mardi 6 novembre 2012

L’industrie vinicole plie mais ne rompt pas... | Économie Liban | L'Orient-Le Jour

L'industrie vinicole plie mais ne rompt pas. 

Par Dalal MEDAWAR | 03/11/2012


LIBAN - CRISE Alors que la récession menace et que la plupart des secteurs d'activités sont frappés de plein fouet par la crise, l'industrie vinicole libanaise n'a jamais été aussi active malgré les difficultés auxquelles elle fait actuellement face.


L'un des plus grands établissements nocturnes du pays vient de mettre la clef sous la porte et les rumeurs les plus folles circulent sur la fermeture de certains hôtels de prestige ; en parallèle, les restaurants affichent des pertes record, les commerçants sont sur la corde raide et les agriculteurs ne savent plus où écouler leurs récoltes. Pourtant, au milieu de la tourmente que connaissent actuellement le Liban et la région, l'industrie vinicole locale souffre mais tient bon. 
Dans un contexte économique à la limite de la récession, « la consommation locale se maintient », affirme le président de l'Union viticole (UVL), Serge Hochar, tandis que les ventes globales ont, selon lui, légèrement reculé à l'étranger et chuté dramatiquement en Syrie pour certains exportateurs – sans qu'il puisse toutefois pouvoir fournir d'estimations précises. Même son de cloche de la part de l'un des deux frères fondateurs de la cave de Massaya, Sami Ghosn : « Il est certain que la crise régionale a un impact très significatif sur les sociétés vinicoles exportatrices, en Syrie notamment. Quant au marché du Liban, malgré la morosité ambiante, les hauts et les bas sécuritaires, il tire à ce jour pas trop mal son épingle du jeu. » 



De nouveaux producteurs, de nouveaux terroirs
Paradoxalement, au milieu de la tourmente politico-sécuritaire, l'industrie vinicole libanaise n'a jamais été aussi dynamique : le nombre de producteurs est en croissance constante, les Salons de grande envergure connaissent une affluence record et les initiatives au Liban et à l'étranger se multiplient. 
« Nous sommes actuellement une quarantaine de producteurs, et une dizaine de nouveaux acteurs se préparent, en outre, à se lancer à l'assaut du marché d'ici à un an », indique M. Hochar. « Une nouvelle génération, passionnée et informée, est en train de prendre le relais », se félicite-t-il. « Nous aurons de plus en plus de vins issus de plus en plus de terroirs, ce qui est un grand plus pour la diversité », ajoute-t-il.
Les producteurs libanais ne se limitent d'ailleurs plus à leur pays d'origine : le groupe libano-turc Hateks s'est récemment lancé dans l'industrie du vin en Turquie, dans la région d'Antakya (Antioche) et espère commercialiser les premiers crus entre 2014 et 2015. En parallèle, Sandro Johnny Saadé et son frère Karim, codirecteurs généraux du groupe Johnny R. Saade Holdings, ont développé quelques années auparavant le domaine de Bargylus en Syrie – en plus de Château Marsyas au Liban. Ils sont également associés majoritaires, à hauteur de 60 %, de Terres Millésimées, inaugurée l'an dernier à Saint-Émilion, et qui a récemment été élue l'une des meilleures caves de France (voir encadré). 

Du vin libanais au Japon
Sur le plan des exportations, environ 6 à 8 millions de bouteilles ont été vendues en 2011, dont 2 millions destinées à l'exportation. Sauf si la situation le décide autrement cette année, l'industrie locale du vin sera l'une des rares au Liban caractérisée par une balance commerciale excédentaire. Rappelons que près de 7 millions de bouteilles ont été vendues en 2010 pour une valeur totale de près de 50 millions de dollars, selon l'UVL. À titre comparatif, 6 millions de bouteilles avaient été produites en 2005, et 5 millions au début des années 2000, toujours selon les chiffres de l'UVL. 
Les vins libanais sont parfois présents dans les pays les plus inattendus : la coopérative vinicole d'Héliopolis, située à Deir el-Ahmar (Baalbeck), a récemment envoyé une première palette de son vin rouge Coteaux Les Cèdres du Liban 2009, certifié « Fairtrade »... au Japon. Les vins libanais étaient également présents pour la deuxième année consécutive à la 33e édition de la London International Wine Fair (LIWF), l'une des plus importantes foires de vins au monde, qui s'est tenue en mai dernier à Londres.


En dépit de ces succès à l'étranger, l'industrie vinicole demeure de petite envergure, et « ne représente pas un apport très important » à l'économie locale, estime M. Hochar. Certaines appréciations pencheraient vers quelque 0,8 % du produit intérieur brut (PIB). « L'industrie vinicole libanaise n'a pour vocation que la production d'un vin qualitatif. Nous n'avons pas les moyens de concurrencer les gros pays producteurs comme la Turquie, le Chili ou l'Australie sur le plan de la quantité et des faibles coûts de production. Au Liban, nous n'avons ni la taille de parcelles ni la structure de coûts pour nous le permettre. Le positionnement du Liban sur la scène internationale doit être uniquement qualitatif », juge Karim Johnny Saadé.
La petite taille de l'industrie vinicole libanaise : à la fois un handicap et un avantage, car, en ces temps de crise, mieux vaut écouler une petite production qu'une trop importante, comme l'ont appris à leurs dépens les producteurs de pommes...

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mercredi 31 octobre 2012

Le Rath de Genève fasciné par le Liban

Le Rath de Genève fasciné par le Liban

Par May MAKAREM | 01/11/2012-OLJ

En bronze recouvert de feuilles d'or, le veau du bronze moyen (Byblos).
En bronze recouvert de feuilles d'or, le veau du bronze moyen (Byblos).
ÉVÉNEMENT Quinze ans après l'exposition « Liban, l'autre rive » qui avait présenté à l'Institut du monde arabe de Paris les trésors des civilisations qui se sont succédé sur ces 10 452 km2 depuis l'âge du bronze jusqu'à celui des émirs, c'est une grande, une magnifique exposition sur le patrimoine culturel libanais qui enflammera le musée Rath de Genève du 29 novembre 2012 au 31 mars 2013 : « Fascination du Liban ».

LE RATH DE GENÈVE FASCINÉ PAR LE LIBAN

Organisée par la direction des Musées d'art et d'histoire de Genève et le ministère libanais de la Culture, l'exposition « Fascination du Liban » déroulera au travers de 277 œuvres archéologiques, puisées dans les réserves de la Direction générale des antiquités et présentées en première mondiale, le récit de soixante siècles d'histoire de religion, d'art et d'archéologie au pays du Cèdre. L'exposition, dont l'unique étape européenne sera Genève, présentera également une sélection d'icônes melkites de la collection de Freddy Abou Adal, des photographies du Tripoli des Mamelouks prises au début du siècle dernier par Max Van Berchem, ainsi qu'un manuscrit liturgique ancien emprunté à la Bibliothèque orientale de l'Université Saint-Joseph et une bible du XVIIIe siècle prêtée par Antoine Maamari.



Fresque
Provenant des diverses fouilles du pays, des poteries, des bijoux, des figurines, des statues, des sarcophages, des autels, des mosaïques, des stèles funéraires, des croix, des encensoirs et des chapiteaux à monogrammes vont dessiner une véritable fresque chronologique des rites, des sacrifices et des cultes pratiqués en terre phénicienne depuis le IVe millénaire avant J.-C. jusqu'à l'époque ottomane.
Outre l'opportunité de véhiculer l'image d'un pays au patrimoine millénaire, l'évènement sera l'occasion d'exhiber un aperçu des résultats des nouvelles fouilles, mais aussi des pièces archéologiques qui dormaient depuis des lustres dans les dépôts et qui sont désormais restaurées, signale Anne-Marie Maïla Afeiche, conservatrice du Musée national de Beyrouth et cocommissaire de l'exposition avec Marielle Martiniani-Reber et Marc André Haldimann.
D'une pierre, deux coups : tous les trésors de cette exposition ont donc fait peau neuve ; les uns sous le scalpel des experts suisses, les autres à Beyrouth dans les laboratoires d'Isabelle Doumit Skaff et de son équipe. Les grandes pièces ont été acheminées vers Anvers puis Genève par la CGM CMA, et les petites ont été transportées par la MEA sous la bonne garde d'Anne-Marie Afeiche. L'ensemble a été emballé par les spécialistes de la compagnie al-Jazairi. 

Kaunakes, 3000 avant J.-C.
Pour un plongeon dans le monde des inhumations, des offrandes et des croyances en l'au-delà, des urnes cinéraires de l'âge du fer ; des jarres funéraires de l'époque chalcolithique ; des ex-voto de l'âge du bronze moyen provenant de Byblos ; des amphores peintes (âge du fer) de Tell el-Rachidiyé (Tyr) et une quinzaine d'autels votifs romains, dont un magnifique en calcaire mis au jour à Niha et portant une inscription grecque, seront au cœur de l'exposition. A l'honneur également, des dizaines de statues en marbre dont celle d'Apollon, magnifique, découverte à Beyrouth en 1950. On notera également la présence de deux statues de bébés garçons (trouvées à Sidon) qui servaient d'offrandes votives au dieu d'Echmoun, guérisseur des enfants, et, issue du même temple, la Tête de jeune homme choisie pour illustrer l'affiche de l'exposition, réapparaît au grand jour. Volée avec d'autres pièces en 1981, elle fut identifiée avec huit autres sculptures par l'archéologue suisse Rolf Stucky lors des ventes aux enchères à Zurich et à Berne dans les années 2000. Leur vente fut alors arrêtée et l'Office fédéral suisse de la culture les a restituées au Musée national de Beyrouth.
Le trône d'Astarté (hellénistique) provenant des fouilles de Oum el-Amed près de Nakoura sera mis en valeur, ainsi que le veau en bronze recouvert de feuille d'or de Byblos (bronze moyen).
Le musée Rath propose aussi la statuette en plâtre de l'Orant (un officiant), unique représentation à ce jour d'un homme datant de 3000 avant l'ère chrétienne. Portant la traditionnelle robe mésopotamienne (kaunakes), la tête presque droite dans une attitude de respect, l'homme du troisième millénaire a été exhumé lors des fouilles du British Museum à Saïda.

