mercredi 11 juillet 2012

Et si Europe était sidonienne (Liban Sud) ?

Et si Europe était sidonienne (Liban Sud) ?

Par May MAKAREM | 11/07/2012- OLJ


La découverte par la mission archéologique du British Musem à Saïda d'une monnaie représentant Europe relance le débat autour de l'origine de la déesse : Tyr ou Sidon ?
La découverte sur le site de l'ancienne école américaine de Saïda d'une monnaie représentant Europe relance le débat autour de l'origine de la déesse : Tyr ou Saïda ?
Pour la quatorzième année consécutive, la mission archéologique du British Museum continue ses fouilles sur le site de l'ancienne école américaine de Saïda, où un haut lieu de culte funéraire, assoupi depuis des millénaires, ne finit pas de révéler ses trésors. Une minicaverne d'Ali Baba avant l'heure : entre la 123e tombe du site, des mandibules, des sceaux cylindres et des céramiques attiques et crétoises presque intactes, et, surtout, une monnaie représentant la déesse Europe, le clou de la saison, les scientifiques sont au paradis.
Financées par la Cimenterie nationale SAL et la Fondation Hariri, les excavations menées à Saïda sous la direction de l'archéologue Claude Doumet Serhal ont encore apporté leur moisson de découvertes. Concentrant leurs recherches au nord du site, à l'emplacement du futur musée dont les travaux d'infrastructure vont débuter en septembre, les spécialistes ont exploré les différentes couches stratigraphiques jusqu'au niveau du rocher, daté de la fin du IVe-début du IIIe millénaire.


Ourson et daim
Les opérations de fouilles menées à ce niveau ont dévoilé le prolongement du quartier économico-religieux dégagé au cours des années précédentes. Dans cette zone polyvalente, on trouve, accolés à des sépultures, de petits foyers pour faire la cuisine, des unités de rangements pour la conservation des graminées (quelque 160 kilos de résidus de blés carbonisés avaient été trouvés), une sècherie de poissons et des dépôts de produits de chasse qui ont fourni une quantité d'os appartenant à des espèces animales, notamment des hippopotames, des ours, des gazelles et des lions. Cet été, signale Claude Doumet Serhal, une autre quantité de résidus d'orge et d'une nouvelle espèce de blé ainsi que les restes d'os d'animaux sauvages (dont ceux d'un aurochs) ont été recueillis sur le lieu. De même, trois mandibules-trophées ont été exhumées. « Une découverte assez bizarre, puisqu'il s'agit d'un ourson et d'un daim. Cela n'est pas un acte de bravoure pour les chasseurs. De plus, et très curieusement, la troisième mandibule est celle d'un jeune garçon âgé de neuf à douze ans. S'agit-il d'un rituel funéraire spécial ?
Nous cherchons encore à comprendre et à analyser cette trouvaille. » Un vrai thriller !

Lama en intercession
Et puis on se retrouve en plein dans le IIe millénaire. À cette époque où s'était posée une nécropole construite en pierre ou en brique, pareille à celles qu'on trouve tout au long de la côte, de la Syrie à la Palestine, la 123e tombe a été mise au jour. Elle renferme « un sceau cylindre en serpentine, de facture mésopotamienne avec influence syrienne, et fabriqué au Liban ». Il représente la déesse Lama, les deux bras levés dans l'attitude de l'intercession, recevant un orant en habit syrien et, derrière eux, le dieu des flots faisant émerger les eaux d'une seule épaule. « Les expressions des visages et la minutie des détails sont d'une perfection étonnante », s'émerveille la directrice des fouilles, ajoutant qu'un sceau scarabée égyptisant, une boucle d'oreille en bronze et une quantité de poteries très bien conservées et dignes de musées ont été également dégagés.
Par ailleurs, la présence de traces de trous de poteaux remontant à 1700 avant J.-C. indique que les anciens qui venaient enterrer leur mort, ou le commémorer, plantaient une sorte de tente sous laquelle ils s'installaient pour cuisiner, manger et boire. Les traces de pois chiches, de lentilles, de blé, d'orge, et de quelques fruits et légumes pas encore identifiés ont été relevées.

Et soudain, à l'âge du fer...
À l'âge du bronze moyen ou époque cananéenne, les célébrations – qui se sont déplacées vers un grand temple d'une quarantaine de mètres de long construit autour de 1650 avant J.-C. – se déroulaient dans une des pièces où se dresse « un magnifique podium recouvert d'une couche épaisse de plâtre blanc autour duquel on festoyait ».
Au niveau de l'âge du fer, le site révèle à travers des temples rectangulaires « les deux techniques de construction attribuées aux Phéniciens, et qu'on retrouve sur toute la côte autour du Xe siècle avant J.-C. ». C'est-à-dire le type de bâtiment construit avec de gros blocs rectangulaires bien taillés et étroitement assemblés sans liant ou alors avec crépi de mortier. C'est ce qu'on appelle la maçonnerie Ashlar.
De plus, ces couches de l'âge du fer ont livré de belles céramiques importées de la Grèce antique, dont une amphore attique avec deux cavaliers en tunique blanche portant des lances et allant à la guerre. Une autre représente un intercesseur posant devant le dieu Hermès aux sandales ailées. Claude Doumet Serhal est épatée par la qualité de ces « pièces de musée très bien conservées ». Mais c'est la découverte d'une monnaie sur laquelle est gravée Europe chevauchant le taureau, et son voile qui vole tout au-dessus comme un arc(-en-ciel) qui l'a fait chavirer de joie.
Surtout que cet hiver, au cours de certaines conférences tenues en Europe, de nombreux spécialistes se sont demandé si Europe ne serait pas sidonienne ! Car, qu'est-ce qui prouve qu'elle est tyrienne ? La mosaïque découverte à Tyr ? Le site de Saïda renferme lui aussi une masse d'objets importés de Crète, d'autant que la monnaie retrouvée tout récemment rend encore plus légitime le débat autour de l'origine d'Europe. Claude Doumet Serhal en est convaincue. Elle précise d'ailleurs qu'au niveau de l'âge du fer, les excavations ne font que commencer et pourraient encore révéler de nouveaux éléments...


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dimanche 8 juillet 2012

Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien Hisham Sayegh,

Objet: [Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien Hisham Sayegh,
en date du 27 juin 2012, distribuee aux medias, traduite de l'arabe
Lettre de démission du directeur des fouilles du site du Port Phénicien
Hisham Sayegh, en date du 27 juin 2012, distribuée aux médias, en arabe.

Lettre Ouverte au Ministre de la culture
Monsieur Gaby Layoun.

Jamais l'archéologie au Liban n'a assisté, depuis les siècles derniers,
ni durant les guerres des époques anciennes, ni durant l'invasion
israélienne de Beyrouth et ses bombardements, à une destruction comme
celle à laquelle elle assiste depuis votre prise de fonction au
ministère de la culture.
En vain, j'essayai de me convaincre que la
destruction des sites archéologiques et des demeures traditionnelles
n'avait aucun lien avec vous, et que l'archéologue contractuel, Asaad
Seif, proche de vous, habitué à enfreindre et détourner les lois au sein
de la Direction Générale des Antiquités ou DGA, était à l'origine, à
votre insu, de la destruction des trésors du Liban.
Ainsi, et en espérant qu'une réparation permettrait le retour des choses à la normale, je me suis imposé un silence amer en subissant vos reproches et
vos pressions, la dernière en date étant votre refus de signer le
renouvellement de mon contrat à la DGA, sans aucune justification, et ce seulement parce que j'étais cet archéologue qui a découvert en l'an
2011 le site du port phénicien sur la parcelle n° 1398 à Minet El-Hosn, et qui a rédigé un rapport scientifique à ce sujet et a voulu préserver
le site.
Partant de mes principes de croyance en Dieu, dans le
Liban, dans l'État et dans la loi, j'ai refusé avec les précédents
ministres de la Culture les pots de vins qui nous ont été proposés
généreusement par la société VENUS propriétaire dudit bien-fonds afin que nous acceptions de falsifier et détourner la vérité scientifique sur l'origine et l'importance de cette découverte au cœur de la capitale
Beyrouth.
Mais ce dont j'ai été témoin hier et dont ont été témoins
les Libanais, à travers les médias, d'une telle destruction programmée
de ce site phénicien, avec votre accord, et d'un tel rasement en
quelques minutes de monuments et de vestiges qui datent de milliers
d'années, tout cela ne m'a pas seulement fait mal, mais m'a transpercé
comme une balle, qui ne m'a pas épargné pour que je survive, ni tué pour
que je rejoigne les vestiges de ma patrie.
Monsieur le ministre de la Culture Gaby Layoun,
excusez-moi, je ne peux plus rester ce témoin muet, de la Direction
Générale des Antiquités (DGA), sur la destruction des vestiges de mon
pays et la falsification de leur identité, plutôt que d'être celui qui
veille sur sa protection, le préservant afin de le transmettre aux
générations futures
Ainsi j'ai décidé de m'adresser, à travers
cette lettre, à la nation, à la Justice et à l'Histoire, annonçant ma
démission de mes fonctions à la DGA en espérant que les Libanais et
l'Histoire excuseront mon incapacité de préserver les vestiges de mon
pays au sein de la DGA, qui à travers des pratiques illicites exercées
depuis votre prise de fonction, est devenue désormais faible et
marginale à travers la publication de rapports faussés et non
scientifiques pratiqués par des décideurs pour détruire les sites
historiques les uns après les autres. Sur ce, j'espère que vous
considèrerez ma lettre comme information auprès des autorités
judiciaires compétentes.

Beyrouth, le 27 juin 2012
L'archéologue Hisham Sayegh

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vendredi 29 juin 2012

A Beyrouth, des citoyens crient leur rage après « le massacre des cales phéniciennes »

A Beyrouth, des citoyens crient leur rage après « le massacre des cales phéniciennes »

Par Sandra NOUJEIM | 29/06/2012-OLJ

PATRIMOINE - Les constructeurs de Venus Towers se seraient fondés « illégalement » sur la décision, contestée, du ministre de la Culture Gaby Layoun, pour procéder à la destruction, à coups de pelleteuse, de fouilles portuaires à Mina el-Hosn.

