la cérémonie a été donné par l'hymne national libanais suivi du Star-Spangled Banner entonné par la chanteuse d'origine libanaise de Brooklyn, Lauren Shaia. C'est avec verve et humour que Marty Markowitz a rendu hommage à l'importance du rôle joué par la communauté libanaise depuis « plus de 100 ans dans ce borough », une « communauté vibrante et dynamique », célèbre pour « la qualité de ses hommes d'affaires, sa cuisine, ses restaurants, ses épiceries fines telles que "Sahadi", et son héritage culturel ». Il n'a pas manqué de mettre en exergue 
« l'impact » et l'importance de cette communauté. Il a énuméré une série de leaders d'origine libanaise qui se sont distingués aux États-Unis dans le monde des affaires, de la politique, de la mode, du sport, du journalisme, de la finance et même la beauté. 
« L'an dernier, la Miss USA était d'origine libanaise », a-t-il lancé.

Je remercie Dieu...
C'est avec une grande humilité que l'évêque Gregory Mansour a accepté les hommages exprimés par des applaudissements répétés et la « standing ovation » du parterre. Dans son discours, il a « remercié Dieu » « parce qu'il y a un endroit sur terre appelé le Liban, où 18 différentes communautés religieuses ont trouvé une formule, un pacte, qui leur permet de vivre ensemble dans la liberté et le respect mutuel ». L'évêque maronite a aussi « remercié Dieu » pour le respect des libertés religieuses préconisé par les États-Unis, qui permet à tout individu de vivre dans sa foi. « C'est vrai pour moi en tant que chrétien, c'est tout aussi vrai pour le juif et le musulman », a-t-il noté. Il a rendu grâce à Dieu pour sa « foi personnelle en Jésus crucifié et ressuscité, ce qui est difficile à comprendre pour certains ; une foi adoptée par d'autres et respectée par toutes les générations d'Américains qui ont contribué et continuent de contribuer au rêve américain de liberté, du respect de l'objecteur de conscience et du respect des droits de la conscience de tous les hommes ». 
Il a salué le président du Borough de Brooklyn Marty Markowitz et son équipe, ainsi que le comité organisateur dirigé par John Abi Habib, réuni autour de Marty, pour l'aide apportée à la réalisation de la Journée du patrimoine libanais, sans oublier de remercier aussi la communauté libanaise de New York. « Ces Libanais qui ont commencé comme simples colporteurs et commerçants dans le sud de Manhattan ont quitté leurs familles et leur pays à la recherche d'une vie meilleure. Beaucoup se sont installés à Brooklyn Heights et Manhattan, et de là ils ont rayonné dans New York et à travers les États-Unis », a-t-il rappelé. 

http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/790445/Un_beau_%3C%3C+Lebanese_Heritage_Day+%3E%3E_a_la_mairie_de_Brooklyn.html

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