Dea Gravida 
Les visiteurs de l'exposition genevoise admireront en outre un sarcophage anthropoïde sculpté dans du marbre de Paros – d'ailleurs, le Musée national de Beyrouth possède la plus large collection de sarcophages anthropoïdes au monde. Sans oublier deux sarcophages en plomb provenant des fouilles d'Achrafieh et un sarcophage exceptionnel de l'époque romaine, issu des fouilles de Tyr et portant la légende d'Oreste, une des plus répandues dans la littérature grecque. Enfin, trônera, tout autant en marbre et de l'époque romaine, un sarcophage d'enfant (47cm de haut et 83 de long) représentant le chérubin entouré de ses parents et peut-être de son précepteur. Il a été découvert lors des fouilles à Beyrouth. Au menu aussi, la Phénicienne de Sarafand, Dea Gravida, déesse de la fertilité, ainsi qu'une série de figurines en terre cuite de Kharayeb (région de Tyr), remontant à l'époque hellénistique.
L'exposition rassemble de plus une collection de stèles funéraires antiques exhumées à Saïda ou encore ottomanes comme celle en marbre portant le nom de Khairy Enfendi datant de 1246 de l'hégire (ou 1830).

Éros et le nilomètre...
Quant à l'avènement du christianisme, il est illustré par des croix, des lampes, des chapiteaux à monogrammes, d'un ensemble d'encensoirs byzantins en argent gravé de scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament déterré à Mar Chahhine, au Hermel, ainsi que par trois mosaïques byzantines provenant des fouilles de Chehim où une basilique et tout un quartier d'habitation et des pressoirs à huile ont été mis au jour. Sur l'une de ces mosaïques figure une lionne ; sur une autre, deux antilopes y sont représentées de part et d'autre d'un canthare ; et sur la troisième, deux volatiles planent au-dessus d'une amphore. Ces tapis de tessons mesurent chacun deux mètres de long environ sur un mètre soixante dix de large.
Une mosaïque romaine, découverte en 2010 au centre-ville de Beyrouth au sein d'une habitation romaine, fait également partie du lot. Elle représente une scène nilotique d'où se détachent Éros gravant un nilomètre et un personnage mythologique entouré d'animaux aquatiques (crocodile, poissons, canards, etc) chevauchant un hippopotame. 

Bijoux et vêtements 
Chemin faisant, le visiteur pourra admirer la maquette en pierre calcaire du temple de Beit Méry, datant du IIe siècle après J.-C., mais aussi un albarello à décor épigraphique sous glaçure alcaline (XIVe siècle, Beyrouth) ; des monnaies, des bas-reliefs et des poteries mamelouks ; des vases en verre d'époque romaine ; de la céramique et des bijoux dont un collier composé de 54 pendeloques suspendues à des perles en or, trouvé sur le site Dakermann à Saïda.
L'exposition met aussi en vedette le Murex, ainsi que deux robes d'enfant, une robe d'adulte aux manches et aux plastrons brodés, et une étole, le tout découvert en 1991 au nord du Liban, dans la grotte de Aassi el-Hadath, par les spéléologues du Gersl (Groupe d'études et de recherches souterraines au Liban). Pour un petit rappel des faits, l'exploration de la grotte, située à 1300 mètres d'altitude, avait permis d'exhumer huit corps momifiés, dont les vêtements sont demeurés en bon état. D'après le matériel archéologique découvert (céramiques, monnaies, manuscrits arabes et syriaques datant du XIIIe siècle...) et les écrits historiques musulmans et chrétiens, principalement la chronique d'Ibn Abed el-Zâhir et les textes du patriarche Doueihi, les femmes et les enfants y auraient été ensevelis en 1283, lors d'une attaque de l'armée du sultan mamelouk Baybars. Grâce à un processus de momification naturelle dû à la sécheresse de la grotte, les vêtements ont été conservés tout au long des siècles et ils sont aujourd'hui le plus beau témoin de l'art vestimentaire féminin du Liban médiéval.

Quatre documentaires
Voilà en bref quelques-unes des œuvres archéologiques qui seront données à voir au musée Rath de Genève – une visite qui sera ponctuée par les photographies de Manoug Alemian qui a fixé pour l'éternité les sites historiques et les paysages caractéristiques du Liban. Quatre films documentaires seront projetés en boucle : ils montrent les fouilles archéologiques de Sidon menées par Claude Doumit Serhal et le British Museum ; la découverte des momies dans la vallée de Qadischa et la restauration en cours des fresques de Behdaidat (région de Jbeil), ainsi que le film en 3D réalisé par l'équipe de Barcelone à Tyr qui présente le cimetière phénicien de la ville et les fresques de la tombe de Tyr, exposée au Musée national.

Que des vestiges informes...
À la collection archéologique s'ajoutent deux autres ensembles : les icônes melkites de Freddy Abou Adal et les photographies de Max Van Berchem, « savant fondateur de l'épigraphie arabe en tant que discipline », qui, vers la fin du XIXe - début du XXe, avait saisi dans son objectif Tripoli et son patrimoine mamelouk. Dans un texte prémonitoire daté de 1892, Van Berchem signalait que les monuments musulmans et « leurs ruines encore magnifiques ne seront bientôt plus que des vestiges informes d'un glorieux et artistique passé. Leurs inscriptions historiques disparaissent, il faut immédiatement relever tous les textes gravés sur les mosquées, les tombeaux, les caravansérails, les madrassas, les châteaux forts ou les ponts, photographier les monuments et explorer toutes les régions musulmanes (...) » 

« Il nous manque encore pas mal d'argent... » 
Signalons enfin qu'à travers des articles de fond ou de notices développés, plus d'une trentaine d'archéologues et d'historiens apportent leur contribution au catalogue qui sera édité à l'occasion de cette exposition qui bénéficie du généreux soutien de l'association Fascination du Liban et de ses mécènes, de la Fondation Max Van Berchem, de MKS (Switzerland) SA, de Crédit Agricole Private Banking, de Jabre Capital Partners SA, du magasin Lyzamir et de Middle East Airlines-Air Liban.


Lancée dès 2007 à l'initiative du ministre Tarek Mitri et de Patrice Mugny, à l'époque responsable de la culture à Genève, qui avaient désigné Malek Michel el-Khoury, résident entre Genève et Beyrouth, coordinateur entre les deux parties, le projet a été avalisé et adopté avec enthousiasme par les directeurs des musées et les ministres de la Culture genevois et libanais. «Toutes les procédures se sont enclenchées à l'époque, mais le processus d'exécution n'a commencé en fait que sous le ministre Gaby Layoun, Samy Kanaan (responsable de la culture à Genève) et Jean-Yves Marin, directeur du musée Rath», indique Malek el-Khoury, ajoutant que «ce projet mixte libano-suisse impose au Liban une partie de l'organisation et une participation financière qui est de 550000 francs suisses, alors que la somme engagée par Genève est de loin supérieure». Aussi, pour assurer la promotion de l'exposition, solliciter le secteur privé et récolter les fonds nécessaires, les Libanais de Genève se sont mobilisés et ont créé l'association Fascination du Liban, qui a à sa tête deux coprésidents : Malek el-Khoury et Cathia Damien, et regroupe Zahi Haddad, Carole Abi Saab, Alain Bitar et Dalia Mitri Davidshofer. À l'appel lancé par l'association, « un grand nombre de Suisses et de Libanais se sont solidarisés pour verser de petites sommes, mais il nous manque encore pas mal d'argent pour assurer la cotisation du pays du Cèdre à la monumentale exposition », résume M. Khoury avec un sourire plutôt optimiste.
L'espoir fait vivre : il serait atrocement malheureux que les derniers à être fascinés par le Liban, sa culture et son rayonnement soient... les Libanais.


http://www.lorientlejour.com/category/Liban/article/785427/Le_Rath_de_Geneve_fascine_par_le_Liban.html


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lundi 29 octobre 2012

« D’un siècle à l’autre, au Liban », par le Dr Joseph M. Hatem

« D'un siècle à l'autre, au Liban », par le Dr Joseph M. Hatem
OLJ-29/10/2012

Après 66 ans en blouse blanche où il décrit les différentes étapes de sa carrière et Le Liban illustré par ses timbres, le Dr Joseph M. Hatem raconte, à la nouvelle génération de Beyrouthins, ce que fut leur ville il y a moins d'un siècle.

L'auteur a entrepris de le faire en dialoguant avec ses petits-enfants. Tout passe : l'aspect vieillot des anciens quartiers, les souks, le rivage, les us et les coutumes des habitants. On y apprend qu'à Minet el-Hosn, où est né Joseph Hatem, certains quartiers n'étaient pas encore branchés au réseau électrique de la ville et s'éclairaient à la lampe à pétrole. Qu'à cette époque, les familles préparaient la pâte à pain et l'envoyaient cuire chez le boulanger. Que l'on achetait les produits périssables au jour le jour et qu'aucun de nos conforts modernes n'existaient alors, ni cuisinière au gaz, ni réfrigérateur, ni lave-vaisselle et moins encore le lave-linge, le chauffage central et la climatisation. Les voitures particulières étaient rares, mais les tramways sillonnaient la ville. D'anciennes coutumes liées à la mort persistaient : le défunt veillé à la maison, la voiture mortuaire aux tentures noires tirée par quatre chevaux drapés de noir et les condoléances reçues à domicile.