Rage et amertume sont visibles sur les faces des quelque quarante défenseurs du patrimoine, venus dénoncer, même si la perte est irréversible, « le massacre », mardi, à coups de pelleteuse, des cales à bateaux phéniciennes de Mina el-Hosn, par les promoteurs du complexe Venus Tours.
Regroupés à midi devant le siège du ministère de la Culture à Verdun, les manifestants ont protesté contre « le vandalisme orchestré » par l'actuel ministre Gaby Layoun. Le 26 juin, ce dernier avait en effet officialisé ce que la société civile craignait depuis plusieurs mois déjà : il a émis la décision écrite de déclasser la parcelle 1 398 (Mina el-Hosn) du patrimoine historique à protéger, alléguant que « le site en question ne recèle aucune trace d'infrastructure portuaire phénicienne, ni même romaine », contrairement à la conviction de ses prédécesseurs, les anciens ministres Salim Wardy, Tarek Mitri et Tammam Salam. C'est sur cette décision que les promoteurs de Venus Tours se seraient basés pour entamer la destruction du site découvert sur leur terrain, comme le révèle Raja Noujaim, militant indépendant pour la protection du patrimoine. Or « tout acte fondé sur cette décision est illégal, puisque celle-ci n'a pas encore été publiée au Journal officiel. De plus, le délai de deux mois, à l'issue duquel elle entre en vigueur, est loin de s'être écoulé », dénonce-t-il.


Voies judiciaires
C'est pourtant sur la décision du ministre Layoun que se base la société Venus Towers dans ses motifs de défense devant les autorités judiciaires, auxquelles a eu recours mardi l'Association pour la protection du patrimoine libanais (APPL). D'abord, le juge des référés de Beyrouth, Nadim Zouein, alerté par des militants de la destruction du site, a ordonné mercredi l'arrêt total des travaux de construction des Venus Towers sur la parcelle, sanctionnant les constructeurs d'une amende de 100 millions de livres libanaises. Mais la procédure ne s'arrête pas là : les militants ont recouru en parallèle à la juge des référés de Beyrouth (il y en a trois au total) Zalfa el-Hassan, afin d'obtenir l'interdiction à toute personne d'accéder à la parcelle 1 398. Cette demande a été approuvée par la juge, qui a interdit cet accès pendant une semaine et décidé de la nomination de trois experts pour examiner ce qui a été détruit. Une autre voie de recours envisagée : le Conseil d'État, afin de dénoncer l'illégalité, non seulement de l'acte de destruction, mais de la décision du ministre Layoun en question.

Insulte aux citoyens
Les défenseurs du patrimoine accusent en effet le ministre Layoun d'être de connivence avec la société Venus Towers, depuis qu'il a décidé de nommer, en mars, un comité d'archéologues, dans le dessein de réfuter les constats du comité désigné par son prédécesseur, le ministre Salim Wardy, défendant l'existence de cales phéniciennes, qui n'auraient d'équivalent, selon ces experts locaux et internationaux, que trois autres dans le monde, notamment en Grèce et à Chypre. Indépendamment de la teneur des deux rapports, dont les détails techniques ont déjà été exposés dans nos pages (voir L'Orient-Le Jour des 24 et 28 mars 2012), la destruction d'un site, dont la préservation avait mobilisé la société civile et des spécialistes d'archéologie maritime, est en soi une insulte au peuple. « Notre identité nationale a été volée et meurtrie ! ! » scandent les manifestants.

Un passé dilapidé
L'anéantissement du port phénicien aura traumatisé les plus fervents militants, comme la présidente de l'APPL Pascale Ingea, qui avait organisé, tout juste trois jours avant la destruction des cales, un sit-in devant la parcelle des Venus Towers. « Alors que nous appelions à la sauvegarde de notre héritage, de ce qui nous appartient, de ce qui compose notre identité, nous avons reçu, trois jours plus tard, la belle réponse du ministre Layoun. Merci ! » a-t-elle déclaré. Sa pâle figure et sa voix étouffée par la perte d'un bien inestimable qu'elle s'était acharnée à sauver reflètent le traumatisme semblable à celui d'une personne qu'on ampute. Il ne s'agit pas là d'un portrait qui se veut dramatique. C'est l'état d'esprit réel que ressentent les individus sensibles à l'esthétique de la pierre, à la valeur des traces que lègue comme un cri de survie le passé. C'est le cas de Chrystelle et de Farid, deux jeunes étudiants de l'ALBA, qui estiment « honteux de détruire notre histoire » et s'indignent du silence des jeunes dans cette affaire ; ou encore de Waël Amhaz et de Jad Abdallah, deux jeunes consultants financiers, passionnés d'histoire et d'archéologie, ayant inscrit sur un carton : « Le phénix renaîtra de ses cendres et vous maudira. »

« Bientôt, des bulldozers détruiront Baalbeck »
Plus loin, une experte d'archéologie maritime et chercheuse à l'Institut français pour le Proche-Orient, Justine Gaborit, s'étonne de la destruction des cales « dans un pays qui revendique son passé phénicien. On aurait dû en préserver la trace, tant qu'on a eu la chance de la découvrir ». Priée d'établir une comparaison au niveau de la préservation des sites avec la France, elle reconnaît que « partout l'archéologie est perçue comme entrave à l'expansion économique, sauf qu'on oublie qu'elle est également associée au tourisme ». « En tout cas, même si en France des sites sont détruits, c'est toujours une solution intermédiaire qui est trouvée lorsque la société civile se mobilise pour leur préservation », ajoute-t-elle.

Ce qui accroît l'impact de la perte des cales phéniciennes, c'est que leur préservation n'aurait aucunement empêché l'édification du complexe : il n'aurait fallu que désaxer l'une des trois tours, comme le fait remarquer Pascale Ingea. Quoi qu'il en soit, « que le site soit ou pas un site de cales, ou qu'il soit une simple carrière, comme d'aucuns le prétendent, rien ne justifie la destruction de vestiges historiques ! » conclut-elle. Plus loin, Lynna lance un trait d'esprit, teinté d'une profonde mélancolie : « Bientôt, ils enverront des bulldozers détruire Baalbeck »... sauf si l'affaire des cales phéniciennes constitue un précédent en termes de sanction qui remettrait en question l'impunité sur laquelle s'édifient les constructions modernes, en bénéficiant de la couverture d'institutions officielles.
Au sein du ministère de la Culture, déjà, la polémique bat son plein. Hier, un archéologue contractuel, Hisham Sayegh, a présenté sa lettre de démission au ministre Layoun, l'accusant de « détruire, comme aucun ministre avant lui, les trésors du Liban ».

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A Beyrouth, des citoyens crient leur rage après « le massacre des cales phéniciennes »

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/766052/A_Beyrouth,_des_citoyens_crient_leur_rage_apres__%3C%3C+le_massacre_des_cales_pheniciennes+%3E%3E.html


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jeudi 28 juin 2012

Au Liban, un port phénicien détruit par des promoteurs - Yahoo! Actualités France

Au Liban, un port phénicien détruit par des promoteurs

Beyrouth est de nouveau confrontée à la destruction de son patrimoine. Le démantèlement d'un édifice vieux de 3000 ans provoque l'indignation.

Même s'il avait été découvert récemment, c'était un symbole de l'histoire du pays et de l'identité libanaise. Le port phénicien de Beyrouth , situé à Minet el-Hosn, a été détruit mardi par des pelleteuses. Un complexe immobilier pourrait bientôt remplacer l'édifice historique.

Arrivée mardi matin sur les lieux pendant la destruction, la présidente de l'Association pour la protection du patrimoine libanais (APPL), Pascale Ingea, a aussitôt contacté son avocate pour faire cesser les travaux. Un juge a été saisi, et, une demi-heure après, les travaux étaient interrompus. «Les ouvriers nous ont empêchés de filmer», raconte Pascale Ingea au Figaro . La société immobilière a été condamnée à suspendre les travaux et à payer une amende de 50.000 euros. «Malheureusement 90% du port a été détruit», se désole Pascale Ingea, qui précise que son association va entamer des poursuites judiciaires pour imposer la reconstruction de l'édifice «même si c'est en béton».

Désolé, cette vidéo n'est pas disponible sur votre appareil.

«Crime contre l'histoire du Liban» Découvert il y a deux ans, au début du chantier, le vestige devait être classé au patrimoine culturel libanais suite aux conseils de plusieurs experts internationaux. C'était également la volonté du ministre de la Culture de l'époque, Salim Wardé. Selon les militants, son successeur, Gaby Layoun, un allié du Hezbollah, n'a pas voulu publier au Journal officiel la décision de son prédécesseur, facilitant la destruction du vieux port antique. «Nous soupçonnons qu'il y a de la corruption dans ce dossier», affirme Pascale Ingea. Elle ajoute qu'un autre site antique de la ville a failli connaître le même sort. Classé au patrimoine culturel, l'hippodrome romain devait être détruit pour laisser la place à des tours d'habitation. La mobilisation des militants a (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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mardi 19 juin 2012

22 juin: Sit-in de l’APPL pour sauver le port phénicien de Minet el-Hosn à Beyrouth | Libnanews

http://libnanews.com/2012/06/17/22-juin-sit-in-de-lappl-pour-sauver-le-port-phenicien-de-minet-el-hosn-a-beyrouth/


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Quelle protection pour le patrimoine en temps de conflits armés ?



Quelle protection pour le patrimoine en temps de conflits armés ?

Par May MAKAREM | 19/06/2012-OLJ

À l'initiative de l'ambassade de France et en collaboration avec l'Unesco et l'Institut français du Proche-Orient (IFPO), un séminaire régional portant sur la protection du patrimoine en temps de conflits armés mais aussi en période de paix a réuni à Beyrouth une trentaine de professionnels et experts venus de France, d'Égypte, d'Irak, de Jordanie, de Palestine et du Yémen.