La guerre libanaise (1975-1990) balaiera ce passé, symbolisé par le centre-ville. Que de quartiers rayés de la carte ou métamorphosés : une partie de Minet el-Hosn, Zeitouné, Wadi Bou Jemil, les souks, el-Bourj, le tout remplacé par des structures modernes où les Beyrouthins ne se reconnaissent plus. La révolution informatique et les avancées techniques amèneront des transformations profondes dans la vie et dans le comportement de la nouvelle génération : confort poussé à l'extrême, rues envahies par les voitures et les deux-roues, tours géantes en acier et ciment. Les jeunes ont les yeux rivés à leurs jouets informatiques ou voyagent sur la toile pendant des heures. La cellule familiale est au bord de l'éclatement, la société se libère des principes moraux séculaires et on se demande où l'on va.
Épisodes autobiographiques, souvenirs personnels servent de trame à ce récit qui se veut une projection du passé pour un avenir meilleur. Le sera-t-il ?
L'auteur poursuit, à la demande de ses petits-enfants, par un historique anecdotique de leurs origines qui s'enracinent dans la montagne libanaise et se prolongent plus loin dans la Syrie proche et dans les villes de la lointaine France.
Un récit sincère et humoristique où l'auteur s'efface pour écouter la réaction de ses petits-enfants.
L'auteur signera son ouvrage D'un siècle à l'autre, au Liban au stand de la librairie Antoine, demain, mardi 30 octobre, à partir de 18 heures.


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mercredi 24 octobre 2012

Le précieux patrimoine artistique libanais répertorié dans « Art from Lebanon »

Le précieux patrimoine artistique libanais répertorié dans « Art from Lebanon »
OLJ- Par Maya GHANDOUR HERT | 25/10/2012


Le Beirut Exhibition Center sera le témoin, ce soir, d'un double évènement. Vernissage d'une exposition « Art from Lebanon », rétrospective réunissant une soixantaine d'œuvres de grands maîtres de la peinture au Liban, tirées de collections privées ou publiques.
Et signature de l'ouvrage « L'Art au Liban, artistes modernes et contemporains, 1880 à 1975, tome 1 » (Wonderful Ed.). Disponible en version anglaise ou française.

Nour Salamé Abillama est le moteur des deux évènements. C'est en effet à son initiative que le BEC accueille l'exposition, une première dans son genre rétrospectif. Nadine Begdache et Saleh Barakat en sont les curateurs et ils ont confié la scénographie à Karim Begdache Architects qui se serait inspiré des nouveaux décors du très parisien Musée d'Orsay.
Salamé Abillama, consultante en marketing et stratégie, tient les rênes depuis 2006 de la maison d'édition fondée par sa mère, Nada Salamé, ayant publié Maisons de rêve du Liban et Maisons de rêve du Liban et d'ailleurs, ayant également dirigé l'ouvrage L'Art au Liban dont la rédaction et la recherche sont signées par Marie Tomb.
Diplômée en histoire de l'art de l'Université de Yale aux États-Unis et du Courtaud Institute of Art de Londres, Tomb est actuellement enseignante à l'Académie libanaise des beaux-arts (ALBA) et à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ).
Cette édition soignée est alourdie par une préface d'Amin Maalouf, ainsi que par les contributions de Joseph Tarrab, César Nammour, Fayçal et Maha Sultan et Grégory Buchakjian. Elle s'est en plus octroyé un comité consultatif des plus pointus, regroupant Sylvie Ajemian, Saleh Barakat, Nadine Begdache et Abraham Karabajakian.
Cet ouvrage de référence documente la vie et l'œuvre de 60 artistes nés (avant 1950) ou ayant vécu un grand pan de leur vie au Liban. Plus de 650 illustrations en couleurs laissent la place au discours visuel.
Pour résumer les choses en simplifiant, disons qu'il s'agit là d'une petite histoire de l'art au Liban, à la portée de tous, sans grande prétention ni élitisme. Un musée portatif (en l'absence d'un réel, que l'on déplore sans arrêt).
Dans son introduction étayée, Joseph Tarrab souligne une « coupure radicale entre l'évolution sociopolitique et culturelle et la peinture libanaise qui perdurera pratiquement jusqu'aux années 60 du XXe siècle ». « Le cours tranquille de la peinture libanaise traversera tous les bouleversements politiques et militaires sans broncher », ajoute-t-il.
Donc ni la lutte antiottomane, ni le « safarbarlek », ni la grande famine, ni les évènements de la Première Guerre mondiale, ni le mandat français, ni la guerre de l'indépendance, ni le sionisme en Palestine, ni les crises, les guerres, les révolutions, les injustices n'ont inspiré les artistes qui sont restés hermétiques à leur époque.
Ce n'est qu'à partir de la défaite de 1967, « indirectement évoquée par Rafic Charaf, et la lutte de libération algérienne célébrée par Aref el-Rayess », indique Tarrab, que de plus en plus de peintres voudront mettre fin à cette indifférence, jusqu'à ce que la persistance de la guerre libanaise les sorte de leur torpeur, sans pour autant transformer radicalement leur approche.
L'année 1991 marquera donc une nouvelle phase, celle où de nouvelles générations d'artistes, à travers des medias variés et souvent novateurs, marquent leurs œuvres d'une critique sociopolitique
Entre les portraits de bourgeois et tableaux religieux du pionnier Daoud Corm, premier peintre à pouvoir prétendre pleinement à ce titre, selon Tarrab, et les estampes aux « assemblages complexes » et énigmatiques de Mohammad el-Rawas, c'est « le grand écart », conclut Joseph Tarrab.
César Nammour propose également une brève histoire de l'art au Liban qu'il divise en sept périodes. La première allant de 1450 à 1860, en marque les débuts, avec les premières toiles à caractère religieux commandées par les églises. La deuxième dure de 1860 à 1920, avec les premières émigrations et c'est celle des précurseurs. La troisième période, de 1920 à 1943, lors du mandat français, est celle des « enseignants ». Les « avant-gardistes », de 1943 à 1958, ou la première période de l'indépendance avec Chafic Abboud, Saloua Raouda Choucair, Yvette Achkar, Mounir Eido, Rafic Charaf, Aref Rayess, Etel Adnan, Huguette Caland...
La cinquième période selon Nammour s'étend de 1958 à 1975, marquée par une conscience esthétique propulsée à l'avant. Parmi les artistes qui ont marqué cette époque : Amine el-Bacha, Samir Abi Rached, Élie Kanaan, Moussa Tiba, Mohammad Kaddoura, Houry Chekergian...
La guerre civile, de 1975 à 2000, « fait perdre au Liban son titre de centre artistique du monde arabe ». Durant cette 6e période, beaucoup d'artistes quittent le pays, estime Nammour. Des galeries ferment, d'où l'appauvrissement de la scène locale artistique. La septième et dernière période est celle de l'après-guerre, allant de 2000 à nos jours. Elle voit une communauté artistique en pleine croissance, une « liberté d'expression omniprésente » et une grande variété des médias utilisés. Cette période sera sans doute le sujet du second tome.
En attendant une petite leçon de théorie de « l'art abstrait et des tendances modernes » avec Fayçal Sultan et après un chapitre de « rencontres avec l'art libanais comprenant des souvenirs de famille et autres récits » par Grégory Buchakjian aux dons de conteur et de pédagogue attesté, effectuons un plongeon dans l'histoire de ces artistes auxquels cet ouvrage compte rendre hommage. « L'art au Liban, ici et ailleurs, c'est celui des artistes ayant des racines libanaises (familiales, affectives, identitaires...), mais surtout qui partagent des liens profonds avec cette terre », souligne Marie Tomb en conclusion.
Si le titre L'Art au Liban de l'édition française (ah ! les subtilités traîtresses de cette langue) sonne moins précis que celui en anglais Art from Lebanon, on pourrait peut-être le modifier en précisant que cette belle édition, sans être exhaustive, excelle pourtant dans l'art de rassembler des artistes talentueux du
Liban.



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lundi 8 octobre 2012

Zawaq, Guide des vins du Liban

Zawaq, Guide des vins du Liban

La renaissance des vins libanais

Ariane QuentierJournaliste et consultante
La renaissance des vins libanais
Publication: 08/10/2012 06:00

Baalbek, l'antique cité romaine nichée au cœur de la Bekaa, est la capitale du vin libanais et... du très pro-iranien "Hezboland", le pays du Hezbollah. A l'entrée de la ville, les drapeaux noirs du Hezb et les portraits d'imams enturbannés côtoient tout naturellement les massives colonnes du temple de Bacchus, unique bâtiment romain jamais dédié au Dieu du vin, des plaisir et autres débordements sexuels. Majestueux, intact, patrimoine mondial de l'humanité, le monument semble présider aux destinées des terres chiites...

"Quel clin doeil ! C'est tout le Liban et ses ambigüités !" s'amuse Muriel Rozelier (1), auteur de "Zawaq, Guide des vins du Liban", première Bible du genre présentée à Beyrouth et maintenant à Paris (2). Nous parlons d'une région où l'alcool devrait être banni, "harram", interdit par le Coran. Mais voilà, non seulement le temple de Bacchus est dédié à l'ivresse mais à quelques kilomètres d'ici s'étendent les vignobles de la Bekaa, berceau historique de la production viticole libanaise".

En dépit d'un parcours tourmenté, la vigne libanaise se porte à merveille. L'histoire commence il y a trois millénaires quand Cananéens puis Phéniciens s'essaient à un "vin pourpre du Mont-Liban" dont l'existence est attestée par des fresques découvertes dans les tombaux de la Vallée des Rois en Haute Egypte. La Grèce Antique, les Romains puis les premiers chrétiens perpétuent la tradition jusqu'à l'arrivée des empires musulmans. Le rideau tombe alors sur une culture viticole qui ne disparait pas pour autant.

La renaissance du vin sera le fait des Jésuites qui s'installent dans la Bekaa au 19ème siècle. Nécessités spirituelle et liturgique obligent, le vin de la Messe et le sang du Christ coulent en terre libanaise... Accompagnés d'un mercantilisme de bon aloi puisqu'il s'agit d'alimenter la consommation des soldats français déployés en 1860 - déjà - pour protéger les chrétiens libanais. Château Ksara s'impose comme un must jamais démenti, toujours numéro un des crus locaux avec 2,7 millions de bouteilles vendues en 2011 et 70,000 touristes déambulant dans les caves souterraines du domaine.