Le coup d'envoi du séminaire régional sur la protection du patrimoine qui s'est déroulé à l'Institut français du Liban a été donné par le ministre de la Culture Gaby Layoun, le Premier conseiller à l'ambassade de France, Didier Chabert, et le directeur du bureau régional de l'Unesco, Hamed al-Hammami, qui a souligné la nécessité de sauvegarder le patrimoine moyen-oriental, « l'un des plus importants au monde ». La rencontre s'est articulée autour de trois axes : « La situation du patrimoine en temps de crise » ; « les méthodes de protection, à savoir l'inventaire et les moyens juridiques » et le thème « patrimoine et population : pour une plus grande synergie ».

Vu la situation politique au Proche-Orient, l'une des questions majeures développées par les experts au cours du séminaire est la gestion du patrimoine matériel en période de guerre ou de crise. Christophe Jacobs, président du Comité français du Bouclier bleu, préconise en ce cas de marquer les sites et les monuments à protéger du symbole du Bouclier bleu. Un emblème qui ambitionne de devenir un jour la Croix-Rouge des biens culturels. Il donne à titre d'exemple la Libye où le comité local du Bouclier bleu avait adressé aux autorités militaires et diplomatiques des pays ayant pris part aux opérations militaires la liste des biens culturels susceptibles d'être endommagés. L'évaluation menée plus tard sur place a permis de constater que « les bombardements avaient épargné le patrimoine et que les dommages étaient relatifs », a-t-il fait observer.

Ce à quoi la conservatrice du musée de Bagdad, Kaab Khawla Maarij Khalil, riposte en déclarant que les conventions de La Haye et autres protocoles ne sont pas toujours respectés, mais plutôt bafoués, piétinés, en temps de guerre. Ainsi, lors de l'invasion en 2003, les forces de la coalition se sont « acharnées à vider l'Irak de son héritage et à causer des dommages importants à de nombreuses villes antiques, dont Babylone et Kirkouk, qui ont été la cible directe de bombardements massifs », a-t-elle dénoncé, relevant que « le musée a été systématiquement pillé sous les regards indifférents des soldats américains » et que « quatre mille objets et sculptures y ont été volés ». C'est toutefois grâce à la coopération internationale et des partenariats régionaux que certains de ces biens culturels ont pu être restitués par la Syrie, la Jordanie et le Koweït, a ajouté Kaab Khawla Maarij Khalil.

Les actes de pillage et de vandalisme existent aussi au pays de la légendaire reine de Saba, et ce bien avant la révolte contre le régime de Ali Abdallah Saleh, en 2011. Abdel Aziz al-Gendari, conservateur du musée national de Sanaa, et Raga Ba Taweel, directrice du musée d'Aden, ont donné un aperçu de l'état de dégradation des monuments ; des fouilles clandestines qui alimentent un prospère trafic d'antiquités et des constructions illégales dans les zones des sites historiques. D'autre part, l'absence de campagne de fouilles préventives, principalement lors des travaux d'infrastructure entrepris ces dernières décennies, a entraîné une perte de données scientifiques du passé. « Le manque de volonté des autorités locales » menace le patrimoine, a dit la directrice du musée de Sanaa, indiquant que la loi yéménite sur les antiquités apporte les dispositions nécessaires à la mise en œuvre des travaux archéologiques mais comporte des lacunes, notamment en ce qui concerne la protection du patrimoine et l'étude préventive des sites.

« On ne peut pas faire la guerre à la guerre uniquement avec des conventions, des protocoles ou des emblèmes », a déclaré l'ancien directeur général des Antiquités libanaises (DGA), Fréderic Husseini. Quand une attaque surprise, sanglante et dévastatrice fait souffler un vent de panique sur le pays comme en juillet 2006 et que les ONG et tous les ministères se focalisent sur la sécurité de la population, « la DGA se retrouve orpheline », dit-il.
Il raconte qu'ils étaient seulement huit personnes pour emballer et mettre à l'abri 1200 pièces du musée, et un autre millier d'objets dans des chambres fortes, pour copier archives et inventaires sur des disques durs avant de les déposer en lieu sûr. Le tout en 48 heures. Entre-temps, les gardiens des sites archéologiques avaient déserté, exposant les lieux à tout venant. Cette expérience vécue a poussé, en 2009, la DGA à participer à un séminaire organisé à Beyrouth par l'Unesco pour étudier la possibilité d'adhésion du Liban au deuxième protocole de la Convention de La Haye (1999).
Ce séminaire, indique M. Husseini, avait dégagé plusieurs recommandations, notamment l'adaptation des législations nationales; la mise en place des plans d'urgence en matière d'inventaires, de documentation et de cartographie; la création d'un comité de coordination interministériel doté de pouvoirs décisionnels et pouvant faire appel aux différentes organisations locales et internationales ainsi qu'à la Finul pendant son mandat ; la diffusion la plus large possible des règles de protection des biens culturels en cas de conflit armé, en particulier auprès de l'armée et des forces de sécurité. Mais aucune recommandation n'a été suivie d'action, révèle Husseini.

Cependant, « le grand danger, qui guette le patrimoine, reste sans conteste le manque des effectifs de la DGA », insiste Frédéric Husseini. Un gros problème soulevé par deux ex-responsables à la DGA, Hareth Boustany et Chaker Ghadban, qui au cours de leur intervention ont mis en exergue le manque des ressources humaines et des moyens financiers de cette fonction publique. « La DGA qui brasse une tâche écrasante et multiforme ne compte, affirme Ghadban, que cinq archéologues cadrés (pour tout le Liban), alors qu'elle en a besoin de plus de 500 ! » 

Continuité entre mémoire et projet 
Pour pallier toutes ces carences et limiter les risques en temps de guerre ou de crises, Fréderic Husseini suggère la mise en place pour chaque site d'un plan de gestion « soutenu par les services de sécurité et l'armée », et « porté par les collectivités locales, et incluant la Croix-Rouge et la Défense civile, dont les agents seront sensibilisés aux questions du patrimoine.

Un patrimoine qui englobe aussi l'héritage architectural, témoin de « l'évolution culturelle d'une société et d'une nation », a dit Hareth Boustany, qui note deux conditions indispensables à la préservation des bâtiments à caractère traditionnel : leur classement par décret présidentiel et non par décret ministériel qui est annulé à tout bout de champ ; et une politique de compensation financière qui ne grèverait pas le budget de l'État. Et de souligner qu'en milieu urbain, « on n'a pas le droit d'arrêter l'évolution et l'extension d'une agglomération urbaine et au cas où on voudrait garder les vestiges in situ, il faudrait qu'ils soient intégrés aux nouveaux bâtiments et présenté d'une manière cohérente aux visiteurs. Les exposer à ciel ouvert risque de les détériorer, d'en faire des dépotoirs pour les ordures, et de casser le tissu urbain ».

Chef du service des patrimoines de la Région Île-de-France, Arlette Auduc a fait observer que les départements qui ont pratiqué la politique de la table rase dans les années soixante sont actuellement « l'objet d'importantes opérations dites de rénovation qui, à leur tour, détruisent cet urbanisme décrié pour revenir à des projets moins durs », respectant (reflétant) un cadre de vie, fruit de siècles d'évolution et d'histoire. Pour ce faire, les élus ou aménageurs du département de l'Essonne au sud de Paris se sont dotés d'un inventaire appelé « diagnostic patrimonial » permettant de « définir ce qui peut et doit évoluer et à quelles conditions ». Cet outil de connaissance et d'aide à la décision se décline sous forme de fiches d'analyse succinctes des bâtiments du territoire, de synthèse par villes et surtout d'une cartographique de type SIG qui donne, pour chaque village, les éléments repérés comme intéressants, et les photographies correspondantes. Cette étude est une formidable aide à la gestion de notre territoire. Elle permet de mieux éclairer nos choix, notamment en matière d'habitat et d'urbanisme. Un inventaire, ce n'est pas une entreprise muséale ; c'est chercher à comprendre comment un territoire se métamorphose et comment il va continuer à évoluer. Il permet d'assurer une continuité entre mémoire et projet, en respectant l'histoire du territoire et donc de ceux qui y vivent. 
Forts du succès de cette méthode en Essone, le service des patrimoines de la Région Île-de-France mène d'autres opérations de diagnostic patrimonial sur les centres anciens des villes dans leur globalité. L'inventaire se concentre d'avantage sur le patrimoine ordinaire et industriel que sur le patrimoine exceptionnel qui est moins en danger, signale Arlette Auduc, ajoutant que la démarche s'élargit désormais au patrimoine du XXe siècle. L'intervenante met aussi l'accent sur l'importance de la mobilisation de la population. « La législation ne peut pas tout. La France dispose d'un large corpus de lois de protection de son patrimoine, mais lorsqu'il s'agit de son patrimoine de proximité, seule la mobilisation des populations, leur appropriation, leur attachement à ce patrimoine est à même de le sauver et d'empêcher sa destruction. » 

Les jeunes, acteurs-clés pour l'avenir 
Dans ce but, Jbeil se mobilise pour sensibiliser les habitants au respect du patrimoine c'est-à-dire à leur mémoire profonde. De nombreuses activités éducatives organisées pour les jeunes sont gérées par la municipalité, a signalé Najwa Bassil, conseillère municipale de la ville, annonçant aussi que des mesures de protection et des actions de mise en valeur ont été lancées. À titre d'exemple, le port est désormais une zone piétonne et l'espace de stationnement extra-muros a gagné 1250 mètres d'extension et a été doté de cinq navettes écolo et d'un service de valets parking. La réhabilitation des façades du grand souk, financée à hauteur de 1700000 dollars, débutera très prochainement. Un projet avec le musée de Genève est sous étude pour la rénovation du musée des fossiles.