Deuxième tomber de rideau avec la guerre civile (1975-1990) - et une baisse quantitative et qualitative de la production. Mais depuis la fin du conflit, la viticulture libanaise connait une croissance exponentielle, multipliée par quatre en dix ans. Le vignoble s'étend sur près de 3000 hectares pour s'accroître annuellement de 100 à 150 hectares. La production est passée de 5 millions de cols en 2000 à 8 millions en 2011, le nombre de châteaux de trois à quarante. Grâce à son terroir d'exception, ses températures élevées et son ensoleillement maximum, le Liban a "de quoi produire des vins brillants notamment sur le segment des rouges moyens à haut de gamme qui peuvent rivaliser sans complexe avec d'autres productions", lit-on encore dans le précieux Guide.

Le vignoble serait-il l'avenir du Liban ? "En tous les cas, c'est la seule filière agricole qui fonctionne" constate encore Muriel Rozelier qui y verrait bien une culture de substitution pour remplacer le hachich aujourd'hui illégal. Selon l'ONU, le Pays du Cèdre est aussi celui de la "dope" : un des cinq premiers producteurs mondiaux de cannabis. Depuis 92, les campagnes d'éradication se sont succédé provoquant la colère des locaux qui voient partir en fumée leur seul moyen de subsistance. Mais le Liban est une nouvelle fois rattrapé par son confessionnalisme politique. Difficile en effet au ministre de l'agriculture, un chiite de la Bekaa membre du Hezbollah, de promouvoir la vigne et ses dérivés, aussi rentables soient-ils, pour remplacer le hachich... Impasse donc alors qu'en août dernier forces militaires d'éradication et métayers chiites en arrivaient aux armes, à quelques encablures seulement des fertiles vignobles travaillés en grande partie, mais pas exclusivement, par les paysans chrétiens.

___________________
(1) Muriel Rozelier est également l'auteur d'une Vie de Pintades à Beyrouth (Calman-Levy)
(2) Office du Tourisme

Zawaq, Guide des vins du Liban, Editions Le Commerce du Levant et Tamyras- Office du Tourisme du Liban, Paris. Guide bilingue Direction de l'ouvrage : Sibylle Rizk et texte : Muriel Rozelier

http://www.huffingtonpost.fr/ariane-quentier/vin-liban_b_1938568.html


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dimanche 7 octobre 2012

LIBANIUS صناعة الفخار في لبنان تعود الى الاف السنين


صناعة الفخار في لبنان تعود الى ما قبل المسيح بأربعة آلاف سنة


مجموعة من الأباريق في الهواء الطلق.

تعود صناعة الفخار في لبنان الى آلاف مضت من السنين، وربما الى ما قبل ظهور السيد المسيح بأربعة آلاف سنة. وبلدة راشيا الفخار في منطقة العرقوب هي الأعرق والأعتق في هذه الصناعة التي طبعت اسم راشيا بالفخار، وهذا ما يميزها عن باقي القرى والبلدات في لبنان.

منذ ان كانت راشيا قبل ألف عام على الاقل كان الفخار، وكانت الافران المصنوعة من الطين يصل عديدها في مرحلة من المراحل الى 70 فرناً، فانصرفت كل عائلاتها للعمل في هذا الحقل، وكان الانتاج وفيراً والحياة أهنأ من اليوم. إلاّ أن هذه الصناعة بدأت بالانقراض شيئاً فشيئاً منذ الخمسينات من القرن الماضي، حتى تدنى الرقم الى فرنين فقط، أحدهما لأديب الغريب ويعمل بنشاط، والآخر لجهاد اسبر عندما تكون الظروف مؤاتية، وهذا تراجع لافت، ان لجهة الابقاء على هذا التراث، أو لجهة المردود المادي للعائلات هناك.
والسؤال، لماذا حصل ذلك؟
الجواب التلقائي، عدم الاهتمام الرسمي وعدم ايلاء هذه الصناعة العناية التي تليق بها للمحافظة عليها، والامر الثاني، الاعتداءات الاسرائيلية على البلدة منذ الحرب العربية – الاسرائيلية في حزيران من العام 1967، مما دفع بالسواد الأعظم من سكانها الى تركها والانتقال الى مناطق أخرى، والى بلدان ودول عربية وغير عربية، بعدما دفع هؤلاء الثمن غالياً من جراء هذه الاعتداءات بشراً وحجراً، ولم تعد لهم طاقة على البقاء هناك اذ سويت كل منازل الضيعة تقريباً بالارض.
حاول الاهالي في منتصف الستينات بناء فاخورة عند مدخل البلدة، وبمساعدة من الاستاذ غسان تويني، الذي تفقدها منتصف السبعينات، والى جانبه الامام موسى الصدر والشيخ عبد الامير قبلان، إلا ان الاعتداءات طالت لاحقاً المبنى ودمرت قسماً منه، فتوقف العمل بالمشروع.

لا تاريخ دقيقاً

في زيارة الفرن المتبقي قال صاحبه أديب الغريب لـ"النهار": "لا تاريخ دقيقاً لبدء صناعة الفخار، وربما وجدت منذ وجود الانسان الذي اكتشف كيف يشعل النار، فمنذ ذلك الحين بدأت صناعة الفخار، وهي أقدم صناعة في التاريخ. 
أما بالنسبة الى راشيا فقال: "ايضاً ليس هناك من تاريخ محدد لها، ممكن أن تكون منذ أكثر من خمسة آلاف سنة، اذ توجد في غير مكان داخل البلدة وخارجها بقايا فخارية، نحن نعجز عن أن نصنِّع مثلها، مما يدل على قدمها. وكل من يقول ان هناك تاريخ لذلك يكون مخطئاً، فهي من قبل السيد المسيح و"الله العليم"". وكشف الغريب انه في الخمسينات كان هناك 40 مصنعاً، بدأت بالتقلص بسبب عدم التصريف وعدم الاهتمام، ولا مبالاة الجيل الصاعد بهذه الصناعة، فلم يبقَ سوى مصنعين في راشيا، لنذير اسبر يعمل في تصنيع القطع الصغيرة، أما جهاد اسبر فإنه يصنع في بيروت وليس هنا. وأما نحن فقد ورثنا هذه الصناعة عن أهلنا "أباً عن جد"، وسأستمر فيها ما دمت قادراً صحياً على ذلك، والى جانبي أفراد عائلتي.
التسويق يتمّ ابتداء من صور، الى بنت جبيل والنبطية وقانا ودردغيا، الى الخيام ومرجعيون، "بيّي كان فاخوري وجدي كان فاخوري". وعن فترة التصنيع قال: "لا يصح العمل في راشيا في فصل الشتاء، إلاّ إذا قامت الدولة بدور ما كبناء اماكن مخصصة مجهزة بوسائل التدفئة، يمكن عندها التصنيع شتاءً، أما اليوم فيقتصر العمل على موسم الصيف. 
وهذه الحرفة تؤمن للعائلة اكتفاءً ذاتياً، وهذا أمر مهم، خاصة وانك تكون في هذه الحالة "رب عملك وسيد نفسك". وكشف ان هناك تعاونية فخارية جديدة لم توضع على سكة العمل بعد، وهناك منتسبون اليها، والبناء لم يكتمل بعد الى جانب المبنى البلدي.
أما اقتراحه لاعادة البريق الى هذه الصناعة، فقال الغريب: "المطلوب أن تقوم الجهات المعنية بالعمل على جمع شمل العناصر الشابة في راشيا وتخضعهم لدورات لاتقان صناعة الفخار، الى جانب تأمين معاش لهم كي لا تندثر هذه الصناعة، ليس في راشيا فقط وانما في لبنان، لأنها أقدم صناعة في التاريخ".
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dimanche 23 septembre 2012

صناعة السفن في مدينة صور - النهار ٢٣/٩/٢٠١٢

حكاية مدينة صور ومراكبها الخشبية حكاية حب وعشق ومغامرة وتجارة عبر الزمن الغابر، ومنذ العهد الفينيقي من آلاف السنين، يوم كان اهلها اسياد المغامرات يجوبون البحار لتجارتهم المختلفة على متون سفنهم الخشب من صناعة زنودهم يمخرون بها عباب البحر المتوسط وصولاً الى جزره... كانت لهم محطات عدة حتى بلغت تجارتهم بحر عمان وغيرها واقاموا محطة تجارية لهم هناك أسموها صور العمانية ما تزال حتى الآن تحمل اسمها.

تروي الكاتبة الالمانية هنكي سيدوف في كتابها بعنوان "عفوا كولومبوس قبلك بـ2000 عام وصل الفينيقيون الى اميركا"، وكانت الكاتبة الالمانية جاءت الى لبنان بزيارة رسمية بدعوة وجههتها اليها السيدة مهى الخليل الشلبي لزيارة صور حيث قامت بجولة على آثارها... وقفت الزائرة على شاطئ صور الجنوبي، واشارت بيدها الى البحر، وتلت عنوان كتابها امام الجميع من المسؤولين المرافقين... فالصوريون، اباً عن جد، صنّاع سفن. ألم تغادر ابنة صور اليسار شواطئ المدينة الى بلاد المغرب وشيدت هناك مدينة قرطاج ورافقتها حاشيتها على متن سفن من صناعة ابناء مدينتها صور؟ للأسف هذه الصناعة تواجه الاندثار اليوم لأسباب عدة، ابرزها الكلفة المالية وغلاء الخشب والمازوت وانقطاع الكهرباء، واهمها غياب الاهتمام الرسمي بمطالب الصيادين وبأوضاعهم المادية وعدم مبالاة المسؤولين للمحافظة على هذا الارث التاريخي الثمين. 
آل بربور وصناعة السفن
عائلة آل بربور ارتبط اسمها بهذه الصناعة جيلاً بعد جيل ويتوارثها افراد العائلة... المعلم ايليا بربور، الوريث الاخير (80 عاماً) هو المعلم الحصري الوحيد الآن، يساعده اولاده الذين لا يقلّون مهارة عنه. يقع محل عمله ومنشرته المكتظة بالاخشاب عند مدخل حارة المسيحيين في صور المواجهة لميناء الصيادين حيث ترسو عشرات المراكب للصيادين في حوض الميناء وكلها من صناعة آل بربور.
يقول المعلم ايليا "بدأت ممارسة المهنة منذ الصغر مع والدي، وفي العام 1958 تسلمت العمل، وعندما كبر اولادي ساعدني بعضهم وتعلموا المهنة واتقنوها". وبكل حسرة يضيف "كنا نصنع في الماضي اكثر من 15 مركباً صغيراً وكبيراً في السنة للصيادين في ميناء صور وغيرهم من موانئ لبنانية عدة، الى جانب مراكب سياحية للمغتربين، وكانوا يقصدوننا من ميناء جونيه ومنياء العقبة في الاردن".
ويفاخر المعلم ايليا بأن وزارة التجارة اللبنانية "طلبت منا العام 2000 صناعة مركب كبير بمواصفات فينيقية للاشتراك في معرض للسفن اقيم في البرتغال. صنعته مع اولادي، وكانت مقدمته رأس حصان وفي الخلف ذنب حورية بحر وعلى جانبيه المجاديف، ونقل الى البرتغال ورافقناه ورفعنا علم لبنان على احد سواريه ونال اعجاب كل من رآه وحصد الجائزة الثالثة بين العشرات من المراكب من دول عدة، وكانت صورنا في كل وسائل الاعلام". يقول متحسراً "كانت ايام عز، أما الآن فأصبحت صناعة المراكب الخشب "صفر" لارتفاع الكلفة واسعار الخشب والمازوت وانقطاع الكهرباء وغلاء الاجور، اضافة الى الوضع الاقتصادي الذي يتخبط به الصيادون، واكثرهم لا يجنون ثمن المازوت الذي يستعملونه، اذ يخرج معظمهم للصيد ويعودون فارغي اليدين. تعب وسهر وشباك خالية وافواه بانتظاره. والاسباب كثيرة، اولاً الصيد بالديناميت من البعض الذي يقتل السمكة وبويضاتها. كما ان البعض يستعمل الشباك الضيقة والتي تصطاد السمك الصغير من دون رقيب او حسيب، فيما يستعمل البعض الآخر السموم التي تقضي على كل شيء، الى جانب رمي الاوساخ في البحر من دون مسؤولية. كل هذه الاسباب تقضي على الثروة السمكية وتنعكس على الصيادين فقرا وتعتيراً وقد يكونوا هم الوحيدين في المجتمع من يطبق "اعطنا خبزنا كفاف يومنا".

صيادون يتذمرون
يقول احد الصيادين العتاق كل هذه المشكلات تحل بشهر واحد، بتنفيذ القانون البحري الجدي وبقبضة حديد جدية تمنع كل ما هو ممنوع، مما يحفظ للصيادين وعيالهم رغد العيش، وتعود الحركة الى الميناء، ونعود الى سماع هدير منشرة المعلم ايليا ويجدد الصيادون مراكبهم وتعود سمكة صور الى سابق شهرتها. 
أليس عيباً على وطن مثل لبنان يحده غرباً البحر من اقصى جنوبه الى اقصى شماله ويأكل اهله السمك المثلج ويدفع من اقتصاده الملايين ثمنه، وسمكنا يموت في البحر او ممنوع ان يصل الينا؟ حتى السمك هجر لبنان!

mercredi 11 juillet 2012

Et si Europe était sidonienne (Liban Sud) ?

Et si Europe était sidonienne (Liban Sud) ?

Par May MAKAREM | 11/07/2012- OLJ


La découverte par la mission archéologique du British Musem à Saïda d'une monnaie représentant Europe relance le débat autour de l'origine de la déesse : Tyr ou Sidon ?
La découverte sur le site de l'ancienne école américaine de Saïda d'une monnaie représentant Europe relance le débat autour de l'origine de la déesse : Tyr ou Saïda ?
Pour la quatorzième année consécutive, la mission archéologique du British Museum continue ses fouilles sur le site de l'ancienne école américaine de Saïda, où un haut lieu de culte funéraire, assoupi depuis des millénaires, ne finit pas de révéler ses trésors. Une minicaverne d'Ali Baba avant l'heure : entre la 123e tombe du site, des mandibules, des sceaux cylindres et des céramiques attiques et crétoises presque intactes, et, surtout, une monnaie représentant la déesse Europe, le clou de la saison, les scientifiques sont au paradis.
Financées par la Cimenterie nationale SAL et la Fondation Hariri, les excavations menées à Saïda sous la direction de l'archéologue Claude Doumet Serhal ont encore apporté leur moisson de découvertes. Concentrant leurs recherches au nord du site, à l'emplacement du futur musée dont les travaux d'infrastructure vont débuter en septembre, les spécialistes ont exploré les différentes couches stratigraphiques jusqu'au niveau du rocher, daté de la fin du IVe-début du IIIe millénaire.


Ourson et daim
Les opérations de fouilles menées à ce niveau ont dévoilé le prolongement du quartier économico-religieux dégagé au cours des années précédentes. Dans cette zone polyvalente, on trouve, accolés à des sépultures, de petits foyers pour faire la cuisine, des unités de rangements pour la conservation des graminées (quelque 160 kilos de résidus de blés carbonisés avaient été trouvés), une sècherie de poissons et des dépôts de produits de chasse qui ont fourni une quantité d'os appartenant à des espèces animales, notamment des hippopotames, des ours, des gazelles et des lions. Cet été, signale Claude Doumet Serhal, une autre quantité de résidus d'orge et d'une nouvelle espèce de blé ainsi que les restes d'os d'animaux sauvages (dont ceux d'un aurochs) ont été recueillis sur le lieu. De même, trois mandibules-trophées ont été exhumées. « Une découverte assez bizarre, puisqu'il s'agit d'un ourson et d'un daim. Cela n'est pas un acte de bravoure pour les chasseurs. De plus, et très curieusement, la troisième mandibule est celle d'un jeune garçon âgé de neuf à douze ans. S'agit-il d'un rituel funéraire spécial ?
Nous cherchons encore à comprendre et à analyser cette trouvaille. » Un vrai thriller !

Lama en intercession
Et puis on se retrouve en plein dans le IIe millénaire. À cette époque où s'était posée une nécropole construite en pierre ou en brique, pareille à celles qu'on trouve tout au long de la côte, de la Syrie à la Palestine, la 123e tombe a été mise au jour. Elle renferme « un sceau cylindre en serpentine, de facture mésopotamienne avec influence syrienne, et fabriqué au Liban ». Il représente la déesse Lama, les deux bras levés dans l'attitude de l'intercession, recevant un orant en habit syrien et, derrière eux, le dieu des flots faisant émerger les eaux d'une seule épaule. « Les expressions des visages et la minutie des détails sont d'une perfection étonnante », s'émerveille la directrice des fouilles, ajoutant qu'un sceau scarabée égyptisant, une boucle d'oreille en bronze et une quantité de poteries très bien conservées et dignes de musées ont été également dégagés.
Par ailleurs, la présence de traces de trous de poteaux remontant à 1700 avant J.-C. indique que les anciens qui venaient enterrer leur mort, ou le commémorer, plantaient une sorte de tente sous laquelle ils s'installaient pour cuisiner, manger et boire. Les traces de pois chiches, de lentilles, de blé, d'orge, et de quelques fruits et légumes pas encore identifiés ont été relevées.

Et soudain, à l'âge du fer...
À l'âge du bronze moyen ou époque cananéenne, les célébrations – qui se sont déplacées vers un grand temple d'une quarantaine de mètres de long construit autour de 1650 avant J.-C. – se déroulaient dans une des pièces où se dresse « un magnifique podium recouvert d'une couche épaisse de plâtre blanc autour duquel on festoyait ».
Au niveau de l'âge du fer, le site révèle à travers des temples rectangulaires « les deux techniques de construction attribuées aux Phéniciens, et qu'on retrouve sur toute la côte autour du Xe siècle avant J.-C. ». C'est-à-dire le type de bâtiment construit avec de gros blocs rectangulaires bien taillés et étroitement assemblés sans liant ou alors avec crépi de mortier. C'est ce qu'on appelle la maçonnerie Ashlar.
De plus, ces couches de l'âge du fer ont livré de belles céramiques importées de la Grèce antique, dont une amphore attique avec deux cavaliers en tunique blanche portant des lances et allant à la guerre. Une autre représente un intercesseur posant devant le dieu Hermès aux sandales ailées. Claude Doumet Serhal est épatée par la qualité de ces « pièces de musée très bien conservées ». Mais c'est la découverte d'une monnaie sur laquelle est gravée Europe chevauchant le taureau, et son voile qui vole tout au-dessus comme un arc(-en-ciel) qui l'a fait chavirer de joie.
Surtout que cet hiver, au cours de certaines conférences tenues en Europe, de nombreux spécialistes se sont demandé si Europe ne serait pas sidonienne ! Car, qu'est-ce qui prouve qu'elle est tyrienne ? La mosaïque découverte à Tyr ? Le site de Saïda renferme lui aussi une masse d'objets importés de Crète, d'autant que la monnaie retrouvée tout récemment rend encore plus légitime le débat autour de l'origine d'Europe. Claude Doumet Serhal en est convaincue. Elle précise d'ailleurs qu'au niveau de l'âge du fer, les excavations ne font que commencer et pourraient encore révéler de nouveaux éléments...


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dimanche 8 juillet 2012

Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien Hisham Sayegh,

Objet: [Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien Hisham Sayegh,
en date du 27 juin 2012, distribuee aux medias, traduite de l'arabe
Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien
Hisham Sayegh, en date du 27 juin 2012, distribuée aux médias, en arabe.

Lettre Ouverte au Ministre de la culture
Monsieur Gaby Layoun.