De même, l'outil pédagogique élaboré par Claudine Abdelmassih pour le projet Mare Nostrum d'Euromed Heritage 4 a pour objectif la promotion du patrimoine auprès des enfants et de la jeunesse, groupes cibles à privilégier, car ils ont tendance à une acculturation et méritent une attention particulière. Intitulé « Itinéraire phénicien », il est destinée à faire découvrir aux jeunes de Tyr ce peuple de la mer qui a joué un rôle essentiel dans la diffusion de la connaissance et du savoir dans l'Antiquité sur le pourtour du bassin méditerranéen. Le plan comprend la visite du port, suivie d'explications, de recherches sur son histoire, de projection de film sur ses activités comme la pêche, les chantiers navals, la réparation des filets, les marchés, la fragilité des écosystèmes marin. Ces travaux sont suivis d'un atelier de dessin, de photographie ou d'expression écrite. Le projet Mare Nostrum qui accorde aussi une place importante à la valorisation des techniques ou artisanat en voie de disparition se greffe au projet CHUD, dit Claudine Abdelmassih. Le Cultural Heritage and Urban Development (dit projet CHUD) est une initiative du gouvernement libanais qui, par l'entremise du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) et avec le support de la Banque mondiale, de l'Agence française de développement et de la Coopération italienne, vise à protéger, réhabiliter et revitaliser les sites archéologiques et les centres urbains historiques de Tripoli, Baalbeck, Byblos, Saïda et Tyr. Et c'est l'architecte Jean Yasmine qui a offert une synthèse sur les travaux entrepris à Tyr, sur lesquels L'Orient-Le Jour y reviendra plus longuement.

Mais pour résumer, toutes les catégories du patrimoine, archéologie, architecture, environnement, sont fragilisées et l'essentiel des dégâts sont le fait de l'absence de plan de gestion et de mesures de protection. Aucune conservation n'est possible sans l'élaboration d'un cadre d'action pertinent qui engloberait les collectivités locales et les municipalités. Il faut toutefois leur donner les outils nécessaires à cela et les moyens adéquats pour y arriver.

Des recommandations ont été prises par les conférenciers parmi lesquelles :
développer les procédures d'inventaires des biens patrimoniaux ;
veiller à la cohérence et à l'effectivité des outils législatifs, et multiplier les échanges d'information au niveau national et international ;
en appeler, en ces temps d'instabilité, voire de conflit, à la vigilance et à la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne patrimoniale et muséale, et de tous les acteurs du marché de l'art aux niveaux national et international, notamment dans le domaine archéologique ;
renforcer la protection des sites, des musées, des collections, des réserves et des archives ;
mobiliser les élus et faire en sorte que les citoyens deviennent des acteurs du patrimoine par une sensibilisation dès l'école et une participation active à toutes les étapes de la valorisation patrimoniale ;
inviter l'Unesco et toutes les institutions en charge de la protection du patrimoine à jouer un rôle effectif dans la protection des vestiges et matériels archéologiques en temps de guerre et de conflit.



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lundi 4 juin 2012

L’hippodrome romain de Beyrouth maintenu en l’état en attendant le verdict du Conseil

 L'hippodrome romain de Beyrouth maintenu en l'état en attendant le verdict du Conseil 

OLJ- 05/06/2012


M. Layoun a visité hier le site de l'hippodrome romain à Wadi Abou Jmil.
Le ministre de la Culture, Gaby Layoun, a visité hier les sites des fouilles archéologiques à Beyrouth, notamment l'hippodrome romain découvert à Wadi Abou Jmil, ainsi que les vestiges découverts dans le secteur de la place Riad Solh et qui sont de « la plus haute importance », selon un communiqué de son département. M. Layoun était accompagné d'un groupe d'archéologues.

Rappelons que les travaux de construction qui étaient supposés démarrer sur le site de l'hippodrome romain, sur autorisation de M. Layoun, ont été gelés, grâce à une décision en ce sens du Conseil d'État. Saisi il y a quelques mois par l'Association pour la protection du patrimoine libanais (APPL) d'un recours contre la décision ministérielle, le Conseil d'État que préside le juge Chucri Sader a ordonné, il y a quelques jours, un sursis à exécution de cette décision. Et pour cause : à l'expiration du délai réglementaire de 15 jours qui lui est donné pour apporter sa réponse à l'objet du recours, l'État libanais ne s'était toujours pas manifesté.

Pourtant l'APPL n'était pas la seule à avoir exprimé une opposition farouche à la décision de M. Layoun, qui avait autorisé, mais sous certaines conditions, au promoteur immobilier du site d'édifier un centre commercial qui intégrera l'hippodrome. Trois anciens ministres de la Culture, Tarek Mitri, Tammam Salam et Salim Wardy, avaient également vivement critiqué « un massacre du patrimoine historique et archéologique du Liban ». M. Layoun avait indirectement répondu à ses détracteurs en exposant, lors d'une conférence de presse, les raisons qui l'avaient poussé à autoriser le projet de construction sur le site, en expliquant plus particulièrement « les avantages » d'une telle mesure. Il avait notamment indiqué qu'il avait fondé sa décision sur un rapport d'experts de la Direction générale des antiquités, sachant que ses prédécesseurs s'étaient aussi fondés sur des rapports d'experts de la DGA pour ordonner le maintien en l'état du site.

Le sursis à exécution a été ainsi ordonné sur base du seul dossier, bien fourni cependant, remis par l'APPL au Conseil d'État. Il est intéressant de relever qu'un sursis à exécution constitue normalement un prélude à l'annulation d'une décision contestée. À moins que l'État ne décide entre-temps d'apporter une réponse argumentée au Conseil d'État et de lui fournir le dossier sur base duquel le ministère de la Culture avait fondé sa décision très contestée.
Le président du Conseil d'État, le juge Chucri Sader, a expliqué à L'Orient-Le Jour la procédure appliquée dans ce genre de situation en précisant que l'État bénéficie maintenant d'un délai de quatre mois pour présenter sa réponse. Ce délai prolongé s'explique, a-t-il précisé, par le fait qu'il appartient au service du contentieux de l'État, relevant du ministère de la Justice, de préparer le dossier et de le soumettre au Conseil d'État, qui, au vu des données soumises, pourra statuer sur le fond. La partie plaignante a ensuite deux mois pour apporter ses remarques au dossier, après quoi l'État bénéficiera de deux autres mois pour répondre, avant la décision finale du Conseil d'État.
Si celui-ci n'est pas convaincu, a encore expliqué M. Sader, il nommera ses propres experts et fondera sa décision sur leur rapport.

Il faudra donc attendre quelque huit mois, au plus tard, avant de connaître le verdict final du Conseil d'État, qui, on l'espère, statuera en faveur du maintien de l'hippodrome in situ.
 


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samedi 26 mai 2012

Biladi : apprendre l'histoire aux jeunes dans les ruines du Liban

 Biladi : apprendre l'histoire aux jeunes dans les ruines du Liban
Par Rania Massoud | olj.com | 17/05/2012


La reine, le roi et le prince… : des élèves de 5e du Collège des Saints-Cœurs Sioufi prenant part à un jeu de rôle dans le cadre d'une sortie organisée par « Biladi"
Une ONG cherche à réconcilier les élèves avec leur histoire et leur patrimoine.


« Qui sait ce qu'est un emplacement stratégique ? ».
« C'est comme durant la guerre, on se place dans un endroit sûr où on peut tout voir en hauteur »…
 
Loin des bancs de leur classe, une trentaine d'élèves de 12 à 13 ans découvrent, émerveillés, l'histoire médiévale au milieu des ruines d'un château fort dans le nord du Liban. Ils sont à « Chmor Kbal », l'appellation historique de la région de « Smar Jbeil » dans le caza du Batroun.
 
Envahi par la végétation et rongé par les siècles, le château au seigneur inconnu est, plus de 900 ans après sa construction, toujours aussi imposant. 
Des meurtrières, du donjon, des tours, des puits, des murailles, il ne reste plus qu'un tas de vieilles pierres laissées à l'abandon. Mais en ce jour de mai, le château reprend vie, comme par magie, la magie de l'imagination.
 
Grâce à Biladi, une ONG libanaise dédiée à la promotion du patrimoine historique et culturel du Liban auprès des jeunes du pays, 33 élèves de 5e du Collège des Saints-Cœurs Sioufi ont pu prendre part à cette résurrection féérique. Menée par un guide enthousiaste et passionné d'histoire, la visite des lieux se transforme en un vrai voyage dans le temps, les enfants étant invités à un jeu de rôle en costumes des plus créatifs.
 
Au programme : des scènes inspirées des temps médiévaux (ou presque), rédigées par les élèves (avec l'aide de leur prof de français), sont reproduites dans la cour du château fort.
 
En vedette : des rois, des reines, des princesses, des princes, mais aussi des prêtres, des chevaliers et des paysans.
 Tout pour faire rêver (et rire) les enfants !
 
« L'idée est de rendre l'enseignement vivant et animé, explique Joanne Farchakh Bajjaly, 36 ans, responsable et co-fondatrice de Biladi. Tout ce que les enfants apprennent à l'école sur les époques byzantine, romaine ou médiévale, on en retrouve la trace au Liban, même de nos jours. Alors pourquoi ne pas en profiter pour leur faire découvrir le patrimoine de leur pays ».
 
Le concept de l'enseignement en plein air – « outdoor class » en anglais – existe depuis bien longtemps, surtout dans les pays anglo-saxons. « Biladi a libanisé ce concept, explique Mme Bajjaly. Comme il n'existe pas de manuel unifié d'histoire moderne pour le Liban et comme les méthodes d'enseignement dans la plupart des écoles restent très anciennes, les enfants manifestent souvent un rejet de l'histoire en tant que matière ».
 
Biladi s'est donc donné pour mission de « combler ce gouffre » pédagogique. Lancée en 2008, l'ONG travaille principalement avec les établissements scolaires privés et publics. Ses activités couvrent l'ensemble du territoire libanais, du nord au sud du pays. « Certaines écoles optent pour des sorties ponctuelles, d'autres pour des programmes de découverte ou d'enseignement en plein air », précise Mme Bajjaly. En tout, plus de 12.000 élèves ont participé aux circuits éducatifs de Biladi en près de 5 ans.
 
 
Pour parvenir à ce beau résultat, Biladi a dû et doit toujours surmonter de nombreux obstacles et relever plusieurs défis.
 
Lorsqu'elle a lancé son projet, Mme Bajjaly, mère de trois enfants et spécialiste en archéologie, pensait que le plus dur serait d'ordre organisationnel ou logistique. Mais dans un pays comme le Liban, où l'héritage de la guerre se fait encore sentir, même auprès de la nouvelle génération, les contraintes sont d'une nature beaucoup plus complexe.
 
Motivée par le désir de faire « sortir » les enfants du « cocon de leur quartier » et de « briser les barrières héritées de la guerre civile pour leur faire découvrir l'ensemble du territoire libanais », Biladi n'a pas la tâche facile.
« Nous nous sommes parfois retrouvés dans des situations où des enfants de neuf ans seulement refusent catégoriquement de visiter une cathédrale ou une mosquée par rejet de l'autre, raconte Joanne Farchakh Bajjaly. Ces enfants n'ont pourtant rien connu de la guerre et ils viennent souvent de milieux aisés. Lors d'une excursion à Tripoli, par exemple, il y a eu un taux d'absence de plus de 25%. C'est énorme ! ».
 
Et la situation ne cesse d'empirer, selon la jeune femme. Plus les tensions politiques s'accentuent, plus les clivages confessionnels s'aggravent. « Maintenant, on nous demande si la mosquée à visiter est chiite ou sunnite, dit-elle. La relation que les Libanais entretiennent avec leur patrimoine et entre eux-mêmes est assez choquante ».
 
Face à ce triste constat, Biladi, qui forme ses propres guides et assistants – des passionnés d'histoire et d'archéologie – a inclus dans sa formation des séances de « résolution de conflits ». « Il faut savoir absorber la colère des enfants, explique Mme Bajjaly. Si un enfant refuse d'entrer dans un monument historique en particulier, il risque d'entraîner avec lui d'autres enfants. C'est pour cela qu'il faut savoir comment gérer ce genre de situation sans culpabiliser les enfants et en évitant surtout de les contraindre ».
 
Charles Hayek, l'un des guides formés par Biladi, a déjà été confronté à des situations difficiles où certains enfants refusent de visiter les « lieux de l'autre ». « Nous essayons de faire comprendre aux enfants que notre patrimoine n'est pas un patrimoine confessionnel, mais qu'il est commun à tous les Libanais, explique ce jeune homme de 30 ans. Nous voulons leur faire découvrir que l'histoire est belle. (…) C'est un moyen d'attacher les gens à leur pays ».



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samedi 19 mai 2012

"طرابلس كل العصور" ، هند اديب ، محاكاة عن فكرة لإيلي سالم




"طرابلس كل العصور" محاكاة عن فكرة لإيلي سالم
تاريخياً عابرة للأصوليات في التنوّع والانفتاح
النهار - ١٩/٥/٢٠١٢
استغرق العمل على إنجاز هذا الكتاب، تحريراً وتصويراً، ثلاث سنوات. وكانت العلاقة بين الصور والنص ترسم منحى الكتاب. كان النص يفرض على الصور إيقاعاً خاصاً وزوايا نظر محدّدة. ولكن مع كل صورة جديدة كنت أستوحي فكرة جديدة، فأقوم بإدخال تعديلات في النص. إذاً كان الحوار ملازماً للصور وللنص معاً...".

الأستاذة الجامعية، المُتخصّصة في الأدب العربي الحديث، هند أديب، أعادت إكتشاف طرابلس، التي وُلدت وأمضت فيها طفولتها ومُراهقتها، خلال عملها على كتاب "طرابلس، مدينة كل العصور". كما أعادت، على قولها، "إمتلاكها مجددا". تروي، "كان بيت أهلي في محلة أبي سمراء مُلاصقاً لقلعة طرابلس حيث كنت أمضي أوقات فراغي، ألعب مع رفاق الحي في أروقتها ودهاليزها". وقد حملت في ذاكرتها، "صوراً عن القلعة وأحياء المدينة القديمة وأسواقها وازقّتها، إضافة إلى معالمها الأخرى". وفكرة إصدار هذا الكتاب، كانت، على قولها، "للدكتور إيلي سالم، رئيس جامعة البلمند، لما يكنّه لهذه المدينة من محبّة وتقدير كبيرين. إذاً، هو الذي أطلق الفكرة ثم طلب منّي أن أنجز كتاباً عن هذه المدينة العريقة". وكان هدف سالم، منذ البداية، "تأليف كتاب لا يشبه الكتب الموجودة، لا هو تاريخي ولا أركيولوجي ولا سياحي". كتاب، أراده، "فخماً، يحكي بالصور مختلف أوجه الحياة في طرابلس اليوم. لهذا السبب ربما وقع إختياره عليّ كوني طرابلسية، وكون تخصصي أدبي. فأنا لست مؤرّخة ولا عالمة آثار". التاريخ لا يوبّخ الحاضر في هذه المدينة التي تُربّت على كتف الأيام، بلمسات دافئة، حنونة. فهو مُنهمك بمُراقصته، مُرافقته، وأحياناً توجيهه، مُطلقاً العنان للمشاهد المُتتالية التي تعود من الماضي، لتتداخل مع رائحة زهر الليمون التي "تُسيّج" بساتين "البلد"(وهو الإسم الذي يُطلقه أبناء طرابلس على مدينتهم)، فتتساقط قطرات قطرات على يوميّاتها. وإذا كان بعضهم يرى ان المُخيلة تضطلع بدور رئيسي في كتابة التاريخ، فإن قارئ "طرابلس مدينة كل العصور"، سيفهم، منذ أحرفه الأولى ان الحب الصافي كان اللغة التي توسّلت بها هند أديب لدى كتابتها النصوص الأنيقة، كما كان المُرشد للصور التي إلتقطتها عدسة الفنّان الراحل ماريو سابا، الأقرب إلى أروقة مُزخرفة بنقوش الإبداع، والتي تفصل ما بين الواقع والخيال، وستارة الإخراج الغني الذي وقّعته إلسا دورليان.
يستهلّ الدكتور سالم مُقدّمة الكتاب، قائلاً، "منذ مجيئي إلى جامعة البلمند كرئيس لها في مطلع التسعينات من القرن المنصرم، وأنا أنظر من على هذه التلّة البلمندية الخلابة إلى مدينة طرابلس التي درست فيها خلال سنّي المراهقة. والتي أتوق إلى زيارتها والسير في شوارعها وأزقّتها. وإرتياد مطاعمها الشعبية المميّزة. كنت أفكر دائماً بوضع كتاب يعرّف عنها. كتاب من صور يشد القارئ إليها. صور تتكلم ببلاغة الصمت عن هذه المدينة العريقة المعروفة بالنسبة إلى التاريخ منذ أن دوّن التاريخ". ومن هذا المُنطلق، تؤكّد أديب ان سالم، "تابع كل مراحل اعداد الكتاب: النص، الصور والإخراج. وكان حاضراً في شكل دائم ومستمر خلال كل المحطات: يُناقش الأفكار، ويختار الصور، ويعلّق على الإخراج". وقامت أديب ببحوث كثيرة، "فقرأت كل ما كُتب عن طرابلس من النواحي التاريخية والأركيولوجية والجغرافية والاقتصادية والاجتماعية... كما تباحثت مع العديد من المثقفين والمؤرخين وعلماء الإجتماع الذين يعرفون المدينة وتاريخها. فكوّنت فكرة واضحة عنها، وتالياً تكوّنت لدي فكرة كتاب مختلف عن تلك التي يغلب عليها الطابع البحثي-الأكاديمي". وبغض النظر عن الصداقة التي ربطتها بالفنان الراحل ماريو سابا، "فإن العمل معه كان شاقاً وشيّقاً في الوقت عينه"، إذ إلتقطت عدسته تسعة الآف صورة، "ما جعل من عملية إختيار أماكن التصوير والزمن المناسب، مسألة غاية في الصعوبة والدقّة، خصوصا وأن ماريو لم يستعمل أبداً وسائط تقنية وإضاءات مصطنعة لإلتقاط المشاهد بل إعتمد على الإضاءة الطبيعية. وكنت أرافقه في الكثير من الأحيان، خصوصا في أحياء المدينة القديمة وأزقتها التي أعرفها جيداً". وبعد الإنتهاء من التصوير، "دخلنا مرحلة إخراج الكتاب. ولم يكن الإخراج مسألة سهلة. فمخرجة الكتاب، إلسا دورليان، قدّمت، خلال اجتماعات مطوّلة، تصوّرها لهذا المؤلّف، وذلك بعدما استمعت إلى التفسيرات التي أعطيت لها من المصوّر وكاتب النص... مثلاً ترجمت عنوان الكتاب من خلال مدّ الصور على صفحتين، أي صور عابرة للصفحات كمحاكاة لمدينة عابرة للعصور. وكذلك كان تبنّي الصور الكبيرة يهدف إلى إظهار عظمة المدينة ومعالمها". وقد سعت أديب، "بمساعدة ماريو، إلى إعطاء صورة عن طرابلس كما طبعت في خيالها وذاكرتها. فالفصول التي تكوّن الكتاب تحكي في حدّ ذاتها رواية علاقة مواطن طرابلسي بمدينته: القلاع، دور العبادة، الأسواق والخانات والحمامات، الأزقة والأدراج، الأحياء بساحاتها وحدائقها ومنازلها، الأبواب والنوافذ، الحرف والمهن، المقاهي، وجوه وسمات، المراكز الثقافية والحرم الجامعية، الميناء، ومشاهد عامة". وهذه الفصول، ليست، على قولها، "منفصلة عن بعضها البعض، فهي في منزلة محطات في الذاكرة، إنطباعات من خيال المدينة". وجاء إصدار هذا الكتاب، "في زمن تزداد فيه الأصوات والآراء لتعطي عن طرابلس فكرة خاطئة بأنها مدينة أحادية اللون، متخلّفة، مصدرة للأصوليات...طرابلس الحقيقية هي ما هو موجود في الكتاب وليس ما تتناقله الألسن من سلبيات. فمدينة تتمتّع بهذا البعد التاريخي، لا يمكنها الا أن تتحلّى بالجمال والعراقة والتنوّع والإنفتاح".
ربما كان التاريخ هو الحياة. ولكننا سنكتشف، من خلال هذا الكتاب الذي يروي فصولاً من ملحمة تستريح على الإفتتان، ان النقاط التفصيلية التي "نُحيك" من خلالها يوميّاتنا تُشكّل، في الواقع، الحياة التي نحتاج إليها، وإن كان التاريخ يصرّ على أن يكون مصراع نافذتها، رغبةً منه، في أن يحميها.