Jamais l'archéologie au Liban n'a assisté, depuis les siècles derniers,
ni durant les guerres des époques anciennes, ni durant l'invasion
israélienne de Beyrouth et ses bombardements, à une destruction comme
celle à laquelle elle assiste depuis votre prise de fonction au
ministère de la culture.
En vain, j'essayai de me convaincre que la
destruction des sites archéologiques et des demeures traditionnelles
n'avait aucun lien avec vous, et que l'archéologue contractuel, Asaad
Seif, proche de vous, habitué à enfreindre et détourner les lois au sein
de la Direction Générale des Antiquités ou DGA, était à l'origine, à
votre insu, de la destruction des trésors du Liban.
Ainsi, et en espérant qu'une réparation permettrait le retour des choses à la normale, je me suis imposé un silence amer en subissant vos reproches et
vos pressions, la dernière en date étant votre refus de signer le
renouvellement de mon contrat à la DGA, sans aucune justification, et ce seulement parce que j'étais cet archéologue qui a découvert en l'an
2011 le site du port phénicien sur la parcelle n° 1398 à Minet El-Hosn, et qui a rédigé un rapport scientifique à ce sujet et a voulu préserver
le site.
Partant de mes principes de croyance en Dieu, dans le
Liban, dans l'État et dans la loi, j'ai refusé avec les précédents
ministres de la Culture les pots de vins qui nous ont été proposés
généreusement par la société VENUS propriétaire dudit bien-fonds afin que nous acceptions de falsifier et détourner la vérité scientifique sur l'origine et l'importance de cette découverte au cœur de la capitale
Beyrouth.
Mais ce dont j'ai été témoin hier et dont ont été témoins
les Libanais, à travers les médias, d'une telle destruction programmée
de ce site phénicien, avec votre accord, et d'un tel rasement en
quelques minutes de monuments et de vestiges qui datent de milliers
d'années, tout cela ne m'a pas seulement fait mal, mais m'a transpercé
comme une balle, qui ne m'a pas épargné pour que je survive, ni tué pour
que je rejoigne les vestiges de ma patrie.
Monsieur le ministre de la Culture Gaby Layoun,
excusez-moi, je ne peux plus rester ce témoin muet, de la Direction
Générale des Antiquités (DGA), sur la destruction des vestiges de mon
pays et la falsification de leur identité, plutôt que d'être celui qui
veille sur sa protection, le préservant afin de le transmettre aux
générations futures
Ainsi j'ai décidé de m'adresser, à travers
cette lettre, à la nation, à la Justice et à l'Histoire, annonçant ma
démission de mes fonctions à la DGA en espérant que les Libanais et
l'Histoire excuseront mon incapacité de préserver les vestiges de mon
pays au sein de la DGA, qui à travers des pratiques illicites exercées
depuis votre prise de fonction, est devenue désormais faible et
marginale à travers la publication de rapports faussés et non
scientifiques pratiqués par des décideurs pour détruire les sites
historiques les uns après les autres. Sur ce, j'espère que vous
considèrerez ma lettre comme information auprès des autorités
judiciaires compétentes.

Beyrouth, le 27 juin 2012
L'archéologue Hisham Sayegh

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vendredi 29 juin 2012

A Beyrouth, des citoyens crient leur rage après « le massacre des cales phéniciennes »

A Beyrouth, des citoyens crient leur rage après « le massacre des cales phéniciennes »

Par Sandra NOUJEIM | 29/06/2012-OLJ

PATRIMOINE - Les constructeurs de Venus Towers se seraient fondés « illégalement » sur la décision, contestée, du ministre de la Culture Gaby Layoun, pour procéder à la destruction, à coups de pelleteuse, de fouilles portuaires à Mina el-Hosn.

Rage et amertume sont visibles sur les faces des quelque quarante défenseurs du patrimoine, venus dénoncer, même si la perte est irréversible, « le massacre », mardi, à coups de pelleteuse, des cales à bateaux phéniciennes de Mina el-Hosn, par les promoteurs du complexe Venus Tours.
Regroupés à midi devant le siège du ministère de la Culture à Verdun, les manifestants ont protesté contre « le vandalisme orchestré » par l'actuel ministre Gaby Layoun. Le 26 juin, ce dernier avait en effet officialisé ce que la société civile craignait depuis plusieurs mois déjà : il a émis la décision écrite de déclasser la parcelle 1 398 (Mina el-Hosn) du patrimoine historique à protéger, alléguant que « le site en question ne recèle aucune trace d'infrastructure portuaire phénicienne, ni même romaine », contrairement à la conviction de ses prédécesseurs, les anciens ministres Salim Wardy, Tarek Mitri et Tammam Salam. C'est sur cette décision que les promoteurs de Venus Tours se seraient basés pour entamer la destruction du site découvert sur leur terrain, comme le révèle Raja Noujaim, militant indépendant pour la protection du patrimoine. Or « tout acte fondé sur cette décision est illégal, puisque celle-ci n'a pas encore été publiée au Journal officiel. De plus, le délai de deux mois, à l'issue duquel elle entre en vigueur, est loin de s'être écoulé », dénonce-t-il.


Voies judiciaires
C'est pourtant sur la décision du ministre Layoun que se base la société Venus Towers dans ses motifs de défense devant les autorités judiciaires, auxquelles a eu recours mardi l'Association pour la protection du patrimoine libanais (APPL). D'abord, le juge des référés de Beyrouth, Nadim Zouein, alerté par des militants de la destruction du site, a ordonné mercredi l'arrêt total des travaux de construction des Venus Towers sur la parcelle, sanctionnant les constructeurs d'une amende de 100 millions de livres libanaises. Mais la procédure ne s'arrête pas là : les militants ont recouru en parallèle à la juge des référés de Beyrouth (il y en a trois au total) Zalfa el-Hassan, afin d'obtenir l'interdiction à toute personne d'accéder à la parcelle 1 398. Cette demande a été approuvée par la juge, qui a interdit cet accès pendant une semaine et décidé de la nomination de trois experts pour examiner ce qui a été détruit. Une autre voie de recours envisagée : le Conseil d'État, afin de dénoncer l'illégalité, non seulement de l'acte de destruction, mais de la décision du ministre Layoun en question.

Insulte aux citoyens
Les défenseurs du patrimoine accusent en effet le ministre Layoun d'être de connivence avec la société Venus Towers, depuis qu'il a décidé de nommer, en mars, un comité d'archéologues, dans le dessein de réfuter les constats du comité désigné par son prédécesseur, le ministre Salim Wardy, défendant l'existence de cales phéniciennes, qui n'auraient d'équivalent, selon ces experts locaux et internationaux, que trois autres dans le monde, notamment en Grèce et à Chypre. Indépendamment de la teneur des deux rapports, dont les détails techniques ont déjà été exposés dans nos pages (voir L'Orient-Le Jour des 24 et 28 mars 2012), la destruction d'un site, dont la préservation avait mobilisé la société civile et des spécialistes d'archéologie maritime, est en soi une insulte au peuple. « Notre identité nationale a été volée et meurtrie ! ! » scandent les manifestants.

Un passé dilapidé
L'anéantissement du port phénicien aura traumatisé les plus fervents militants, comme la présidente de l'APPL Pascale Ingea, qui avait organisé, tout juste trois jours avant la destruction des cales, un sit-in devant la parcelle des Venus Towers. « Alors que nous appelions à la sauvegarde de notre héritage, de ce qui nous appartient, de ce qui compose notre identité, nous avons reçu, trois jours plus tard, la belle réponse du ministre Layoun. Merci ! » a-t-elle déclaré. Sa pâle figure et sa voix étouffée par la perte d'un bien inestimable qu'elle s'était acharnée à sauver reflètent le traumatisme semblable à celui d'une personne qu'on ampute. Il ne s'agit pas là d'un portrait qui se veut dramatique. C'est l'état d'esprit réel que ressentent les individus sensibles à l'esthétique de la pierre, à la valeur des traces que lègue comme un cri de survie le passé. C'est le cas de Chrystelle et de Farid, deux jeunes étudiants de l'ALBA, qui estiment « honteux de détruire notre histoire » et s'indignent du silence des jeunes dans cette affaire ; ou encore de Waël Amhaz et de Jad Abdallah, deux jeunes consultants financiers, passionnés d'histoire et d'archéologie, ayant inscrit sur un carton : « Le phénix renaîtra de ses cendres et vous maudira. »

« Bientôt, des bulldozers détruiront Baalbeck »
Plus loin, une experte d'archéologie maritime et chercheuse à l'Institut français pour le Proche-Orient, Justine Gaborit, s'étonne de la destruction des cales « dans un pays qui revendique son passé phénicien. On aurait dû en préserver la trace, tant qu'on a eu la chance de la découvrir ». Priée d'établir une comparaison au niveau de la préservation des sites avec la France, elle reconnaît que « partout l'archéologie est perçue comme entrave à l'expansion économique, sauf qu'on oublie qu'elle est également associée au tourisme ». « En tout cas, même si en France des sites sont détruits, c'est toujours une solution intermédiaire qui est trouvée lorsque la société civile se mobilise pour leur préservation », ajoute-t-elle.

Ce qui accroît l'impact de la perte des cales phéniciennes, c'est que leur préservation n'aurait aucunement empêché l'édification du complexe : il n'aurait fallu que désaxer l'une des trois tours, comme le fait remarquer Pascale Ingea. Quoi qu'il en soit, « que le site soit ou pas un site de cales, ou qu'il soit une simple carrière, comme d'aucuns le prétendent, rien ne justifie la destruction de vestiges historiques ! » conclut-elle. Plus loin, Lynna lance un trait d'esprit, teinté d'une profonde mélancolie : « Bientôt, ils enverront des bulldozers détruire Baalbeck »... sauf si l'affaire des cales phéniciennes constitue un précédent en termes de sanction qui remettrait en question l'impunité sur laquelle s'édifient les constructions modernes, en bénéficiant de la couverture d'institutions officielles.
Au sein du ministère de la Culture, déjà, la polémique bat son plein. Hier, un archéologue contractuel, Hisham Sayegh, a présenté sa lettre de démission au ministre Layoun, l'accusant de « détruire, comme aucun ministre avant lui, les trésors du Liban ».