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mercredi 16 mai 2012

Fwd: ثقافة - اكتشاف مدفن فينيقي في منطقة جل البحر في صور


Objet: ثقافة - اكتشاف مدفن فينيقي في منطقة جل البحر في صور

ثقافة - اكتشاف مدفن فينيقي في منطقة جل البحر في صور
Tue 15/05/2012 11:45 - وطنية 15/5/2012 - افاد مندوب الوكالة الوطنية للاعلام في صور جمال خليل انه لا تزال ارض مدينة صور التاريخية تكشف عن بعض من اسرارها التي تحويها في باطن الارض من خلال المكتشفات الاثرية التي تدل على هويتها التاريخية وعادات وتقاليد اهلها الذين سكنوها لا سيما الفينيقيين وصولا الى الحقبتين البيزنطية والرومانية.

وعند المدخل الشمالي للمدينة وفي منطقة جل البحر تم اكتشاف موقع اثري تاريخي يعود للفترة الفينيقية وهو عبارة عن مدفن يقع على تلة بالقرب من الشاطئ البحري حيث تبين لدى صاحب الارض بينما كان يعمل على استصلاحها انها تحوي هياكل عظمية مدفونة بالرمل، عندها ابلغ المديرية العامة للأثار التي قامت بدورها بعملية حفر للمكان المكتشف ووجدت مدفن فيه هياكل عظمية بشرية وحيوانية بحال جيدة تعود للقرنين الخامس والسادس قبل الميلاد، موضوعة بطريقة منظمة ويوجد بالقرب من كل جثة قطع اثرية من فخاريات وبرونز معظمها ذات مدلولات دينية وترتبط بالتقاليد الفينيقية.

واشار رئيس مصلحة آثار صور المهندس علي بدوي ان المديرية العامة للاثار تعمل على نقل الهياكل العظمية من مكانها بعد ازالة الرمول المطمورة فيها وما تم اكتشافه سوف يعزز الدراسات اللاحقة وسيؤمن المزيد من المعلومات عن التقاليد والعادات والانتاج الفني للفترة الفينيقية. 
ر.ي.
© NNA 2012 All rights reserved 

Fwd: ثقافة - اكتشاف مدفن فينيقي في منطقة جل البحر في صور


Objet: ثقافة - اكتشاف مدفن فينيقي في منطقة جل البحر في صور

ثقافة - اكتشاف مدفن فينيقي في منطقة جل البحر في صور
Tue 15/05/2012 11:45 - وطنية 15/5/2012 - افاد مندوب الوكالة الوطنية للاعلام في صور جمال خليل انه لا تزال ارض مدينة صور التاريخية تكشف عن بعض من اسرارها التي تحويها في باطن الارض من خلال المكتشفات الاثرية التي تدل على هويتها التاريخية وعادات وتقاليد اهلها الذين سكنوها لا سيما الفينيقيين وصولا الى الحقبتين البيزنطية والرومانية.

وعند المدخل الشمالي للمدينة وفي منطقة جل البحر تم اكتشاف موقع اثري تاريخي يعود للفترة الفينيقية وهو عبارة عن مدفن يقع على تلة بالقرب من الشاطئ البحري حيث تبين لدى صاحب الارض بينما كان يعمل على استصلاحها انها تحوي هياكل عظمية مدفونة بالرمل، عندها ابلغ المديرية العامة للأثار التي قامت بدورها بعملية حفر للمكان المكتشف ووجدت مدفن فيه هياكل عظمية بشرية وحيوانية بحال جيدة تعود للقرنين الخامس والسادس قبل الميلاد، موضوعة بطريقة منظمة ويوجد بالقرب من كل جثة قطع اثرية من فخاريات وبرونز معظمها ذات مدلولات دينية وترتبط بالتقاليد الفينيقية.

واشار رئيس مصلحة آثار صور المهندس علي بدوي ان المديرية العامة للاثار تعمل على نقل الهياكل العظمية من مكانها بعد ازالة الرمول المطمورة فيها وما تم اكتشافه سوف يعزز الدراسات اللاحقة وسيؤمن المزيد من المعلومات عن التقاليد والعادات والانتاج الفني للفترة الفينيقية. 
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mercredi 9 mai 2012

Patrimoine sacrifié, économie en danger ! | Économie Liban |

Patrimoine sacrifié, économie en danger ! | Économie Liban |
L'Orient-Le Jour 9/5/2012

Soraya HAMDAN

Partout dans la ville, elles s'élancent vers le ciel. Les grues, les Libanais ne les voient même plus. Pour eux, elles font désormais partie du paysage. À Beyrouth, elles sont le symbole de la bulle immobilière, du règne des promoteurs et de la destruction du patrimoine libanais, un héritage naturel et culturel qui aurait pourtant pu faire la richesse du pays.
Car en ravageant ce qu'il a de plus précieux, le Liban passe malheureusement à côté de formidables opportunités économiques. Pire, selon Georges Zouain, économiste de développement et propriétaire de GAIA-heritage, société d'ingénierie culturelle, « le potentiel économique du patrimoine libanais est non seulement sous-exploité, mais en plus en voie de destruction rapide », avertit le spécialiste. « Lorsque des quartiers historiques ne sont pas conservés mais remplacés par des immeubles modernes, c'est toute l'attractivité du quartier et de l'ensemble de la ville qui meurt, faisant ainsi subir au pays d'énormes pertes économiques », poursuit-il.
En adoptant une vision accélérée de l'économie, celle de l'instantanéité des profits au détriment d'une économie durable et favorable au développement des régions, le Liban oublie une série de secteurs pourtant moteurs de croissance : les industries créatives, l'économie du savoir et celle du patrimoine.
Pour Serge Yazigi, architecte et urbaniste (Yazigi Atelier), le coût économique de la destruction du patrimoine peut être évalué en termes de manque à gagner. « Détruire le patrimoine, c'est détruire un avantage compétitif », insiste-t-il. « Le patrimoine doit être capitalisé comme levier économique, social et culturel, notamment dans les opérations de régénération urbaine, poursuit-il. De même, le patrimoine est à la base de l'attractivité touristique, sa perte induit ainsi de graves conséquences économiques sur l'ensemble du secteur et ainsi de l'économie. »
Il semble malheureusement que le Liban ait adopté une vision unilatérale du tourisme, « celle des boîtes de nuit, des complexes balnéaires et des grands hôtels, relève Georges Zouain. Mais où sont les grands hôtels et aménagements à Baalbeck, Beiteddine, Jbeil ou encore Tyr ? Combien de touristes visitent chaque année nos cinq sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco ? »
Pour Michel Habis, conseiller des ministères du Tourisme et de la Culture, « de nombreuses initiatives marketing ont été menées par le ministère du Tourisme pour promouvoir les régions et sites libanais, comme la réalisation d'un documentaire, Flavors of Lebanon, à destination d'une autre cible de visiteurs, susceptibles de s'intéresser à la culture et au patrimoine ».

L'enjeu d'un « autre tourisme »
S'il est difficile de pouvoir chiffrer l'ampleur du coût économique de la destruction du patrimoine, il est certain que du seul point de vue touristique, le manque à gagner est faramineux. En effet, l'économie globalisée fait qu'aujourd'hui les villes du monde sont en concurrence pour attirer touristes et investisseurs. « Toutes ces villes fondent leur compétitivité sur la différence : centres d'art et musées, quartiers piétons, mixité sociale et intégration du patrimoine bâti et des monuments dans le fonctionnement de la ville », souligne Georges Zouain. L'enjeu touristique est ainsi énorme. Du point de vue économique, un visiteur représente un consommateur de plus pour le pays, soit une exportation supplémentaire. Mais un patrimoine aménagé ne suffit pas, ce dernier devant s'articuler sur des services et infrastructures efficaces. « Rendez-vous compte, il n'y a pas si longtemps encore, les touristes devaient venir en bus de Damas pour visiter les ruines de Baalbeck ! » ajoute Georges Zouain. Pour le spécialiste, c'est tout un système économique qui est à revoir. « Le Liban en est encore à la version encore basique du patrimoine, affirme-t-il. En termes d'emplois, nous laissons passer des tonnes d'occasions pour des régions lésées au niveau du développement. » Selon lui, la seule présence de la vallée de la Qadisha bien protégée, avec des balades autour de ses crêtes, des hôtels de charme dans les vieilles demeures des villages, des rues semi-piétonnes et une architecture moderne adaptée, pourrait considérablement allonger la durée de séjour des touristes et relancer l'économie de ces régions.

Un potentiel inexploité ou saccagé ?
Des milieux naturels uniques, des sites archéologiques millénaires : le Liban avait pourtant largement de quoi devenir une destination touristique culturelle de premier choix. Le pays du Cèdre a effectivement hérité d'un trésor naturel, culturel et historique unique. « Ces soixante-dix ans d'indépendance étaient supposés mettre en valeur ces trois richesses pour bâtir une économie fondée sur ces trois forces », déclare Philippe Skaff, auteur de Beyrouth, république du béton.
Selon lui, l'instabilité sécuritaire, combinée au fléau de la corruption, a mis de côté les dossiers essentiels que sont le patrimoine et l'environnement au profit « d'une économie aveugle aux rendements immédiats ».
« Le meilleur exemple est celui de la construction et du diktat des promoteurs, relève l'auteur. De 0 à 600 mètres d'altitude, le pays est complètement ravagé. De 600 à 1 200 mètres, les carrières défigurent nos montagnes ! Les forêts, elles aussi, sont sacrifiées à des fins immobilières. »
Pour l'auteur, le « cancer s'est propagé pour atteindre aujourd'hui tous les villages du Mont-Liban. S'il est sûrement trop tard pour inverser le processus, il faut absolument stopper l'hémorragie », souligne-t-il. Sa solution : « L'État doit commencer par déclarer l'état d'urgence environnemental, culturel et touristique, et mettre la main sur les 700 carrières que compte le pays. » Selon ses estimations, cela pourrait générer un revenu annuel de 850 millions de dollars à 1 milliard de dollars par an. Une somme qui pourrait financer un plan de redressement urbain sous réserve de la bonne volonté des partis politiques.
Mais pour Walid Moussa, secrétaire général de REAL (Real Estate Association of Lebanon) et conseiller en immobilier, le droit de propriété ne donne aucune limite à la construction. « Bien sûr qu'il faut prendre en compte le patrimoine, relève-t-il. Nous savons tous qu'il constitue la richesse du Liban et différencie notre pays de n'importe quel pays du Golfe. Cependant, le droit de propriété donne aux individus le droit de disposer d'un bien ou d'un terrain comme ils le souhaitent. »
Selon le spécialiste en immobilier, il faut que l'État organise l'activité de construction et effectue un classement officiel de tous les immeubles dits « classés » de la capitale. Car depuis deux ans, pour détruire un immeuble ancien, le propriétaire doit au préalable demander l'autorisation de la municipalité de Beyrouth en partenariat avec le ministère de la Culture. « Des initiatives commencent à être menées pour protéger le patrimoine, souligne ainsi Walid Moussa. Mais s'il faut effectivement protéger notre héritage, le rôle de l'État est également celui de protéger les investisseurs et les propriétaires. » Selon lui, certains investisseurs ayant déjà acheté un terrain se voient refuser l'autorisation de démolir l'immeuble, étant considéré comme « classé ». « Le risque est de faire fuir les investisseurs, ajoute-t-il. Il faut en outre protéger les propriétaires qui, une fois leur propriété "classée", ne parviennent plus à la revendre ou même à la rénover. »
Interrogé par L'Orient-Le Jour, Gaby Layoun, ministre de la Culture, n'a pas pu chiffrer le nombre de maisons interdites à la démolition en 2011. « Un nombre important de maisons du patrimoine a été sauvé, estime-t-il. Selon l'association Save Beirut Heritage, en 1986, il y avait 2 400 maisons beyrouthines inscrites sur la liste nationale du patrimoine à préserver. En 2012, elles ne sont plus que 240. Mais selon le ministre, le problème réside ailleurs. » « Le fait d'accorder un coefficient d'exploitation assez élevé suivant les décrets de l'urbanisme, notamment à Beyrouth, pousse les propriétaires de maisons anciennes à profiter de ce coefficient pour construire des tours économiquement plus profitables », déclare-t-il.
Pour Serge Yazigi, si cette surexploitation des quartiers génère effectivement des profits rapides et de courte durée, la valorisation du patrimoine dans le cadre d'un plan de redynamisation des quartiers aurait pu être une source de revenus à plus long terme et distribuée horizontalement sur l'échelle sociale. « Nos sites ne sont pas suffisamment mis en valeur, reconnaît à cet égard le ministre de la Culture, mais ce n'est pas une surprise, connaissant la situation de l'administration et le nombre insuffisant de personnel que nous avons. La DGA (Direction générale du patrimoine) ne compte que neuf archéologues pour tout le territoire alors que les pays avoisinants ont un nombre de responsables de sites qui dépasse les 3 000 ! »
Ainsi, selon Gaby Layoun, pour œuvrer en faveur de la mise en valeur du patrimoine libanais, il faut que le gouvernement décide que ce dernier soit un élément essentiel dans sa politique de développement. « Une fois cette mesure prise, ajoute le ministre de la Culture, nous aurons à recruter des cadres compétents, qui ne manquent pas au Liban, et à formuler des politiques de tourisme culturel, en partenariat avec les ministères concernés, notamment le ministère du Tourisme qui a un rôle majeur à jouer », conclut-il.
Si le Liban a largement de quoi prendre le chemin d'une économie contemporaine, cela passe forcément par une mise en valeur du patrimoine. « Ce n'est pas uniquement la protection de ce patrimoine qui est en jeu, renchérit Georges Zouain, il en va de la survie économique de notre pays. »


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mercredi 2 mai 2012

Fwd: Cri d’alarme : Tyr classée sur la liste du Patrimoine Mondial en Péril et bientôt déclassée du Patrimoine mondial de l’UNESCO


Objet: Cri d'alarme : Tyr classée sur la liste du Patrimoine Mondial en Péril et bientôt déclassée du Patrimoine mondial de l'UNESCO


Cri d'alarme : Tyr classée sur la liste du Patrimoine Mondial en Péril et bientôt déclassée du Patrimoine mondial de l'UNESCO
6/32012

Début des travaux de construction près du port. Source : ©AIST
Dans ce climat fortement exposé à toutes les intempéries inimaginables, tant naturelles que politiques, les précipitations tombent toujours plus fort sur les toits percés. Et Dieu seul sait dans quel état se trouve la toiture du patrimoine libanais… Les fervents défenseurs de notre héritage n'ont toujours pas repris leurs esprits avec la menace guignant le port phénicien de Minet el-Hosn, qu'ils entendent  sonner le tocsin du côté de Tyr.L'Association Internationale pour la Sauvegarde de Tyr (AIST) lance de nouveau un cri de détresse dans un communiqué où l'on peut lire que « La ville de Tyr se trouve plus que jamais menacée par le risque de voir ses inestimables ruines antiques ensevelies sous des tonnes de ciment ! ».
Cet appel fait écho à une alerte lancée en début d'année par l'AIST, faisant état de menaces titanesques contre les sites archéologiques de Tyr en raison du tracé de l'autoroute du Sud. Cette fois-ci, la réelle menace advient avec le début des travaux de construction, supervisés par le CDR, du bâtiment du syndicat des pêcheurs, au cœur du port phénicien chargé de vestiges antiques. Décidément, il semble que le monde entier a une dent – voire même tout un dentier ! – contre notre patrimoine, plus spécialement, phénicien.
Les organisations internationales finançant ce projet, à savoir la Banque Mondiale et l'AFD, réalisant la grièveté de la situation, ont  admis qu'il est indispensable de réviser le projet. Ils proposent alors une alternative  garantissant aux pêcheurs l'ensemble de leurs droits : chambres, café, syndicat et marché aux poissons. Cependant le dernier mot revient au CDR … Entretemps, l'illogisme usuel des démarches menées par l'État libanais a voulu qu'une réunion ait lieu entre le CDR, la municipalité de Tyr et l'AIST prochainement, en dépit du fait que le chantier est actuellement fonctionnel.
Ici, nous ne sommes pas devant un projet immobiliser privé mené par un géant financier quelconque qui agit faisant fi des lois et des décisions étatiques, stipendiant par ci ou par là pour noyer le poisson, comme il a toujours été le cas dans la capitale libanaise ; ici c'est un établissement public, qui se doit de conserver et protéger les trésors nationaux, notamment la cité regorgeant de vestiges inestimables et qui fut l'une des plus anciennes métropoles du monde.
Pourquoi ce mutisme et cette indifférence de la part des institutions gouvernementales concernées ? La construction d'un syndicat pour les pêcheurs aux dépends de leur espace d'activités et du Port antique, pôle d'attraction des touristes d'une ville qui fut jadis maîtresse des mers, est-elle indiquée ? Si les vestiges archéologiques sont royalement dédaignés par les autorités, comme le démontrent les crimes quasi quotidiens perpétrés contre ces phares historiques, le secteur du tourisme prôné comme étant le moteur de l'économie libanaise, l'est-il aussi ?
Le plus agaçant, révoltant, enrageant, c'est que les travaux sont déjà entamés. Imaginerez-vous le port de Tyr, ce marqueur fondamental de la ville, avec sa simplicité qui fait toute sa grandeur, avec son ambiance chaleureuse et ses cafés anciens où il fait bon déguster un bon café libanais, se résorber aux dépends de la « modernité » ? Auriez-vous à l'esprit un seul instant que ces pêcheurs, qui reprennent au quotidien les mêmes gestes que leurs ancêtres phéniciens, et qui subsistent dans leurs terres malgré toutes les complications financières inconcevables, disparaître parce que leur Port n'arrive plus à contenir leur bateaux et les pêcheurs ?
« La devise du fait accompli est devenue un pilier de la politique nationale » avance le communiqué de l'AIST. Où est l'État libanais dans tout cela ? Question quelque peu inepte, en effectuant une rétrospective de la reconstruction de cette contrée décimée par une guerre utérine et des hostilités avec l'Etat hébreu qui, elles,  n'ont pas sonné l'hallali contre les vestiges nonobstant l'atrocité et la cécité de leurs projectiles inaptes à faire la différence entre la pierre et les hommes. Mêmes les canons aveugles et sans pitié ont appréhendé nos vestiges avec toute leur gloire et leur splendeur …
La reconstruction au Liban a été un phénomène entièrement inconciliable avec la notion de la conservation de notre patrimoine. Ce qui prouve que l'État a brillé dans son impuissance vis-à-vis de l'anéantissement de l'héritage historique, culturel et identitaire du Liban.  Une preuve irréfutable que les Libanais se sont révélés être les pires prédateurs de leur propre patrimoine.
Mais le passage choc dans le dernier message de l'AIST, avec lequel il est judicieux de clore cet article, en raison de son éloquence, sa gravité, sa brutalité, sa létalité, est le suivant : « Il devient de plus en plus évident que le Patrimoine de Tyr est gravement menacé, comme l'ont constaté l'UNESCO et les diverses missions scientifiques ayant visité la ville de Tyr. Le centre du Patrimoine Mondial de l'UNESCO a décidé d'inscrire Tyr sur la liste du Patrimoine Mondial en Péril et de la rayer de la liste du Patrimoine Mondial si les autorités libanaises ne manifestent pas une volonté de collaboration » … A méditer …
Par Marie-Josée Rizkallah
Libnanews
Crédits Photos : Association Internationale pour la Sauvegarde de Tyr

Début des travaux de construction près du port. Source : ©AIST

Début des travaux de construction près du port. Source : ©AIST
 
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Un moine maronite à Vienne en 1767