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A Beyrouth, des citoyens crient leur rage après « le massacre des cales phéniciennes »

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/766052/A_Beyrouth,_des_citoyens_crient_leur_rage_apres__%3C%3C+le_massacre_des_cales_pheniciennes+%3E%3E.html


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jeudi 28 juin 2012

Au Liban, un port phénicien détruit par des promoteurs - Yahoo! Actualités France

Au Liban, un port phénicien détruit par des promoteurs

Beyrouth est de nouveau confrontée à la destruction de son patrimoine. Le démantèlement d'un édifice vieux de 3000 ans provoque l'indignation.

Même s'il avait été découvert récemment, c'était un symbole de l'histoire du pays et de l'identité libanaise. Le port phénicien de Beyrouth , situé à Minet el-Hosn, a été détruit mardi par des pelleteuses. Un complexe immobilier pourrait bientôt remplacer l'édifice historique.

Arrivée mardi matin sur les lieux pendant la destruction, la présidente de l'Association pour la protection du patrimoine libanais (APPL), Pascale Ingea, a aussitôt contacté son avocate pour faire cesser les travaux. Un juge a été saisi, et, une demi-heure après, les travaux étaient interrompus. «Les ouvriers nous ont empêchés de filmer», raconte Pascale Ingea au Figaro . La société immobilière a été condamnée à suspendre les travaux et à payer une amende de 50.000 euros. «Malheureusement 90% du port a été détruit», se désole Pascale Ingea, qui précise que son association va entamer des poursuites judiciaires pour imposer la reconstruction de l'édifice «même si c'est en béton».

Désolé, cette vidéo n'est pas disponible sur votre appareil.

«Crime contre l'histoire du Liban» Découvert il y a deux ans, au début du chantier, le vestige devait être classé au patrimoine culturel libanais suite aux conseils de plusieurs experts internationaux. C'était également la volonté du ministre de la Culture de l'époque, Salim Wardé. Selon les militants, son successeur, Gaby Layoun, un allié du Hezbollah, n'a pas voulu publier au Journal officiel la décision de son prédécesseur, facilitant la destruction du vieux port antique. «Nous soupçonnons qu'il y a de la corruption dans ce dossier», affirme Pascale Ingea. Elle ajoute qu'un autre site antique de la ville a failli connaître le même sort. Classé au patrimoine culturel, l'hippodrome romain devait être détruit pour laisser la place à des tours d'habitation. La mobilisation des militants a (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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mardi 19 juin 2012

22 juin: Sit-in de l’APPL pour sauver le port phénicien de Minet el-Hosn à Beyrouth | Libnanews

http://libnanews.com/2012/06/17/22-juin-sit-in-de-lappl-pour-sauver-le-port-phenicien-de-minet-el-hosn-a-beyrouth/


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Quelle protection pour le patrimoine en temps de conflits armés ?



Quelle protection pour le patrimoine en temps de conflits armés ?

Par May MAKAREM | 19/06/2012-OLJ

À l'initiative de l'ambassade de France et en collaboration avec l'Unesco et l'Institut français du Proche-Orient (IFPO), un séminaire régional portant sur la protection du patrimoine en temps de conflits armés mais aussi en période de paix a réuni à Beyrouth une trentaine de professionnels et experts venus de France, d'Égypte, d'Irak, de Jordanie, de Palestine et du Yémen.

Le coup d'envoi du séminaire régional sur la protection du patrimoine qui s'est déroulé à l'Institut français du Liban a été donné par le ministre de la Culture Gaby Layoun, le Premier conseiller à l'ambassade de France, Didier Chabert, et le directeur du bureau régional de l'Unesco, Hamed al-Hammami, qui a souligné la nécessité de sauvegarder le patrimoine moyen-oriental, « l'un des plus importants au monde ». La rencontre s'est articulée autour de trois axes : « La situation du patrimoine en temps de crise » ; « les méthodes de protection, à savoir l'inventaire et les moyens juridiques » et le thème « patrimoine et population : pour une plus grande synergie ».

Vu la situation politique au Proche-Orient, l'une des questions majeures développées par les experts au cours du séminaire est la gestion du patrimoine matériel en période de guerre ou de crise. Christophe Jacobs, président du Comité français du Bouclier bleu, préconise en ce cas de marquer les sites et les monuments à protéger du symbole du Bouclier bleu. Un emblème qui ambitionne de devenir un jour la Croix-Rouge des biens culturels. Il donne à titre d'exemple la Libye où le comité local du Bouclier bleu avait adressé aux autorités militaires et diplomatiques des pays ayant pris part aux opérations militaires la liste des biens culturels susceptibles d'être endommagés. L'évaluation menée plus tard sur place a permis de constater que « les bombardements avaient épargné le patrimoine et que les dommages étaient relatifs », a-t-il fait observer.

Ce à quoi la conservatrice du musée de Bagdad, Kaab Khawla Maarij Khalil, riposte en déclarant que les conventions de La Haye et autres protocoles ne sont pas toujours respectés, mais plutôt bafoués, piétinés, en temps de guerre. Ainsi, lors de l'invasion en 2003, les forces de la coalition se sont « acharnées à vider l'Irak de son héritage et à causer des dommages importants à de nombreuses villes antiques, dont Babylone et Kirkouk, qui ont été la cible directe de bombardements massifs », a-t-elle dénoncé, relevant que « le musée a été systématiquement pillé sous les regards indifférents des soldats américains » et que « quatre mille objets et sculptures y ont été volés ». C'est toutefois grâce à la coopération internationale et des partenariats régionaux que certains de ces biens culturels ont pu être restitués par la Syrie, la Jordanie et le Koweït, a ajouté Kaab Khawla Maarij Khalil.

Les actes de pillage et de vandalisme existent aussi au pays de la légendaire reine de Saba, et ce bien avant la révolte contre le régime de Ali Abdallah Saleh, en 2011. Abdel Aziz al-Gendari, conservateur du musée national de Sanaa, et Raga Ba Taweel, directrice du musée d'Aden, ont donné un aperçu de l'état de dégradation des monuments ; des fouilles clandestines qui alimentent un prospère trafic d'antiquités et des constructions illégales dans les zones des sites historiques. D'autre part, l'absence de campagne de fouilles préventives, principalement lors des travaux d'infrastructure entrepris ces dernières décennies, a entraîné une perte de données scientifiques du passé. « Le manque de volonté des autorités locales » menace le patrimoine, a dit la directrice du musée de Sanaa, indiquant que la loi yéménite sur les antiquités apporte les dispositions nécessaires à la mise en œuvre des travaux archéologiques mais comporte des lacunes, notamment en ce qui concerne la protection du patrimoine et l'étude préventive des sites.

« On ne peut pas faire la guerre à la guerre uniquement avec des conventions, des protocoles ou des emblèmes », a déclaré l'ancien directeur général des Antiquités libanaises (DGA), Fréderic Husseini. Quand une attaque surprise, sanglante et dévastatrice fait souffler un vent de panique sur le pays comme en juillet 2006 et que les ONG et tous les ministères se focalisent sur la sécurité de la population, « la DGA se retrouve orpheline », dit-il.
Il raconte qu'ils étaient seulement huit personnes pour emballer et mettre à l'abri 1200 pièces du musée, et un autre millier d'objets dans des chambres fortes, pour copier archives et inventaires sur des disques durs avant de les déposer en lieu sûr. Le tout en 48 heures. Entre-temps, les gardiens des sites archéologiques avaient déserté, exposant les lieux à tout venant. Cette expérience vécue a poussé, en 2009, la DGA à participer à un séminaire organisé à Beyrouth par l'Unesco pour étudier la possibilité d'adhésion du Liban au deuxième protocole de la Convention de La Haye (1999).
Ce séminaire, indique M. Husseini, avait dégagé plusieurs recommandations, notamment l'adaptation des législations nationales; la mise en place des plans d'urgence en matière d'inventaires, de documentation et de cartographie; la création d'un comité de coordination interministériel doté de pouvoirs décisionnels et pouvant faire appel aux différentes organisations locales et internationales ainsi qu'à la Finul pendant son mandat ; la diffusion la plus large possible des règles de protection des biens culturels en cas de conflit armé, en particulier auprès de l'armée et des forces de sécurité. Mais aucune recommandation n'a été suivie d'action, révèle Husseini.

Cependant, « le grand danger, qui guette le patrimoine, reste sans conteste le manque des effectifs de la DGA », insiste Frédéric Husseini. Un gros problème soulevé par deux ex-responsables à la DGA, Hareth Boustany et Chaker Ghadban, qui au cours de leur intervention ont mis en exergue le manque des ressources humaines et des moyens financiers de cette fonction publique. « La DGA qui brasse une tâche écrasante et multiforme ne compte, affirme Ghadban, que cinq archéologues cadrés (pour tout le Liban), alors qu'elle en a besoin de plus de 500 ! » 

Continuité entre mémoire et projet 
Pour pallier toutes ces carences et limiter les risques en temps de guerre ou de crises, Fréderic Husseini suggère la mise en place pour chaque site d'un plan de gestion « soutenu par les services de sécurité et l'armée », et « porté par les collectivités locales, et incluant la Croix-Rouge et la Défense civile, dont les agents seront sensibilisés aux questions du patrimoine.

Un patrimoine qui englobe aussi l'héritage architectural, témoin de « l'évolution culturelle d'une société et d'une nation », a dit Hareth Boustany, qui note deux conditions indispensables à la préservation des bâtiments à caractère traditionnel : leur classement par décret présidentiel et non par décret ministériel qui est annulé à tout bout de champ ; et une politique de compensation financière qui ne grèverait pas le budget de l'État. Et de souligner qu'en milieu urbain, « on n'a pas le droit d'arrêter l'évolution et l'extension d'une agglomération urbaine et au cas où on voudrait garder les vestiges in situ, il faudrait qu'ils soient intégrés aux nouveaux bâtiments et présenté d'une manière cohérente aux visiteurs. Les exposer à ciel ouvert risque de les détériorer, d'en faire des dépotoirs pour les ordures, et de casser le tissu urbain ».