Un moine maronite à Vienne en 1767
Olj 2/5/2012

Dès les premiers siècles du christianisme, les pèlerins d'Occident ont été nombreux à se rendre en Palestine, perpétuant une longue tradition de visite des lieux saints. À l'inverse, les voyages du clergé oriental en Occident étaient rares et la plupart d'entre eux ont eu au fil du temps Rome pour destination finale.
C'est ainsi qu'à partir de la fin du XVIe siècle, l'Église maronite du Mont-Liban s'est mise à envoyer régulièrement de jeunes enfants âgés de 9 à 11 ans étudier à Rome, inaugurant une période exceptionnelle de contacts avec l'Occident.
Ces séjours en Italie n'avaient commencé qu'après l'ouverture du Collège maronite de Rome en 1584, où, sous la supervision de maîtres jésuites, les jeunes maronites recevaient une excellente éducation, apprenaient le latin et l'italien, et perfectionnaient l'hébreu, le syriaque et l'arabe.
Mais c'est tout à fait par hasard qu'un moine maronite s'est un jour rendu à Vienne en 1767 : cette année-là, ce moine, appelé Serge Sarkis, était chargé du clocher de son couvent de Notre-Dame de la Prairie (Saydet al-Haqleh) situé au Kesrouan, au nord de Beyrouth, sur une colline dominant la Méditerranée.
Ce couvent avait été construit un siècle auparavant en 1670.
Le moine Serge sonnait si fort que la cloche se brisa.
Très affligé de la perte qu'il avait occasionnée à son couvent, le moine demanda à son supérieur l'autorisation de demander l'aumône aux chrétiens pour compenser la perte de la cloche brisée et se mit en route jusqu'à parvenir un jour à la ville de Beyrouth.
C'est là qu'il trouva au port un navire en partance pour Trieste.
Il demanda au capitaine l'autorisation de se joindre au voyage et celui-ci accepta à cause, affirme une relation de ce voyage, « de son apparence empreinte de vertu et de sa crainte de Dieu, lorsqu'il apprit le noble objet de ses pérégrinations ».
Lorsque le moine Serge parvint à Trieste, il poursuivit son voyage jusqu'à Vienne, où il se mit à mendier dans les rues. Comme il ne parlait pas la langue du pays et qu'il ne rencontrait personne qui parlait la sienne, les gens lui faisaient l'aumône en se fiant à son apparence car il présentait tous les signes de la piété.

Pendant ce temps, la fille de l'impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg tomba gravement malade, et les médecins s'avéraient impuissants à la guérir.
C'est alors qu'un homme qui fréquentait la cour fit savoir à la reine qu'il y avait en ville un moine oriental qui avait toutes les apparences de la piété et de la vertu. « Si vous acceptez de le faire venir pour prier à l'intention de votre fille, lui suggéra-t-il, peut-être que Dieu la guérira. » La reine autorisa sa venue, et le moine Serge se présenta et pria pour la fille qui, grâce à ses supplications, fut guérie.
Le cœur de la reine fut aussitôt empli de reconnaissance et d'admiration pour ce miracle qui fut rapidement connu de toute la cour et de toute la ville, et impressionna grandement tout le monde.
Lorsque la reine lui demanda la raison de son voyage, le moine Serge lui raconta en toute sincérité sa situation. Mise ainsi au courant de ce qui l'amenait à Vienne, la reine donna l'ordre à tous les artisans de la ville de réaliser pour lui des objets de culte à son propre compte.
Les artisans viennois fabriquèrent pour le prélat une cloche dont il n'y eut pas de pareille en Orient « à cause de son carillon enchanteur pour les oreilles et de son écho, qui entraînait celui qui l'entendait à fredonner ».
Hélas, la foudre brisa cette cloche en 1889 et elle fut remplacée par une autre, faite au Liban.
Le moine maronite fit également exécuter plusieurs coupes dont certaines étaient extraordinaires, des bougeoirs de valeur, plusieurs vêtements liturgiques précieux et merveilleusement tissés, des candélabres et des tableaux de prix, ainsi que d'autres objets de culte qu'il expédia au Liban avant son retour.
Il avait réuni également une importante somme d'argent pour son monastère, mais il mourut à Vienne et fut enterré là-bas avant qu'il ne puisse la rapatrier.
Voilà l'essentiel de ce que l'on sait du premier voyage d'un moine maronite à Vienne.
Le récit se trouve dans un livre d'histoire du Kesrouan (une région de la montagne libanaise) écrit en arabe à la fin du XIXe siècle par un prêtre libanais nommé Mansour el-Hattouni. L'auteur s'est probablement basé sur les archives du couvent Notre-Dame de la Prairie, monastère qui existe encore et qui a préservé jusqu'à nos jours les objets offerts par la reine Marie-Thérèse d'Autriche. Le beau tabernacle blanc et doré de style baroque est exposé dans l'église du couvent, et les coupes, les candélabres et les ostensoirs du XVIIIe siècle jalousement mis sous clef. La cloche viennoise, bien que fêlée, est également visible, ainsi que quelques tableaux expédiés de Vienne.
Entre-temps, le couvent, qui était à l'époque du moine Serge un monastère double comme cela était traditionnel en Orient, c'est-à-dire abritant deux communautés séparées de moines et de moniales, est devenu exclusivement féminin. C'est pourquoi, de nos jours, seule une communauté de seize religieuses vit au couvent, communauté qui dépend directement du patriarche maronite. Leur vie est consacrée à la prière et à la méditation, et elles vivent partiellement de leurs travaux d'aiguille, des napperons brodés à l'ancienne et des revenus des terres attenantes au couvent.
Toutes les sœurs connaissent bien entendu l'histoire du voyage du moine Serge à Vienne et sa guérison de la fille de la reine Marie-Thérèse dont une supérieure a fait exécuter le portrait, exposé dans l'une des salles d'accueil. Selon la légende transmise, la fille de la reine qui a été guérie serait la reine Marie-Antoinette qui épousa le roi de France Louis XVI.
Voila comment un couvent maronite non loin de Beyrouth abrite jusqu'à nos jours un petit coin d'Autriche insoupçonné.

Ray J. MOUAWAD




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الاستدعاء ضد وزير الثقافة للمحافظة على ميدان سباق الخيل الروماني في بيروت


"النهار" تنشر الاستدعاء ضد وزير الثقافة
للمحافظة على ميدان سباق الخيل الروماني
النهارفي ١/٥/٢٠١٢

تقدمت جمعية "التجمع للحفاظ على التراث اللبناني" وكيلتها المحامية كارلا  شرفان الى مجلس شورى الدولة باستدعاء ضد الدولة اللبنانية – وزارة الثقافة ممثلة بهيئة القضايا في وزارة العدل بطلب وقف تنفيذ وابطال القرار رقم 849 الصادر بتاريخ 24/ 2/ 2012 عن وزير الثقافة غابي ليون "بدمج كامل الجزء الجنوبي من الآثار في البناء المنوي انشاؤه وذلك بابقائها في مكانها، كما والموافقة على تفكيك واعادة تركيب أجزاء الشوكة الوسطية من ميدان سباق الخيل الروماني والاجزاء الشمالية منه ضمن هذا البناء، شرط أن يتم التنسيق الكامل مع المديرية العامة للآثار في مراحل المشروع كافة والتي تتضمن وضع التصاميم التنفيذية لجميع مراحل التوثيق والفك والتخزين واعادة التركيب والتاهيل والـ(...) لا سيما لجهة الاستعانة بمتخصصين عند الحاجة على أن تتحمل شركتكم جميع النفقات الناتجة من هذه الأعمال".
واعتبرت الجمعية أن المس بأي حجر من حجارة هذا الموقع من شأنه افقاد الموقع ككل أية قيمة تاريخية ما يقتضي تدخلاً فورياً من جانبكم للحؤول دون وقوع ضرر لا يمكن التعويض عنه في حال وقوعه".
واستندت في الوقائع الى قرارات وزراء الثقافة السابقين تمام سلام وطارق متري وسليم وردة وفيها: "ادخال العقار 1370 من منطقة ميناء الحصن في لائحة الجرد العام للأبنية التراثية، وعدم جواز القيام بأي عمل من شأنه تغيير الوضع الحالي للعقار المذكور دون موافقة المديرية العامة للآثار المسبقة على الأعمال المنوي اجراؤها والمواد المنوي استعمالها.
واقترح كتاب المديرية العامة للآثار الحفاظ على المكتشفات الأثرية في مكانها (in situ) وذلك بالنظر الى طبيعة المكتشف والذي هو عبارة عن ميدان سباق خيل تمتد اجزاؤه لا سيما ما يعرف بالشوكة الوسطية على كامل عرض العقار.
وأتى القرار ليكرس سلسلة قرارات لوزراء الثقافة السابقين، أكدت وجوب الحفاظ على الميدان في موقعه الأصلي وابرازه، وبالتالي وضعه على مسار الزيارات السياحية الثقافية لمدينة بيروت.
لكن بتاريخ 24 شباط 2012 صدر عن وزير الثقافة السيد غابي ليون رد على كتاب شركة "بيروت ترايد ش. م. ل." القرار الآتي: "تحيطكم وزارة الثقافة – المديرية العامة للآثار علماً بموافقتها على دمج كامل الجزء الجنوبي من الآثار في البناء المنوي انشاؤه وذلك بابقائها في مكانها، كما والموافقة على تفكيك واعادة تركيب أجزاء الشوكة الوسطية من ميدان سباق الخيل الروماني والاجزاء الشمالية منه ضمن هذا البناء، شرط أن يتم التنسيق الكامل مع المديرية العامة للآثار في مراحل المشروع كافة والتي تتضمن وضع التصاميم التنفيذية لجميع مراحل التوثيق والفك والتخزين واعادة التركيب والتأهيل والـ(...) لاسيما لجهة الاستعانة بمتخصصين عند الحاجة على أن تتحمل شركتكم جميع النفقات الناتجة من هذه الاعمال (…)".
وطلبت الجهة المدعية الآتي:
أ – ابطال القرار المطعون فيه لصدوره عن مرجع غير صالح لإصداره.
ب – ابطال القرار المطعون فيه لعدم مراعاة المعاملات الجوهرية المفروضة قانوناً.
ج – ابطال القرار المطعون فيه لمخالفته للقانون أي نظام الآثار لا سيما المادتين 23 و24 منه، كما ولمخالفة القرار للقرارات الوزارية السابقة لا سيما القرار الوزاري 63 المنشور في الجريدة الرسمية في 10/ 9/ 2009، واستطراداً لمخالفة القرار المطعون فيه للمادة 10 من نظام الآثار.


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