Chef du service des patrimoines de la Région Île-de-France, Arlette Auduc a fait observer que les départements qui ont pratiqué la politique de la table rase dans les années soixante sont actuellement « l'objet d'importantes opérations dites de rénovation qui, à leur tour, détruisent cet urbanisme décrié pour revenir à des projets moins durs », respectant (reflétant) un cadre de vie, fruit de siècles d'évolution et d'histoire. Pour ce faire, les élus ou aménageurs du département de l'Essonne au sud de Paris se sont dotés d'un inventaire appelé « diagnostic patrimonial » permettant de « définir ce qui peut et doit évoluer et à quelles conditions ». Cet outil de connaissance et d'aide à la décision se décline sous forme de fiches d'analyse succinctes des bâtiments du territoire, de synthèse par villes et surtout d'une cartographique de type SIG qui donne, pour chaque village, les éléments repérés comme intéressants, et les photographies correspondantes. Cette étude est une formidable aide à la gestion de notre territoire. Elle permet de mieux éclairer nos choix, notamment en matière d'habitat et d'urbanisme. Un inventaire, ce n'est pas une entreprise muséale ; c'est chercher à comprendre comment un territoire se métamorphose et comment il va continuer à évoluer. Il permet d'assurer une continuité entre mémoire et projet, en respectant l'histoire du territoire et donc de ceux qui y vivent. 
Forts du succès de cette méthode en Essone, le service des patrimoines de la Région Île-de-France mène d'autres opérations de diagnostic patrimonial sur les centres anciens des villes dans leur globalité. L'inventaire se concentre d'avantage sur le patrimoine ordinaire et industriel que sur le patrimoine exceptionnel qui est moins en danger, signale Arlette Auduc, ajoutant que la démarche s'élargit désormais au patrimoine du XXe siècle. L'intervenante met aussi l'accent sur l'importance de la mobilisation de la population. « La législation ne peut pas tout. La France dispose d'un large corpus de lois de protection de son patrimoine, mais lorsqu'il s'agit de son patrimoine de proximité, seule la mobilisation des populations, leur appropriation, leur attachement à ce patrimoine est à même de le sauver et d'empêcher sa destruction. » 

Les jeunes, acteurs-clés pour l'avenir 
Dans ce but, Jbeil se mobilise pour sensibiliser les habitants au respect du patrimoine c'est-à-dire à leur mémoire profonde. De nombreuses activités éducatives organisées pour les jeunes sont gérées par la municipalité, a signalé Najwa Bassil, conseillère municipale de la ville, annonçant aussi que des mesures de protection et des actions de mise en valeur ont été lancées. À titre d'exemple, le port est désormais une zone piétonne et l'espace de stationnement extra-muros a gagné 1250 mètres d'extension et a été doté de cinq navettes écolo et d'un service de valets parking. La réhabilitation des façades du grand souk, financée à hauteur de 1700000 dollars, débutera très prochainement. Un projet avec le musée de Genève est sous étude pour la rénovation du musée des fossiles.

De même, l'outil pédagogique élaboré par Claudine Abdelmassih pour le projet Mare Nostrum d'Euromed Heritage 4 a pour objectif la promotion du patrimoine auprès des enfants et de la jeunesse, groupes cibles à privilégier, car ils ont tendance à une acculturation et méritent une attention particulière. Intitulé « Itinéraire phénicien », il est destinée à faire découvrir aux jeunes de Tyr ce peuple de la mer qui a joué un rôle essentiel dans la diffusion de la connaissance et du savoir dans l'Antiquité sur le pourtour du bassin méditerranéen. Le plan comprend la visite du port, suivie d'explications, de recherches sur son histoire, de projection de film sur ses activités comme la pêche, les chantiers navals, la réparation des filets, les marchés, la fragilité des écosystèmes marin. Ces travaux sont suivis d'un atelier de dessin, de photographie ou d'expression écrite. Le projet Mare Nostrum qui accorde aussi une place importante à la valorisation des techniques ou artisanat en voie de disparition se greffe au projet CHUD, dit Claudine Abdelmassih. Le Cultural Heritage and Urban Development (dit projet CHUD) est une initiative du gouvernement libanais qui, par l'entremise du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) et avec le support de la Banque mondiale, de l'Agence française de développement et de la Coopération italienne, vise à protéger, réhabiliter et revitaliser les sites archéologiques et les centres urbains historiques de Tripoli, Baalbeck, Byblos, Saïda et Tyr. Et c'est l'architecte Jean Yasmine qui a offert une synthèse sur les travaux entrepris à Tyr, sur lesquels L'Orient-Le Jour y reviendra plus longuement.

Mais pour résumer, toutes les catégories du patrimoine, archéologie, architecture, environnement, sont fragilisées et l'essentiel des dégâts sont le fait de l'absence de plan de gestion et de mesures de protection. Aucune conservation n'est possible sans l'élaboration d'un cadre d'action pertinent qui engloberait les collectivités locales et les municipalités. Il faut toutefois leur donner les outils nécessaires à cela et les moyens adéquats pour y arriver.

Des recommandations ont été prises par les conférenciers parmi lesquelles :
développer les procédures d'inventaires des biens patrimoniaux ;
veiller à la cohérence et à l'effectivité des outils législatifs, et multiplier les échanges d'information au niveau national et international ;
en appeler, en ces temps d'instabilité, voire de conflit, à la vigilance et à la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne patrimoniale et muséale, et de tous les acteurs du marché de l'art aux niveaux national et international, notamment dans le domaine archéologique ;
renforcer la protection des sites, des musées, des collections, des réserves et des archives ;
mobiliser les élus et faire en sorte que les citoyens deviennent des acteurs du patrimoine par une sensibilisation dès l'école et une participation active à toutes les étapes de la valorisation patrimoniale ;
inviter l'Unesco et toutes les institutions en charge de la protection du patrimoine à jouer un rôle effectif dans la protection des vestiges et matériels archéologiques en temps de guerre et de conflit.



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lundi 4 juin 2012

L’hippodrome romain de Beyrouth maintenu en l’état en attendant le verdict du Conseil

 L'hippodrome romain de Beyrouth maintenu en l'état en attendant le verdict du Conseil 

OLJ- 05/06/2012


M. Layoun a visité hier le site de l'hippodrome romain à Wadi Abou Jmil.
Le ministre de la Culture, Gaby Layoun, a visité hier les sites des fouilles archéologiques à Beyrouth, notamment l'hippodrome romain découvert à Wadi Abou Jmil, ainsi que les vestiges découverts dans le secteur de la place Riad Solh et qui sont de « la plus haute importance », selon un communiqué de son département. M. Layoun était accompagné d'un groupe d'archéologues.

Rappelons que les travaux de construction qui étaient supposés démarrer sur le site de l'hippodrome romain, sur autorisation de M. Layoun, ont été gelés, grâce à une décision en ce sens du Conseil d'État. Saisi il y a quelques mois par l'Association pour la protection du patrimoine libanais (APPL) d'un recours contre la décision ministérielle, le Conseil d'État que préside le juge Chucri Sader a ordonné, il y a quelques jours, un sursis à exécution de cette décision. Et pour cause : à l'expiration du délai réglementaire de 15 jours qui lui est donné pour apporter sa réponse à l'objet du recours, l'État libanais ne s'était toujours pas manifesté.

Pourtant l'APPL n'était pas la seule à avoir exprimé une opposition farouche à la décision de M. Layoun, qui avait autorisé, mais sous certaines conditions, au promoteur immobilier du site d'édifier un centre commercial qui intégrera l'hippodrome. Trois anciens ministres de la Culture, Tarek Mitri, Tammam Salam et Salim Wardy, avaient également vivement critiqué « un massacre du patrimoine historique et archéologique du Liban ». M. Layoun avait indirectement répondu à ses détracteurs en exposant, lors d'une conférence de presse, les raisons qui l'avaient poussé à autoriser le projet de construction sur le site, en expliquant plus particulièrement « les avantages » d'une telle mesure. Il avait notamment indiqué qu'il avait fondé sa décision sur un rapport d'experts de la Direction générale des antiquités, sachant que ses prédécesseurs s'étaient aussi fondés sur des rapports d'experts de la DGA pour ordonner le maintien en l'état du site.

Le sursis à exécution a été ainsi ordonné sur base du seul dossier, bien fourni cependant, remis par l'APPL au Conseil d'État. Il est intéressant de relever qu'un sursis à exécution constitue normalement un prélude à l'annulation d'une décision contestée. À moins que l'État ne décide entre-temps d'apporter une réponse argumentée au Conseil d'État et de lui fournir le dossier sur base duquel le ministère de la Culture avait fondé sa décision très contestée.
Le président du Conseil d'État, le juge Chucri Sader, a expliqué à L'Orient-Le Jour la procédure appliquée dans ce genre de situation en précisant que l'État bénéficie maintenant d'un délai de quatre mois pour présenter sa réponse. Ce délai prolongé s'explique, a-t-il précisé, par le fait qu'il appartient au service du contentieux de l'État, relevant du ministère de la Justice, de préparer le dossier et de le soumettre au Conseil d'État, qui, au vu des données soumises, pourra statuer sur le fond. La partie plaignante a ensuite deux mois pour apporter ses remarques au dossier, après quoi l'État bénéficiera de deux autres mois pour répondre, avant la décision finale du Conseil d'État.
Si celui-ci n'est pas convaincu, a encore expliqué M. Sader, il nommera ses propres experts et fondera sa décision sur leur rapport.

Il faudra donc attendre quelque huit mois, au plus tard, avant de connaître le verdict final du Conseil d'État, qui, on l'espère, statuera en faveur du maintien de l'hippodrome in situ.
 


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